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Le corps, nouvelle frontière de l'innovation numérique

De quoi on a parlé ?

Rappel des questions soulevées :

Quand le corps se mêle au numérique, beaucoup de choses changent. L’imaginaire du numérique se refonde. Un continent d’usages et d’innovations se découvre. Enfin, on imagine l’ampleur des questions éthiques, mais aussi anthropologiques, qui se poseront dans les années à venir.


Comment l'innovation numérique change-t-elle dès lors que le corps devient l'un de ses principaux supports, sujets, objets, interfaces ?
Quelles pistes cela ouvre-t-il en termes de technologies, d'outils, de services ?
Quelles conséquences sur les pratiques numériques d'aujourd'hui, sur les sociabilités ?
Quels potentiels s'ouvrent-ils pour les "disciplines du corps", santé et bien-être, sport et fitness, design des espaces… ?
Quels débats, quels risques, quels conflits faut-il anticiper ?

Avec qui ?

  • Marine Royer, ENSCI
  • Olivier Tomat, Responsable du service innovation et compétitivité, Grand Lyon
  • Anne-Sylvie Pharabod, chargée d'études au sein du département SENSE chez Orange Labs
  • Olivier Desbiey, Innovation - CNIL
  • Xavier Delaporte, journaliste à France Culture, animateur de l'émission Place de la Toile
  • Gaël Seydoux, New Business Development Director à Ubisoft
  • Philippe Gesnouin, Responsable sectoriel santé, sciences du vivant & biotechnologies - Inria

 

  • et une dizaine de contributeurs.

Qu'est ce qu'on a produit ?

Axes thématiques explorés / Terrains dont il a été question

Lors de notre atelier, les discussions ont porté sur 4 thématiques, qui soulèvent de nombreuses questions. Ces thématiques sont des pistes à explorer, pour les chercheurs et les praticiens. Elles permettent de pointer des terrains d'observation possibles du corps comme nouvelle frontière de l'innovation numérique.

  • La technomédecine : 

Terme sous lequel on rangera toutes les articulations présentes et à venir entre la médecine, la biologie, le numérique et les technologies, la technomédecine émerge comme un terrain actif autant du coté des chercheurs que des praticiens. Les avancées scientifiques y sont multiples, fréquentes, à toutes les échelles, macro et nano, et s'appuient sur des moyens informatiques et technologiques toujours plus performants, le tout stimulé par une compétition globale entre toutes les communautés de chercheurs concernées.

Des avancées rapidement traduites en applications, procédés, méthodes, outils, objets, comme ces objets prothétiques, pancréas artificiel, pompe à insuline, mains, bras ou jambes artificiels, auxquels un chercheur comme Marine Royer applique son regard de designer pour en observer sur le terrain hospitalier les usages et les transformations qu'ils induisent chez tous les acteurs concernés : soignés, soignants, accompagnants et institutions. Des technologies médicales invasives qui transforment la visibilité, les regards et la perception des corps. La techno-médecine aliment également des imaginaires puissants dont se nourrissent les prosélytes du trans et post-humanisme. Enfin un terrain qui se transforme avec l'intrusion de nouveaux acteurs, venus d'ailleurs, du coté des prothèses low coast ou de la biologie synthétique par exemple.

 

  • La modélisation du corps :

Les sciences du vivant et celles du numérique font bon ménage. Puissances de calcul, algorithmes et technologies de visualisation sont mobilisés pour modéliser, représenter et simuler tout ce qui peut l'être dans le corps, à toutes les échelles, depuis la propagation des cellules cancéreuses ou celle d'un médicament jusqu'à la cartographie en 3D du cerveau d'un patient avant opération.

Des modèles qui sont élaborés pour comprendre des processus complexes, mais aussi transmettre les connaissances acquises, aux futurs neuro-chirurgiens par exemple qui s'entrainent sur des simulateurs nourris de ces modèles, comme le font les futur pilotes de ligne. Des modèles qui nomadisent d'un champ à l'autre, par exemple pour étudier le comportement d'une foule urbaine à partir des enseignements tirés de la biologie cellulaire. Des modélisations du corps qui consomment et produisent beaucoup de données, qui attirent de nouveaux acteurs, comme dans le champ de la génomique personnelle, et font émerger de nombreuses interrogations sur l'usage de ces données, leur statut et leur protection. De la modélisation du comportement d'une cellule, à celle du comportement de l'individu qui l'abrite, il n'y a qu'un pas que certains ont déjà franchi, notamment du coté du Quantified Self ou de ceux qui nous surveillent.

 

  • Le corps est un jeu :

Le jeu et le corps c'est du sérieux. L'industrie du jeu vidéo a vu ses bases trembler avec l'arrivée de la kinect qui, en faisant du corps l'interface ultime, a ouvert de nouvelles pistes pour les designers du monde entier. Les consoles équipées de capteurs de mouvement procurent aux joueurs une expérience radicalement nouvelle, plus naturelle et spontanée, immersive, sensible. Les hackers de la kinect explorent des usages dans des contextes qui n'ont plus rien à voir avec le jeu, mais beaucoup avec la domotique par exemple. Les frontières bougent. D'autres signaux du corps, comme le rythme cardiaque, sont introduits dans des jeux de relaxation, des jeux éducatifs sur de grandes maladies chroniques, comme celui réalisé par Ubisoft sur les troubles bi-polaires, sont expérimentés en ce moment. Les applications de monitoring du poids, de l'alimentation, des performances sportives ou du stress proposées par les acteurs du Quantifed Self intègrent toutes des éléments ludiques dans leurs dispositifs. Les grammaires du sport, du jeu, de la santé, du bien-être sont convoquées et ré-assemblées dans ce nouveau terrain de jeu qu'est le corps.

 

  • Le corps algorithmique : 

Le corps fait l'objet d'une surveillance accrue, par les individus eux-mêmes, le mouvement du Quantified Self en est la manifestation la plus visible du moment, mais aussi par les organisations et institutions publiques et privées. L'expression de "corps algorithmique" a été proposée par Xavier Delaporte dans son intervention, nous la reprenons pour désigner un terrain de recherche que l'on peut définir succinctement ici sous trois angles problématiques :

    •  le statut des données personnelles-corporelles

 Le monitoring ascendant et descendant de nos corps produit massivement des données à la fois corporelles et personnelles, qui une fois agrégées sur des plateformes vont être "travaillées" par les algorithmes pour produire enseignements, recommandations, ou tendances. Des données personnelles qui intéressent beaucoup de monde, banque, assureur, organismes de santé publique. Comment ne pas reproduire les mêmes erreurs qu'avec les réseaux sociaux ? Quel type de régulation faut-il inventer pour protéger ces données d'abus ou de détournements ?

 
    • Le corps chiffré-déchiffré

Quels types de croyances sont à l'oeuvre dans les pratiques de quantification ? Le numérique peut-il vraiment contribuer  à mieux nous connaitre, mieux nous comporter ? Est ce qu'en déléguant à des plateformes et leurs algorithmes le monitoring de nos corps et de nos comportements, on peut réellement mieux se connaitre ? Qu'abandonne-t-on en acceptant cette logique de servicialisation de nos corps ? 

 

    • La nouvelle gouvernementalité algorithmique

Empruntée à Antoinette Rouvroy, la nouvelle gouvernementalité algorithmique désigne un nouveau modèle de pouvoir s'exercant sur notre double numérique et orienté vers l'avenir. Si les illusions qu'ont peut avoir en se quantifiant soi-même portent peu à conséquence, qu'en est-il lorsque ce sont les institutions qui s'engagent dans cette voie, avec l'espoir d'anticiper, de prévoir, de prévenir les comportements des consommateurs ou des citoyens à partir de l'analyse algorithmique de leurs traces numériques ?  Ces nouvelles formes d'exercice du pouvoir ne doivent-elles pas faire l'objet d'analyses et d'observations approfondies, partagées avec le plus grand nombre, afin d'en prévenir les excès et d'inventer les formes de contrôle et de régulation les mieux adaptées ?

 

Pistes / ouvertures

  

 

Le grenier - Les ressources 

Hubert Guillaud (2012). De la mesure à la démesure de soi, Publie.net, collection Washing Machine (ici)

Laurent Alexandre (2011). La mort de la mort - comment la technomédecine va boulverser l'humanité, Éditions JC Lattès

Laurent Alexandre et David Angevin (2013). Adrian Humain 2.0, Éditions Naïve 

Les productions d'Antoinette Rouvroy, chercheuse au centre de recherche informatique et droit de l'université de Namur (sa page sur le site de l'université de Namur)

Son article "Le nouveau pouvoir statistique - Ou quand le contrôle s’exerce sur un réel normé, docile et sans événement car constitué de corps « numériques »...", publié dans Multitudes en 2010, a été écrit avec Thomas Bern, chercheur au centre Perelman de philosphie du droit (ici).

 

Les productions d'Isablle Quéval, philosophe, maître de conférence à l'université Paris-Descartes et chercheur au Centre de recherche Sens, Éthique, Société (ici)

 

Une étude de la Fing : "BODYWARE"

http://www.fing.org/?-HAUTS-LES-CORPS-
http://www.fing.org/IMG/pdf/Expedition_Corps_Dossier_V3.pdf

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