7 LEVIERS NUMÉRIQUES POUR LES TRANSITIONS

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OPEN



DE QUOI PARLE-T-ON ?

L’adjectif ‘ouvert’ connaît une extraordinaire fortune depuis les années 1990, au croisement des aspirations politiques ayant conduit à la chute du Mur de Berlin (la « société ouverte » de Karl Popper et de la fondation de George Soros) ; de la cyberculture, dont sont en particulier issus les ‘standards ouverts’ comme l’open source ; et d’une génération d’entrepreneurs adeptes du mouvement plutôt que des guerres de position, inspirateurs de l’open innovation.

L’ouverture est ainsi devenue une valeur autonome, porteuse de qualités généralement (mais pas unanimement) considérées de manière positive :

-> La transparence et la responsabilité des décideurs et des institutions,
-> La ‘démocratisation’ de l’accès aux ressources, services, produits considérés,
-> Le caractère participatif ou collaboratif des décisions collectives,
-> La diversité et la fluidité des acteurs, des propositions, des points de vue…

« Industrie, éducation, culture, science, mobilité, production, information... dans tous les domaines, de plus en plus les données sont libérées, les savoirs partagés, les secrets de fabrication révélés. Certains y voient une menace, d’autre des opportunités presque sans limites. »
Louis-David Benyayer, Open Models, 2014


PRINCIPAUX ATTIBUTS TRANSFORMATEURS



À la multiplicité des occurrences de ‘l’ouverture’, correspond une serie d’attributs qui peuvent tous jouer un rôle transformateur dans les domaines auxquelles ils s’appliqueraient :



PRINCIPALES LIMITES



-> Tout le monde n’est pas égal face à l’‘open’ : l’open data profite avant tout aux grands spécialistes (américains) des data, l’open innovation permet à quelques grandes plateformes d’exploiter des millions de micro-entrepreneurs…
-> ‘Maoïsme numérique’ (Jaron Lanier) : des nouvelles formes de conformisme et de dépendance vis-à-vis du collectif, au détriment de la motivation (et de la rétribution) des créateurs.
-> L’‘open’ne fonctionne pas tout seul : sans gouvernance, sans supports techniques et juridiques (licences, etc.), sans acteurs fédérateurs, il est fragile et vulnérable vis-à-vis de tentatives de capture.



QUELQUES DOMAINES QUE L'OPEN TRANSFORME OU POURRAIT TRANSFORMER



-> Le logiciel libre et open source occupe aujourd’hui une part de marché importante, voire majoritaire dans certains domaines (serveurs web).
-> L’entreprise d’électronique Sparkfun, dont le catalogue est 100 % open hardware, emploie plus de 150 personnes pour un chiffre d’affaires d’environ 90 millions de dollars.
-> L’‘open’ prend pied dans l’automobile : Tesla Motors, leader de la voiture électrique, a placé tous ses brevets sous licence ouverte ; OS Vehicle et Local Motors sont deux constructeurs automobiles open source ; en appliquant les méthodes agiles et l’open source, Wikispeed a conçu un prototype de véhicule entièrement modulaire en 3 mois, puis raffiné le modèle pour le rendre industrialisable – mais ne le produira pas soi-même.
-> Les modèles ‘open’ se répandent dans l’agriculture (semences ouvertes, machines agricoles d’Open Source Ecology), les drones, la santé…
-> L’open science conteste le modèle opaque fondé sur les grandes revues privées, les classements bibliométriques et les brevets, au service d’une circulation des résultats des données et de la recherche.
-> En rejoignant l’Open Government Partnership, la France, comme 64 autres pays, s’est engagée à « promouvoir la transparence, combattre la corruption, développer le pouvoir d’agir des citoyens et mettre la puissance des nouvelles technologies au service de la pertinence, de la transparence et de l’évaluation de l’action publique. »
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