7 LEVIERS NUMÉRIQUES POUR LES TRANSITIONS

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SMART


DE QUOI PARLE-T-ON ?


En informatique, un système ‘smart’ est doté de capacités de mesure et de traitement qui lui permettent de s’autoréguler, d’anticiper les problèmes à venir et d’apprendre du passé.

Par extension, l’adjectif ‘smart’ s’accole aujourd’hui à toutes sortes de noms de ‘systèmes complexes’ (un bâtiment, une ville, des réseaux de transport ou de distribution d’énergie…) pour décrire la manière dont l’informatique pourrait les aider à mieux se piloter et à s’améliorer, en particulier en matière :

-> de productivité et d’efficacité,
-> de qualité et d’efficience, énergétique notamment,
-> de sécurité et de fiabilité,
-> de souplesse et d’adaptabilité, tant aux conditions extérieures qu’à chaque ‘ utilisateur’.


PRINCIPAUX ATTIBUTS TRANSFORMATEURS


Les 7 caractéristiques structurantes des systèmes ‘smart’ sont les suivantes:

1. La mesure : détecter, enregistrer tout ce qu’il se passe dans le système, souvent en temps réel.
2. Le décloisonnement : dépasser les frontières traditionnelles des métiers, secteurs, organisations, etc., pour croiser les informations, modéliser les interactions et agir de manière transversale.
3. La ‘métabolisation’ : des circuits décisionnels entièrement automatiques allant de l’intégration de données hétérogènes jusqu’à l’envoi d’instructions à des agents ou des machines, en passant par des calculs complexes en vue de comprendre (big data) et de décider. Le système fonctionne un peu comme un organisme vivant, qui optimise et sécurise son propre fonctionnement.
4. L’anticipation : doter le système de capacités d’apprentissage, de détection avancée de problèmes, d’anticipation et de prévision ainsi que de la capacité de recommander ou de prendre des mesures préventives.
5. L’hybridation : faire interagir les dimensions numérique (données, modèles…) et physique (personnes, objets, espaces, environnement…), en permanence, sans couture et souvent – pas toujours -, sans intervention humaine.


PRINCIPALES LIMITES


-> Une approche très intégrée qui perd de vue la principale force des systèmes complexes : leur diversité, leur résilience, leur capacité d’adaptation. La grande sociologue Saskia Sassen évoque ainsi ‘l’obsolescence programmée’ des smart cities.
-> Une dérive hiérarchique (voire autoritaire) naturelle, où la logique du système prime sur celle de ses utilisateurs. La ‘gouvernementalité algorithmique’ qu’étudie Antoinette Rouvroy se passe volontiers de discuter avec ses ‘sujets’.
-> Des systèmes fondés sur une surveillance permanente : si tout se mesure, tout se sait…
-> Optimiser les systèmes pour ne pas les changer ? L’informatisation peut venir ‘figer’ les systèmes et les relations entre les acteurs.


QUELQUES DOMAINES QUE LE 'SMART' TRANSFORME OU POURRAIT TRANSFORMER


Parmi les occurrences les plus fréquentes du ‘smart’ :

-> Smart grid : « prendre en compte les actions des acteurs du système électrique, tout en assurant une livraison d’électricité plus efficace, économiquement viable et sûre » (source : Commission de Régulation de l’Energie, France)
-> Smart home/building : des bâtiments efficients en énergie, connectés à leur environnement et mis au service des besoins de leurs occupants.
-> Smart transport/mobility : relier infrastructures et véhicules, transports publics et individuels, outils d’information et de gestion du trafic, dispositifs tarifaires et de contrôle… pour une mobilité plus fluide, plus verte et plus sûre.
-> Smart industry : « l’industrie connectée, de la conception à la fabrication, où tout est réalisé en interaction entre les produits et les machines, et les machines entre elles » (source : salon Smart Industries 2015)
-> Smart city : « quand les investissements en capitaux humains, sociaux, en infrastructures d’énergie, de flux alimentent un développement économique durable ainsi qu’une qualité de vie élevée, avec une gestion avisée des ressources naturelles, au moyen d’une gouvernance participative » (Wikipédia)
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