FuturEduc

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Quels projets ont un pouvoir de préfiguration de l’avenir ?

Quels projets ont un pouvoir de préfiguration de l’avenir ?

Par Serge POUTS-LAJUS dans le groupe FuturEduc le 13 août 2015 Commentaires (1)

C’était la question posée aux participants de la réunion de lancement du projet FuturEduc : décrivez trois projets d’aujourd’hui qui vous paraissent préfigurer ce que pourrait être l’école de demain et une éducation numérique. Les idées n’ont pas manqué. Toutes relatives à des projets récents, en cours, à peine commencés. L’avenir est une promesse et il est normal de l’approcher à travers des promesses, des espoirs. Nous sommes donc entrés dans FuturEduc par la voie de l’imaginaire et c’était justement ce qui était attendu.

On pouvait aussi donner un peu plus gravité à son choix et retenir des projets qui n’étaient pas des projets récents mais des projets ou des réalisations dont on pouvait encore dire qu’ils préfiguraient, non pas forcément l’avenir lorsqu’ils se sont réalisés, mais ce qu’aujourd’hui encore on aimerait que l’avenir de l’éducation soit. C’est ce que j’ai fait. C’est un avantage que me donnait l’expérience et j’en ai profité…

J’ai donc choisi deux projets vieux d’une quinzaine d’années (c’est beaucoup et finalement non…) que je connais assez bien et un projet plus récent que je connais peu. Cette petite note (une fiche plus substantielle est produite parallèlement) vise à justifier ces choix.

Le premier projet est un projet français de la fin des années 90 (Piquecos, du nom du village près de Montauban et de l’école où le projet s’est déroulé) que j’ai étudié de façon assez approfondie. J’ai rendu compte de ce travail dans un article publié par Internet Actu en 2010 (http://www.internetactu.net/2010/05/28/tic-et-education-dessiner-un-horizon-qui-ne-soit-pas-une-utopie/). J’explique dans cet article à la fois ce qui me fait rejeter les perspectives utopiques en éducation et ce qui m’avait intéressé à Piquecos. Depuis 2010, le vocabulaire de la radicalité s’est enrichi (révolution, tsunami,…) et la prédiction d’une fin de l’école telle que nous la connaissons ne produit plus guère d’effet sur ceux qui l’entendent. L’autre sujet de l’article, plus important, développe donc l’hypothèse que l’expérience de Piquecos contient, en germe, une sorte d’avenir possible pour l’éducation et le rôle que pourrait y jouer le numérique. Il faut avoir le temps de lire, c’est un peu long…

Le deuxième projet est un projet que connait bien Mario Asselin, notre partenaire canadien de FuturEduc, puisqu’il s’agit de l’institut Saint Joseph qu’il a dirigée au début des années 2000 à Québec. Mario a pas mal écrit sur ce sujet et je pense avoir trouvé un bon résumé ici : http://blogue.marioasselin.com/2003/09/les_cyberportfo/

C’est pour moi un projet qui possède les mêmes qualités que celui de Piquecos. Porté par un intuitif (ici en position de chef d’établissement, ce qui le distingue assez nettement du projet de pédagogue de Pierre Valade) qui voit très vite le parti qu’Internet apporte à son école. Il se sert d’Internet pour impulser une dynamique qui est d’abord celle de son école et s’inscrit totalement dans le cadre de l’éducation institutionnalisée. L’idée tient en un mot : publication, dans le sens fort  de « rendre public ». Le projet de l’école va au bout de la logique de la « publication publique », elle en fait le ressort de la formation des jeunes et c’était une belle anticipation. D’une certaine façon, dans cette école, tout était destiné à publication. Mario dira si je me souviens bien. Mais il me semble en tous cas que cette intuition de l’Institut vaut encore pour aujourd’hui (je veux dire pour l’avenir tel qu’on le pense aujourd’hui).

Le troisième projet se situe logiquement un niveau au-dessus : le premier, Piquecos, une classe, le deuxième, Saint-Joseph, une école, le troisième donc, un pays tout entier. Il y a beaucoup de projets nationaux autour de l’éducation numérique (presque autant que de pays je pense…), mais peu qui pourraient prétendre avoir le caractère intuitif et total qui caractérise les deux que je viens d’évoquer. On a peut-être avec le projet OLPC (One Laptop Per Child) tel qu’il a été déployé en Uruguay (un petit pays de 3 millions d’habitants) un projet qui pourrait servir d’exemple d’un projet à l’échelle de tout un territoire. C’est celui que je connais le plus mal des trois. Je vais donc tâcher de m’y intéresser, par exemple en lisant le rapport d’évaluation ci-dessous publié en 2014 et en interrogeant les représentants du mouvement OLPC en France.

http://www.banxico.org.mx/publicaciones-y-discursos/publicaciones/documentos-de-investigacion/banxico/%7B8AFE28DC-EFE9-E675-6452-A44F480CDA47%7D.pdf  

*

 Une remarque pour finir et en guise de conclusion très provisoire. Je suis frappé du caractère très universaliste de la réflexion actuelle sur l’avenir de l’éducation. L’organisation qatarienne Wise (http://www.wise-qatar.org/) par exemple reconnait la diversité des systèmes éducatifs actuels (elle est bien placée pour cela puisqu’elle organise des événements à l’échelle planétaire) mais dès qu’il s’agit de prospective, alors, tout s’uniformise, comme si les écoles de tous les pays devaient évoluer vers un modèle unique et commun, comme si donc, la diversité qui prévaut aujourd’hui n’était qu’un moment de l’histoire, en voie d’achèvement. On  peut même dire quand : en 2030.

C’est dans ce sens en tous cas que l’on pourrait interpréter l’exercice de prospective « School in 2030 » récemment réalisé par Wise.

http://www.wise-qatar.org/future-school-2030

Il me semble là que l’oubli de la diversité est aussi oubli de la mémoire, de l’histoire, de la culture et que ça fait quand même un peu beaucoup…

Commentaires

  • Hubert Guillaud le 1 septembre 2015

    En me posant la même question, le constat est assez similaire. L'expérience menée par Mario Asselin et le modèle OLPC sont également les 2 exemples que je citerai, avec celui des Moocs... Mais aucun n'est vraiment devenu emblématique ou généralisée. C'est comme si les usages du numérique à l'école n'avaient finalement pas vraiment fait révolution, mais s'imposaient petit à petit, par des usages en constantes évolutions, par des expérimentations souvent circonscrites... Comme si on peinait à prendre la mesure de la transformation en cours, quand elle a lieu avec le numérique.


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