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La compétence collaboration

FuturEduc, imaginer l'école pour tous à l'ère numérique


1. La compétence “collaboration”

La collaboration, le travail en groupe, la conduite de projets… deviennent à la fois des manières d’apprendre et des compétences enseignées, éprouvées et évaluées.

 

Objectif

L’émancipation que vise l’école devrait inclure l’apprentissage du travail en équipe. Tout y pousse, tant dans la vie sociale, qui se résume de moins en moins à la polarité individus/grandes institutions, que dans la réalité du travail qui s’organise de plus en plus en mode “projets”. Cette piste vise donc à faire de la collaboration une compétence que l’on se fixerait pour but de faire acquérir aux élèves, et bien sûr de mobiliser dans les apprentissages disciplinaires.

Que met-on dans la compétence “Collaboration” ?

  • Savoir participer activement à une production au sein de groupes plus ou moins grands, hétérogènes, etc.
  • Comprendre les formes de collaboration, les dynamiques de groupe et la place que chacun occupe en leur sein ;
  • Connaître et maîtriser les grandes classes d’outils et de méthodes de collaboration synchrones et asynchrones, présentielles et à distance ;
  • Connaître et maîtriser les grandes règles et méthodes de conduite de projet... L’évaluation de la maîtrise de la compétence pourrait prendre en compte le degré de participation dans des projets concrets, les rôles pris dans le collectif (leader, modérateur, synthétiseurs...), la qualité de la production collective, la capacité à documenter le travail réalisé.

Comment cette compétence peut-elle s’acquérir ?

Nous partons du principe que la collaboration s’apprend certes dans l’action, mais qu’un certain nombre de connaissances et de méthodes sont importantes pour maîtriser cette compétence dans une grande diversité de contextes.

Ainsi, un réseau d’établissements pourrait proposer de dédier 1/2 jour par semaine à du travail collaboratif entre élèves de même année (mais pas forcément de la même classe). Ce temps dédié à du travail collaboratif pourrait prendre différentes formes :

  • Travailler sur une thématique du projet d’établissement ;
  • S’appuyer sur un “projet” existant, en faisant explicitement de l’apprentissage de la collaboration l’un de ses objectifs : aujourd’hui, l’évaluation des projets ne prend que très marginalement en compte le processus et se focalise sur le résultat ;
  • Apprendre ensemble une partie du programme (avec tutorat) ;
  • Prendre part à des tâches liées au fonctionnement de l’établissement (y compris le fonctionnement d’une association, du ciné-club, etc.);
  • Réaliser un ”devoir” collaboratif où différentes disciplines sont convoquées...

Ce travail dédié à la collaboration s’appuierait sur :

  • Une plateforme numérique, dotée d’outils permettant aussi d’évaluer certains aspects de la collaboration (interactions, activités sur les documents...) ;
  • Des moments de coaching et de réflexivité sur le travail collaboratif : par exemple, des moments où les élèves viennent raconter les difficultés que rencontrent leurs groupes et sont aidés à les résoudre par eux-mêmes, si besoin après un “détour” par la recherche de connaissances.

Comment démarrer ?

Par où commencer ?

  • Par l’apprentissage en groupe de telle ou telle partie du programme ;
  • En mariant l’acquisition de la “compétence collaborative” avec les temps de “projets” ;
  • En reconnaissant formellement les investissements associatifs et extrascolaires des élèves, à l’intérieur voire à l’extérieur de l’établissement ;
  • En enquêtant sur des exemples de petits et grands projets collaboratifs dans l’établissement et en dehors.

Sources d’inspiration disponibles

  • L’expérience de l’OCCE (Office Central de Coopération à l’École) développée surtout au premier degré et qui pourrait être étendue au secondaire ;
  • Le travail de Sylvain Connac sur les pédagogies collaboratives ;
  • Quest2learn : des écoles publiques aux États-Unis qui proposent un enseignement disciplinaire par le jeu, en particulier appuyé sur sa dimension collaborative.

Conditions de succès, risques à éviter

Les risques à éviter

  • Que ce travail sur la collaboration reste en marge du “vrai enseignement” : il faut que cela fasse partie du cursus normal des élèves ;
  • L’entre-soi (ne collaborer qu’avec ses semblables) : inviter à des projets inter-classes, interétablissements, inter-sections... ;
  • Que ce travail sur la collaboration reste empirique, sans transformation de l’expérience en connaissances et compétences pour pouvoir appliquer, répliquer, améliorer...

Les condition de succès

  • Des “coachs” ou des professeurs disposant de cette compétence ; l’acquisition de la compétence “collaboration” doit avoir un pendant dans la formation des enseignants ;
  • Des outils et des plateformes numériques (y compris évaluation et mesure), de préférence non spécifiques à l’éducation ;
  • Un usage de la compétence “collaboration” pour acquérir des connaissances disciplinaires.

#vision école engageante et ouverte #vision école de l’autonomie #action
une des formes de la différenciation