5 systèmes en transitions

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ÉCOLE



• « Comment mettre de la vie dans l’éducation ?
• Peut­-on enseigner sans enseignants ?
• À quelles Big Questions voulons­-nous que le Big Data réponde ?
• Les approches entrepreneuriales du risque peuvent­-elles aider les éducateurs ? (...)
• Peut­-on faire plus avec moins ?
• La technologie libère-­t­-elle l’apprentissage ? »

Thématique du WISE Summit 2013 (Qatar Foundation)



CINQ IDÉES FORTES

  1. Le numérique ne change pas seulement la manière d’ensei­gner et d’apprendre, mais la connaissance elle­-même.
  2. La transformation la plus importante de l’éducation s’organisera autour de l’ouverture et de la collaboration.
  3. Le rôle des pouvoirs publics dans l’éducation se définira autour de la capacité (ou de l’incapacité) à assurer une éducation à la fois différenciée, accessible à tous, et authentiquement émancipatrice.
  4. L’évaluation est la clé du change­ ment. Qui tiendra les systèmes d’évaluation gouvernera l’école.
  5. La grande transformation de l’école a commencé. Ailleurs, mais aussi chez nous. C’est maintenant qu’il faut s’y engager.
Les systèmes nationaux d’éducation sont presque partout en crise, pris en défaut sur leurs deux objectifs prioritaires : préparer les enfants à prendre en mains le monde et assurer l’égalité des chances. Partout dans le monde, l’école est entrée en mutation sous l’influence de plusieurs forces :

  1. Le numérique, qui transforme la matière première de l’éducation, la connaissance, et qui change également les métiers et les compétences-clés de demain.
  2. L’avancée controversée, mais puissante, des neurosciences et des ‘datasciences’.
  3. La dynamique des entreprises innovantes de l’‘EdTech’ et, récemment, leur puissance financière.
  4. La pression mondiale sur les finances publiques, qui contraint les systèmes publics d’enseignement à chercher de nouvelles manières de faire.

Le numérique est, selon les cas, le catalyseur, l’agent ou le support de la plupart de ces transformations. On attend de lui qu’il rende le meilleur de l’éducation accessible aux plus démunis, qu’il améliore et diversifie les méthodes pédagogiques, qu’il redessine les frontières des disciplines, qu’il redéfinisse les ‘socles’ et qu’il redonne aux enfants goût à l’école. On lui reproche de faire entrer le vacarme du monde dans l’école, d’inviter à la superficialité et à l’inattention, de créer de nouveaux risques et de nouvelles fractures.

Une somme formidable d’énergies, d’imaginations et de moyens publics et privés, s’investit aujourd’hui dans l’innovation éducative : comment en faire l’amorce d’une transition désirable de nos systèmes éducatifs ?

TERRITOIRE DE LA TRANSITION

POURQUOI LA SITUATION ACTUELLE N’EST PAS DURABLE


DES TENDANCES LOURDES

Le numérique n’est pas seulement un outil pour l’éducation. En transformant les conditions d’élaboration, de partage et d’exploitation des connaissances, il transforme les savoirs eux-mêmes. De même, en transformant la manière dont on travaille, il transforme aussi les compétences-clés dans nos sociétés numériques. 
Dès lors, le numérique devrait changer à la fois la manière dont on enseigne, et ce que l’on enseigne : les disciplines comme les méthodes, le ‘socle de compétences’ comme les modes d’évaluation.
Il ne s’agit pas simplement de s’adapter aux pratiques et aux attentes supposées des digital natives : c’est du rôle même de l’École, de sa mission émancipatrice, qu’il est question.

-> Les enseignants en première ligne ; un enjeu pour la Recherche et l’Université ; une mobilisation des employeurs

DES TENSIONS INTERNES

Cette exigence de changement surgit dans un contexte profondément dégradé pour l’École publique et plus largement,‘l’École pour tous’ : pénurie budgétaire, lourdeurs institutionnelles, glissement de la France dans les études PISA, remontée des inégalités scolaires, rupture du consensus sur le contenu de l’enseignement (entre communautés religieuses, entre chapelles pédagogiques, entre différentes fonctions attendues de l’École...). L’École pour tous est mise en faute sur ses deux objectifs centraux : préparer les jeunes à rentrer dans la société, assurer l’égalité des chances. Et elle ne parvient pas d’elle-même à articuler un discours tourné vers le futur, dans lequel elle retrouverait ces rôles.

-> Un enjeu de pilotage et de vision politiques ; un révélateur des contradictions des acteurs de la ‘communauté éducative’

DES ÉMERGENCES

À côté d’une innovation pédagogique ‘à la base’ qui s’appuie désormais sur le numérique pour se diffuser et se pérenniser, deux phénomènes viennent changer le paysage :

  1. Fondé sur les progrès de la psychologie cognitive et sur des méthodes fines d’évaluation des connaissances, l’evidence-based learning (enseignement ‘basé sur la preuve’) entend faire de l’éducation une ‘science’ plutôt qu’un art – ouvrant la voie à toutes sortes de propositions, du tutorat à la personnalisation extrême en passant par un ‘tissage’ fin entre apprentissage formel, informel, et travail.
  2. Le mouvement mondial des ‘EdTech’, porté par des entreprises et des ONG innovantes, draine aujourd’hui des investissements massifs et affirme de plus en plus nettement son ambition : inventer des formes et des contenus d’enseignement ‘en rupture’ et accessibles pour proposer, voire imposer, une transformation profonde de l’École.

Ces propositions sont loin de faire consensus. Mais il ne fait guère de doute qu’elles déstabilisent le paysage mondial de l’éducation.

« L’éducation nationale doit comprendre ce nouvel environnement, qui prospère en analysant parfaitement la faille du système : l’égalité n’est plus assurée dans l’Education nationale, il faut reprendre à la racine la rela­ tion pédagogique. C’est sur le coeur de métier de l’éducation que cette nouvelle branche de l’économie numérique va prospérer : la connaissance des élèves, la compréhension de leur comportement, l’offre personnalisée, la relation. Elle le fera entre autres à partir
de l’analyse des données personnelles et sous la forme de l’adaptive learning.
(...) Aux classes chargées, à un système mis à l’épreuve, on oppose une relation pédago­gique à distance, libératrice et plus person­nelle. Cette relation est susceptible d’être totalement réinventée : en réseau, coopérative, à distance, de pair à pair, incarnée par des maîtres lointains, les meilleurs scienti­fiques du monde dans tel ou tel thème. Et la relation virtuelle est aménageable dans le monde physique. Elle peut se relocaliser en petites écoles à domicile, et participer à la professionnalisation de nou­veaux éducateurs mentors et tuteurs. »

Conseil National du Numérique, rapport ‘Jules Ferry 3.0’, octobre 2014


-> Les startups des ‘EdTech’ ; les réseaux d’enseignants innovants et de créateurs de ressources ‘libres’ ; plutôt que les acteurs installés et les institutions, souvent dépassés


LES ‘ÉLÉMENTS PERTURBATEURS’ SOURCES DE LA TRANSITION


UNE TRANSFORMATION DE LA CONNAISSANCE ELLE-MÊME

Transformation des supports de production, transmission, exploitation des connaissances


Dématérialisation, numérisation, convergence des médias, interactivité, ‘data’ et big data...

Mutation des savoirs eux-mêmes

Déplacement des frontières entre disciplines, du lien entre théorie et pratique, de la place occupée par la mesure, montée des dimensions systémiques...

« Au­-delà des transformations de la relation pédagogique qu’il rend possibles, le numé­rique reconfigure la nature même des savoirs enseignés à tous les niveaux du système éducatif. »

Conseil National du Numérique, rapport ‘Jules Ferry 3.0’, octobre 2014


Transformation des métiers et des compétences-clés


De 45 % (Carl Benedikt Frey et Michael Osborne) à 70 % (Kevin Kelly) des métiers sont candidats à l’automatisation dans les décennies à venir.

Quelles compétences­clés pour le futur ? Créativité • Entrepreneuriat • Collaboration Résolution de problèmes • Gestion du change­ ment et de l’incertitude • Pensée systémique • Capacité d’expression et d’argumentation • Publication • Datasciences • Informatique

(Sources diverses)


DES PRATIQUES EN MUTATION

Mutation dans la relation à la connaissance


Recul de l'usage du livre ; accès ubiquitaire et immédiat à l’information et la connaissance, ainsi qu’à leur matière première : les ‘données’.

« Puisque nous avons le savoir et les technologies devant nous, nous sommes condamnés à devenir inventifs, intelligents, transparents. L’inventivité est tout ce qu’il nous reste. »

Michel Serres, Les nouvelles technologies : révolution culturelle et cognitive, Conférence pour les 40 ans d'Inria, in interstices.info, 2007


Mutation des pratiques de travail

Individualisation du travail et des itinéraires professionnels, mode projet, éclatement et imbrication des temps et des espaces, multi-activités...

Mutation des pratiques sociales :

Accélération, multitâche, hyperconnectivité, expressivité et ‘extimité’...

DES INSTITUTIONS ÉDUCATIVES EN DIFFICULTÉ ET EN DÉCALAGE

Une massification inassumée

Un système qui ne correspond pas à la diversité des jeunes et qui ne tient pas sa promesse d’émancipation et d’égalité.

« L’école québécoise aime le monde où elle introduit ses élèves, la société démocra­tique multiculturelle et solidaire du Québec, tandis que l’école française conçoit souvent sa mission comme d’apprendre aux élèves à résister aux tendances anomiques du monde moderne au nom des vraies valeurs et de la vraie culture. »


Denis Meuret, Pour une école qui aime le monde, (2013), dans le Café Pédagogique, 2014


Des institutions en difficulté face à un monde qui bouge


Infrastructures conçues pour le monde industriel, hiérarchies pyramidales, relations entre parties prenantes vécues sur le mode de la confrontation, carcan des disciplines et des programmes, survalorisation des savoirs théoriques...

Le ‘numérique éducatif’ fait plus souvent partie du problème que de la solution


Des solutions souvent ad hoc, décalées par rapport aux pratiques, qui se surajoutent à l’existant sans servir de levier à des changements significatifs.

UN PUISSANT (ET CONTROVERSÉ) MOUVEMENT D’INNOVATION ÉDUCATIVE

Progression de la compréhension et de la mesure des mécanismes d’apprentissage


Psychologie cognitive, neurosciences, ‘cartographies des connaissances’, data-driven education, ‘enseignement par la preuve’...

« Bon nombre d’enseignants (...) conçoivent l’enseignement comme un art, où l’intuition et la bonne volonté tiennent lieu d’instru­ ments de mesure. (...) Partout ailleurs dans le monde s’impose pourtant l’idée d’une éducation fondée sur la preuve, c’est­-à­-dire sur une évaluation rigoureuse des stratégies éducatives, et de vastes études contrô­lées, multicentriques et statistiquement validées. »


Stanislas Dehaene, ‘Enseigner est une science’, Le Monde, 2013


Des dynamiques d’innovation pédagogique toujours vivaces


‘Classe inversée’, apprentissage par les pairs, learning by doing, coproduction de matériaux éducatifs, etc.

EdTech : une ‘disruption’ entrepreneuriale de l’école ?

Personnalisation, nouvelles pédagogies ‘à distance’ ou non, nouvelles scénarisations des savoirs, coproduction de connaissances, ‘réseaux sociaux’ éducatifs... Des propositions qui visent tant les institutions que les familles et qui brouillent les frontières entre éducation formelle et informelle, initiale et continue.



QUELQUES MODÈLES
‘PRÊTS À L’EMPLOI’


Ces ‘modèles’ existent aujourd’hui dans le débat public, portés par tels ou tels acteurs qui les proposent comme des horizons désirables ou au contraire, comme des anti-modèles à éviter.


L’ÉDUCATION 100% PERSONNALISÉE GRÂCE À LA SCIENCE ET LA TECHNOLOGIE

En mobilisant les acquis des neurosciences, en s’appuyant sur l’usage intensif d’appareils numériques connectés et en mesurant sans cesse la progression et les hésitations des apprenants, l’enseignement s’adapte à chaque apprenant, ses goûts, ses compétences et ses manières d’apprendre.

Acteurs dominants
LES PLATEFORMES D'APPRENTISSAGE ET D'ÉVALUATION

« Nous sommes à présent en mesure de proposer une éduca­tion individualisée. En ligne, nous pouvons affecter les bons mentors aux bons étu­diants. Nous pouvons offrir des cours choisis par les étudiants et non plus ceux requis par l’université. Nous pouvons aider les étu­diants à apprendre ce qu’ils veulent, quand ils le veulent. »
Roger Shank, « I want individualized education », billet de blog, 2014


L’ÉCOLE ‘OPTIMISÉE GRÂCE AU NUMÉRIQUE

L’école intègre le numérique en tant qu’équipement, outil, support de contenus et moyen de faire évoluer l’enseignement de toutes les disciplines. Cela passe entre autres par une éducation des élèves comme des enseignants à l’usage des technologies et des contenus numériques.

Acteurs dominants
L’INSTITUTION ÉDUCATIVE

« Le ministère chargé de l’éducation natio­ nale s’est doté d’une stratégie ambitieuse pour faire entrer l’école dans l’ère du numé­rique. Le service public du numérique éducatif, inscrit dans la loi de refondation de l’école de la République, doit aider l’école à accomplir ses missions fondamentales d’ins­truction, d’éducation et d’émancipation. »
Ministère de l’éducation Nationale (France), ‘Une stratégie ambitieuse pour faire entrer l’école dans l’ère du numérique’ (2014)


L’ORDINATEUR POUR APPRENDRE SANS SOUFFRIR... ET SANS ÉCOLE

Le recours au numérique permet d’apprendre de manière ‘immersive’, en s’adressant aux sens et aux émotions autant qu’à la mémoire et la raison, en interagissant avec ses pairs. Il permet également d’apprendre où et quand on le souhaite. Le système qui résulterait de son utilisation massive pourrait totalement revisiter les lieux, les temps et les méthodes d’apprentissage.

Acteurs dominants
LES FAMILLES, LES STARTUPS DE L’éDUCATION

Exemple : le Global Learning xPrize (2014) « Il n’y aura plus nécessairement de classe. Les élèves apprendront où qu’ils aillent. Il n’y aura plus d’enseignants comme nous les connaissons. Les élèves auront plutôt besoin d’un appren­tissage de pair à pair, dans lequel des élèves armés de tablettes et d’apps s’éduquent les uns les autres. Dans la prochaine itération de l’innovation en éduca­tion, enfin, il n’y aura plus nécessairement de ‘cours’ ou de ‘modules d’apprentissage’. Il y aura des logiciels et des apps. »
Washington Post, 2014


L’ÉDUCATION EST UN MARCHÉ COMME LES AUTRES

Des enfants (et des adultes) différents apprendront différemment. Leurs familles, leur environnement, sont différents. Aucun système éducatif ne pourra répondre
à tous les besoins : la seule approche pertinente est de les rendre tous possibles, en favorisant la concurrence entre toutes les formes d’éducation (publique et privée ; en établissement, à la maison ou à distance ; outillée technologiquement ou non ; par la pratique ou magistrale, etc.) L’égalité est garantie par un système d’aide aux familles.

Acteurs dominants
LES ENTREPRISES SPÉCIALISÉES, LES ACTEURS DE L’ÉVALUATION

Exemple : l’école aux Emirats Arabes Unis « Le secteur privé a été mis en position de proposer une gamme d’options éducatives, fondées sur les curri­cula internationaux, qui répondait à la diversité des besoins de la communauté. (...) Bien encadré, le secteur privé est capable de construire un système éducatif à l’échelle et au rythme voulus. ... Pour être rentables, les fournisseurs ont besoin que leurs écoles soient pleines, et par conséquent leurs ensei­gnants sont évalués de la façon la plus exigeante par les fournisseurs, les investisseurs et les parents. Un cercle vertueux en quelque sorte. »
« How UAE is shaping the future of world education », 2014




Histoire de transition
L’ÉCOLE-VILLE, ENRACINÉE DANS SA COMMUNAUTÉ

L’idée d’une école ‘à part’, ceinte de hauts murs, cède la place à celle d’une école insérée dans son environnement, à la fois ressource pour sa communauté et en appui sur elle. L’enseignement est coordonné par une équipe éducative, mais ‘l’École’ fédère bien d’autres ressources humaines (professionnels, parents, élèves avancés...) ou non (cours et ressources numériques, ateliers ...). Dans cette école ‘Lego’, chaque élève construit son propre parcours à partir d’un ‘projet’ défini en commun avec l’équipe éducative, et régulièrement révisé. Les contextes de travail changent selon les sujets, les élèves et les possibilités du territoire : seul ou en groupe ; en présentiel, à distance ou les deux ; avec un enseignant professionnel ou non, etc.

‘L’École’ n’est plus nécessairement un lieu, elle peut prendre la forme d’un réseau de lieux dédiés ou non (médiathèques, salles de spectacle, Fab Labs, coworking, mairies, locaux d’entreprises...). Dans certains cas, l’ancien établissement scolaire disparaît tandis que dans d’autres, au contraire, il ouvre grandes ses portes et propose ses espaces, ainsi que les outils dont il dispose, à d’autres usages de la part de sa communauté. L’école contribue ainsi à son territoire. Les projets sur lesquels travaillent les élèves sont pensés pour lui être utiles : cartographies, ‘wiki territoriaux’, recensements et enquêtes, aménagement d’espaces, etc.



Quels acteurs-clés ?
--> La ‘communauté éducative’

--> La ‘communauté locale’, incarnée ou non par ses institutions
--> Une autorité centrale en charge d’assurer cohérence, mutualisation, mobilité


Quelles controverses ?
Un débat très vif autour de trois objections majeures :
--> Cette évolution achève de tuer l’exigence, l’excellence et le goût du travail.

--> Ce système ‘loterie’ produit des inégalités majeures entre élèves en fonction de là où ils vivent.
--> Dans les zones sensibles, on a besoin d’une école-sanctuaire.


Quel rôle pour le numérique ?
--> La plupart des séquences pédagogiques peuvent se dérouler en présentiel ou en ligne, ou les deux à la fois.
 --> Un fort accent est mis sur le travail collectif, là encore en présentiel comme à distance.

--> Des plateformes numériques permettent le suivi des parcours individualisés, la mise à disposition et la ‘curation’ de ressources pédagogiques communes ou encore, l’organisation complexe des temps et des espaces de cette École ouverte et en réseau.



Histoire de transition
‘AUTO-ÉCOLE’ CONTRE ‘ÉCOLE-LOTO’
DES ÉTABLISSEMENTS AUTOGÉRÉS ET EN RÉSEAU


Chaque établissement scolaire est devenu une entité autonome, gérée par ses équipes et ses usagers. Il fonctionne en réseau avec d’autres établissements, recourt à des ressources en ligne ‘libres’ et des services d’entreprise, et s’appuie sur certaines des fonctions transversales assurées par le ministère de l’Éducation.

L’enseignement est pour l’essentiel assuré par les professeurs, mais également par des parents, des élèves de niveau plus élevé (ou des communautés d’élèves), des professionnels extérieurs ou encore des ressources distantes, humaines ou numériques.

Les établissements bénéficient d’une très grande latitude dans le choix des contenus, des méthodes, des lieux et des temps d’enseignement. Au-delà d’un ‘socle de connaissances’ indispensables, le ‘curriculum’ obligatoire est beaucoup moins dense et précis que les actuels programmes..

De fait, les établissements proposent des ‘expériences éducatives’ de plus en plus différentes les unes des autres. Certains font par exemple le pari du ‘tout numérique’, tandis que d’autres proposent une ‘école de la transition’, frugale, communautaire et focalisée sur la capacité de résilience des élèves.

L’État intervient pour assurer un cadre commun à l’ensemble et organiser une certaine solidarité entre les établissements. Il reste en particulier chargé de l’évaluation, de la formation des enseignants et de la définition des ‘curricula’.



Quels acteurs-clés ?
--> L’établissement, entité autonome

--> Les acteurs économiques et sociaux du territoire
--> Les entreprises du secteur ‘EdTech’

--> Le ministère comme plateforme, garant et redistributeur


Quelles controverses ?
L’émergence de ce modèle suscite trois critiques majeures

--> Une école consumériste ? Or l’exigence est rarement vendeuse, du moins pour les élèves.

--> Une école communautariste ? L’extrême diversité des établissements sonne le glas de l’école comme creuset d’une communauté nationale.

--> Une école encore plus inégale ? Les établissements des beaux quartiers seront encore plus privilégiés qu’aujourd’hui.


Quel rôle pour le numérique ?
--> Il outille différentes formes d’enseignement, de présence, de travail.

--> Il permet d’accéder à toutes sortes de ressources, y compris à des cours qui ne sont pas proposés localement.
--> Il favorise la collaboration entre les établissements.

--> Il fournit aux élèves un environnement de travail qui facilite leur évaluation et leur mobilité.