Blog de Renaud Francou

  • Suite de la série de micro-billets pris sur le vif pendant le séminaire Marsouin 2017 (18 et 19 mai) #marsouin2017

    Bénédicte Havard Duclos est sociologue au LABERS (Laboratoire d’études et de recherche en sociologie) à Brest. Dans des questionnements voisins de ceux de Capacity développés dans l’ANR Poplog, elle s’interroge sur les aspects capacitants du numérique dans pratiques de reconnaissance de l’activité des assistantes maternelles.

    Quels impacts du numérique dans les identités professionnelles ?

    Une des hypothèses de travail est que le numérique peut s’avérer révélateur du rapport au travail des individus.

    Le métier d’assistante maternelle diffère d’autres professions à vocation pédagogique : il n’y a pas d’injonction à utiliser du numérique, de type ENT. La profession se professionnalise de plus en plus, tant en matière de conditions d’accueil que d’aptitudes pédagogiques, cette dernière dimension est plus neuve.

    Mais quid des « anciennes » assistante maternelle ? Comment se sont-elles adaptées et saisies de cette injonction à être de plus en plus qualifié ?

    Quels sont les usages numériques des assistantes maternelles ?

    • Ils sont plutôt privés
    • récréatifs, à visée documentaire et communicationnelles, mais aussi expressive (prise de parole)
    • ils visent plus ou moins les pairs, mais concernent aussi les parents et les enfants

    Bénédicte a mené des entretiens longs, mais s’est aussi intéressée à des pratiques en ligne (sur le forum assistantes-maternelles.net, très vivant, des messages lus plusieurs milliers de fois, qui mobilisent beaucoup de réponses), mais aussi en « aspirant » quelques comptes Facebook.

    Les messages sont considérés dans une double « fonction » (Madeleine Ackrich) : ils sont porteurs de contenus, mais aussi de communication, d’une relation : à qui on répond ? comment les discussions s’enchaînent ?

    Le forum présente les caractéristiques assez classique de la “loi de puissance » : un petit nombre de contributeurs postent beaucoup de contributions »

    Qu’est-ce qui peut motiver les assistantes maternelles à chercher de la reconnaissance ?

    Malgré une tendance à la professionalisation plus importante de l’activité (notamment en matière de formation pédagogique) :

    • les rémunérations restent faibles, avec de grandes disparités
    • lutter contre l’isolement relationnel
    • une attention importante à ne pas déborder sur la vie professionnelle : par exemple, sous prétexte que c’est du travail à la maison, les parents arrivent plus facilement en avance ou en retard, et les individus doivent développer des stratégies fines de de partage entre activités professionnelles et personnelles, y compris dans l’aménagement de la maison.

    Sur le forum, les prises de parole en ligne sont plutôt bien écrites, respectent des codes de civilité ordinaire, sans de vulgarité : il s’agit de pratiques assez ténue, qui semble aller dans le sens de la recherche de reconnaissance.

    A quelques exceptions prêt, ça ne dérape pas.

    Au fond, à quoi sert l’internet ?

    D’abord à “faire voir” qu’on a des savoirs, mais aussi rompre l’isolement.

    De quoi parle t-on ?

    • des aspects liés au droit du travail
    • des méthodes éducatives
    • de la relation à l’agrément envers les PNI (qui sont de fait les les supérieurs hiérarchiques)
    • l’amélioration de son travail : équipement, bon plans, etc.

    Du côté des indépendantes, il y a concurrence les unes avec les autres. Les pratiques en ligne l’illustrent bien : la seule question restée sans réponse concernait une question posée par une personne qui chercher à s’installer à un endroit et se demandait s’il y avait du « potentiel client »

    Au fond, il semble que l’internet fonctionne comme un accélérateur de diffusion des nouvelles normes éducatives et comme un accélérateur de la professionnalisation du métier. Ce qui génère des inégalités pour celles qui ont du mal à prendre la parole en public « correctement »

    Sur le non usage : celles (parmi le panel) qui utilisent le moins sont paradoxalement les plus diplômées, mais qui ont assez de confiance en elles pour dealer d’égal à égal avec la PNI. On est plutôt dans non-usage « actif », en tout cas qui n’est pas subi : « je n’ai pas besoin d’internet puisque en cas de problème, je suis assez à l’aise pour passer un coup de fil pour m’expliquer avec la PNI ».

  • Suite de la série de micro-billets pris sur le vif pendant le séminaire Marsouin 2017 (18 et 19 mai) #marsouin2017

    Benjamin Agi, doctorant à IMT Atlantique en sciences de gestion, s’intéresse aux individus qui s’attachent à la protection de leurs données en ligne, en particulier à leur parcours : comment se forme l’opinion des citoyens vis-à-vis de la protection de leur vie privée au regard de la protection de leur vie ?

    Selon une enquête de la CNIL, 27% des usagers jonglent avec leurs paramètres de protection, et 45% des individus ont des pratiques d’obfuscation et diffusent de fausses informations pour protéger leur vie privée.

    La littérature en sciences de gestion s’intéresse généralement à la relation entre les organisations privées et les consommateurs. Mais on prend généralement peu en compte le type de consommateurs. En psychologie, on s’intéresse à la perception d’inquiétude vis à vis des technologies, la sociologie, elle, va s’intéresser aux parcours d’usage, aux expériences passées.

    Pour Benjamin, on ne considère pas assez l’individu dans la durée, et on ne traite pas l’individu dans ses relations avec l’acteur public.

    D’où les questions de recherche qu’il a formulé :

    • existe t-il différentes sensibilités vis à vis de la vie privée ?
    • y’a t-il des étapes dans les parcours des individus ?

    Benjamin distingue 5 attitudes vis à vis la défense de la vie privée en ligne, qu’il décrit selon 3 variables : l’attachement à la protection de la vie privée, l’implication actuelle et la diffusion et la propagation des outils et méthodes.

    Les 5 profils types :

    • Les confus, au 1er stade, assez mal à l’aise avec les enjeux et les solutions
    • les convertis
    • les propagateurs, qui transmettent les infos sans former
    • les formateurs, qui ont un rôle dans la transmission des outils techniques de protection
    • les opportunistes, qui utilisent ça à des fins professionnelles
    • les inconditionnels

    Quels éléments communs de parcours retrouve t-on ?

    Il est trop tôt pour avoir des conclusions, le travail de thèse n’en est qu’à mi-parcours.
    Reste que toutes les personnes interrogées ont cité l’ “affaire Snowden” comme déterminant dans leur parcours : est-ce la marque d’une césure, qui a marqué les comportements ? C’est à vérifier : aujourd’hui, le profil type du défenseur de la vie privée est soit actif dans le libre et ou bien provient du monde des bibliothèques.

    L’autre piste à creuser est la manière dont l’environnement social des individus affecte les perception de la protection.

  • Suite de la série de micro-billets pris sur le vif pendant le séminaire Marsouin 2017 (18 et 19 mai) #marsouin2017

    Dans un travail avec Françoise Paquienséguy, Valentyna Dymytrova s’est interrogé aux enjeux de transformation des Métropoles via l’Open Data menée dans le cadre du projet ANR OpenSensing City.

    Plusieurs facteurs ont favorisé ces dernières années la mise en place de stratégies Open Data métropolitaines : réforme territoriale (loi MAPAM), directives européennes et stratégies de marketing territoriales (projets de Smart City)

    Sur cette toile de fond, les chercheuses se sont posé deux questions :

    • A qui profite les portails Open Data des métropoles ? A quel niveau les stratégies d’Open Data renforce leur pouvoir ?
    • Que disent les portails métropolitaines des stratégies des métropoles et des acteurs et qu’elles fédèrent ?

    Le travail de recherche a abouti à établir une typologie des portails, 3 idéaux-types :

    1. L’idéal de la transparence lié à l’ouverture des données publiques
      Il s’agit le plus souvent une réponse à la directive Inspire (accessibilité des informations publiques et protection de l’environnement)
      C’est le cas des portails de Berlin et Montpellier, qui sont en train de bouger vers les deux autres catégories.
      Les caractéristiques de ces types de portail : un fort ancrage territorial du côté des contenus (les données locales sont mises en avant sur la page d’accueil), les logos mettent en avant la métropole et l’ancrage territorial.
      Egalement, ces portails sont accessibles par plusieurs entrées, et pas uniquement pour les « geeks » : les données mises en avant concernent les pré-occupations quotidiennes des individus, en proposant par exemple des visualisations (nombre de marché dans la ville, d’aires de jeux pour les enfants, etc.)

    2. L’idéal de la Smart City compétititive et attractive.
      Ici, les données privilégiées sont celles qui concernent le transport et l’économie. Les villes sont mises en avant comme des “marchés de données », le champ lexical dans ce sens est très explicite.
      Ces portails s’adresse d’abord aux acteurs économiques et aux développeurs.
      C’est le cas des portails de Londres, Bordeaux ou Lyon.

    3. L’idéal top de la Smart City citoyenne et responsable
      Parmi les portails emblématiques de cet idéal : New-York, Séoul, Rennes.
      L’accent est mis sur les données crowdsourcées. Les interfaces sont orientées vers les citoyens. Un travail sur les icônes témoigne de la volonté de baisser les barrières à l’entrée.
      Précision de l’intervenant : contrairement aux autres, le portail héberge un forum interne, mais ne propose pas de prolongement vers les réseaux socio-numériques. 
      Ici, de nombreux contenus éditoriaux cherchent à donner du sens aux données
  • Le séminaire Marsouin 2017 (18 et 19 mai) a permis de partager quelques pistes et résultats de Capacity. En voici quelques morceaux choisis. #marsouin2017

    Margot Beauchamps est géographe, et s’intéresse depuis longtemps aux usages numériques et leur inscription dans les dimensions territoriales.

    Elle coordonne le groupement de recherche Marsouin en Bretagne. A ce titre, elle a animé la réalisation de l’enquête nationale Marsouin destinée à tirer des enseignements sur le pouvoir d’Agir (le rapport d’enquête, .pdf).

    L’enjeu de l’enquête : les Français bénéficient-ils tous au même degré des potentialités offertes par l’internet en termes d’augmentation du pouvoir d’agir ?

    5 dimension de l’empowerment ont été considérées dans l’enquête :

    • La sociabilité
    • La connaissance
    • Le pouvoir d’achat
    • La participation politique
    • L’organisation de la vie quotidienne : gagner (ou perdre) du temps

    Quelques résultats tirés des premiers résultats de l’enquête autour de ces 5 « déterminants » du pouvoir d’agir — ces résultats devant être à prendre avec des pincettes puisqu’ils feront l’objet de croisement avec les autres travaux de terrain de Capacity.

    45% des internautes déclarent s’être ouverts à d’autres milieux sociaux : parmi ceux-ci, beaucoup ont des revenus faibles. Peut-on en déduire que l’internet a joué un rôle de correcteur dans les inégalités de capital ? C’est en tout cas une hypothèse à creuser.

    (…) Internet est un facteur de correction des inégalités de capital social, dont on sait qu’il est d’autant plus fort que les revenus sont élevés. (…) Le niveau d’étude, en revanche, ne joue pas sur la manière de répondre à cette question.

    Pour explorer l’accès à la connaissance, l’enquête a cherché à regarder des apprentissages formels (sanctionnés par un diplôme, une certification, etc.) et informelles (comme consulter les tutoriels à distance, chercher des informations en ligne, etc.).

    Ici, l’internet semble renforcer les inégalités : les internautes qui décident de suivre des cours en ligne sont aussi ceux qui sont le plus diplômés. Pour autant, côté modalités informelles, internet semble être un facilitateur — mais là aussi le diplôme joue.

    Le résultat le plus marquant concernant le profil des internautes suivant des cours en ligne est la très forte surreprésentation des plus diplômés (bac +3 et plus) et la sous-représentation des détenteurs d’un niveau CAP/BEP ou moindre : ainsi, ceux qui tirent le meilleur parti d’Internet pour élargir leur gamme de connaissances et compétences dans des dispositifs d’apprentissage formels sont ceux dont les compétences sont déjà reconnues à travers des diplômes (…)

    Côté pouvoir d’achat, les internautes se retrouvent plus en situation de force, mieux outillés pour comprendre, comparer, voire se proposer comme offreur (en louant une pièce, un objet, etc.). Les internautes les plus aisés déclarent d’avantage que les autres que l’internet leur a permis d’augmenter leur pouvoir d’achat.

    (…) L’âge, la catégorie socioprofessionnelle et le revenu mensuel du foyer déterminent en partie la probabilité de faire des achats sur des sites de e-commerce. Les internautes de 25 à 49 ans sont plus nombreux en proportion à le faire que les autres classes d’âge, y compris les plus jeunes (18–24 ans), dont la consommation générale est probablement moins intense.

    Quelques points d’approfondissement évoqués :

    • A qui profite le plus les usages d’internet ? Quels profils ?
    • Les différences de sexe sont à creuser.
    • Les compétences numériques sont-elles décisives ? C’est une question encore aujourd’hui sans réponse.
  • 1er atelier de travail « Transitions 2 » 

    10 juillet 2015, Salle de la Netscouade, 8 passage Brulon [interphone Fing]
     
    Présents
     
    Renaud francou
    Sophie Barré
    Aymeric Raoult
    Cathy Dubois
    Henri Galland
    Sophie Nicolas
    Juliette Dubois
    Brigitte Berger
    Jacques Noël
    Anne Chanon
    Sophie Bouteiller
    Hubert Guillaud
    Thierry Marcou
    Laura Le Du
    Julia Charrie
    Guillaume Plouin
    Tamer El Aidy
    Marie Banatre
    Mootoosamy, Edwin
    Hugo Ponce
    Sophie Mahéo
    Daniel Kaplan
    Denis Pansu
    JF Marchandise
     
     

    1- Rappel de la démarche Transitions2 : enjeux, déroulé, grandes étapes

     
    Transitions2 ("au carré") est un projet récent lancé à Futur en Seine.
    Il n'est pas lancé que par la Fing, mais par plusieurs partenaires : Coalition climat21, ouishare, POC21, Place to B, Les petits débrouillars, Terra eco.
     
    Transitions au carré, d'où ça vient ?
    Le précédent Cahier de prospective de la Fing autour de la démarche "Questions Numériques" s'est intéressé à la transformation des systèmes complexe (http://reseau.fing.org/qntransitions). Nous avions aussi publié un jeu qui invite à devenir acteur de ses propres transitions.
     
    Parmi les grandes transitions contemporaines, les 2 qui nous intéressent ont un lien et une difficulté :
       > La transition écologique ne se définit quasiment que comme un objectif ("rester nombreux sur cette terre") mais elle peine à raconter le chemin pour l'atteindre, en tout ca à l'échelle macro (les initiatives individuelles, elles, sont légion)
        > La transition numérique est une force de transformation d'à peu près tout, une force brute qui change tout et qui sait raconter des chemins de transformation ; mais elle ne sait pas vers quel but elle tend...
        
        La plupart des acteurs engagés dans les questions environnementales et énergétiques n'ont pas forcément une vision du numérique et une  vraie difficulté à en appréhender la complexité.
        
        L'Intuition de Transitions2 est de rapprocher ces deux transitions. Cette disjonction fait du mal, il faut travailler à la réduire, recréer du lien entre pensée numérique et écologique
        Pourtant, la disjonction entre ces transitions et les communautés qui les portent, n'a pas toujours été ; ainsi, Transitions2 s'inspire du  "Whole Earth Catalog" de 1968, qui s'adressait aux américains voulant revenir vivre à la nature
     > objectif de Transitions2
     
    Concrètement, le projet cherchera à outiller, aider, connecter... des initiatives et projets autour du lien entre transitions écologique et numérique, via notamment une plateforme en ligne pour référencer le plus grand nombre possibles de personnes et groupes, projest, connaissances, imaginaires sur le lien entre transitions écologique et numérique.
     
    En parallèle, Transitions2 s'intéressera à des sujets à cartographier, parmi lesquels :
    • (avec le Cigref, notamment) pour une informatique "écologique by design" : en quoi la fonction et le métier informatique de l'entreprise pourrait devenir un véhicule actif, un outil directeur, de la transformation écologique de toute l'entreprise [sujet défini]
    • agenda 21, quel en serait la couche numérique ? [en discussion]
    • alimentation, comment est-ce qu'on peut passer du slow food à la slow city ? [en discussion]
    • l'économie circulaire pour "les petits" (donc pas les grands industriels), le "bazar" de l'économie réelle[en discussion]

     

    Question ; 
    L'héritage Whole Earth Catalogue : peut amener une vision un peu naïve de recensement de "solutions" alors qu'il s'agit de quelque chose de bien plus systèmique, de mise en débat etc. 
    >> Attention : le catalogue n'est plus le produit final, c'est la ressource. Transitions2 propose justement de mettre en débat, d'explorer les controverses... 
     
    Quelques RDV de Transitions2 : 
        
    - en Aout, avec POC21 : sortir du prototype [ POC 21 = L'approche Open Source peut-elle apporter des réponses intéressantes à la crise climatique ? Comment les industrialiser ? Sélection d'une douzaine de projets, accélération pendant 5 semaines, exposition et catalogue des objets Open Source.
        - fOSSa : du 23 au 25 septembre, avec le 24 sept centré sur le lien numérique/écologique (Nantes, pendant la Digital Week qui peut donner lieu à d'autres initiatives) https://fossa.inria.fr/
        - 15 et 16 octobre à Aix
        - Roumics : 9 et 10 octobre à Lille http://www.roumics.com (programme pas encore publié)
        - Le temps des communs, du 5 au 18 octobre http://vecam.org/Le-temps-des-communs-du-5-au-18-octobre
     
    Autres événements : 
    du 15 au 17 septembre, Frejus : le numérique 3D au service de territoires intelligents.
    19, 20 et 21 novembre ; Ouishare Fest à Barcelone 
     
     

    2- Ce qui fait le lien entre Transition Numérique et Transition écologique aujourd’hui

     
    À quel exemple concret et ambitieux pensez-vous qui fait le lien entre Transition écologique et Transition numérique ?
    Ce peut être un projet, une histoire, une personne, une utopie, une méthode…"
     
    En quoi ces initiatives ont un potentiel transformateur qui peut d’une manière ou d’une autre permettre de réaliser la transition écologique ?
     
    Mesurer autrement
    • Moteurs de calculs numériques pour créer des simulations (par exemple dans le bâtiment, pour savoir si je dois faire des travaux, mais pourquoi pas pour les véhicules)
    • Instrumentation : porter un diagnostic sur mon appartement, savoir si mon frigo consomme plus ou moins. 
    • Plateformes d'informations géographique : diagnostic + science participative. 
    • Hercules (faire un inventaire européen des paysages patrimoniaux culturels d'Europe : plateforme numérique coll où chaque site/projet qui a pour initiative de protéger le paysage est recensé : but : trouver des méthodes pour embrasser cette compléxité)  
    • Copernicus : Global Monitoring for Environment and Security
    • La modélisation 3D pour décrire un environnement, un territoire. Ex : mesure des arbres par photos satellite. 
    • La donnée comme un jeu plutôt qu'une contrainte
    • La modélisation 3D du territoire au service de la qualité du cadre de vie : inventaire, simulation, gestion, communication-sensibilisation…
     
    Mobilités-Démobilités
    • Télétravail => réduction des déplacements ? Création de Hub géographique ? créer les conditions de la démobilité?
    • La voiture connectée et autonome, pour optimiser les transports et réduire les gaz à effets de serre
     
    La voie du partage, la frugalité
    • Uber, taxi, co-voiturage : optimiser mes émissions
    • Et si les acteurs publics remplaçaient Uber, proposaient une application aussi utile ?
     
    Repenser les réseaux : distribution, décentralisation
    • La décentralisation des politiques énérgétiques
    • Jérémie Rifkin et la 3e Révolution industrielle
        
        La puissance de la foule (Crowdsourcing, P2P, activisme)
    • Avec son smartphone, partager un constat sur la biodiversité
    • Santé environnementale
    • De nouvelles formes d'activisme : Julien Bayou (jeudi noir)
    • Le numérique permet d'être au courant de ce qui se passe à côté de chez nous :  ex : Le marché citoyen. 
     
    "Smart trucs"
    •     Les solutions où le numérique « prend la main » pour réduire l’empreinte carbone de systèmes : smart, voiture intelligente
     
    Articulation des temps
    • Explorer les nouvelles représentations du temps (ex : des logiciels d’agenda différents)
     
    Geoingenierie
    • Remédiation technologiques (plus d'abeilles ? On va utiliser les drones) 
    • Géoingéniérie. 
     
    "Ecology by design"
    • Généralisation des systèmes de mesure pour les entreprises. Penser environnement dès le début, éco-conception des produits et des logiciels qu'on développe. (voir Sophia Antipolis (Denis) 
     
    Produire autrement, recycler, accroitre la performance
    • Impression 3D à partir de débris de catastrophes
    • forêt amazonie : vieux téléphones pour faire de la foret intelligente. Rain Forest Connection : https://rfcx.org/
    • Le numérique peut contribuer à gérer des situations 100% énergies renouvelables. 
    • Agriculture et numérique. Outillage ? 
     
    Le numérique au service de l'humanitaire
    • MSF travaille avec des start-ups qui construisent des drones à envoyer en zone épidémie.
    • Les travaux d'openstreetmap en Haiti notamment ou CartONG.
    • Le numérique, opportunité dans la prise en charge des grandes crises (catastrophes naturelles, épidémies…) Ex : http://www.ushahidi.com/
     
     

    3- Controverses et tensions

     
    “Selon vous, quels sont les sujets sur lesquels on se "tapera" dessus dans les 5 ans à venir ?
    Pourquoi ? Sur quoi devrait-on du coup travailler ?"
     
    Le numérique en question
    • Montée de la méfiance envers le numérique ("le numérique, c'est la solution")
    • Quelles technologies ? quelles priorités ? Le numérique peut-il rendre viable d'autres mix énergétique ? 
    • La "lutte des luttes" : le numérique focalise sur ce qu'on sait mesurer)
    • Totalitarisme des solutions
    • Le numérique qui optimise et transforme va t-il rendre possible la fin du nucléaire ?
    • Quelle est l’empreinte écologique des Fab Labs ?
    • Les big data vont-elles fagocyter et dicter les solutions ?
    • La data : comment/qu'est-ce qu'on mesure, comment on qualifie les problèmes, asymétries de construction des problèmes
    • Les humains ont-ils encore leur place dans les décisions ?
     
    Autour des rapports de force mondiaux
    • Le numérique et l'aliénation nord/sud : quels choix de developpement pour les pays pauvres ? Soumis au modèle dominant (ex : exploitation énergies fossiles) ? 
    • Une concurrence accrue entre les solutions à l’échelle d’un quartier, d’une ville, globale… chacune dans son coin : comment réaliser l’articulation de ces différentes échelles ?
    • Peu d'harmonisation européenne ou mondiale, chaque pays fait ce qu'il veut... Quels modèles communs ? 
    • De nouveaux risques de totalitarisme (la guerre des ressources)
    • Monopole des plateformes (uber, coivoiturage etc) 
    • R&D : vers des confrontations de modèles
    • « Les Monsanto de la connaissance » : de nouvelles inclusions ?
     
    Clivages sociaux et sociétaux
    • Conflits de génération : les générations précédentes n’ont rien vu venir ou n’ont rien voulu savoir
    • Des clivages sociaux : l’écologie comme le numérique sont très normatifs, et engendrent de nouveaux clivages
    • Les formes légères de participation ouvertes par le numérique (ex : pétitions en ligne) signent-ils la fin de la participation citoyenne ?
    • Questionner le rôle des experts sur les bonnes mesures, les bons capteurs, quelles implications pour la définition des problèmes, des priorités. Il ne faut pas de susbstitution mais une complémentarité. 
     
     

    4- Appel à ressources

    "Quel(le)s-sont selon vous les personnes qu’il faut absolument contacter et embarquer par n’importe quel moyen, quel papier il faut avoir lu, quelle video il faut avoir vue...
     
    • Marjorie Musy, Chercheur au CERMA, Directrice adjointe de l'IRSTV
    • Françoise Berthoud, écologue, ingénieure de recherche en informatique au Laboratoire de Physique et Modélisation des Milieux Condensés (LPMMC) au CNRS, et co-fondatrice du collectif Ecoinfo. http://ecoinfo.cnrs.fr/
    Elle a publié un livre collectif : Les impacts écologiques des technologies de l’information et de la communication - EDP Sciences auteurs : Philippe BALIN - Françoise BERTHOUD - Amélie BOHAS - Carole CHABUILLET - Jean-Daniel DUBOIS - Eric DREZET - Cédric GOSSART - Marianne PARRY
    • Ville de Paris, service numérique et développement durable (est un service transverse) Fabienne Giboudeaux
    • Emmanuelle Delsol journaliste
     
    A venir : le planning des ateliers de l'automne !!
     
  • Un "guide" pour aider les innovateurs à innover avec les usagers

    Par Renaud Francou dans le groupe Carrefour des Possibles le 31 octobre 2014
    Un "guide" pour aider les innovateurs à innover avec les usagers

    Ce guide - ou plutôt cette "boussole" - propose aux innovateurs quelques clefs de lecture et pistes méthodologiques pour innover aux contacts des usagers. Il est issu de plusieurs années d'observation de projets d'expérimentation par l'usage dans le cadre du programme PACA Labs.

    Qu'a t-on à gagner à innover avec et pour les usagers ? Comment peut-on s'y prendre ? Quel rôle peuvent jouer les designers et les chercheurs en sciences humaines et sociales dans ces nouvelles approches de l'innovation ?

    Voilà les principales questions que se posent innovateurs et dispositifs de soutien à l'innovation et auxquelles ce guide propose quelques pistes.

    > En savoir plus et télécharger le document

     

  • Le concours MesInfos est désormais ouvert ! Il se clôturera le 27 février 2014, date limite pour les dépôts de candidature. Il est organisé par MesInfos avec le soutien de la DGCIS et du pôle de compétitivité PICOM.   Sa dotation est de 62 000 €, dont l'essentiel sera attribué au 6 lauréats qui auront proposé des "prototypes fonctionnels" aux 300 panélistes de l'expérimentation. Mais des "Idées de service" seront également récompensées !  

    En résumé, le concours récompense donc des lauréats dans 2 catégories : “Prototype opérationnel” ou “idée de service”.

    • « Prototype opérationnel » : 6 lauréats se partageront une dotation de 57 000 € – Les prototypes peuvent être des services web ou des applications pour téléphone
    • « Idée de service » : 3 lauréats se partageront une dotation de 5 000 €

    Pour plus de détails, rendez-vous sur cette page.  

    Photo : evosoft

      Concrètement, comment cela va t-il se passer pour les candidats ?  

    • Si vous avez une idée, une envie, un pré-projet... vous pouvez la partager avec MesInfos en remplissant ce formulaire de pré-candidature Cela vous permettra d'engager la discussion avec l'équipe MesInfos, le cas échéant, d'être aidé-e à trouver les partenaires utiles à la concrétisation de votre idée, d'aider d'autres partenaires à vous repérer...
    • Le formulaire officiel de candidature au concours sera mis en ligne, lui, à partir de mi-décembre. D'ici là, il y a déjà de quoi faire pour les candidats !
    • La clôture des candidatures est donc prévue le 27 février à 23h Important : le jury du concours délibèrera sur les versions des prototypes à la date de clôture du concours. Dit autrement, vous pouvez par exemple très bien choisir de candidater dès le 1er février et continuer à travailler votre proto jusqu'au 27 février, pour améliorer ses chances de gagner !
    • En mars, nous pré-sélectionnons les candidats
    • Et pour finir, mi-avril, place au jury et à la "cérémonie" de remise des prix.

      Les dates précises du jury, sa composition, la mise en ligne du formulaire de candidature, les dernières news... tout sera mis au fil de l'eau sur le site MesInfos et sur le compte Twitter. A vous de jouer maintenant !   [caption id="attachment_639" align="aligncenter" width="320"]Photo : mllbtz

    Photo : mllbtz[/caption]

    Dernier point important : au-delà de la dotation, les candidats et les lauréats bénéficient aussi d’une forte visibilité auprès des partenaires de MesInfos : grandes enseignes, pôles de compétitivité, DGCIS, partenaires associés comme la CNIL ou la Caisse des Dépôts et Consignations… Et ça aussi, ce n'est pas rien...  

    On attend les propositions, et on espère bien qu'elles seront foisonnantes, décalées, disruptives, ludiques, complètes, enrichissantes...  

    Le rêve de tout organisateur de concours en fait !

  • On connaissait Bruce Schneier, gourou de la sécurité, et son analyse "renversée" de la confiance entre les consommateurs et les entreprises.

    Pour lui en effet, la question de confiance se pose d'avantage du point de vue des organisations : ce sont elles qui n'ont pas confiance dans leurs clients et leurs collaborateurs, voilà pourquoi elles pondent des dispositifs de sécurité compliqués, opaques et souvent absurdes pour s'en protéger. 

    Résultat : des milliers de travailleurs passent un temps considérable à contourner ces dispositifs ne serait-ce que … pour pouvoir faire le travail qu'on leur demande !

    Dans un edito pour Wired, Schneier remet le couvert en osant une comparaison entre l'organisation de la sécurité au sein de la société féodale et la manière dont sont protégées (ou non) nos appareils et nos données aujourd'hui.

    Parlant des Facebook, Apple et autre Amazon, il reconnait que ceux-ci agissent "comme des seigneurs féodaux, dont nous devenons les vassaux. Nous pourrions refuser de prêter serment d'allégeance à l'ensemble d'entre eux (…) mais il devient de plus en plus difficile de ne pas prêter serment d'allégeance à au moins l'un d'eux."

    Pourquoi ?

    Au commencement était un usager en proie avec les affres de l'anti-virus. Certes, c'était compliqué et pas toujours efficace, mais l'usager conservait une marge de manœuvre, une lattitude de choix.

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    Le (fantastique) Chateau de Bonaguil, photographié par votre serviteur

     

    La situation a largement changé aujourd'hui.

    D'une part ces auteurs contrôlent à la fois la couche logicielle et matériel (les règles de fonctionnement librairie Amazon, mais aussi le Kindle).

    Et d'autre part - ceci est largement documenté - la recherche de commodité des individus devant la complexité de gestion et mise à jour de tout ce bazar numérique fait qu'il ne rechigneront pas à confier cette maintenance par ces mêmes services.

    "Leur faire confiance est donc notre seule option" poursuit-il.

    "Dans ce système, nous n'avons aucun contrôle sur la sécurité assurée par nos seigneurs féodaux. Nous ne savons pas quel genre de protocoles de sécurité ils utilisent, ou comment ils sont configurés. Nous ne pouvons surtout pas installer nos propres produits de sécurité sur les iPhones ou les téléphones Android, et nous ne pouvons certainement pas les installer sur Facebook, Gmail ou Twitter. Parfois, nous avons le contrôle sur l'opportunité d'accepter ou non les mises à jour comme sur l'iPhone, par exemple - mais nous savons rarement ce qu'ils font ou s'ils vont casser quoi que ce soit d'autre (sur le Kindle, nous n'avons même pas cette liberté.)"

    De là, il serait illusoire de penser que ces organisations n'agissent pas selon leurs propres intérêts au détriment ce leurs clients qu'elles ont enfermés de toute part.

    Today’s internet feudalism, however, is ad hoc and one-sided. We give companies our data and trust them with our security, but we receive very few assurances of protection in return, and those companies have very few restrictions on what they can do.

    This needs to change. There should be limitations on what cloud vendors can do with our data; rights, like the requirement that they delete our data when we want them to; and liabilities when vendors mishandle our data.

     

    Comment le système féodal a t-il fini par évoluer en Europe, remarque Schneier ? Par l'avènement de l'Etat centralisé et de l'arsenal juridique dont il s'est accompagné - contribuant à assurer la sécurité à la fois des seigneurs et des vassaux.

    "Mais aujourd'hui, les gouvernements ont largement renoncé à ce rôle dans le cyberespace, et le résultat est un retour aux rapports féodaux d'autrefois."

    Que faire alors ?

    A la lecture de ce billet, Doc Searls brandit son cheval de bataille habituel et voit dans les outils du VRM un bon moyen d'agir à renverser cette tendance - qu'il  préfère qualifier de rapports "vaches-veaux", ce qui revient à peu près au même.

    En creux, la voie de l'outillage individuel est pour lui la seule voie possible. C'est cet outillage qui devra être encadré par le politique, mais demander à ce dernier de proposer des réponses globales ne fonctionnera pas.

    C'est bien sûr cet outillage sur lequel nous allons plancher en 2013 durant l'expérimentation MesInfos

    Point de jacqueries donc, mais du "Serf-Control" :)

    Billet initialement publié sur Finglive.

  • Le 14 juin prochain, pour mémoire, c'est le 3e workshop MesInfos. De 10h à 13h, au CENTQUATRE, on y causera services et chaînes de valeur.

    Ceux qui y participeront feraient bien de rester un bout d'après-midi au même endroit...
    En effet, et dans le cadre d'un mix chercheurs-acteurs plus largement dédié à la société numérique et que nous nommons "Connecteur Recherche", une session d'atelier dédiée à la recherche et à la prospective sur MesInfos est calée de 14h à 16h.

    3 chercheurs hétérogènes (socio, eco, juridique) viendront partager leurs thèmes de recherche présents et futurs sur le partage des données personnelles.
    En face, 3 acteurs (collectivité, entreprise, start up) viendront les challenger, et partager leurs questionnements et incertitudes sur ces sujets, qu'ils rencontrent au quotidien dans leurs métiers.
    Et tout autour, une vingtaine de participants-contributeurs pour alimenter le débat.

    Le pari est autant de faire sortir la recherche des labos, que des provoquer des fertilisations croisées : nouveaux champs de recherche, partenariats, Cifre, etc.

    Bref, les personnes qui suivent les travaux "MesInfos" devraient y retrouver leurs petits !

    L'entrée est libre, sous réserve de s'inscrire ici.

    Notez qu'il y a en tout 10 sessions - dans le format de celle que je viens de décrire plus haut - tout au long des 14 et 15 juin (je sais, il risque de faire beau, mais venez quand même :))

    Notez aussi que la Fing animera d'autres rencontres pendant Futur en Seine, les 14, 15 et 16 juin. Voilà le programme des réjouissances.

    A tout de suite...

  • Le 1er workshop MesInfos (certes, il y a eu un séminaire de préfiguration en novembre !) s'est déroulé dans la belle "salle du 5e" de l'ENSCI, le 16 mars dernier après-midi.
    > Télécharger la synthèse (.pdf)
    > Consulter le compte-rendu exhaustif des échanges (.pdf)

    45 entrepreneurs, designers, représentants de grands groupes, chercheurs, activistes... se sont retrouvés pour se projeter, ensemble, dans ce que pourrait être un "Monde de données personnelles partagées".

     

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    Après la présentation d'une courte revue de veille, les participants se sont répartis en groupes pour challenger un scénario proposé par l'équipe "MesInfos".
    Le challenge était double : il s'agissait d'une part de challenger 4 "histoires" qui pourraient aboutir au partage des données personnelles entre organisations et individus et, d'autre part, d'imaginer et partager les réactions de chacun si un tel scénario venait à se réaliser...

     

    • Scénario 1 : "Si vous ne le faites pas, d’autres le feront à votre place"
    • Scénario 2 : "Coup de force : quand la BankX6 prend le contrôle" 
    • Scénario 3 : "Do it yourself : les gens mesurent tout par eux-mêmes"
    • Scénario 4 : "Données personnelles, patrimoine personnel"
    Voilà, en synthèse, les principaux enseignements du workshop :
    Le contexte
    Le projet MesInfos explore ce qui pourrait constituer la base d’une transformation profonde de la relation entre les organisations et leurs usagers : le partage et la réutilisation des données personnelles avec les individus que celles-ci concernent.
    L'objet de ce 1er workshop était d'une part de décrire 4 histoires plausibles sur la manière dont "un monde de données personnelles partagées" pourrait devenir réalité, et, d'autre part, d'explorer collectivement la manière dont les participants à la démarche "MesInfos" pourraient vouloir agir et être proactif sur ce sujet.
    4 voies qui pourraient nous amener aux données personnelles partagées…
    Scénario 1: "Si vous ne le faites pas, d'autres le feront à votre place"
    Un nouvel entrant de type "Personal Data Store" se taille rapidement la part du lion : les usagers lui confient massivement leurs données pour les stocker, les exploiter, les utiliser grâce à des services tiers qui s'interfacent avec la plateforme. Dans un 1er temps, les grandes entreprises qui possèdent des données sur leurs clients cherchent à nouer des partenariats en mode "1 to 1" avec cette start up. De fil en aiguille, un écosystème vertueux s'organise autour de l'acteur : des actions collectives sont menées pour faire émerger des standards ouverts, organiser la gouvernance, stimuler des infrastructures de tiers de confiance…
    Scénario 2: "Le coup de force : la BankX6 prend le contrôle"
    Une banque "traditionnelle" tente d'organiser un écosystème fermé, centré autour d'elle, en créant un "app store" qui propose des services pour ses clients à partir de leurs données personnelles. Petit à petit, elle tisse sa toile et force les autres organisations à ouvrir les données, qu'elle capte par l'intermédiaire de sa plateforme. Contrairement au scénario précédent, les entreprises cherchent à faire émerger de nouvelles plateformes pour éviter que la banque se retrouve en situation de monopole. 
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    Scénario 3 :"Do it yourself, les gens mesurent tout par eux-mêmes"
    Initialement réservées à une minorité technophile, les pratiques de Quantified Self se massifient et ouvrent la porte au partage des données. Les individus sont désormais vraiment en position de décision et de choix quant aux outils qu’ils utilisent, ce qu’ils font de leurs données. Les organisations sont obligées de suivre et de proposer à leur tour des outils/services permettant la capture, l’analyse et le partage de données. Faire usage de ses données est devenu pratique et ludique.
    Scénario 4 : "Données personnelles, patrimoine personnel"
    L'élection présidentielle aux USA cristallise la question du contrôle des données par les individus. Très informés, ces derniers prennent conscience de la valeur de leurs données et de l'intérêt d'en faire usage. Parallèlement, l’Etat choisit de prévenir l’apparition d’un marché des données personnelles en interdisant leur échange marchand.  
    Principaux enseignements du workshop
    Que le "fait déclencheur" soit issu du marché (nouvel entrant ou acteur traditionnel proactif), de l'intervention politique ou des usages, il est assez plausible que la réappropriation des données personnelles par les individus se réalise sans que la plupart des organisations l'aient souhaité ni favorisé. Pour éviter ce scénario, une démarche proactive s'avère indispensable.
    La thématique du contrôle des données est fortement présente lorsque les faits déclencheurs viennent de l’intervention politique ou des usages, aux dépens de celle de l’usage des données par les individus. C’est une question néanmoins essentielle à traiter, en témoigne son importance dans les autres scénarios.
    La chaine de la confiance a besoin autant de "quarts de confiance" (du côté des individus), qui sont plutôt des "nouveaux entrants", que de "tiers de confiance" (du côté des organisations), qui eux peuvent être des acteurs plus "installés".
    Beaucoup d'acteurs de la chaine de la confiance ont à y gagner : les usagers bien sûr (si les services sont à la hauteur) ; les organisations (que ce soit en renforçant leur lien avec leurs clients, en créant des nouveaux services et/ou en se positionnant comme tiers" ou "quart" de confiance)), les "Personal Data Stores" (PDS) proches des usagers. Le partage des données personnelles comme situation massive devient crédible.
    Quelques fondamentauxsans lesquels il sera difficile de transformer l'essai : des standards ouverts (de données, mais aussi d'identification/authentification), des APIs ouvertes, une pluralité de tiers et "quarts" de confiance, une gouvernance à mettre en place pour organiser les actions collectives nécessaires, un cadre juridique clair sur la mise à disposition des données, mais aussi, sur la répartition des rôles, des responsabilités et de la valeur entre les acteurs de l'écosystème des données personnelles.
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    Principales opportunités et incertitudes sur le partage des données personnelles
    (Voir la cartographie en dernière page du document de synthèse)
    Du côté des organisations :
    • Au niveau des données : meilleure qualité supposée, accès à de nouvelles sources, mais aussi, incertitudes sur la circulation des données, déceptions possibles sur les données existantes (pas à la hauteur de ce que l'on pourrait attendre) ;
    • Au niveau de la confiance : retrouver la confiance de ses clients, mais aussi, susciter la méfiance inhérente toute démarche de transparence ;
    • Au niveau des marchés : de nouveaux marchés s'ouvrent (en terme de services notamment), mais aussi, hyperconcurrence, ré-/désintermédiation, nouveaux monopoles, monétisation des données…
    Du côté des individus :
    • Un énorme potentiel de connaissance de soi et d'action, mais aussi, la "fatigue" à gérer ces données, des capacités et compétences nécessaires pour le faire efficacement, inégalités, addiction, enfermement dans ses propres gouts et habitudes,… ;
    • Une relation plus symétrique avec les organisations ainsi qu'un plus grand choix de prestataires (intention economy), mais aussi, chantage, pression de la part des organisations…
    • Côté sécurité : incertitudes sur l'identification, la fraude, l'usurpation…
    Télécharger la synthèse (.pdf)
    > Consulter le compte-rendu exhaustif des échanges (.pdf)

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