e-magine  Auvergne Rhône-Alpes

e-magine Auvergne Rhône-Alpes

Anticiper ensemble les transformations numériques


Historique

Participation d'e-magine à la consultation du Conseil National du Numérique: Version

Production de l'atelier relais e-magine 
à la Consultation Nationale du Conseil National du Numérique

Volet : La société face à la métamorphose numérique 

5 février 2015

 


Créée fin 2014 à l’initiative de la Région Rhône-Alpes et en collaboration avec la Fing, la manufacture d’idées e-magine a vocation à anticiper les transformations numériques. Elle a tenu les 2 et 3 février son séminaire de lancement, auquel s’est joint la Région Auvergne, dans la perspective d’union des deux Régions. Elle a choisi de consacrer le premier temps de son séminaire à un atelier-relais qui a produit une contribution à la consultation du Cnnum.

Nous avons choisi la thématique des « Biens communs » dont la transversalité est de nature à concerner les principales politiques régionales (formation, emploi, économie...).
Nous avons dédié notre atelier à la question posée : "Comment encourager le développement de communs du numérique et leur complémentarité aux côtés de la sphère marchande et de la sphère publique ?"

Nous avons d'abord posé plusieurs diagnostics en formulant 5 types de problèmes et défis :

1. Un enjeu de « démocratisation » : des biens communs mal connus et insuffisamment accessibles.
Aujourd’hui les communs du numérique sont insuffisamment identifiés : qu’il s’agisse des œuvres en domaine public, des créations collectives sous licences libres, des logiciels libres, des ressources pédagogiques ou de nombreuses autres, la confusion continue de régner entre ces communs et l’information « gratuite » du web. Pour certaines de ces ressources, elles sont connues par un petit nombre d’experts et de militants dont l’activisme est insuffisamment relayé. Elles requièrent souvent une certaine technicité, d’abord pour y accéder (connaissance des plateformes, foisonnement des ressources), puis pour participer activement à leur coproduction (clarté des interfaces et des formats, culture de la donnée, …)
De nombreuses initiatives vont dans le bon sens : les carto-parties et copy-parties, le festival du domaine public, les infolabs. Mais les communs ont aujourd’hui une place insuffisante dans le paysage de la médiation, de l’éducation et de la culture numérique. Le grand public, les professionnels ne savent pas comment s’inscrire dans le cercle vertueux de la production et de l’accès à ces ressources, utiles tout au long de la vie et sur l’ensemble du territoire.

2. Un enjeu de valeur collective : des modèles économiques émergents, entre subvention et prédation
Tirant parti de leur reproductibilité, les biens numériques peuvent conduire à un changement de paradigme face à une vision classique de la « rareté » et favoriser de nouvelles formes de partage. Pourtant la tendance actuelle est plutôt à une privatisation croissante de la connaissance dans un contexte mondial dans lequel les acteurs publics laissent une place croissante aux nouveaux grands acteurs du numérique. Les productions de la recherche publique sont encore trop peu en open science, les contenus pédagogiques et de formation produits sur fonds publics sont couramment commercialisés dans la sphère marchande, les acteurs publics peinent à privilégier les logiciels libres, les producteurs d’open data redoutent la captation de valeur. La fertilité de l’économie de la contribution tarde à être reconnue et respectée par les acteurs privés qui en tirent pourtant largement parti par leurs réutilisations, mais aussi par les acteurs publics dont les modèles de financement classiques (marchés publics ou subventions) ne sont pas toujours adaptés à la prise en compte de ces nouvelles formes de production d’intérêt général. Des initiatives existent pourtant : partenariats entre collectivités territoriales et Open Street Map, « pré-procurement », investissements publics dans des formes coopératives. C’est parfois la culture juridique des agents de collectivités qui fait obstacle à des pratiques plus ouvertes, et plus globalement un défaut de culture partagée.
En lien direct avec cet enjeu, nous identifions aussi un enjeu éthique et de responsabilité collective : tous les « communs » ne contribuent pas nécessairement à l’intérêt général, et le renforcement de ces modèles amènera de façon croissante le besoin de règles communes, de cadres de responsabilité et de formes de gouvernance.

3. Un enjeu opérationnel : modalités de production et de partage, nouvelles ingénieries.
Les communs ont besoin d’environnements de production et de partage et d’ingénieries adaptées. La simplicité d’accès et d’usage des grandes offres de cloud contraste avec la diversité et la complexité des espaces de partage et de contribution « ouverts ». Au-delà des outils, la contribution et la participation constituent aujourd’hui des domaines d’expertise qui peuvent impressionner les néophytes, au point d’engendrer une fracture contributive. Il y a un enjeu à faire monter en compétences des professionnels de la médiation et de l’accompagnement au service de ceux qui vont manier des données, enrichir des cartes, contribuer à des productions collectives, animer des démarches d’intelligence collective. Les méthodologies sont insuffisamment partagées, très peu enseignées aux étudiants, et la mythologie d’une participation simple et accessible se heurte à de nombreux obstacles, épistémologiques, symboliques et concrets, qu’il faudra lever.

Conception & réalisation : Facyla ~ Items International

Plateforme construite avec le framework opensource Elgg 1.8