Questions Numériques

Questions Numériques

RESET - Quel numérique voulons-nous ? (édition 2018-2019)


Phase 1. Idées et projets transformateurs

Démarré par QN 2013 le 7 juin 2012 Réponses (40)

 

Bonjour,

Nous souhaitons démarrer la session d’échanges de connaissances, d’idées, de questionnements en vous posant la question suivante :

Avez-vous connaissance d'une (ou 2,3) idée(s), d'un projet emblématique, qui pourrait changer la donne dans les années à venir ?

 

Afin de faciliter le suivi des discussions, des synthèses seront mises à votre disposition régulièrement.

 

P.S : Les règles générales :

1. Un mail égal au plus un écran (sauf pour les synthèses car les débat sont vraiment riches)

2. Être constructif et pas dogmatique (personne n'a toutes les solutions mais c'est par nos échanges que nous pourrons enrichir le débat)

3. Osez contribuer et accueillez les nouveaux contributeurs (il n'y a pas d'idées inutiles, c'est le croisement des idées qui fait avancer)

 

Merci d'avance,

La Fing

 

Réponses

  • Philippe Parmantier le 7 juin 2012

    Film photovoltaïque transparent. 

    Développé par une startup provençale Wysips cette technologie offre un champs d'application considérable tout particulièrement dans les pays en développement 

    Technologie résultant de l'assemblage sur un film plastique de cellules solaires miniaturisées et de procédés optiques (holographiques) permettant d'obtenir une transparence complète. 
    Les premiers modèles disposaient d'une capacité de 10 Milliwatts par centimètre carré, correspondant à un quart d'heure de conversation téléphonique 

    Pour en savoir plus sur la techno : http://www.wysips.com/en-savoir-plusgb.php

    Permet de construire de grandes surfaces de production d'électricité dans l'environnement quotidien (mobilier urbain, toitures, surfaces vitrées)

    Les premières pistes d'applications  

    Smartphones tablettes numérique :couche partie intégrante de l'écran permet de recharger en quelques heures. Technologie permet le rechargement même sous lumière artificielle. Gain estimé environ 20% avec son système de recharge solaire. 
    Stores et textiles: réalisation d'économies d'énergie 
    Vêtements: uniforme des pompiers pour alimenter l'électronique embarquée 
    Mobilier urbain et publicité: alimentation éclairage, écrans installés 
    Transports: utilisation de la surface disponible sur les véhicules de transport collectif source supplémentaire d'énergie pour les moteurs hybrides
    Transport maritime à moteur et à voile 
    L'entreprise lance un appel à idées permanent sur le développement de nouvelles applications à partir de sa technologie
    ==> Technologie de rupture 
    ==> Qui peut être utilisée sur des surfaces fixes et mobiles 
    ==> Auto alimentation des smartphones et tablettes (partiellement) 
    ==> Secteur stratégique de l'énergie 
    ==> Pays émergents 
    ==> Coûts de production modérés
    ==> Construction de panneaux photovoltaïques en environnement urbain sans dénaturation
    Etc.... 
  • Jean-Michel Cornu le 8 juin 2012

    Bonjour,

     

    J'ai découvert le Leap MOtion qui est une sorte de petite Kinect à seulement 70€ qui a pour ambitionde remplacer le clavier et la souris :

    http://www.leapmotion.com/

    Bientôt un mo,nde sans clavier comme on l'a connu avant les années 70 ?

    (je ne pense pasq seulement aux claviers d'ordinateurs mais aussi à ceux des terminaux bancaires, et de plein d'autres choses ou on doit taper sur un truc...)

     

    Amicalement

     

    Jean-Michel Cornu

  • Jean-François LAPLUME le 8 juin 2012

    Reconnaissance de signal musical : SIMBALS (http://www.incubateur-aquitaine.com/index.php?tg=articles&idx=articles&topics=72)

    Magnifique projet, hébergé par l'Incubateur Régional Aquitaine et que nous (AEC) avons le bonheur d'accompagner, permettant de caractériser (selon différents critères) les composants spécifiques d'un morceau de musique (stockée dans une base de données) et de reconnaitre (très) rapidement toute interprétation, même approximative (live vs enregistré, amateur vs pro, fredonnée vs interpétée, avec bruits d'ambiance - comme dans une boite de nuit ou une voiture etc...).

    Il se démarque donc très nettement des premières approches de type Shazam oi Midomi et ouvre des perspectives  étonnantes :

    - retrouver un morceau rien qu'en le fredonnant (pour l'utilisateur lambda)

    - identifier du plagiat (pour l'auteur)

    - automatiser le tracage de toutes les diffusions publiques (pour les sociétés de droits d'auteurs)

    - découvrir de nouveaux morceaux par la recommandation (j'aime ce morceau qui a telles caractéristiques, fais-moi découvrir d'autres morceaux similaires ou, au contraire, ayant telles autres caractéristiques)

    - recommander des playlists (radios, DJ's,...) avec la possibilité d'indiquer des évolutions progressives de caractéristiques en fonction du moment de la journée/soirée

    - écoute active / augmentée

    - pratiques pédagogiques (individualisation d'un instrument, recherches d'accords,...)

    Bref, de quoi révolutionner à la fois notre rapport aux gigantesques fonds musicaux qui se constituent ici et là mais aussi l'ensemble de l'économie de la création et de la diffusion musicale

    Jean-François LAPLUME

  • Patrice REMEUR le 8 juin 2012

    Pas mal de laboratoires travaillent également directement sur l'interface cerveau machine. C'est le champs électrique de notre cerveau qui permet de controler des objets.

    Dans le domaine médical cela pourrait permettre à des personnes handicapées de retrouver de la mobilité, Dans le domaine militaire, c'est évidemment très stratégique, bref... il y a une multitude d'application possible pour le meilleur et pour le pire...

    http://swissengineering-stz.ch/pdf/stz1220115036.pdf

    http://theneuronetwork.com/group/braincomputerinterfaces 

  • chmillot le 8 juin 2012

    mobile, crowdsourcé, ludique et non discrimant

    A Londres, se déplacer ne consiste pas seulement à rejoindre à point B. Le projet Cromaroma http://www.chromaroma.com/ offre la posibilité à chaque voyageur équipé d'une carte Billetique de jouer à tracer son parcours, seul, en équipe, afin d'accumuler des points et de monter au classement des voyageurs les plus rapides, empruntant les trajets les plus "efficaces".
    Non discrimant puisque basé sur l'utilisation de la Oyster card et non d'un smartphones et de data, le tracé du voyage se déclanche à la validation de la carte et est transcrit en temps réel sur une carto particulièrement réussie, mélant dataviz, courbes isochrones et autres effets graphiques, permettant au final de mesurer la densité des validations et donc potentiellement, l'encombrement du service de transport. Une vision très interessante de l'appropriation du territoire au travers d'un service incontournable, inscrit dans le quotidien des citoyens Londonien et créateur de liens.

    Il est très aisé d'imaginer les mashups possibles avec un tel projet par l'injection de flux de données propices aux échanges et à la dynamique des territoires dit Opendata.

  • QN 2013 le 19 juin 2012

    Bonjour,

    Les contributions qui ont été postées sont, pour la plupart, des projets emblématiques de transformations technologiques pouvant bouleverser l’organisation sociétale.

    Tout d’abord, le développement du film photovoltaïque transparent est en effet un grand basculement dans le débat actuel sur l’énergie renouvelable versus la pollution visuelle. 

    Ensuite l’exemple du « Leap Motion » est aussi représentatif de l’effondrement de la barrière qui se situe entre le physique et le virtuel. 

    De son côté, la région Aquitaine travaille sur un projet de reconnaissance vocal hypersensible, pouvant identifier une chanson ou une musique même à travers un fredonnement approximatif brouillé par des bruits d’ambiance. 

    Au delà du tactile, des scientifiques touchent du doigt l’interface cerveau/machine qui permettrait d’ores et déjà de contrôler des objets par la pensée.

    A Londres, le projet Chromaroma s’engage sur la voie de l’open data et de l’appropriation du territoire par le crowdsourcing.

     

    Pour conclure, les premières contributions concernent essentiellement le vaste et passionnant thème du transhumanisme et du franchissement de la frontière physique/virtuel.

     

    Auriez vous d’autres idées, d’autres projets porteurs de transformations à venir ?

     

    MERCI à tous les contributeurs !

     

    La Fing

  • Patrice Lazareff le 19 juin 2012

    Bonjour,

    « Changer la donne » est extrêmement large et le temps qui passe en est sans doute le facteur principal :-)

    Plus sérieusement, et dans la direction de la « pensée décentralisée » que semble induire la fréquentation du réseau internet, c'est à dire la mise en place de moyens de communication et de partage autonomes vis à vis des opérateurs centraux auxquels le XXème siècle nous a habitué, je trouve que la monnaie numérique de type Bitcoin est l'un des outils numériques potentiellement bouleversant au sens propre du terme.

    Pour ceux qui ne connaissent pas, il s'agit (en très résumé) d'un mécanisme de création monétaire fondé sur la cryptologie, indépendant de toute banque centrale et dont la répartition est aléatoire ce qui la fait échapper à toute politique monétaire. En outre, cette monnaie permet de transférer des sommes par internet sans passer par un organisme bancaire, comme s'il s'agissait d'argent liquide. Les échanges se font via un réseaux type Peer To Peer (P2P).

    Le volume d'échanges quotidien est de l'ordre de quelques dizaines de millions de dollars et le taux de change avec les principales monnaies "réelles" semble se stabiliser depuis quelques mois après unepériode de variations chaotiques.

    Pour conclure en termes de changement de donne, je crois que l'influence de cet usage des réseaux P2P sur le système monétaire pourrait être comparée avec celle qu'elle a eue sur l'industrie de la musique, point que j'ai développé sur mon blog il y a quelques mois.

    Cordialement,
    p @ T

  • Jenny Bihouise le 19 juin 2012

    Aaah comique ! cela me remet en mémoire un rêve fait aux lendemains de mon inscription dans ce groupe (eh oui je suis très impressionnable ..^^) ou plutôt suite à la (ma?) question : qu'est-ce qu'un groupe comme celui-ci va donc bien pouvoir produire de concret...

    Dans mon rêve, nous profitions tous de l'existence de ce groupe pour tester grandeur nature et entre nous le Bitcoin! Tout y était parfaitement huilé quant à la faisabiité (évidemment) mais au réveil, je n'ai pas retrouvé comment (évidemment) ..Alors c'est passé dans la poubelle de mon DD mais..héhé j'avais pas encore effacé l'historique. Et puisque cela me revient grâce au post de Patrice, finalement, est-ce si farfelu? L'idée n'étant pas que l'expérience vienne se substituer au projet du groupe, mais au contraire le souligner, d'une façon ou d'une autre? un peu comme des j'aime= 0,00000000.....1 Bitcoin aux propositions par ex? Je laisse aux connaisseurs du système le soin de répondre ou rétablir  un principe de réalité par rapport à ce qui fut, je le rappelle, une simple intuition onirique... Mais bon, après tout, d'autres auraient eu tord de ne pas mentionner leurs beaux rêves n'est-ce pas?

  • Karine TURCIN le 21 juin 2012

    Bonjour,

    J'ai adoré la conférence TEDX de MARCO TEMPEST sur la réalité augmentée (http://www.ted.com/talks/marco_tempest_a_magical_tale_with_augmented_reality.html, démonstration brillante et magique des incroyables potentialités du numérique en la matière. Une autre conférence de Shilo Shiv Suleiman montre comment insuffler de la magie dans un livre numérique pour enfants, en faisant de l'écran un support lumineux d'éducation et de curiosité (http://www.ted.com/talks/shilo_shiv_suleman_using_tech_to_enable_dreaming.html.

    Et puis en pensant à la question posée par la FING j'ai trouvé ce matin l'article paru sur LUDOVIA à propos de l'utilisation de la réalité augmentée dans un cadre pédagogique, dans une classe de CM1 (http://www.ludovia.com/technologies_educatives/2012/1541/utilisation-de-la-realite-augmentee-en-cm1.html).  Nous sommes toujours sur la question de l'intersection de ce que l'on appelle "virtuel" et "réel", mais c'est plus vers la question de l'appropriation des outils numériques pour l'enseignement sur laquelle je voulais intervenir dans ce commentaire.

    Ces outils (réalité augmentée, interactivité, design de l'information et tant d'autres) offrent ENFIN un réel souffle de créativité à l'enseignement qui pourrait révolutionner les journées d'école des générations à venir. Faire de l'apprentissage par projet, par création, par contact, par perception multi-sensorielle via les TIC est une priorité, et est, à mes yeux, un véritable élément de révolution pour notre société! Vive le mammouth numérique ?

  • Julien Provost le 22 juin 2012

    Bonjour,

    Me concernant je pense que tous ce qui est plateforme numérique permettant la collaboration et l'échange entre les individus fait très probablement partie de ces dynamiques qui peuvent bouleverser nos façons de travailler et d'échanger ensemble.

    J'ai travaillé durant l'ensemble de l'année sur un projet de création de plateforme numérique collaborative dont l'objectif était de sensibiliser des étudiants à l'entrepreneuriat. Durant ce projet je me suis aperçu que les plateformes collaboratives (exactement comme le réseau social de la FING), permettent de travailler dans des temporalités asynchrones et dans des espaces différents.

    Désormais pour travailler ensemble, pour échanger ensemble, la question de l'espace n'est plus important. On a plus forcément besoin de se rencontrer physiquement pour produire quelque chose ensemble et cela me parait être un bouleversement considérable de notre façon d'envisager le travail et la collaboration dans les années à venir. 

    Peut-être suis-je un peu trop général mais en tout les cas, je pense vraiment que les plateformes collaboratives numériques quelque soient leur but (la sensibilisation à l'entrepreneuriat pour mon cas, le réseau social de la FING...) peuvent engendrer des bouleversements sociaux importants parce qu'elles remettent en cause notre définition du travail, de l'espace, du temps, de la collaboration...

    Je ne sais pas ce que vous en pensez ?

    Julien

  • Margaux Pasquet le 27 juin 2012

    Bonjour à tous,

     

    il me semble pour ma part que l’on assiste depuis quelques temps à un véritable éclatement de nos espaces traditionnels.

    Prenons cette photo ci-contre. Il s’agit d’une photo de l’entrée dans un wagon de métro au Japon. L’individu au premier plan est en train de faire ses courses en flashant des QR codes imprimés à côté des produits affichés en photo sur un mur du métro. Il est alors possible de faire ses courses dans n’importe quel endroit public.


    image

    Autre exemple, celui du 6th sense qui permet d’interagir avec des interfaces portatives que l’on peut projeter sur n’importe quelle surface (mur, main, corps, …). Grâce à un système associant caméra et projeteur avec mémoire intégrée, le tout portés en collier, l’interface n’est plus rigide et fixe. Elle peut se recréer partout. On peut ainsi imaginer que dans le futur, une personne pourrait se faire sa séance de cinéma en projetant un film dans les toilettes de son bureau.


    image

    http://www.ted.com/talks/pattie_maes_demos_the_sixth_sense.html

    Autre chamboulement des délimitations traditionnelles entre les espaces est, selon moi, la frontière de plus en plus poreuse et fragile entre nos espaces privés et publics. De nouvelles technologies de pointe sont en train d’être mises au point permettant un isolement parfait du son grâce à un système de contre-bruits. Il serait alors possible de se construire sa bulle de retour sur soi, son espace privé, dans n’importe quel endroit public. Cela associé à des innovations d’ « invisibilité » comme c’est déjà le cas, dans la mode par exemple avec un système d’écrans textiles permettant d’afficher ce qu’il y a derrière la personne, et chacun de nous pourrait disparaître totalement. Dans son bureau, un individu pourrait ainsi oublier pour un moment les règles sociales de bonne conduite en société en s’isolant dans son monde privé.

     

    Je ne sais que penser de cet éclatement de nos espaces. Je me pose des questions sans y trouver de réponses. Les hommes ont-ils besoin de poser des limites sociales et physiques claires et bien établies pour pouvoir mieux vivre avec eux-mêmes et en société ? L’homme de demain sera-t-il se recréer sa bulle à lui dans n’importe quel endroit ? Et cet enchevêtrement des espaces traditionnels ne va-t-il pas à l’avenir renforcer un certain individualisme ?

    Qu'en pensez-vous ?

    Margaux

     

  • Amadou Lo le 27 juin 2012

    Synthèse du 27/06 (contributions du groupe + contributions AG)

     

    Il s’agit d’une ébauche de synthèse mêlant les réflexions qui ont émergées lors du workshop de l’AG et de vos interventions. 

     

    1. Apprendre à gérer l’abondance (Philippe Parmentier)

    Abondance d’énergies locales

    Besoin de se défaire de l’illusion de rareté (Chritian Jacomino)

     

    2. Vers toujours plus de progrès ?

    Frontière du réel : Virtuel/ Physique 

    Frontière entre le physique et le virtuel est floue et poreuse

    Eclatement des espaces traditionnels (Margaux Pasquet)

    démocratisation de la détection de mouvements de type Kinect avec le Leap Motion à 70 € (Jean-Michel Cornu) 

    Réalité augmentée, nouvelles formes d’apprentissage, nouveaux usages ludiques (Karine Turcin)

    Nouvelles interfaces 

        • reconnaissance de toute interprétation d'un morceau de musique avec Simbals (Jean-François Laplume)
        • « 6th sense » = caméra portative projetant des images interactives (Margaux Pasquet)

     

    La tendance transhumaniste

    Progressions technologiques 

    « homme augmenté » 

    Perfectionnement, maîtrise de la nature

    interfaces cerveau-machine (Patrice Remeur) 

    Technophobie

    Tensions dépossession du lien social vs émancipation par la technologie

    Marchandisation du lien social

     

     

    3. Défis des innovations vertes 

    Film photovoltaïque transparent à coût modéré de Wysips (Philippe Parmentier)

     

     

    4. Gouvernance : Chambardement malgré eux

    Un réel changement de l’organisation politique en cours 

    Groupements privés et de collectifs indépendants 

    De nouveaux acteurs pour un pouvoir davantage distribué 

    Communautés d’intérêt, des partis pirates, Anonymous, etc.

     

    5. Vivre ensemble alternatif

    Transformations organisationnelles et sociétales 

    L’empowerment collectif de la production

    Le rôle des nouvelles pratiques Fab labs et le DIY (Do It Yourself) 

    Les logiques rationnelles systématiques remisent en cause 

    Grande diversité d’organisation de production

    Emergence de plateformes collectives (Julien Provost)

    Les pratiques monétaires dans le numérique

    Une monnaie décentralisée en pair à pair bitcoin (Patrice Lazareff & Jenny Bihouise)

    Cartographie du trafic par la carte billettique Oyster et classement des voyageurs les plus rapides avec Chromaroma (ChMillot)

     

    6. Gestion des données personnelles

    L’appropriation et le contrôle des données personnelles 

    Défi de l’empowerment 

    Les limites de la libération des données

     

  • QN 2013 le 27 juin 2012

    Il nous reste quelques temps avant d'être atteints par les torpeurs de l'été. C'est le moment ou jamais de contribuer en proposant des idées, des projets emblématiques, des faits, aussi bien technologiques que sociétaux ou économiques, qui vous semblent porteurs de transformations à venir... 

     

    N'hésitez pas à réagir aux contributions des autres membres du groupes.

    Merci à tous pour vos apports qui font avancer le processus Questions Numériques.

  • Christian Jacomino le 27 juin 2012

    Les Ressources Educatives Libres sont préconisées par l'Unesco depuis 10 ans. La semaine dernière un congrès mondial s'est tenu à Paris sur ce thème où, sauf erreur de ma part, il n'y avait aucun représentant français ni de la francphonie.

    L'enjeu est considérable, car il s'agit de montrer que dans le monde d'aujourd'hui

    • les ressources pédagpgiques fabriquées dans les pays dits (encore) "riches" doivent pouvoir servir aux plus pauvres,
    • même des non-professionnels peuvent contribuer aux tâches d'enseignement pour les savoirs fondamentaux, ce qui signifie qu'un système d'enseignement en réseau, où les compétences seront distribuées, doit pouvoir prendre le relais du système centralisé (étatique) qui s'essouffle,
    • qu'une éducation ouverte (basée sur l'utilisation des REL) peut permettre à beaucoup de personnes de se construire leur propre emploi (de guide et accompagnateur en apprentissage), en même temps qu'elle permettra de réaliser l'objectif (fixé par l'Unesco encore) de l'apprentissage tout au long de la vie.
    Pour des raisons multiples, les enseignants n'arrivent pas à s'engager tous seuls dans cette voie--mais je suis certain que notre groupe pourrait les y aider beaucoup.
    Il suffirait de constituer un réseau où les spécialistes de la culture numérique en réseau sollicitent les enseignants et se mettent à leur écoute, en se fixant comme objectif de répondre à l'injonction de l'Unesco dont il est temps de découvrir qu'elle n'est pas minoritaire du tout à l'échelle planétaire.
  • Jacques-Francois Marchandise le 27 juin 2012

    Bonjour,

    En écho à Margaux, une idée qui émerge depuis quelque temps dans des horizons assez divers : l'émergence de "lieux physiques numériques". Je ne veux pas seulement parler des tiers lieux, mais aussi du fait que nos lieux ordinaires permettront progressivement tous une diversité d'interactions numériques, des plus légères (QRcodes aux murs) aux plus impliquants (géolocalisation de la coprésence).
    On peut prévoir de telles transformations pour nos lieux de travail, les salles de classe, les guichets des services publics, les librairies (si, si, il y en aura encore), sans parler des rues et des vitrines.
    On range un peu facilement tout cela dans le fourre-tout de l'ubiquitaire ou de la réalité augmentée, notions qui ne parlent pas du tout aux gens qui prennent aujourd'hui des décisions d'ouverture de nouveaux lieux non-numériques.


    Les questionnements de Margaux portent sur l'articulation entre l'individu (sa sphère personnelle, Dominique Boulier parlerait d'habitèle) et les espaces publics et sociaux. Les miens portent, de façon complémentaire, sur la conception de nos nouveaux lieux hybrides et les potentiels d'innovation et de transformation qu'il y a là. Je me demande s'il n'est pas temps de penser l'"aménagement numérique" à des échelles plus petites et plus proches (mais en réseaux).


    Les deux approches se rejoignent, un lieu ne se lit pas seulement selon ses fonctionnalités, loin de là : c'est un cadre de confiance, un environnement cognitif, un espace de sociabilité, une présence symbolique; nos usages des lieux ne sont pas utilitaires. Notre expérience de lieux trop "numérisés", surchargés d'informations et de dispositifs techniques, n'est pas forcément fluide, on a pu entendre Yves-Armel Martin parler, pour les musées, de la nécessité de rendre le numérique plus discret.


    Une difficulté intéressante est probablement d'arriver à imaginer du "mieux" et pas seulement du "plus", un monde bardé de nouveaux dispositifs : je ne suis pas certain que le futur soit futuriste, qu'en pensez-vous ?

  • Jenny Bihouise le 27 juin 2012

     

    Je souscris également à la question telle que formulée par Jacques-François Marchandise s'agissant des lieux physiques numériques. Si j'en comprends bien le sens, j'y retrouve ce pour quoi je milite depuis quelques années maintenant : le développement de l'usage d'espaces en 3 dimensions et immersifs -au sens où sa propre présence et celle des autres y sont représentées. Ici il ne s'agit plus de l'usage de l'Internet pour l'accès à des données informationnelles,  mais bien du partage avant tout de repères géospataiux, de l'expression et de la perception des affects de chacun et qui conditionnent alors la réalité d'un partage des données informationnelles accessibles par le web2. En gros, c'est l'entrée ou l'idée ou le rêve d'un web 3D (le metavers) dans lequel on pourrait naviguer (comme on peut déjà le faire avec le logiciel Hypergrid) en interopérabilité avec les outils du web 2D. Dans ces espaces, fini l'infobésité, l'empilement ou l'ésotérisme des outils du web 2.D, les choses redeviennent naturelles : sorte de tout- en- un disponible en tant que de besoin (communication écrite ou orale, visionnage collectif de videos ou de slides, utilisation synchrone d'outils collaboratifs etc au service des besoins d'un groupe... la solitude devant l'écran de l'ordi n'est qu'un vieux souvenir, la co-production d'actions, la coopération dans les projets prennent leur véritable sens  lorsqu'on souhaite authentiquement les voir à l'oeuvre. Ici petit prezi maison pour illustrer : http://prezi.com/siz15px_lsco/ce-quapporte-le-web-3d/
  • Jean-Michel Cornu le 28 juin 2012

    Merci Amadou pour cette synthèse très structurante.

    La partie sur l'abondance d'énergie locale me fait penser à plusieurs recherches voire innovations
     - les cellules photovoltaïques de 3ème génération avec une efficacité énergétique de 40% (la moitié de la photosynthèse)

     - la décomposition des déchets par des microbes anaérobiques pour produire de l'énergie
     - l'utilisation des molécules ATP de matière biologique pour "nourrir" les robots (sucre, épinard ou même... mouches)

     - et peut être, tant il est difficile actuellement de savoir si c'est un fake ou une révolution, les réactions nucléaires à basse énergies (LENR) les travaux scientifiques les plus récents, à coté de l'agitation entre plusieurs sociétés qui annoncent déjà pour dans les prochains moi la commercialisations, s'orientent non pas vers le dépassement de la barrière coulombienne (ce qui demande bien plus d'énergie comme dans Iter) mais des conditions qui rendraient "lourd" l'électron d'un atome d'hydrogène qui peut alors réagir avec le proton pour former un neutron qui lui peut pénétrer plus facilement un noyau de Nickel pour le faire se décomposer ensuite en cuivre... (cette théorie dites de Widom Larsen est actuellement en cours de test)

    il y a trente ans les grands ordinateurs qui tiennent dans une salle complète voyaient arriver les micro ordinateurs (un ordinateur sur chaque bureau était le slogan de Bill Gates). Il y a toujours des gros ordinateurs, mais la micro ionformatique puis la mise en réseau de ces micro ordinateurs a changé profondément le monde

    Que se passerait-il si de la même manière les grosses centrales voyaient arriver des "micro-centrales" ?

    Amicalement

    Jean-Michel

  • Patrice Lazareff le 29 juin 2012

    «Que se passerait-il si de la même manière les grosses centrales voyaient arriver des "micro-centrales" ?»

    Dans les années 1980, les soviétiques avaient mis au point des centrales nucléaires "portatives" (par camion ou hélicoptère), destinées à alimenter des lanceurs de missiles qui pouvaient dès lors être installés à peu près n'importe où.

    L'accident de Tchernobyl a mis un terme à ces expériences.


  • Renaud Francou le 2 juillet 2012

    Un des sujets candidats à "rupture", auquel nous nous intéressons à la Fing en ce moment est celui des "données personnelles partagées".

    L'idée, somme toute assez simple, consiste à dire : fournissons aux individus les données personnelles qui les concernent (leur consommation téléphonique, énergétique, l'historique de leurs déplacements, de leurs courses, des livres empruntés à la bibliothèque, leurs données retraite, CAF, Secu, etc. la liste est juste gigantesque) et gageons que, services aidant, ils seront en mesure de mieux se connaître et formuler des projets plus en adéquation avec leurs aspirations. 

    S'ouvrent alors des champs passionnants, aussi bien en termes technologiques que socio-économiques.

    En termes de service, bien sûr : quels services et applications m'aideront à consommer plus vert ? Plus éthique ? Quel impact d'une nouvelle dépense sur mes budgets prévisionnels de ces 2 années à venir ? Ne me sera t-il pas plus facile de trouver un emploi en phase avec mes aspirations personnelles si j'ai une vue d'ensemble des choses qui comptent vraiment pour moi depuis ces 10 dernières années ?

    En termes relationnels, le potentiel de changement est assez énorme : mieux armés, les individus se retrouvent potentiellement en meilleure position pour échanger plus efficacement avec les entreprises et administrations avec lesquelles elles échangent quasi-quotidiennement  : banques, opérateurs, transporteurs, services municipaux, …

    Tout cela est déjà un peu documenté, par exemple ici sous forme de scénario, ou ici au fil de l'eau dans le cadre de projet MesInfos :).

    Bien sûr, les contraintes (techniques, juridiques, mais aussi conceptuelles et culturelles) sont nombreuses, mais les perspectives ouvertes par le partage et la ré-utilisation des données personnelles sont aussi excitantes qu'incertaines.

  • Thierry Nabeth le 2 juillet 2012

     

    >> Un des sujets candidats à "rupture", auquel nous nous intéressons à la Fing en ce moment est celui des "données personnelles partagées".

    Ne s'agit-il pas ici de la généralisation du concept du "quantified-self", en particulier au dela du domain de la santé, tel par exemple l'éducation?

    Cela me rappel d'ailleurs pas mal aussi les concept autour de la gestion de l'attention (cf. Davenport à ce sujet ou ce que faisait AttentionTrust) qui étaient à la mode il y a quelques années.

  • Chantal Garnier le 2 juillet 2012

    Bonjour,

    Pour info, demain mardi 3 Juillet, se tient un colloque prospectif et participatif en partenariat avec ESCP et Centrale Paris : "Basculer vers 2050 : le temps des ruptures heureuses". 

    C.

  • Renaud Francou le 2 juillet 2012

    @Thierry : en effet, le Quantified Self est à la fois un symbole et un ingrédient de ce qui se passe autour de ce sujet - mais ce n'est qu'une des facettes.

    L'aspect le plus "dur" du sujet concerne les données que les organisations possèdent sur les individus. L'idée, c'est que ces organisations partagent leurs données avec leurs clients, leur mettent à disposition pour en faire ce qu'ils veulent.

    Si je prends un exemple, une manière de connaître ses consommations (de les stocker, les historiser, les exploiter...) peut consister à scanner ses tickets de caisse - là on est dans le Quantified Self.
    Mais on peut aussi se dire que mon Leclerc, ma Fnac, ou Amazon ... me mettent ça à disposition illico dans un "coffre fort personnel", ce qui est une autre manière de faire.
    L'idée, c'est : "Si j'ai une donnée sur vous, vous l'avez aussi"

    Et bien sûr, les 2 démarches (Quantified Self et partage des data à l'initative des organisations en lien avec les usagers) peuvent se compléter !

  • Patrice REMEUR le 2 juillet 2012

    Bonjour,

     

    La Commission européenne prévoit effectivement que les détenteurs de données personnelles doivent restituer celles-ci à leur propriétaires http://europa.eu/legislation_summaries/information_society/data_protection/l14012_fr.htm

    Les conséquences changeront le monde de demain.

    Cordialement

  • Thierry Nabeth le 2 juillet 2012

    @Renaud : 

    Il faudrait sans doute avoir une définition plus précise du quantified self.


    La distinction que j'ai tendance à faire entre le quantified self et les approaches plus traditionnelles à faire se situe dans la finalité et l'intention (et le control), pas tant de la provenance des données qui sont utilisées.  Selon moi  (ma compréhension du sujet est encore incertaine et peut évoluer) ce qui caractérise une application "quantified self" est que sont objectif est directement lié à l'analyse de l'information de l'individu pour supporter directement l'individu et sous son contrôle. Il s'inscrit dans une logique de "l'empowerment" de l'individu.  Les domaines peuvent être variés, tel que la santé, l'éducation (lié au "learning analytic" personnel, autoevaluation, etc. versus le controle par le systeme éducatif), le travail (gestion de son attention versus l'évaluation par l'entreprise), etc.

    Cette information "personnelle" peut d'ailleur provenir de sources extérieur (par exemple Fnac, etc.).

     

    Note: Comme je l'indiquais précédament, le quantified self est un sujet que je cherche à mieux comprendre. Je suis preneur de perspectives qui me feraient évoluer ma perception du sujet.

  • Limulus le 2 juillet 2012

    Permettez-moi trois remarques:

    1) J'ai vraiment du mal à voir quel intérêt économique les entreprises auraient à partager avec leurs clients les données qu'elles détiennent sur eux. Dans la vraie vie, les données personnelles me semblent plutôt constituer un actif monnayable...

    2) Le véritable "empowerment" du client me semblerait plutôt, à l'inverse, consister en l'exercice d'un contrôle réel sur les données que nous acceptons de communiquer.

    3) La "restitution" des données personnelles est probablement une utopie. Les entreprises nous octroieront, au mieux, le droit de les consulter dans les conditions que la loi les contraindra d'accepter, et souvent en rechignant.

    D'une manière générale, le sujet des données personnelles me semble miné. Il pose d'innombrables questions juridiques, politiques et sociétales, en général conflictuelles.

Conception & réalisation : Facyla ~ Items International

Plateforme construite avec le framework opensource Elgg 1.8