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TECHNOLOGIES ET TRANSITIONS

La révolution industrielle est issue de la machine à vapeur et du capitalisme. La Ford T, de la mécanique et du fordisme. Et « le communisme, c’est les soviets plus l’électricité » (Lenine) : bref, la technologie n’est pas seulement un outil. Elle possède aussi sa propre dynamique qui en fait la source potentielle de transformations petites et grandes, ainsi que de débats, de choix cornéliens et de conflits.

On ne peut pas considérer la transition d’un système, quel qu’il soit, sans prendre en compte le rôle actif qu’y joueront certaines technologies. Mais de quelles technologies s’agira-t-il ? De quelle manière interviendront-elles dans la transition ? De quels choix disposons-nous en la matière ?

Par exemple :

L’apprentissage automatique (machine learning) permet aux machines d’évoluer seules ou en interaction avec un ‘superviseur’, pour acquérir des capacités utiles dont elles ne disposent pas à l’origine. Il est par exemple utilisé dans la reconnaissance de formes, qu’il s’agisse de visages sur des photos, de caractères écrits, de scènes ou de panneaux indicateurs... ; le développement de capacités motrices et de perception autonomes chez les robots ; le diagnostic médical ; la détection de risques et de fraudes, etc.

La géo-ingénierie rassemble des techniques qui visent à modifier le climat à grande échelle : lancer des ‘écrans’ réfléchissants en orbite ou pulvériser du soufre dans la haute atmosphère pour réduire l’ensoleillement (et donc le réchauffement), déverser du sulfate de fer dans l’antarctique pour faire pousser du plancton qui capturera le CO2, modifier l’axe de rotation de la terre...

Textile ‘Intelligent’ : le D-Shirt de la startup française Cityzen Sciences, produit jusqu’à 200 000 mesures par heure, recueillies par une plateforme qui a mis au point des outils pour les traiter en temps réel. Expérimenté notamment avec des sportifs, il mesure le rythme cardiaque, la position GPS, la vitesse, etc. Il préfigure (peut-être) l’adjonction à très bas prix de capteurs dans la quasi-totalité des objets du quotidien.

Les sciences cognitives et les neurosciences sont aujourd’hui utilisées pour concevoir de nouvelles méthodes d’enseignement et d’évaluation des parcours d’apprentissage ‘par la preuve’. La Maison Blanche de Barack Obama, comme le 10 Downing Street de James Cameron, comptent en leur sein une équipe ‘behavioriste’ qui mobilise ces connaissances pour définir des politiques plus efficaces, ou les meilleurs moyens de faire évoluer les comportements individuels dans une direction jugée souhaitable.