L’école, Boite à data

FuturEduc, imaginer l'école pour tous à l'ère numérique


4. L’école, Boîte à data

Recycler les données produites et utilisées dans chaque établissement comme supports d’enseignement, de capacitation des élèves et de discussion sur la vie de l’établissement.

 

Objectif

Comme toute organisation aujourd’hui, un établissement scolaire produit et utilise un grand nombre de données numériques. Celles-ci nourrissent principalement une approche gestionnaire de l’établissement et du système éducatif : administration et finance, gestion du bâtiment et des emplois du temps, évaluation... La Boîte à data propose le développement de l’usage des données au-delà et de façon distincte de leurs fonctions initiales, à des fins de collaboration, de participation et de capacitation des élèves, comme des autres membres de la communauté éducative.

Que met-on dans la compétence “Collaboration” ?

La Boîte à data est alimentée par plusieurs types de données :

  • Données des systèmes d’information et autres systèmes techniques existants (informations de gestion, flux du bâtiment, catalogue du CDI…) ;
  • Données créées par les utilisateurs eux-mêmes (publications, entrées de l’ENT…) ;
  • Données extérieures, notamment des données publiques sur le territoire (trafic, météo, caractéristiques géographiques et économiques du quartier…) et sur le système éducatif (statistiques, ressources…) ;
  • Données des réseaux sociaux (messages par ou à propos de l’établissement, abonnés et contacts…).

Certaines de ces données ont une dimension plutôt collective, d’autres plus individuelle (à commencer, bien sûr, par les données personnelles dont l’accès reste évidemment protégé).

Quelles données dans un établissement ?

Gestion, administration, fonctionnement :

 personnels (organigramme)
 élèves inscrits
 provenance des élèves
 finances (budget, dépenses)
 tutelles et partenaires

Bâtiment et équipements :

 surfaces (couvertes, extérieurs)
 équipements (eau, énergie...)
 flux (eau, énergie…)
 entretien et maintenance
 allocation des espaces (nombre de salles)
 câblage (raccordement et desserte)

Vie scolaire :

 internat, demi-pension
 gestion présences, absences, retards
 autres activités scolaires et périscolaires...s

Enseignement : :

 classes, emplois du temps...
 dossiers élèves
 dossiers enseignants
 statistiques (sociales, pédagogiques, suivi des cohortes…)
 équipements (labos, ateliers, numérique...)
 catalogue du CDI et son emploi (emprunts…)

ENT et site web de l’établissement :

 données d’usage
 contenus publiés, utilisés...

Réseaux sociaux :

 publications publiques de l’établissement / de membres de l’établissement
 publications publiques à propos de l’établissement
 contacts, abonnés, comptes et pages suivis...


Les usages

La Boîte à data propose de mobiliser ces données à de nouvelles fins, délibérément disjointes des fonctions de gestion comme d’évaluation.

1. Contribuer à la vie de l’établissement

Les données (non nominatives, dans cet usage) deviennent :

  • Les sources d’un tableau de bord partagé, mis à jour régulièrement, des grandes dimensions de l’établissement : fonctionnement, finances, effectifs, absentéisme, vie culturelle, résultats scolaires agrégés...
  • Un support de discussion sur le fonctionnement de l’établissement, son projet, ses transformations éventuelles.

L’enjeu consiste alors, d’une part, à disposer d’outils simples et partagés de visualisation et de représentation des données et, d’autre part, à développer un minimum de compétences “données” parmi les parties prenantes. C’est pourquoi cet usage de la Boîte à data est très fortement lié au suivant, qui concerne l’utilisation des données dans le cadre pédagogique.

2. Être le support de projets pédagogiques

La Boîte à data serait un objet d’apprentissage en tant que tel pour comprendre ce que sont les données, apprendre à les traiter (visualisation, représentation, statistiques...) et les utiliser pour traiter des problèmes concrets (histoire-géographie, sciences, sport, gestion...). Elle pourrait également servir de support à des projets pédagogiques portant sur un sujet forcément proche des élèves (leur établissement), idéalement avec un enjeu concret : participer à un débat, résoudre un problème...

3. Développer l’apprentissage par les élèves de la gestion de leurs propres données personnelles

La Boîte à data serait un objet d’apprentissage en tant que tel pour comprendre ce que sont les données, apprendre à les traiter (visualisation, représentation, statistiques...) et les utiliser pour traiter des problèmes concrets (histoire-géographie, sciences, sport, gestion...). Elle pourrait également servir de support à des projets pédagogiques portant sur un sujet forcément proche des élèves (leur établissement), idéalement avec un enjeu concret : participer à un débat, résoudre un problème...

La Boîte à data servirait également à développer un usage des données personnelles à la fois pertinent et responsable, d’abord de de la part des élèves, mais aussi, pourquoi pas, des enseignants, voire aussi d’autres parties prenantes : personnels non enseignants, parents...
Il s’agirait par exemple :

  • D’apprendre à gérer ses propres données et leur circulation : savoir concrètement ce qu’est une donnée personnelle, en comprendre le cycle de vie et les usages, les protéger ou les partager en connaissance de cause, les vérifier, modifier ou supprimer, les utiliser soimême, etc.
  • D’utiliser les données comme la base d’un travail réflexif sur ses apprentissages et son orientation
    • Les notes et compétences, accessibles sous des formes d’arbres de connaissances ;
    • Interaction de données sur les activités scolaires et périscolaires, ainsi que de données sans dimension évaluative (publications, interactions avec d’autres, contributions à des travaux collectifs...) ;
    • Ce support personnel de la Boîte à data pourrait aider l’élève à produire son bilan de compétences, ainsi qu’à apprendre à se présenter lui-même (ePortfolio, “CV” pour des demandes de stage…).

Ce support personnel pour l’élève pourrait également trouver une déclinaison destinée aux enseignants pour les outiller (là encore, en dehors de toute forme d’évaluation) afin, par exemple, de suivre leur propre évolution et celle de leurs classes.

Comment démarrer ?

Par où commencer ?

La Boîte à data trouve naturellement sa place comme service applicatif d’un ENT. Un tel service pourrait comprendre a minima :

  • Un outil d’enquête en ligne ;
  • Un outil de traitement des données ;
  • Un outil de représentation graphique des données.

A défaut, il serait possible d’exploiter des équivalents (Google...).
Comme d’autres organisations, l’établissement scolaire et ses différents acteurs n’ont généralement pas conscience des données qu’ils manipulent de fait. Un recensement des données utiles, en utilisant une méthode telle que celle du “Data Census”, peut aider pour commencer.

Sources d’inspiration disponibles

  • Le programme Infolabs de la Fing : des dispositifs et des méthodes pour développer la “culture de la donnée ;
  • L’association Regards Citoyens de “diffusion et partage de l’information politique” ;
  • L’initiative “Educnum” coordonnée par la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés)

Conditions de succès, risques à éviter

Les risques à éviter

  • Une surveillance accrue des faits et gestes, du travail des élèves et des professeurs ;
  • Une hyper-normalisation des échanges et des décisions ;
  • Une extension supplémentaire de la logique gestionnaire.

Les condition de succès

  • Des actions de sensibilisation et de formation des parties prenantes aux données elles-mêmes ;
  • Un dispositif vraiment disjoint de l’évaluation des professeurs comme des élèves et des autres personnels ;
  • Relier l’usage de la Boîte à data pour l’établissement à son usage dans le cadre de projets pédagogiques ;
  • Des outils de base pour le traitement et la représentation de la donnée ;
  • Faire de la conformité juridique à la fois une contrainte et un sujet d’apprentissage.

#vision école de l’autonomie #action compétence data