Alléger la ville

Alléger la ville

Une expédition de la Fing en 2012



Groupe archivé

 

La ville des makers, comment la faire ensemble ?

Un nouveau type d’évolution urbaine émerge aujourd’hui. Les transformations ne viennent plus uniquement du haut, mais aussi par l’innovation ascendante, ce qui permet aux citoyens de participer directement dans l’évolution de leur habitat. Dans ce contexte de décentralisation de l’innovation, quelle place devons-nous accorder à ces nouveaux acteurs de la ville ? Les “makers”. C’était le sujet de la conférence/workshop “La ville des makers, comment la faire ensemble ?” du 18 février 2013 dans le cadre de la Social Media Week.

Le mouvement des makers reprend les valeurs du numérique en les intégrant dans le monde réel : la collaboration, l’innovation ouverte, le travail en communauté. La Fing, dans le cadre de son expédition “Alléger la Ville”, a présenté plusieurs types d’activistes urbains, qui varient selon leur degré de participation dans la transformation de la ville :

  • Les citoyens passifs, qui ont comme seul mode d’action le vote

  • Les défenseurs de la communauté, ceux qui résistent aux modifications de leur entourage (not in my backyard)

  • Les activistes globaux, qui défendent les principes fondateurs d’internet, tels que l’ouverture, la transparence et la collaboration (open data, P2P, logiciel libre, Creative Commons, etc.)

  • Les champions du grassroot, des reconstructeurs de l’espace urbain : hacking urbain, bricolage, fablabs, post-consumérisme.

  • Les followers actifs, ceux qui profitent beaucoup des services technologiques liés à la ville (d’un point de vue marchand), mais qui ne sont pas particulièrement militants.

(Source : Les activistes urbains. La Fabrique de la Cité - Michel Ladet, Sociovision)

A partir de ces idées, plusieurs acteurs du numérique ont participé à cet évènement pour expliquer en quoi la ville devient de plus en plus transformable par le bas.

Aruna Ratnayake nous a présenté La Nouvelle Fabrique, un fab lab de 50 m2 installé récemment au Centquatre. Cet atelier partagé est muni d’une imprimante 3D, d’une machine de découpe et d’outils de bricolage. Cet espace réunit des informaticiens, des designers et des artistes afin de créer divers objets sur mesure. Ce genre d’initiatives est un exemple de production non industrielle au sein de nos villes, qui permet à n’importe qui de produire des objets sous un modèle d’économie sociale et collective. Les fablabs facilitent notamment l’activité des grass root champions dans le sens où ils permettent la création d’objets susceptibles de “hacker” des espaces déjà existants.

Vincent Morel, responsable du département numérique de la Mairie de Paris, nous a parlé d’un projet de la ville qui incite les followers à s’impliquer dans le partage d’information au profit de tous. L’année dernière, la Marie a lancé une application smartphone qui permet de consulter les informations sur les piscines de Paris, notamment les horaires d’ouverture et de fermeture des bassins. Cependant, il se trouve que en faisant remonter les horaires dans un sens, les données sont souvent erronées. Cette application donne donc la possibilité aux personnes qui sont sur place d’alerter les autres usagers lorsqu’une piscine devrait être ouverte alors qu’elle est fermée, et inversement. Dans cet exemple, ce qui nous intéresse est la façon dont la Marie de Paris a intégré l’information collective dans un canal de communication officiel afin de mobiliser des utilisateurs qui ne sont pas particulièrement actifs dans les outils de collaboration.

Un autre exemple est celui d’Open Street Map. Ce projet consiste à créer un atlas collaboratif mondial. Avec 1 000 km tracés par jour en France, la communauté de l’hexagone est la deuxième au monde. Les cartes se caractérisent par la richesse de leurs données, parfois plus complètes que celles fournies par l’Etat et les collectivités. Ce projet, lancé en 2004, est déjà utilisé par de nombreux acteurs, le plus connu étant Foursquare, qui l’utilise depuis février 2012 à la place de Google Maps.

Pour les villes, le défi consiste à définir comment impliquer ces “makers” dans les transformation urbaines. Faut-il les soutenir, les financer, leur donner de la lisibilité, ou tout simplement les laisser faire ? De son côté, la ville de Montpellier a décidé d'accompagner certains événements d’animation des communautés d’innovation ascendante. Par exemple, elle participe à des cartoparties, des startup weekends et des hackathons. La Marie de Paris a participé en novembre 2012 au premier Infolab citoyen, organisé en partenariat avec la Fing, qui a eu comme but de montrer en quoi l’open data peut participer à l’élargissement de la participation citoyenne.

Après ces témoignages, la conférence a conclu avec un workshop qui a consisté a proposer des projets d’innovation citoyenne à partir de quelques sujets. Parmi ces projets, quatre en ont été exposés :

  • Le laboratoire du faire ensemble : Créer une plate-forme listant les besoins, les ressources et les compétences des utilisateurs. Il s’agirait ensuite de penser les liens entre les utilisateurs afin de créer un réseau de production collaborative. Il serait également envisageable de mettre en place un espace physique afin de faciliter la constitution de ce réseau.

  • Hacker son quartier : A partir des réseaux existants, il s’agirait de déterminer les désirs des habitants afin de créer des liens permettant d’occuper des espaces publics tels que les bibliothèques, les parcs ou les théâtres. Par ailleurs, ce serait intéressant de mettre en place une veille sur l’habitat et les outils technologiques dont elle dispose.

  • Tous des taxis : Ce projet consiste à créer une application smartphone permettant de mettre en contact des piétons et des conducteurs ayant des parcours similaires. Afin de ne pas concurrencer les taxis, il serait envisagé uniquement lorsque l’offre de taxis libres est faible, par exemple, tard la nuit.

  • Besoin d’argent : Le but de projet est de créer une plate-forme de crowdfunding pensée pour la ville. Elle communiquerait sur les projets en fonction des territoires et les quartiers, et il définirait des critères de financement en fonction du respect des objectifs.


Nous vous invitons aussi à consulter la présentation de la conférence ainsi que le flux Twitter #smwvilles.

Rafael Millan

Rafael Millan

Étudiant en master Communication à l'IEP de Paris. En stage à la Fing jusqu'à juillet 2013

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