Blog de Véronique Routin

  • Acte 1 – Pourquoi tout va changer

    Le système public français est soumis à de fortes tensions. On voit en particulier se développer les écoles alternatives (hors contrat) qui s’établissent sur des bases radicalement différentes de l’actuel système public. Dans ces écoles, ce ne sont plus les diplômes et les places aux concours qui sont visés. Il arrive d’ailleurs qu’en fin d’étude, les élèves sortant de ces écoles (exemple des Steiner) consacrent une année à préparer un diplôme ou un concours auquel ils ne peuvent pas encore se soustraire pour entrer dans la vie active.
    On sent que le système public craque de toutes parts, menacé de l’extérieur par des écoles alternatives qui prennent en charge l’insatisfaction des enfants, des jeunes et des familles.

    Acte 2 - Bascule

    La transformation radicale qu’implique la mise en place d’une école à la mesure de l’élève suppose une prise de conscience sociale globale et des responsables politiques qui conduira à des orientations nouvelles en matière d’éducation, à une réforme profonde du fonctionnement général du système éducatif.
    Cette prise de conscience est la conséquence d’une dégradation des performances de l’école et de l’insatisfaction que cela entraine chez les jeunes et leurs familles mais également au sein du monde économique. La perspective de mettre fin au système des diplômes et des parcours obligatoires provoque de fortes crispations.
    Pour que le changement puisse se faire, il faut redéfinir les finalités du système éducatif. Il ne s’agira plus de trier et de classer les jeunes selon leurs capacités et leur mérite (ou d’autres critères…) mais de permettre à chaque élève-étudiant de construire son propre parcours, de pouvoir l’interrompre et le reprendre à tout moment, tout au long de sa vie.

    Pour passer d’un système à l’autre, il faut mobiliser tous les acteurs de terrain et leur transférer des pouvoirs aujourd’hui détenus par l’infrastructure du système. Mais les oppositions à cette évolution sont si fortes que le dernier barrage ne cède que le 28 juin 2036 avec la suppression du baccalauréat…

    Communiqué de presse

    Ministère de l’Education Nationale – 1er Juin 2036

    Le 28 juin prochain aura lieu la dernière épreuve du baccalauréat. La suppression du bac a été rendue indispensable par la multiplication des lycées alternatifs que ne préparaient plus à l’épreuve et par les désaffections d’inscription que cela entraînait. Cette dernière mesure achève le processus de mise en continuité de l’éducation et de la formation tout au long de la vie. A partir de septembre 2036, le parcours scolaire de chaque élève sera numéroté à partir de l’année 1, première année de l’école, la première suivie de la deuxième, puis la troisième, etc. Sans limite.

    La pratique des badges qui s’est progressivement développée dans les écoles alternatives sera instituée pour tous. La liste des organisations susceptibles de délivrer des badges s’étend des établissements d’enseignement aux associations et aux entreprises. Les salaires ne seront plus déterminés par les diplômes qui disparaitront progressivement au profit des badges.
    D’ores et déjà, la suppression du bac est une source d’économie pour l’Etat. Le ministère de l’éducation nationale redéploie ses moyens sur la régulation du système des badges et la formation des enseignants, des accompagnants et la recherche.

    Chemin de transition

    La crise affecte le système éducatif. Le gouvernement et les collectivités territoriales réduisent les moyens, on manque d’enseignants de qualité. Les familles, les lycées manifestent leur mécontentement. A la fin du processus de dégradation, le bac est troublé par des grèves de professeurs qui refusent de corriger. Les jeunes sont tous autorisés à poursuivre leurs études dans le supérieur. Le bac devient un bac numérique (2021).

    Les écoles alternatives se multiplient. Aujourd’hui, il existe 700 écoles alternatives en France et il s’en crée 100 nouvelles chaque année. Des écoles sans notes qui fonctionnent en mode projet et tendent à ignorer les diplômes et les systèmes traditionnels de certification. Elles répondent mieux que les écoles actuelles et le système des diplômes à l’attente des jeunes et des familles.

    Parallèlement, l’éducation populaire et la recherche s’engagent de plus en plus dans l’action éducative. Pour ne pas parler d’Internet qui, depuis 15 ans, redistribue les moyens de transmission des savoirs.

    Sur le chemin de la transition, les chercheurs, les jeunes et les familles sont les acteurs clés du renouveau.

    Les écoles alternatives se développent sur le modèle du « lycée à la mesure des élèves ». Avec le bac numérique de 2021, plusieurs établissements publics mettent en place une nouvelle organisation et renouvellent leurs équipements numériques. Ils travaillent plus collectivement en mode projet, piloté par les élèves. Les établissements organisent des hackatons.

    Synthèse de la transition
    Le chemin de transition n’est pas un chemin tranquille mais grâce au sang-froid de ses responsables, il réussit à éviter le pire. Depuis 2016, le système éducatif traditionnel est cerné par un mouvement revendicatif du terrain qui se concrétise par la multiplication d’écoles alternatives. Le bac apparaît comme le point ultime de résistance. Il devient numérique en 2021 et disparait complètement en 2036. Pendant ce temps, l’ensemble des écoles alternatives convergent progressivement vers un modèle inspiré de « l’école à la mesure des élèves » inventé par un petit groupe d’activistes québecois issu du programme FuturEduc (Fing-Education & Territoires). Le passage de l’ancien au nouveau système s’opère au final de façon relativement paisible, à l’exception de quelques moments de tension forte autour de la réforme et finalement la suppression du bac.

  • Acte 1 - incarner cette vision

    Etape 1 : pourquoi tout va changer, qu’est ce qui change entre la situation d’aujourd’hui et celle du futur souhaitable ?

     

    Changement de statut, de posture, de culture

    • changement  du statut du chef d’établissement - il a une obligation de moyens. Il est le conducteur du bateau, il est le capitaine  

    • changement de posture de l’enseignant : accompagnateur plutôt que donneur de savoirs; faire avancer un groupe, le collectif et pas uniquement des individus

    • changement de posture des élèves : constructeur, producteur de savoirs (en particulier via les outils numériques)

    • changement de statut des enseignants : favoriser la mobilité des enseignants

    • change de culture : impliquer les parents et la communauté autour tout au long du parcours des élèves

    L’évaluation

    • L’évaluation par note souvent synonyme de compétition, comparaison. il faudrait voir la progression des élèves.

    • Comment s’auto-évaluer sans crainte d’être jugé ou de ne pouvoir passer ?

    • Définir en amont des objectifs à atteindre avec les élèves, les parents.

     

    Etape 2 : quel objet pour incarner cette école de l’autonomie?  

     

    Le tableau de bord individuel /collectif :

    - "individuel" : permet de suivre sa progression, ce qu’il faut revoir, comment s’y prendre pour y arriver, etc. Les datas au service de son parcours personnel d’apprentissage.

    Exemple de tableau de bord : sur le modèle par exemple du bullet journal, liste de tâches, des activités,... où je vais, comment j’y vais, où j’en suis, faire le point, m’évaluer, m’auto évaluer (sans jugement).

    Il manque les données sur la dimension de co construction, l’apport des autres.

     

    - "collectif" pour le pilotage du navire : des indicateurs tels que le climat de confiance, indicateurs plutôt révélant des actions, la collaboration entre professeurs, avec les parents;

    Le tableau de bord collectif pourrait permettre à l’échelle d’une ville/région de connaître les «spécificités» de chaque école en terme de compétences, de collaboration,…

     

    Ce tableau de bord pourrait être utilisé pour la formation tout au long de la vie. 

     

    D’autres éléments, objets qui ont été abordés pour cette école de l’autonomie :

    • Les parcours d'apprentissage

    Il n’y a plus de niveaux mais des parcours différentiés, individuels (pôle majeur-tronc commun, pôle mineur).

    • De nouveaux indicateurs de l’école autonome : le climat de confiance, la collaboration entre les professeurs, avec les parents,...

    • De nouvelles ressources

    Une personne dédiée à la relation entre l’intérieur de la vie de l’établissement (un mix de cpe, conseiller d’orientation et président de la fédération des parents d’élèves) et les parents. Cette ressource serait payée par la ville, ou la collectivité.

    • Les espaces

    - l’aménagement par type d’espaces - pour permettre le travail collaboratif et le travail individuel

    - intégrer des espaces de co-working dans les écoles pour que les parents puissent partager des temps avec les enfants

    - questions de la temporalité de l’école, les horaires

    - tension de la sécurité dès lors qu’on ouvre l’établissement

     

    Le communiqué de presse

    Paris, le 22 octobre 2035

    C’est le 10 millionième téléchargement de l’application « Polymathée », application de tableau de bord lancée en 2018 par Framasoft.

    Véritable tableau de bord qui permet à chacun de se former à tout âge, les qualités de “Polymathée” ne sont plus à prouver : plaisir à l’apprentissage, parcours personnalisé, épanouissement personnel mais aussi mise en valeur des compétences acquises tout au long des projets réalisés, en lien avec les besoins collectifs de l’écosystème autour des établissements scolaires.

    Le succès de Polymathée a déjà conquis le monde professionnel, il est utilisé depuis plus de 10 ans pour l’auto formation des médecins. La Poste a décidé d’officialiser l’adoption de cet outil à la demande des employés.

     

    ACTE 2 Le chemin pour y arriver

    Scène 1 Le moment qui permet de déstabiliser la situation actuelle

    Un mouvement citoyen initie le mouvement de changer l’école.

    Une assemblée de citoyens de tous âges se réunit une fois par semaine pour réfléchir à comment s'impliquer dans les parcours d’apprentissage des enfants.

    Il y a également une revendication importante de la part des élèves d’utiliser le numérique.

    Plusieurs rencontres sont organisées avec le Ministère pour les convaincre qu’il est urgent d’ouvrir l’école, en particulier pour participer à la construction des apprentissages.

    Une loi  est votée qui modifie les attributions des chefs d’établissement, qui ont dorénavant la tâche de conduire leur projet au sein de leur établissement.

     

    Scène 2 la crise et comment on la dépasser ?

    Les filières liées aux métiers de l’éducation se tarissent, il y a une crise des vocations, aucun débouché, aucune valorisation, aucune progression,...

    Le statut de fonctionnaire est supprimé et permet une mobilité professionnelle.

    Des passerelles - des formations courtes - permet à des professionnels de postuler comme professeur. Ils sont accompagnés par des référents professeurs pour aider les nouveaux enseignants.

     

    Scène 3 le dénouement

    La construction, l’élaboration des tableaux de bord

    avec la communauté éducative, quelles datas, quels indicateurs.

    Quelles données individuelles, collectives dans ces tableaux de bord ?

     

  • Communiqué de presse "imaginaire"

    Niort le 22 octobre 2035

    Dynamisation et fertilisation des talents à Niort : la communauté du collège Saint-Exupéry recrute son jardinier des talents

     

    Depuis 5 ans la communauté Saint-Exupéry organise et fait fructifier la diversité des compétences sur le bassin de vie du Niortais. Ainsi, elle est impliquée dans le développement économique, citoyen et artistique du territoire.

    Afin de garantir cette qualité d'écoute et de prospective, la communauté recherche son nouveau jardinier des talents de son collège.

     

    Missions du jardinier des talents :

    • Organiser, animer, développer la relation entre la communauté éducative et le territoire

    • Définir le portefeuille de compétences présents et à venir à l'échelle du bassin de vie en dialogue avec l'animateur de la communauté enseignante et le stimulateur de talent.

    • Il manage l’équipe d’incubateurs de talents (enseignants et professionnels), Il assure l’animation et l'orientation de l'établissement.

    Compétences et expérience attendues :

    #prospective et stratégie

    #comprendre et analyser les besoins du territoires

    #piloter et animer une équipe

    #dynamisation du dialogue école-territoire

     

    Les étapes pour y arriver :

     

    1. Le ministre du Travail et le ministre de l’Économie s’accordent sur une politique d’ouverture du monde professionnel à l’école. Désormais tous les acteurs professionnels de l’entreprise et du monde associatif doivent s’impliquer dans l’école ; chaque entreprise ou association doit libérer 10% du temps de son personnel, soit 2h par semaine pour cela. Cela entraîne un afflux massif de personnel supplémentaire vers l’école, que celle-ci doit accueillir, former (pédagogie notamment). De nouvelles compétences émergent, des parcours différenciés sont proposés, et de nouveaux talents apparaissent chez les apprenants.

       

    1. Crise : trop de besoins locaux ne sont pas identifiés et donc non satisfaits.

    Du côté du territoire : obsolescence des compétences, non réponse aux besoins communautaires, l’école ne joue pas le jeu du territoire.

    Du côté de l’école : désorganisation du système, absence de ligne directrice, école à plusieurs vitesse, manque de moyen.

    La situation se dégrade sur le territoire, le corps enseignant se met en grève. La réponse à cette situation de crise est la définition d’un nouveau management des établissements scolaires et d’un ancrage local.

     

    1. Différentes fonctions de management/encadrement de l’école sont définies qui garantissent l’ouverture de l’école sur le bassin de vie et le territoire et facilitent l’engagement de la communauté éducative. Plusieurs postes sont créés :

      • Un poste dans l’école ouvert sur le territoire : Le jardinier des talents (cf. descriptif du poste dans le communiqué de presse)

      • Un poste dans l’école tourné vers les élèves : stimulateur de talents

    Ce poste correspond à l’ancien conseiller d’orientation, mais il est dorénavant positionné différemment et engagé au service de la réussite des élèves dans une fonction de coach

      • Un poste dans l’école tourné vers les profs : RH

    Ce poste correspond à celui d’un responsable des ressources humaines

     

    Un autre poste (qui n’est pas de management) fait le lien entre les enseignants et le ministère : celui de l’inspecteur d’académie, qui devient un animateur au service de l’enseignant, de la valorisation et de la documentation de ses pratiques pédagogiques.

  • Les groupes Canada, France et Suisse, composés de directeurs d’établissement, professeurs, experts pédagogiques ont convergé vers trois visions partagées de l’école à l’ère numérique :

     

    L’école engageante et ouverte [groupe France] : l’école propose de généraliser la démarche projet comme une nouvelle entrée du savoir où l’élève s’engage selon ses envies et ce qu’il apporte au collectif projet.

     


    L’école de l’autonomie
     [groupe Suisse] : l’autonomie, comprise comme la capacité à mettre ses compétences aux services d’un groupe et à prendre sa part dans le projet commun, est la valeur cardinale de cette école. Le système éducatif proposé fournit à chaque élève les instruments les plus sophistiqués de contrôle et de pilotage de ses apprentissages.


     

    Le lycée à la mesure des élèves [groupe Canada] : les lycéens assistés de leurs professeurs, décident ensemble de leurs parcours, c’est la fin des diplômes. Ils organisent leur parcours avec des temps d’apprentissage en ligne, des choix d’approfondissement et des savoirs à la demande.

     


    Le 6 avril l’atelier de co design consistait à imaginer des services, des applications à partir de ces visions; des designers entourés de la communauté élargie de FuturEduc se sont retrouvés au Carrefour Numérique de la Cité des Sciences. Un compte rendu sera publié très prochainement.

     

     

    Prochaine étape : réserver votre après-midi du 25 mai pour élaborer ensemble les actions prioritaires.

  • Projet présenté par le groupe Canada

    Quoi
    Les lycéens assistés de leurs professeurs, décident ensemble de leurs parcours.

    Dans les paramètres imposés par le ministère de l’Éducation, les projets proposés doivent inclure du financement participatif. Ce financement participatif pourrait servir à soutenir un projet de nature personnelle que chaque élève devra réaliser pendant son parcours.

    Pourquoi
    Le temps revêt une importance capitale pour eux et ils ne veulent plus en perdre dans des cours où ils n’apprennent pas suffisamment, condamnés à suivre la cadence du groupe.

    Comment
    Ils proposent qu’une part de leurs apprentissages, particulièrement ceux qui concernent l’acquisition de connaissances, soient faits en ligne, par l'entremise du numérique.
    Ils souhaitent également pouvoir apprendre davantage dans les matières où ils sont plus avancés et consacrer plus de temps avec les enseignants des matières pour lesquelles ils ont de la difficulté. Ils aimeraient également pouvoir suivre des cours qui ne se donnent pas au secondaire: astronomie, physique quantique, sociologie et psychologie, entre autres.

     

     Eléments du "système école"
    Que se passe-t-il ?
    Cursus/ programme
    • socle commun à son rythme
    • savoirs en fonction de la demande : astronomie, physique quantite,....
    Espace(s) d’apprentissage
    • un espace de publication/partage de l’élève : ses productions, ses compétences acquises, ses évaluations, sa capacité à communiquer cela...
    • dissémination des espaces d’apprentissages
    Evaluation des élèves
    • les acquis sont évalués au fur et à mesure (fin des “classes-niveaux”)
    • VAE(Validation des Acquis de l’Expérience) pour tous
    • Badges qui évaluent tant les savoirs, que les savoir-faire
    Temps

     

    • “vraie” formation tout au long de la vie
    • rythme personnel sur le temps long

     

     
    Organisation /gouvernance/ pilotage

    • le ministère dédié à l’éducation s’occupe plutôt de logistique, RH, et du socle commun (lire, écrire, compter, pas de grand “comité de programme”)
    • nouvel acteur spécialisé apparaît : certifieur de certificat (besoin de standards)
    • la demande de prof est définie par la demande (pour de vrai, si plus personne ne fait de latin, il n’y a plus de prof de latin),
    • il y a une gestion des matières rares online
    • les établissements fonctionnent en réseau

    Comment ce dispositif très concurrentiel produit plus d’égalité des chances ?

    Objets pédagogiques
     numériques

    • Badges certifiants
    • Portfolio de compétences
    Autres
     
    • Le Chef d’établissement va gérer l’offre et la demande (agenceur, n’a pas le droit de délivrer n’importe que l badge, s’il ne peut lui-même le délivrer, il peut éventuellement passer un contrat avec un tiers susceptible de le délivrer à distance)
    • Les acteurs locaux (publics & privés) vont contribuer à définir une partie des badges

     

  • Projet présenté par le groupe Suisse
     
    Vision
    Le système éducatif proposé fournit à chaque élève les instruments les plus sophistiqués de contrôle et de pilotage de ses apprentissages. Mais l’ingénierie pédagogique sur laquelle il s’appuie est avant tout basée sur la coopération et les projets collectifs. L’autonomie, comprise comme la capacité à mettre ses compétences aux services d’un groupe et à prendre sa part dans le projet commun, est ainsi la valeur cardinale de cette école.

    Pourquoi
    L’éducation doit être individualisée : elle doit répondre aux besoins spécifiques de chaque enfant et lui permettre d’exprimer et de cultiver ses talents propres. Mais l’éducation est aussi une préparation à la vie sociale. Les compétences sociales sont parmi les plus importantes que chacun doit acquérir. Or, ces compétences ne peuvent s’acquérir autrement que par la pratique, dès le plus jeune âge.

    Comment
    L’école de l’autonomie s’appuie sur des moyens numériques sophistiqués de suivi et d’évaluation qui permettent tout à la fois de suivre et d’orienter les parcours individuels ainsi que les avancées des projets collectifs.
    Eléments du "système école"
     
    Que se passe-t-il ?
    Cursus/ programme
    • Le curriculum (ensemble de savoirs et de compétences) est défini par l’école et par le système éducatif dans lequel elle s’inscrit. Il est le cadre imposé dans lequel chaque élève va devoir définir ses buts et sa progression.
    Évaluation des élèves
    • L’évaluation formative continue occupe une place centrale. C’est une évaluation individuelle. Elle est basée sur un logiciel sophistiqué, un tableau de bord, qui enregistre l’ensemble des activités, les performances, les réalisations et évalue en permanence la trajectoire d’apprentissage de l’élève en la confrontant aux buts qui lui ont été fixés initialement.
    • L’évaluation est également une évaluation diagnostic, capable de formuler des recommandations à l’élève, soit sous forme d’exercices de remédiation (type adaptive learning), soit sous forme de prescriptions d’activités (participations à des projets, particuliers, etc.).
    Espace(s) d’apprentissage
    • Des salles informatiques pour le travail individuel, l’accès à son tableau de bord, la pratique des activités individuelles d’apprentissage et de remédiation ;
    • Des salles de travail en petits groupes pour la réalisation des projets
    Temps

    La plus grande partie du temps (2/3 par exemple) est consacrée aux travaux des groupes et à l’avancée des projets. L’autre partie est dédiée au travail personnel prescrit par le tableau de bord. Une partie de ce travail peut se faire en dehors de l’école. Les horaires de présence sont imposés pour les plus jeunes et s’assouplissent progressivement. Le logiciel de suivi peut être prescriptif pour la présence et la participation aux projets.

     
    Organisation /gouvernance/ pilotage
    Les écoles sont autonomes (elles aussi !) mais elles sont tenues (par un contrat contraignant) de respecter le curriculum. Elles conçoivent leurs projets et mettent en place leur organisation pour satisfaire les objectifs fixés par le curriculum avec les résultats attendus. Chaque école est gouvernée à partir d’un tableau de bord de l’organisation qui reprend les données de l’ensemble des tableaux de bord des élèves et fournit une représentation des progressions, effectue un diagnostic en continu de la situation de l’école.
    Objets pédagogiques numériques 
     
    L’école s’appuie sur un système d'information global qui gère les tableaux de bord individuels, les travaux des groupes et le pilotage de l’établissement. Au niveau des apprentissages individuels, le système dispose d’un accès à des banques d’activités pédagogiques de type « adaptive learning » qui exploite non seulement les données de l’établissement mais celles des autres écoles connectées au même réseau.
    Enseignants
    Il n’y a plus d’enseignants-experts à proprement parler. L’encadrement des élèves est assuré par des moniteurs, accompagnateurs, conseillers, facilitateurs avec de multiples valences : pédagogique, technique, psychologique, sociale, etc. Généralisation du tutorat : tutorat élève et tutorat groupe.

     

  • Quoi
    L’école n’est plus un sanctuaire mais ouverte sur la vie, le monde économique et social. Elle offre désormais un jour par semaine, consacré à la création et la réalisation de projets qui mobilisent la communauté éducative et le monde professionnel.

    Pourquoi
    La société est impliquée dans l’éducation à travers des projets qui lui servent. La communauté éducative se compose non seulement du personnel éducatif de l’établissement mais aussi de l’environnement autour, parents, acteurs professionnels du territoire.

    Comment
    L’école propose de généraliser la démarche projet comme une nouvelle entrée du savoir où l’élève s’engage selon ses envies et ce qu’il apporte au collectif projet.
    Les élèves sont coachés par deux personnes (un enseignant et un professionnel). Il y a un collectif de coach, révélateurs de talents qui s’engagent pour une période donnée à accompagner les élèves à révéler leur “talent”, savoir faire, savoir être, de les aider à “se qualifier” vis à vis du collectif.
    Les classes sont décloisonnées, les élèves choisissent leur projet, quelque soit l’âge, niveau scolaire. L’évaluation des élèves pour les projets se fait par les pairs.
    Les espaces d’apprentissage sont disséminés sur le territoire, à l’intérieur ou à l’extérieur des établissements. Chaque élève dispose d’un environnement personnel d’apprentissage (accumulation de matériaux qui va devenir connaissance); ce dernier le suit tout au long de son parcours d’élève. Il permet également aux coachs de suivre l’élève dans le cadre des projets.
    Les projets sont documentés et publiés en Creative Commons. L’école récupère la base de connaissance (ce qu’ils ont appris dans les projets, les tutoriaux,...jusqu’à partager les bénéfices d’un projet qui pourrait être développé par un acteur professionnel.

    Eléments du "système école"
     
    Que se passe-t-il ?
    Cursus/ programme
    • socle commun / savoirs techniques , compétences professionnelles pilotées par l’extérieur
    • ces savoirs techniques s’acquièrent par l’expérience terrain, dans le monde professionnel mais aussi dans la vie
    • la démarche projet est généralisée comme entrée du savoir et l’èlève, acteur, s’engage dans les projets selon ses envies et ce qu’il apporte au collectif
    Évaluation des élèves
    • évaluation par les pairs (les groupes projets sont hétérogènes)
    • qualifier le rôle de chacun dans le projet
    Espace(s) d’apprentissage
    • espace Tiers pour les projets (à l’intérieur ou à l’extérieur des établissements)
    Temps
    •  un temps dans la semaine consacré au projet, basé sur l’engagement de l’élève
     
    Organisation /gouvernance/ pilotage
    • projets proposés par la communauté éducative et monde professionnel; le chef d’établissement cherche les partenariats avec institutions et monde professionnel
    • partenariats du ministère (encore chargé des prof., du programme,...) avec des acteurs tiers
    • échelle des collectivités territoriales pour organiser les partenariats avec les lieux de co éducation
     
    Objets pédagogiques numériques
    • chaque élève dispose d’un environnement personnel d’apprentissage (accumulation de matériaux qui va devenir connaissance)
    • les pratiques qui font collectif : de type fablab, outils collaboratifs
    • outil de gestion, logistique,..
    Élèves
     
    • constitution de collectifs/groupes, plusieurs niveaux de compétences par groupe
    Enseignants
    • des enseignants par discipline
    • le coaching des élèves est réalisé par un professeur et une personne extérieure
    Autres
     
    • les parents s’engagent dans la communication de leur métier et peuvent être coach

     

     

     

  • L'école et le numérique : réflexions d'élèves et de profs

    J’étais récemment à la présentation des ateliers menés avec des lycéens et collégiens au sujet de l’école de demain et de la place et rôle du numérique. Une journée d’ateliers proposé par Educalab, futur laboratoire dédié à l’éducation. Les groupes étaient constitués d’élèves, de professeurs et d’acteurs de la communauté éducative comme Tralalere, super Julie,... Dans l'un des ateliers qui  planchait sur la notion de lieu le débat a rapidement porté sur  à quoi sert l’école. C’était assez frappant d’entendre la parole de certains collégiens qui souhaitaient que les apprentissages soient plus concrets pour offrir des débouchés : une préoccupation on ne peut plus légitime. Un enjeu qui a  amenés les élèves à penser le numérique comme le moyen d’ouvrir l’école vers l’extérieur, et notamment vers le monde de l’entreprise et sur leurs choix d’orientation.

     

     

    Le groupe travaillant sur la notion de temps, s’est amusé à décomposer une journée type du collégien-lycéen; dans une journée de 24h, qui, passé le sommeil, les besoins vitaux et le temps scolaire, ne leur laisse que 4h pour faire leurs devoirs et continuer de tisser des liens en dehors de l’école.

    Le numérique pour ce groupe apparaît donc comme le moyen d’optimiser leur temps : leur temps de travail scolaire comme leur temps relationnel. En cela, ils perçoivent le numérique comme un espace d’entraide et de collaboration entre élèves, où le réseau social de l’école pourrait permettre d’échanger et de trouver réponses aux questions posées. Cette recherche d’aide sur une plate-forme est pourtant souvent perçue comme de la triche, disait une élève. Avec le numérique, ils pensent qu’on peut apprendre plus vite mais aussi permettre une aide individualisée en classe, où le professeur pourrait passer plus de temps avec ceux qui en ont le plus besoin.

    Ils aimeraient aussi qu’on valorise leurs compétences numériques, trop souvent ignorées, qui pourraient servir aussi à former les autres, les élèves mais aussi pourquoi pas leurs professeurs.

    Le numérique apparaît à la fois comme le moyen de s’aider entre pairs, d’apprendre plus vite grâce à la puissance du réseau, d'identifier les bonnes ressources (contenus et personnes) à l’intérieur de leur établissement mais aussi au delà (un réseau d’écoles, en lien avec les bibliothèques,…). L'école qu'ils imaginent est une école plus horizontale, où les savoirs sont distribués et non plus détenus en quelque sorte par le professeur.

     

     

    Le groupe travaillant le sujet des interactions est parti du constat qu’en classe, parfois le cours peut manquer de clarté ou qu’ils ont du mal à comprendre ce que le professeur leur dit  et  qu’ils s’ennuient parfois aussi.

    Leur problématique était comment mieux apprendre grâce aux interactions?  

    Ils ont proposé une plateforme “wikowork” où les élèves peuvent demander de l’aide aux autres élèves de l’établissement mais également à l’extérieur de l’établissement voire à un réseau d’établissements. L’entraide entre pairs apparaît centrale dans ces réflexions. Le professeur ne disparaît pas dans ce dispositif, il est au contraire à disposition des élèves les plus en difficultés, une forme d’individuation de la relation professeur-élève.

     

     

    Le groupe ayant travaillé sur la question des ressources propose surtout de travailler à partir d'outils existants : apprendre à créer sa propre chaîne sur youtube, organiser des rencontres avec des professionnels ou faire intervenir des personnes tiers via linkedin ou Facebook… pour constituer une base de données de ressources pour les élèves afin de les motiver à approfondir les sujets, les thèmes du programme. Cette base de données, co-construite avec les professeurs et les élèves ne serait pas seulement utilisée par une classe mais également disponible aux autres élèves, notamment ceux qui arrivent derrière. … .

     

     

    Ces ateliers proposés par Educalab se sont révélés très riches car ils ont mis au coeur de la réflexion les professeurs et les élèves. En une journée à peine, les pistes élaborées m'ont semblée très fertiles et permettent d’ores et déjà d’affirmer quelques idées intéressantes pour imaginer l’école de demain :

    - ne pas penser les outils numériques en dehors des premiers concernés : les professeurs et les élèves; ça parait être une évidence et pourtant !

    - les élèves ne veulent pas d’une école purement numérique mais bien un mix de numérique et de physique.

    - le partage et l’échange mais également l’entraide, la bienveillance semblent être leurs maîtres mots avec une vraie complicité et collaboration entre profs et élèves. En outre, leurs propositions disaient également qu’ils pouvaient apprendre à partir de ce que les autres élèves avaient appris.

    - Ils aimeraient que leurs compétences numériques soient valorisées dans leur cursus, même si ces compétences n'ont pas  forcément été acquises au sein de l’école.

    - Les professeurs ne disparaissent pas avec le numérique, au contraire ! Le numérique permet à la fois d'individuer l'apprentissage et de tisser une relation avec le professeur.

     

     

    Ces restitutions ouvrent aussi des questions intéressantes

    Faut-il utiliser les outils de l'école ou les outils que tout le monde utilise par ailleurs (Google, Facebook…) ? Pour les élèves, la question ne se pose pas.  Comment ouvrir les établissements sur le monde extérieur - via des résidences ou des invitations d'acteurs extérieurs à l'école ? Comment organiser des communautés ouvertes d'élèves et de professeurs contribuant à des bases de ressources communes ? Comment formaliser ce temps de collaboration ?

     

     

    Véronique Routin

     

  • Parution de l'étude sur l’état des lieux et la typologie des ateliers de fabrication numérique

    Après le tour d’horizon des Fab Labs, réalisé en 2012 par la Fing, cette nouvelle étude, lancée par la Direction générale des entreprises (DGE), a été confiée au cabinet Conseil & Recherche et à la Fing.

     

    L’étude a donné lieu entre novembre 2013 et février 2014 à :


    • Une enquête qui a mobilisé 86 acteurs français de la fabrication numérique et 2

    • 5 à l’étranger, ainsi qu’à une trentaine d’entretiens, pour produire une cartographie et une typologi

    • e des structures existantes en France

    • Une “étude de marché” pour comprendre les attentes éventuelles des entreprises vis-à-vis de ces dispositifs

    • L’analyse des différents modèles économiques des ateliers de fabrication numérique

    • Comparaison avec les structures similaires à l’international (benchmark) 

     

    >> Retrouver l’intégralité de l’étude
    >> Retrouver le dernier chapitre publié sur InternetActu.net. 

  • Le lancement de ShaREvolution le 11 février à l’ENSCI a permis de réunir un certain nombre d’acteurs concernés par la consommation collaborative. Comme présenté par Jacques François Marchandise, directeur de la recherche et prospective de la Fing,  plusieurs « généalogies » et acteurs se raccrochent à ce concept de consommation collaborative. Dans le champ pré numérique sont présents les acteurs de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS) et les acteurs réfléchissant aux modèles d’économie servicielle, et dans le champ numérique les acteurs de la consommation collaborative et les écosystèmes fondés sur les communautés - crowdfunding, crowdsourcing, logiciel libre, etc. Le numérique vient bousculer les acteurs, les modèles, les échelles (territoire, quartier, national, international), les dynamiques.
    Dans l’atelier sur "Opportunités et menaces", nous avions autour de la table des représentants du secteur de l’ESS, des acteurs publics, des acteurs urbains, des transporteurs, des constructeurs et des acteurs de la consommation collaborative. Sur ce document accessible ici, vous trouverez les premières menaces et opportunités telles que énoncées par ses participants. Vous pouvez la commenter, l’enrichir, en y mettant vos commentaires. Cette première cartographie sera enrichie au fur et à mesure de nos échanges, ateliers et débats.


    image

    Certaines opportunités sont prometteuses, comme celles pour un monde plus solidaire (accélérer les solidarités locales, les liens) avec la question de la formation des publics afin de redonner du pouvoir aux citoyens, plus « responsable » (pousser à des logiques de recyclage, de valorisation des capacités excédentaires) ou celles concernant à réfléchir aux secteurs « autrement » ; par exemple avec ces nouveaux modèles de partage de la voiture, ces nouveaux modèles permettent également de générer des opportunités d’usages environnementaux. Les échelles d’intervention des acteurs changent et peuvent être une opportunité mais aussi une menace puisque ces acteurs sont dorénavant en concurrence avec d’autres types d’acteurs. Il y a également un changement de relation client dès lors qu’ils sont offreurs de services et non plus de produits uniquement.
    Du côté des menaces, il y a le risque de la marchandisation des sociabilités ou la récupération par les grands acteurs au détriment du travail de terrain réalisé par les associations mais aussi la concurrence déloyale. La fragile santé des acteurs de la consommation collaborative est également une menace car les modèles économiques sont aujourd’hui peu viables et les entreprises de ce secteur peu rentables. Il y a bien sûr la question de la confiance derrière ces plateformes et qui gère le service.
    Pour ces acteurs autour de la table, il est en tout cas important de réfléchir ensemble et d’établir des passerelles entre les mondes "pré numérique » et « numérique » et construire un écosystème dans une logique de partenariat avec le monde associatif. A suivre.

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