Open Data

Open Data

Ouvrir les données et après ?


Articles connexes

2e Rencontre OpenData/Citélabo du 3 Mai à Paris #1 actualité et réflexions

La 2e rencontre du groupe OpenData/Citélabo du 3 mai dernier réunissait de nombreux acteurs autour de la question de l'ouverture des données, publiques ou privées. En deux temps, elle a permis de faire un tour d'horizon des actualités de chaque participants, puis d'approfondir deux thématiques au cours d'ateliers. Voici les grandes lignes de la première partie de la rencontre.

Actualité des acteurs publics

Ministère de la Justice – Thomas Saint-Aubin
La phase d'ouverture des données des services d'information et de communication touche à son terme. Il y a un mois, une plateforme concernant la justice en région a ouvert ; des données géocodées concernant les lieux d'accès au droit sont désormais en ligne (elles ont par ailleurs déjà été réutilisées dans une application). Une des questions actuelles est celle des licences...
Une deuxième phase concerne les données autres dans le répertoire, notamment les données judiciaires ; quelques données produites posent aussi de véritables questions éthiques (comme par exemple les bracelets électroniques de géolocalisation).

Agence du patrimoine immatériel de l'Etat – Anne Fauconnier
L'APIE participe actuellement aux travaux d’Etalab, et anime avec la CADA des journées de sensibilisation des personnes responsables de l’accès aux documents administratifs et à la réutilisation des informations publiques (les PRADA), en  régions, pour sensibiliser les services des collectivités à toutes ces questions-là et que le travail restant était manifestement vaste. 

Brest - Michel Briand
La libération des données au sein de Brest Métropole Océance s'est faite par délibération en 2010 et depuis, tout un travail est effectué par les acteurs publics et associatifs. C'est le cas notamment sur Plouarzel, sur des cartes ouvertes. Une version de FixMyStreet est en développement, à partir d'un fond d'Open Street Map : il s'agit de permettre aux habitants de rentrer directement les 300 à 400 signalements mensuels de désordres urbains. Un travail est également effectué sur Chimère, un service permettant de publier une carte sur son blog en géolocalisant par exemple un événement, et fonctionnant comme un CMS.
D'autres travaux sont effectués en lien avec les données publiques (orthophotos de megalis, géoportail) ; à l'automne devrait exister un entrepôt régional de données.
Un portail des savoirs du territoire devrait également être lancé, comportant des ressources pédagogiques sous Creative Commons. Sur ce dernier point, Charles Nepote, de la Fing, relève la pertinence des portails et sites collectifs qui émergent depuis quelques temps, et qui par le biais de la mutualisation permettent d'éviter la multiplication des dispositifs.

image


Carte de Plouarzel

Conseil de développement de Grenoble - Claudine Chassagne 
La ville de Grenoble est en retard sur la question de l'open-data, mais le Conseil Général semble, lui, parti seul depuis janvier. Le Conseil de développement a décidé d'avancer sur la question : comment pourraient-ils se faire aider par une association comme par exemple LiberTIC? Le Conseil est actuellement dans une phase de sensibilisation des élus.

Les Interconnectés - Celine Colucci 
Actuellement un travail de recensement des initiatives d’Open Data par les Communautés Urbaines de France est en cours. La restitution de ce travail se fera lors du forum Interconnectés en décembre à Lyon. La question de la mutualisation est au cœur des réflexions, notamment concernant la relation des données de l'Etat et des collectivités.

Montpellier Territoire Numérique – Gilles Marc et Marie Brackers de Hugo
Plusieurs chantiers actuellement : opendata, co-working space, etc. Montpellier Territoire Numérique se lance également dans une phase d'évaluation de son programme, en termes d'économie, de gouvernance ou encore de lien social, un bilan devant être dressé en septembre.
image


Notons enfin, comme le rapporte l'association LibertTIC, que des démarches sont engagées sous l'impulsion de l'association avec plusieurs territoires, dont le Pays de Loire, le CG44 ou la ville de Nantes, qui devrait mettre une plate-forme en ligne en novembre. Ouest Numérique pôle d'excellence régional comprend aussi un pôle dédié à l'Open Data. Dans cette région, il s'agit donc d'étendre la dynamique d'une ville à un territoire plus large.

La CUB est elle aussi engagée dans une démarche d'ouverture des données, et travaille avec la Fing au cours d'ateliers menés par cette dernière. Au cours d'une rencontre ayant eu lieu le 5 mai, des thématiques comme le crowsourcing ont été abordées ; des scénarios devraient être produits à l'issue de ces ateliers.

Les jeux de données disponibles

La Fing a publié il y a peu un guide de l’Open Data à l'adresse des collectivités territoriales auquel viennent s'ajouter des publications sous forme d'articles sur le réseau, concernant par exemple les normes des catalogues, car de nombreuses questions restent à creuser.

« Quelles sont les données urbaines existantes? » est ainsi encore une question au centre de la réflexion sur les données publiques. A la Fing, on estime qu'il y aurait entre 300 et 600 jeux de données dans une ville « moyenne  » (et selon Michel Briand, rien que le SIG autour des accidents peut faire travailler jusqu'à 600 agents...). 
Concernant l'échelon régional, beaucoup de données sont issues de documents cadres (schémas d'aménagement, etc.), comme le révèle un premier constat du travail actuellement mené par Sylvain Maire sur les données régionales, essentiellement à partir du cas de la Région Aquitaine.
Si l'on se penche sur les thèmes et la nature des données publiées, certains constats peuvent être effectués ; ainsi la culture se révèle le parent pauvre de l'open-data. Pourtant, à Montpellier par exemple, ce sont parmi les premières données qui ont été libérées, et par ailleurs, si l'on observe les recherches via moteur de recherche en Aquitaine, on constate qu'elles portent souvent sur la culture. 

Les données existantes sont donc multiples ; la situation varie considérablement entre les grandes villes et les petites communes. Ce sont également des données privées qui cohabitent avec des données publiques, produites par divers acteurs ; aussi, apparaît-il nécessaire de réfléchir au mariage de ces données, ce qui à priori n'est pas évident, les acteurs publics ne pouvant de dessaisir totalement, comme le rappelle Norbert Paquel du GFII.

Les données des entreprises posent des questions intéressantes : va-t-on assister à une réorganisation des rôles entre la puissance publique et l'entreprise? Les collectivités vont-elles se décharger de certains rôles sociaux en libérant leurs données? La question de la responsabilité est d'ailleurs centrale dans la question de l'ouverture des données publiques, rappelle Thierry Marcou. 
Pour les entreprises privées, les données utilisées sont nombreuses ; dans le cas de GDF Suez ou Suez Environnement, la collecte de données va de pair avec une production de données, notamment des données cartographiques. Grâce, par exemple, aux analyses organoleptiques (odeurs, goût...), à travers de l'innovation ouverte ou des captages ouverts, on pourrait mener des expérimentations intéressantes. Beaucoup de données sont aussi publiées auprès des collectivités, mais aucun travail n'a été effectué sur la question des licences ; d'ailleurs, les délégataires, dans le cadre d'une délégation de service public ont-ils réellement le droit de publier les données publiques qu'ils collectent pour la collectivité? Pour les transports par exemple, cela ne semble pas autorisé.
Beaucoup d'entreprises monétisent par ailleurs leurs données et en font une source de revenus, comme le constate Nicolas Debock de La Poste, entreprise possédant elle-même de nombreuses données ; certaines pourraient être publiées prochainement, comme les adresses des bureaux de poste, des boîtes aux lettres, mais commepour toutes entreprises, certaines données sont plus sensibles et demandent plus de réflexion de la part de celles-ci. Dans le cas de la Poste toujours, les données de déménagement seraient très monétisables mais sont aussi sensibles. D'autres pourraient encore être produites... Ce pourrait aussi être dans le cas de partenariats avec des collectivités que de nouvelles données pourraient être produites.

Notons enfin que sur la question des données existantes, un projet est actuellement mené par Orange Labs et OWNI, visant à proposer un parcours en ligne en lien avec les données qui existent ; il s'agira ainsi de réaliser un quizz sur la qualité de vie dans les territoires. Ce projet aura une dimension pédagogique sur les données de toute la France, et permettra de recueillir le ressenti des utilisateurs à l'automne. Un des défis dans ce projet est de choisir les données, leur granularité ; on ne sait pas par avance ce qui va sortir d'intéressant car c'est tout un champ qui est à explorer.

La question de l'évaluation de la démarche

La démarche de l'Open Data appelle, comme toute action publique, à une évaluation ; la réflexion en est encore à ses débuts, mais est d'ores et déjà engagée. Montpellier Territoire Numérique se lance dès à présent dans une phase d'évaluation de son programme (y compris de l'Open Data) qui devrait durer quelques mois. Au sein du groupe de travail, la réflexion est également engagée de façon croisée et devrait se poursuivre dans les mois à venir autour de ces questions : quels objectifs? Quels  indicateurs en termes de jeux de données, de diversité, de réutilisation, création de valeur...?
Des grandes familles d'indicateurs commencent d'ailleurs à émerger, pour la société civile en termes de connaissance du territoire et pour la collectivité, en terme d'économie. 

 

Marine Albarede

Marine Albarede

Chef de projet à la Fing - En quelques mots, ville "allégée", innovation numérique et urbaine, habita(n)ts connectés, data, données personnelles...

Vous devez vous identifier pour ajouter un commentaire.
Veuillez vous identifier, ou créer un compte.

Conception & réalisation : Facyla ~ Items International

Plateforme construite avec le framework opensource Elgg 1.8