CitéLabo

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Quels usages des nouvelles technologies dans les cinq années à venir? - 5 Plus Forum 2011

Jeudi 13 Octobre avait lieu le Forum 5 Plus à la Géode ; avec une approche centrée sur les usages, l'événement se penchait sur les grandes innovations technologiques à venir dans notre quotidien d'ici 2016. 

Cinq grands thèmes ont été explorés au cours de la journée, à travers des interventions alliant réflexions théoriques et plus empiriques : Living, Moving, Powering, Working et Playing. Quelques points et tendances mis en avant lors de cette rencontre. 

Renouveler les expériences du quotidien
... et notamment de la santé. La question des données du patient est indéniablement au coeur des réflexions lors de la session Living, posant des questions juridiques majeures, mais pouvant également être un outil majeur de l'empowerment des patients ; à titre d'exemple, Equivital est un système visant à faciliter les mesures physiologiques et la collecte et la lecture de data liées à la santé. Patient Like Me, réseau social de patients, entend changer la façon dont les soins sont délivrés, en rapprochant les patients les uns des autres.

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Photo Marie Quilvin

Alors que du côté de la consommation, les initiatives se multiplient pour donner au client des expériences nouvelles et personnalisées (Casino et son magasin "test" pour les personnes handicapées ou malades, L'Oréal et son application "Shazam of Beauty"), paiment et assurance devraient connaître des évolutions importantes. 
L'arrivée du NFC et plus globalement du paiement mobile, qui connait une forte croissance, pourraient bouleverser le paysage, dès lors que cette forme de paiement sera plus simple et efficace que le paiement par carte ; c'est ce qui ressort d'une table ronde animée par Jean-Luc Strauss (Altran). Si de nouveaux acteurs font leur apparition (comme la start up LemonWay, qui s'adresse surtout aux jeunes de 18 à 25 ans, en raison de leurs usages des nouvelles technologies), la question intéresse aussi fortement les opérateurs de télécommunication. Dans une vision de l'avenir par Orange, où le smartphone intègre de très nombreuses fonctions, le NFC occupe un rôle central.

Des mobilités en pleine évolution
Préparer sa mobilité se fait différemment, puisqu'on peut désormais le faire en situation de mobilité (72 minutes en moyenne chaque jour...) ; les réseaux sociaux s'articulent avec la préparation de la mobilité, comme dans le service « Petits voyages entre amis » de la SNCF, visant à faciliter la préparation des voyages à plusieurs.
Les services liés à la mobilité tentent pour certains de se personnaliser, en se ré-humanisant : face au défi de guider les usagers sur son réseau, la RATP teste des kiosques de vidéophonie au niveau de quelques stations, consultables depuis la station mais également à l'extérieur.

La voiture est loin de disparaître dans les cinq année à venir, mais ses usages devraient être la cible de plusieurs innovations. On ne peut plus négliger le covoiturage : le site Covoiturage.fr comprend aujourd'hui plus d'1 million d'utilisateurs... et ses usages peuvent désormais êtres prédits et visualisés, grâce aux données récoltées lorsque les voyages sont renseignés sur le site. Des "predictive data" dont tous les usages n'ont pas encore été explorés... 

Si l'idée de la voiture connectée fait depuis quelques temps son chemin, elle reste aujourd'hui surtout centrée sur les passagers. Mais un important changement devrait prendre place dans les années à venir, en orientant davantage ce concept de la voiture sur le conducteur, mais sans pour autant être pour lui un élément de distraction.
La voiture connectée pourrait ainsi devenir un véritable outil de la gestion de la circulation selon Chris Wild (Altran), indiquant aux conducteurs quelle route ne pas emprunter en raison de l'encombrement, mais aussi combien de véhicules arrivent simultanément à un rond-point par exemple, ou les prévenant qu'un véhicule d'urgence arrive, afin qu'ils se préparent à lui céder le passage.
A un niveau plus technique, le choix devra être fait entre des approches du véhicule connecté centré sur le smartphone, dans lequel les applications employées (GPS, etc.) viendront du mobile, ou un véhicule connecté intégrant lui-même l'intelligence nécessaire pour utiliser diverses applications, par le biais d'une plateforme.

Une ville réellement plus intelligente devrait également venir à faciliter les mobilités semble nous dire enfin cette session Moving ; se basant sur le constat que l'on passe environ un an de notre vie à chercher une place de parking, la start-up SmartGrains propose ParkSense, un dispositif pour compter les places disponibles dans un parking.

Produire et consommer autrement
La production et la consommation d'énergie, dans un contexte de sobriété énergétique, évolue. La production d'énergie photovoltaïque, reliée à des batteries transportables, sera - selon Moixa - une solution efficace pour alimenter de petits dispositifs ; des systèmes de production locale devraient s'insérer dans des smartgrids... entre tendance vers des systèmes plus top-down et des smartgrids dans lesquelles le fonctionnement se fait essentiellement sur un mode bottom-up, prennent place d'autres projets. 

Le quartier de la Confluence à Lyon est ainsi le théâtre d'un projet de « Smart Community  » mené conjointement par Toshiba et le Grand Lyon (parmi d'autres acteurs). Au coeur de ce projet, des bâtiments à Energie positive, des logements sociaux équipés de smart meters et de dispositifs de visualisation de la consommation de chaque logement (afin de faciliter l'interaction entre les habitants et les fournisseurs d'énergie), et enfin un dernier système peut être le plus innovant : un dispositif d'autopartage, dont les voitures seront directement alimentées grâce à l'énergie solaire produite sur certains bâtiments du quartier.

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Du côté des méthodes de travail, une table-ronde autour du Design Thinking semble nous dire que ce processus occupera une place croissante, redonnant une place importante à l'expérience des utilisateurs et en réintroduisant l'humain au coeur du processus des processus de réflexion. Les méthodes de travail se diversifient, le co-working se répand et des formes nouvelles de téléprésence devraient faire leur appartion (une téléprésence mobile, presque rendue physique dans le cas du robot de Gostai).

C'est sur la question des data de la ville, évoquée par Carlo Ratti, directeur du Senseable City Lab du MIT, que s'est clos le forum. Ces données deviennent visibles et disent des choses sur la ville ; le pouls de celle-ci peut ainsi être observé grâce à la visualisation de l'activité des téléphones portables lors d'un match de football à Rome en 2006. L'open data, mais aussi la multiplication de capteurs au sein du tissu urbain peuvent indéniablement participer à l'amélioration de la connaissance de la ville.  

Le MIT mène ainsi actuellement avec la SNCF un projet de recherche visant à développer une application, « éco-calculateur  » permettant à chaque personne effectuant un déplacement de mesurer et de visualiser automatiquement son émission de CO2 sur un trajet donné, quel que soit son mode de transport. Et cela, grâce aux données pouvant être récupérées grâce aux capacités des nouvelles générations de smartphones...  

Les possibilités de toutes ces nouvelles données collectées sont vastes, et encore à explorer. En somme, comme pour toutes les innovations évoquées au cours de cette journée, des réflexions largement entamées et qui devraient prendre de l'ampleur d'ici 5 à 10 ans.

 

Marine Albarede

Marine Albarede

Chef de projet à la Fing - En quelques mots, ville "allégée", innovation numérique et urbaine, habita(n)ts connectés, data, données personnelles...

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