SoftPlace

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Penser des systèmes et stratégies de lieux partagés


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Lieu ouvert et lieu partagé sont-ils synonymes ?

Dans nos échanges depuis le début du projet, certains points du sujet cristallisent les débats. La question de l'ouverture des lieux partagés est de celles-là : un lieu partagé est-il nécessairement ouvert ? Et ouvert à qui ? A l'inverse, peut-on dire qu'un lieu ouvert est un lieu partagé ? 

Première chose, il serait trop simple de dire qu'il existe des lieux strictement partagés, s'opposant à des lieux qui ne le sont pas. Il y a une gradation dans le partage : entre les lieux dans lesquels seuls m2, équipements et ressources sont mutualisés entre plusieurs acteurs ayant payé un abonnement, et ceux dans lesquels les services sont proposés par plusieurs acteurs et ouverts à plusieurs publics, il existe un fossé considérable. 

Sachant cela, on peut dire que les lieux partagés vont être plus ou moins ouverts. Il est certain qu'un lieu partagé au sein d'une petite communauté (professionnelle par exemple) ou entre des salariés payant un abonnement longue durée, n'est pas très ouvert, voire pas du tout. D'autres lieux "partagés" sont ouverts à divers publics en fonction des créneaux : de nombreux fab labs adoptent ce positionnement, en proposant par exemple des journées ouvertes au grand public aux côtés d'ateliers ou de sessions dédiées aux makers plus experts. Enfin, certains lieux partagés de notre périmètre sont franchement ouverts au grand public : c'est le cas des maisons de services publics, des bibliothèques, etc.

En réalité, bon nombre de lieux partagés se sont construits sur une tension entre ouverture/accessibilité et sélectivité à l'entrée ; du côté des tiers-lieux, cette tension est fondatrice, elle permet la création et le maintien d'une communauté, fondée sur l'engagement de chacun. L'étude sur "Les communautés dans la fabrication des services collaboratifs", menée par Chronos en 2014 ; avant cela, William van den Broek, un des cofondateurs de Mutinerie identifiait déjà cette tension

"Un espace dans lequel les coworkers peuvent payer à l’heure sera considéré comme étant plus accessible qu’un espace dans lequel le l’engagement minimum est d’un mois. Un espace ouvert de 8h à 22h sera plus accessible qu’un espace ouvert sur une durée plus courte. Un espace dans lequel les coworkers disposent des clés est plus accessible qu’un lieu qui ne propose pas ce service.

En revanche, une forte accessibilité peut entrer en contradiction avec le niveau d’intimité et peut aussi affecter le niveau de proximité entre les membres."

On comprend aussi qu'aujourd'hui, cette tension n'existe pas vraiment pour les lieux de services, pour lesquels il n'y a pas d'enjeux de communauté. Mais elle pourrait se poser à eux à l'avenir : un lieu multiservices, qui adopte certaines caractéristiques du tiers-lieux, devra nécessairement se poser la question de l'ouverture, sous ses multiples facettes : sur quels horaires ouvrir, pour quelle fonction, auprès de quel public ? Privilégie-t-on les rdv ou les permanences (cette question-là est déjà bien présente pour les porteurs de ces lieux de services), en laissant un accès ouvert à tous ?  

A la question "Un lieu partagé est-il un lieu ouvert ?", la réponse simple serait oui, à minima. Car il est un autre aspect, qui nous semble propre aux lieux partagés : leur caractère agile. Ils doivent savoir se transformer, accueillir d'autres usagers, d'autres fonctions, sur certains créneaux ou en continu. C'est bien le sens du "Soft" de Softplace. Le centre d'affaire ou le télécentre d'aujourd'hui ne sont pas réellement des lieux partagés. 

L'inverse est moins vrai : un lieu ouvert n'est pas nécessairement partagé. Parce qu'un lieu ouvert peut être rigide, mono-fonction : un guichet de la CAF, un petit commerce, un guichet de service... sont des lieux dédiés, dont la gestion est assurée par un acteur. 

Bref, s'il y a toujours un peu d'ouverture dans les lieux partagés, il n'y a pas aujourd'hui nécessairement de partage dans les lieux ouverts, mais les choses sont peut-être en train de changer. 

 

 

Marine Albarede

Marine Albarede

Chef de projet à la Fing - En quelques mots, ville "allégée", innovation numérique et urbaine, habita(n)ts connectés, data, données personnelles...

Commentaires

  • Hubert Guillaud le 1 septembre 2015

    En même temps, on voit bien qu'on parle de plusieurs formes d'ouvertures : amplitude horaire, diversité des publics accueillis (un lieu qui fait une journée Grand public dans l'année est-il grand public ?), écoute du public, multifonction, etc.

    Y'a-t-il matière à matrice ?


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