Questions Numériques éditions antérieures

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Questions numériques 2016-2017

THINK SMALL


La puissance transformatrice
de la petite échelle

 

Historique

Tous auteurs, créateurs, innovateurs, producteurs: Version

Dernière mise à jour le le 12 novembre 2012 par Margaux Pasquet

-> A voir: compte-rendu de l'atelier de Paris (24/10/12)

 

Promesse initiale

L’internet redistribue l’information, les moyens de la produire et de l’échanger - donc le pouvoir. Il le fait d’abord au profit des individus, qui s’en saisissent de toutes sortes de manière : pour s’informer et informer, pour apprendre et partager du savoir, pour mieux consommer et concevoir eux-mêmes des produits, pour participer à la vie publique et coproduire les réponses à leurs problèmes communs... Les frontières se brouillent entre amateurs et professionnels, entre consommateurs et producteurs. De nouvelles formes d’action collective émergent, à toute petite comme à très grande échelle. Les organisations existantes doivent apprendre à faire face à ce nouveau pouvoir des individus interconnectés.


“Les gens enrichissent le cyberespace - ils le créent, le définissent, l’étendent. (...) Chaque personne a désormais la possibilité de contribuer à cet appel à sa manière. [Le cyberespace] produit de nouvelles normes de conduite qui contraignent chaque institution à dépasser la standardisation, ainsi que l’obsession matérialiste de l’énergie, de l’argent et du contrôle.
Les technologies de l’information font tendre le coût de la diversité - celle des produits comme celle des individus - vers zéro, “démassifiant” ainsi nos institutions et notre culture et démodant la production industrielle de masse. Cette démassification rend possible une extension sans précédent de la liberté humaine.” -
A Magna Carta for the Knowledge Age, 1994

“Les NTIC permettent d’entrevoir de nouvelles formes d’action et de participation ; elles sont l’outil d’une humanité agissante qui cherche à maîtriser le cours des choses. (...) L’homme est de moins en moins passif ; de spectateur, il devient de plus en plus acteur de sa propre destinée : il redevient alors le critère déterminant du changement et de la révolution en cours.” – Le nouveau pouvoir des internautes, 2006

“Pour les individus et les petits producteurs, nous serions à l’orée d’une nouvelle ère, peut-être d’un âge d’or, aussi important que la Renaissance ou l’émergence de la démocratie à Athènes. Nous pouvons coproduire un système d’exploitation, une encyclopédie, les médias, un fonds de placement et même des objets physiques tels qu’une moto. Nous devenons notre propre économie - un vaste réseau mondial de producteurs spécialisés qui partagent et échangent des services pour se cultiver, se nourrir ou apprendre. Une nouvelle démocratie économique émerge, dont nous sommes tous des dirigeants.” – Wikinomics, 2006

“La technologie nous fournit une boîte à outils grâce à laquelle n’importe qui peut devenir journaliste à moindre coût et, en théorie, à l’échelle mondiale. Il n’y a aucun précédent. (...) La frontière entre producteurs et consommateurs se brouille, ce qui modifie leurs rôles respectifs. (...) Si tout le monde peut faire l’actualité, les sans-voix reprendront la parole. Ils nous enseigneront à tous - citoyens, journalistes, leaders d’opinion - de nouvelles manières de parler et d’apprendre. Cela pourrait signer la renaissance de la notion menacée de citoyenneté informée. Il n’en faut pas moins pour nous gouverner nous-mêmes, et nous en bénéficierons tous si nous nous y prenons bien.” - Dan Gilmor, We The Media, 2004

Ce qu’on attend du numérique au service de cette promesse

 

  • Rendre toute l’information et la connaissance accessible à tous
  • Mettre à disposition de tous des outils de recherche, de production, de calcul, de création, de partage, de collaboration, de publication
  • Faciliter la mise en relation, la coopération entre individus et entre groupes, sur la base de proximités géographiques, d’intérêts communs, de projets, d’intentions...
  • Mettre pratiquement à égalité le créateur ou l’auteur individuel et les professionnels organisés
  • Faire émerger des espaces, des ressources, des représentations, des standards et des outils partagés, des “communs”
  • Offrir l’infrastructure technique, informationnelle, économique et politique d’une “économie de la contribution”

Ceux qui n’y croient pas, ceux qui n’en veulent pas


“Tous” désigne en fait une nouvelle élite qui veut juste remplacer l’ancienne !
“Ce qu’il y avait de très beau et de très fragile dans l’idéalisation qui s’est construite à l’époque des fondateurs, c’était de revendiquer un monde dans lequel les règles d’interactions, l’autorité, le partage de la création soient le plus constamment ouverts possible… [Ils] rêvaient d’une société réconciliée, universelle, abolissant les frontières entre les sexes, les âges et les catégories socio-professionnelles. Alors que, sociologiquement, ils formaient une “communauté” américaine, hypermasculine, blanche et très diplômée…
Comme souvent, les élites culturelles universalisent leur propre désir de société et croient que parce qu’ils ont des pratiques ouvertes, elles sont immédiatement accessibles à tous ! (...) Cela a nourri beaucoup de discours très “naïfs” sur la participation de tous, la disparition des autorités, la constitution d’un espace public mondial...” - Dominique Cardon, 2010

L’empowerment n’est qu’un nouvel avatar de l’individualisme libéral, adieu les solidarités !
“Vous pouvez appeler cela libéralisme. Vous pouvez l’appeler empowerment (capacitation). Vous pouvez l’appeler liberté. Vous pouvez l’appeler responsabilité. Je l’appelle la Big Society (...) - la plus importante, la plus radicale redistribution des pouvoirs depuis les élites du pouvoir vers les hommes et les femmes de la rue.” - David Cameron, 2010

“La “Big Society”, le projet-phare de David Cameron, court le risque d’échouer du fait des coupes sauvages dans le financement des initiatives citoyennes et de l’absence de confiance de la part de tous ceux sur lesquels le gouvernement comptait pour concrétiser sa vision.” - The Guardian, 2012

C’est une catastrophe pour la qualité de l’information et de la création culturelle !
“[Le Web 2.0] laisse entendre que tout le monde - même le moins éduqué et le moins fin d’entre nous - peut et doit utiliser les médias numériques pour s’exprimer et se réaliser. Le Web 2.0 “outille” notre créativité, il “démocratise” les médias, il “met sur le même pied” experts et amateurs. (...) La conséquence involontaire de cette démocratisation est un applatissement culturel. Plus de Hitchock ou de Bono. Juste le vacarme de l’opinion. (...) Le but des industries médiatiques et culturelles - au-delà du besoin naturel de gagner de l’argent et d’intéresser les gens - est de découvrir, accompagner et récompenser les meilleurs talents. (...) Sans une élite de médias populaires, nous perdrons la mémoire de ce que nous avons appris, lu, vécu ou entendu. Cela aura des conséquences culturelles dramatiques.” - Andrew Keen, 2006

Comme d’habitude, tout ce qu’il se produira d’intéressant sera capturé par quelques monopoles !
“Les pratiques de partage actuelles n’ont pas grand-chose à voir avec le communisme, l’échange ou le “don” sont organisés par des entreprises, et même le partage “gratuit” accroît le capital de ceux qui possèdent les plateformes au sein desquelles les internautes partagent leurs oeuvres ou leurs sentiments.” - Trebor Scholz, 2008

“L’enjeu est de réussir le mariage du monétaire et du non-monétaire, sans que le non-monétaire se sente exploité.” - Yochai Benkler, 2007

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