Campagne Infolab.

Campagne Infolab.

Développer une "culture de la donnée" au service des entreprises et des acteurs du territoire.


“La médiation, une notion floue, victime de son succès”. Retour sur la présentation des médiations de Sarah Labelle.

 

La Campagne Infolab a été lancée le jeudi 11 avril à l’occasion de la première rencontre du groupe de travail national, portant sur le thème “ Culture de la donnée et médiations”. Acteurs associatifs (Libertic, Open Street Map, collectifs citoyens Open Data Tours, Poitiers, Les Petits-Débrouillards, Décider Ensemble, La Fonderie...), membres de collectivités territoriales (Région PACA, Communauté urbaine de Bordeaux, CG Gironde, CG Hauts-de-Seine, CG Manche, Mairies de Paris et de Rennes...) et grands comptes (Alcatel Lucent, La Poste, La Caisse des dépôts, Gemalto...) étaient rassemblés pour entamer une réflexion sur la culture de la donnée et ses différentes formes de “médiation”. Retour sur cette journée...

 

Après ces temps d’exploration, Sarah Labelle (maître de conférence en SIC, Paris 13) a mis en lumière une nouvelle entrée dans l'écosystème de la donnée, celle de la médiation, notion floue victime de son succès. Cette ouverture s'est révélée être l'objet d'enjeux, qui détermineront l'évolution d'une culture de la donnée face aux transformations qui rythment notre société.

 

La donnée dite “brute” transforme sa valeur dès lors qu'elle est rendue intelligible et visualisée. Aussi, toute mise en forme de données, visant à favoriser la compréhension, construit une médiation, et c’est justement parce que le pouvoir de l'image semble plus immédiat que celui d'un corpus de texte, que cette médiation doit être réfléchie. Effectivement, la réutilisation de données “brutes” en vue d’un traitement intelligent, engage nécessairement des objectifs différents de ceux qui ont présidé à la collecte.

En cela, toute forme ou processus de médiation reflète la place que l’on souhaite donner à l’objet médié dans son environnement. De fait, la notion de médiation nous incite à réfléchir, à travers nos conceptions du statut des données dans la société, aux formes et processus que nous souhaitons mettre en place. Ce dernier champ a ainsi su éveiller notre attention quant aux problématiques soulevées qui esquissent de futurs champs d’action pour l’Infolab.

 

Le premier repère constitutif de cet écosystème est la position humaine relative à l’utilisation des différents dispositifs et aux répercussions de ces derniers sur l’appropriation et la production de sens. Le deuxième repère significatif est le scénario d’usage engageant la participation, à savoir le contexte au sein duquel la médiation est pratiquée.

Aussi, réfléchir sur les modalités de participation comme un processus socio-technique, nous a amené à observer de quelle manière les dispositifs de médiation façonnaient notre sensibilité, notre participation et quels modèles de pensée ils suggéraient. Les dispositifs de médiation, présentés par Amandine Brugière (Fing), peuvent être abordés comme différentes techniques et outils pour créer la rencontre. L’usage était selon les dispositifs plus ou moins encadré et donc plus ou moins spontané. Jusqu’à quel point peut-il fournir des cadres pour limiter les abus ? Quelles marges de liberté la médiation confèrent-elles aux citoyens (script/anti script) ? N’ouvrent-elles pas la voie à de nouvelles configurations entre les acteurs ?

 

 

 

Á ce niveau, plutôt que de réfléchir la médiation comme un procédé linéaire allant du savoir à l'objet, on la conçoit comme une économie d’interactions au sein de laquelle les participants s’enrichissent mutuellement. Les dispositifs de médiation se doivent alors de conceptualiser une structure dynamique, malléable et participative composant un modèle réceptif aux usages et aux imaginaires de différents individus et engageant ainsi une nouvelle forme de dialogue, qui s'enrichira au travers d'interactions négociées. Il s'agit bien de produire de l'intérêt général tout en préservant les spécificités individuelles. Penser la médiation, c'est également prôner une utilisation plus située, une gestion plus contextuelle des problématiques, avec ce qu'elle implique dans la circulation d'information du médiateur vers son public et inversement.

 

Si l'on évoque beaucoup la pédagogie envers les citoyens dans les procédures de participation, il apparaît que pour réussir cette combinaison, les acteur publics et privés doivent eux-même être détenteurs d'une éducation à la représentation, à l'analyse visuelle, à la synthèse graphique pour que ces dispositifs hybrides soient pleinement préhensibles. De surcroit, la participation doit être déclenchée et motivée, pour découvrir toute sa puissance. C’est pourquoi accorder la représentation de la donnée et la participation nécessite un cahier des charges éclairé et un travail attentif de l’expérience utilisateur.

 

L'idée d'une plateforme muséale de la donnée, comme un territoire à explorer, au travers duquel chacun pourra bâtir sa place, développant son champs des possibles, a été introduite par Sarah Labelle (maître de conférence en SIC, Paris13)  : « Comment pourrait-on mettre en avant des données stabilisées?. » Elle nous l'explique : « cette plate-forme permettrait d'offrir des expositions temporaires sur des sujets thématiques ; une collection fixe, ce que l'on pourrait considérer comme un cadrage général pour entrée dans la culture de la donnée ; des ateliers de manipulation réclamant « les mains dans le cambouis » ; des visites guidés d'entrepôt de la donnée ; et surtout un espace collaboratif de co-construction autour de projets mobilisant la donnée. »

 

 

Faustine Bougro

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