Des projets pour de vrai

FuturEduc, imaginer l'école pour tous à l'ère numérique


2. Des projets pour de vrai

Plusieurs fois dans leur scolarité secondaire, les élèves ont l’occasion de mener des projets longs dont l’utilité, le public et les parties prenantes dépassent le cadre de la classe.

 

Objectif

Au moins deux fois pour chaque élève, à partir du collège, pendant au moins 6 mois de l’année, une demi journée par semaine serait consacrée à des projets dont l’utilité, le public et les parties prenantes dépassent le cadre de la classe, voire de l’établissement : résoudre un problème qui concerne l’établissement ou d’autres acteurs du territoire, organiser un débat sur un sujet d’intérêt collectif, produire une publication...

Les projets peuvent être proposés aussi bien par l’extérieur (collectivités, association, entreprises, parents...), que par les enseignants, les élèves et les autres membres de l’établissement.

Ils sont sélectionnés par l’équipe pédagogique en fonction de certains critères, par exemple :

  • Avoir un lien même indirect avec au moins 2 sujets enseignés dans l’année. Ce lien ferait lui-même l’objet d’un travail pour aider à comprendre l’utilité des apprentissages ;
  • Pouvoir être mené par une équipe de 5-6 élèves a priori (mais pas obligatoirement) de même année ;
  • Impliquer des interactions avec des parties prenantes et/ou des publics extérieurs à la classe : autres membres de la communauté éducative, professionnels, associations, acteurs publics, médias… Ces parties prenantes peuvent agir comme “commanditaires”, partenaires, “coachs”, publics...
  • Mobiliser le numérique comme outil de travail et/ou de partage, de coopération, de publication, de gestion du projet...
  • Idéalement, avoir au moins un copilote extérieur à l’équipe pédagogique : un professionnel, un responsable associatif, un agent de la mairie...

Déroulement type

Le projet doit permettre :

  • D’acquérir et d’appliquer les connaissances et compétences ;
  • De revenir sur ses apprentissages, d’en percevoir l’utilité et d’intégrer l’expérience acquise dans les apprentissages à venir ;
  • D’apprendre à travailler en groupe et avec des “bénéficiaires”, y compris en tenant plusieurs rôles et des “commanditaires”.

On pourrait suggérer 5 phases pour chaque groupe :

  1. Un moment de compréhension du problème posé et de recherche ou rappel des connaissances nécessaires ;
  2. Un moment de structuration de l’équipe : rôles, mode de fonctionnement, etc.
  3. Des boucles courtes entre travail de terrain et réflexivité en termes d’apprentissage ;
  4. Un travail de documentation du projet ;
  5. Un moment final (exposé, rapport...) de récit du projet et ce qu’il a appris au groupe et à chacun, en présence des commanditaires et si possible d’un public plus large (échanges entre projets).

Exemple de projet : la cuisine pédagogique (ENCART)

Dans cet espace physique, mutualisé entre plusieurs établissements scolaires, toute la chaîne de l’alimentation est présente : l’agriculture et l’élevage, la transformation des aliments, la préparation (cuisine et stockage), l’expérimentation (le laboratoire et la recherche de recettes), la fabrication d’ustensiles, la dégustation (et arts de la table), la vente (distribution, marketing), le recyclage des déchets…
L’espace (et le temps) s’organisent en modules interconnectés : agriculture, intendance, logistique, garde-manger, préparation, cuisson, arts de la table, service, vaisselle, entretien du matériel, gestion des déchets…
Chaque projet intègre un ou plusieurs modules pour acquérir et mobiliser plusieurs types de connaissances théoriques et pratiques à la fois. Par exemple, le module “agriculture” peut mobiliser SVT, géographie, technologie, économie...
Les professeurs animent l’espace, fournissent des bases de connaissances, aident et suivent leurs élèves. Certains coachs professionnels (cuisinier, boulanger, etc.) ou experts/amateurs (parents d’élèves, etc.) peuvent intervenir au sein de l’espace. Des moments de bilans fournissent de nouvelles occasions de formaliser et d’approfondir des connaissances.

Comment démarrer ?

Par où commencer ?

  • S’appuyer sur les projets interdisciplinaires du collège (EPI en France) et du lycée (TPE en France) ;
  • S’appuyer sur ce que certains font déjà : l’engagement d’élèves dans des associations ou des clubs de l’établissement, les professeurs qui font des spectacles...
  • Démarrer modestement avec quelques projets destinés à “habituer” l’environnement de l’établissement à appuyer celui-ci pour des projets.

Sources d’inspiration disponibles

  • Project H : pédagogie projet par le design avec les élèves pour des publics cibles ;
  • Les “FabLabs éducatifs” ouverts, par exemple, le Plascilab de Ris-Orangis (Essonne) ou celui du collège Louise-Michel de Clichy-sous-Bois.
  • Conditions de succès, risques à éviter

    Les risques à éviter

    • Inadéquation entre l’offre et la demande de projets, en quantité ou en exigence ;
    • Pauvreté des projets proposés ou réalisés (risque de déception) ;
    • Inégalité entre zones denses ou à population aisée et zones rurales ou socialement défavorisées (même si les besoins sociaux y sont plus grands).

    Les condition de succès

  • Implication et ouverture de l’équipe pédagogique comme du reste de l’établissement ;
  • Suppose que les élèves puissent travailler hors de l’établissement et qu’on leur fasse confiance ;
  • Fort lien avec l’environnement de l’établissement, les parents, etc.
  • #école engageante et ouverte #action compétence collaboration