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Privilégier la différenciation pédagogique

FuturEduc, imaginer l'école pour tous à l'ère numérique


8.Privilégier la différenciation pédagogique

À l’échelle d’un établissement, des professeurs proposent des parcours pédagogiques différenciés, sans stigmatisation ni sélection.

 

Objectif

Des établissements volontaires proposent une ou deux disciplines enseignées de manière “différenciée”, à l’aide d’une plateforme numérique et de “cartes des savoirs”. L’objectif est, à l’échelle de la classe, de proposer des manières différenciées d’apprentissage, en fonction de leurs besoins et préférences vis à vis des manières d’apprendre.

Quels élèves, quelles matières ?

L’établissement pourrait choisir de proposer ces formes différenciées d’enseigner, soit à tous les élèves pour les matières concernées, soit à certaines classes, soit aux élèves qui rencontrent des difficultés dans ces matières. L’enseignant est invité à rechercher des modalités pédagogiques et des outils différenciants, en particulier ceux qui favorisent l’activité de l’élève.

Quel déroulement ?

Cette action prioritaire concernerait tout d’abord la formation des professeurs, en particulier : :

  • Installer une démarche de formation continue des enseignants autour de la différenciation pédagogique ;
  • Permettre, dès la formation initiale, de concevoir ainsi des parcours de formation ;
  • Mutualiser des pratiques d’enseignement documentées à l’échelle de l’établissement ou d’un territoire.

Plusieurs formes d’apprentissage pourraient être proposées et éventuellement combinées :

  • Classe inversée : auto-apprentissage et coaching ;
  • À distance ;
  • En classe avec assistance de la plateforme (a priori par petits groupes) ;
  • Par groupe d’élèves s’aidant les uns et les autres...

Le suivi se ferait le long de l’arbre des connaissances (qui permet d’emprunter plusieurs voies pour parvenir aux mêmes acquisitions), élève par élève : connaissances acquises, en cours d’acquisition, non acquises. L’élève disposerait d’outils d’auto-évaluation et d’assistance. Il pourrait choisir de “partager son arbre” avec d’autres élèves. L’enseignant pourrait également accéder à l’arbre de chaque élève, repérer ses difficultés et proposer des activités adaptées, voire être alerté si l’on constate un décrochage.

Ces pratiques différenciées proposées par les enseignants devront être reconnues comme faisant partie des compétences professionnelles des professeurs. Les méthodes de la différenciation pédagogique sont aujourd’hui enseignées dans les ESPE (École Supérieure du Professorat Action n°8 pédagogique Les Actions Prioritaires 38 et de l’Éducation) mais leur place reste marginale, notamment dans la formation continue. L’action prioritaire proposée pourrait donc être mise en place avec le soutien d’une ESPE qui en ferait un axe de développement spécifique...

Comment démarrer ?

Par où commencer ?

Par quelques enseignants volontaires, sur la base d’outils gratuits ou peu coûteux ou en collaboration avec des entreprises développant ce type d’outil (en France, Educlever) et un institut de formation des enseignants (ESPE).

Sources d’inspiration disponibles

  • Les systèmes de représentation des connaissances (repris ici sous le vocable général de “carte des savoirs”) ;
  • L’arbre de connaissances (Authier - Lévy) reste la référence théorique la plus solide ;
  • Elle peut être complétée par ce qui s’est plus récemment développé autour du mind mapping et de l’adaptive learning. Dans le premier cas, il s’agit de négocier les représentations des savoirs à acquérir, dans le second de soutenir des phases d’apprentissage individuel fondées sur les comportements des apprenants eux-mêmes ;
  • Projet “Cartographie des savoirs” d’Educlever, soutenu par le ministre de l’Éducation nationale ;
  • Autres acteurs de l’“adaptive learning”.

Les “cartes des savoirs” sont des formes de visualisation et de navigation dans des univers plus ou moins hiérarchisés de concepts et de connaissances reliés les uns aux autres. Si leurs formes et usages sont multiples, elles sont aujourd’hui de plus en plus fréquemment utilisées comme des dispositifs d’appui à une pédagogie personnalisée : représenter plusieurs chemins pour acquérir des compétences, situer l’apprentissage et les difficultés d’un élève, aider l’enseignant à proposer des activités adaptées.

Conditions de succès, risques à éviter

Les risques à éviter

  • Stigmatisation des “mauvais” élèves ou hypersélection des plus “autonomes” ;
  • Normalisation des manières d’apprendre (l’arbre des savoirs comme nouveau carcan) ;
  • Se contenter de peu (ne pas inciter les élèves à être ambitieux).

Les condition de succès

  • Disposer d’une plateforme numérique de qualité et d’arbres des savoirs ;
  • Faire confiance aux élèves, leur donner de l’autonomie et les inviter à s’entraider ;
  • Pouvoir accompagner et coacher les élèves - ce qui suppose sans doute des formations ad hoc.

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