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1 - La tente Quechua du travailleur

Dernière mise à jour le le 13 octobre 2011 par Renaud Francou

Que se passe-t-il ?

AVril 2012 : l'esplanade de la Défense se réveille avec, au pied des principales tours de bureaux, une dizaine de tentes, dont les habitants ne sont autres que des employés de ces bureaux. En quelques semaines, cette pratique fait boule de neige. Les pouvoirs publics, qui ont d'abord choisi d'ignorer le phénomène pour ne pas lui donner trop d'importance, convoquent les principaux employeurs concernés pour leur demander d'intervenir auprès de leurs salariés. Embarras.

Confrontés à l'engorgement durable du RER, au renchérissement du carburant, à la rigueur salariale et à la pression foncière qui les a inexorablement éloignés, les employés expliquent n'avoir pas d'autre choix que de se rapprocher radicalement de leur lieu de travail. Moins coûteuse, cette solution est aussi beaucoup moins fatigante pour eux (plus de 2h30 gagnées par jour) et plus acceptable pour le management des grands groupes qui, à l'inverse des petites sociétés, refusent depuis de nombreuses années les demandes de télétravail.

Deux profils de travailleurs émergent.

Les "travailhabitants" des villes choisissent, au moins quelques jours par semaine, des solutions précaires de logement à proximité immédiate de leur travail, poussant Quechua à augmenter sa gamme avec des yourtes du plus bel effet, et ouvrant un nouveau marché au camping car. Les solutions trouvées, sauvages dans un premier temps, sont peu à peu négociées avec les employeurs qui consentent à l'amélioration des douches et vestiaires de leurs bureaux. (A l'Assemblée nationale, un jeune député demande pourquoi la construction d'immeubles de bureaux est assortie de l'obligation de construire des parkings et pas des logements). Les travailhabitants utilisent massivement les réseaux des entreprises pour leurs usages privés, contraignant les responsables informatiques à une violente régulation des accès.

Les habitravailleurs des champs parviennent, la plupart du temps, à ne pas se déplacer pour travailler, se détachant peu à peu du corps social de l'entreprise. Sur leur CV, ils indiquent désormais qu'ils disposent d'un équipement professionnel connecté à domicile (ils en précisent le débit, la qualité, la sécurité). Loin de se limiter aux cols blancs, cette situation concerne de plus en plus d'employés et d'ouvriers.

Les uns et les autres ont essayé toutes sortes de transports intelligents, collectifs, mutualisés. Ils y ont renoncé, les jugeant trop contraignantes.


Quand ? Quels faits déclencheurs ?

2012 : la pression foncière fait passer le seuil des 50km aux distances domicile-travail autour des principales agglomérations françaises
2013 : les transports impossibles, le plein à 3 euros, la panne d'argent public éloignent toute perspective de désengorgement du RER, dont les tarifs augmentent.
2015 : le droit du travail européen supprime la référence au "lieu de travail", prenant acte de l'explosion des situations de travail nomade.


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