Blog de Jacques-Francois Marchandise

  • Présentation du nouveau de prospective de la démarche Questions Numériques de la Fing : Think Small

    Le numérique contribue à transformer les jeux d’acteurs en déstabilisant les géants et en faisant place à des innovateurs inconnus la veille; il bouleverse les chaînes de valeurs en distribuant des moyens d’expression et d'action à des millions d’individus; le potentiel démultiplicateur de l’informatique et des réseaux fait de plus en plus souvent levier pour des projets imaginés à petite échelle.

    Une bonne partie des grands systèmes nous paraissent, peu souples, pas très agiles, menacés de disruption. Paradoxalement en même temps le big, la grande dimension, donne l’impression d’être une sorte d’idéal, que par exemple les petites entreprises doivent forcément devenir grandes, que le modèle de la start-up passe par lever beaucoup de milliards, que le modèle de toute bonne idée, c’est de devenir un service à échelle mondiale.

    Face aux difficultés d'un monde plus complexe et moins administré, il semble souvent imaginable de concevoir des réponses décentralisées mais articulées entre elles.
    Nous avons le monde dans notre poche : tout en prenant au sérieux le « big », ne doit-on pas considérer la puissance du « small » ?

    Questions Numériques 2017 "Think Small" propose donc de questionner un ensemble de figures de la petite échelle et de ses grands effets, leurs conditions de succès, leurs risques et leurs limites : la page web devenue toile mondiale, le virus, la start-up devenue géante, les objets connectés qui font système, les environnements individuels. Il s’agira d’abord de les identifier et de les qualifier, aussi bien dans des champs technologiques qu’organisationnels, que sociologiques, ou économiques ou encore territoriaux.
    L’exercice de prospective tentera d’enrichir notre compréhension des formes et des modèles, pour outiller les stratégies et l’action dans le prolongement du travail engagé sur les transitions.

    Plusieurs des principaux travaux de la Fing pourront contribuer à cette réflexion prospective :

     

    • La Musette du travailleur, ou comment reconcevoir à l’échelle de l’individu un modèle social qui se concevait uniquement à échelle nationale ou continentale,
    • MesInfos, ou comment imaginer et outiller l’environnement de données de la personne, en faire le coeur des systèmes d’information de demain,
    • Capacity, comment explorer le pouvoir d’agir des individus et les environnements collectifs dans lesquels il s’ancre,
    • Mais aussi les acquis de nos travaux passés sur l’éducation : l’ENT qui organise l’environnement d’apprentissage autour de la personne; Villes2.0 qui explore la ville numérique depuis les citadins;
    • Ou encore Transitions2, qui explore l’informatique écologique « by design » notamment au travers de modèles distribués, qui outille l’ »agir local »
  • Nous sommes à mi-chemin de notre série d’ateliers Questions numériques consacrée aux "transitions", après avoir exploré les transitions du travail et des organisations à Lift Marseille, défriché les transitions de l’éducation et de la démocratie à Montréal, creusé la question de l’ »open » à Fossa (Rennes). Nous avons devant nous cinq ateliers très stimulants en décembre, pour lesquels nous avons besoin de votre contribution : inscrivez-vous !
     
    Nous allons, ce 2 décembre, poursuivre le travail engagé en septembre sur les transitions urbaines. Après avoir exploré le paysage actuel, ce sera le temps de la prospective et des chemins de transition des modèles urbains.
     
    Nous commençons y y voir plus clair sur les « chemins de transition » que le numérique outille, et leur diversité : smart, agile, open, disruptif, distributif, etc. Appliqués à des systèmes anciens, ils produisent des effets contrastés, qu’il s’agira de comprendre tous ensemble lors d’une session transversale d’ateliers collaboratifs le 10 décembre après-midi.
     
    Les technologies jouent souvent un grand rôle dans les transitions : des limites sont dépassées, des seuils sont abaissés : la rencontre du 17 décembre matin nous permettra de débattre à la lumière de quelques-unes de ces technologies. Elle aura lieu au CNES, qui accueillera le 17 décembre après-midi une session dédiée aux transitions du secteur spatial.
     
    Le 18 décembre, nous finirons l’année en beauté à la CNDP (Commission nationale du débat public) par une journée « démocratie et action publique » : le matin, éclairages sur les chemins de transition numériques de la démocratie; l’après-midi, session d’ateliers collaboratifs consacrés à la transformation du rôle de l’acteur public dans les systèmes en transition.
     
    Le début 2015 nous permettra de conclure cette phase contributive, en explorant notamment les bouleversements des modèles territoriaux.
     
    Vos apports sont très riches, la qualité et le nombre des contributeurs y sont pour beaucoup : cette année à nouveau, l'intelligence collective nous aide à mieux comprendre ce que nos expertises respectives, souvent cloisonnées, ne suffisent pas à éclairer.
    Les comptes-rendus des premières sessions sont publiés pour certains, en cours de publication pour d’autres. N’hésitez pas à contribuer en ligne, en les commentant et en contribuant au wiki des transitions.
    Merci de votre participation à cet effort de réflexion collective qui commence à porter ses fruits !
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    Le potentiel transformateur du numérique est l’objet de controverses : pour certains, il n’est qu’un outil, qui amplifie des dynamiques qui lui sont extérieures. Celles de la mondialisation, de la complexité, de la démographie, et beaucoup d’autres. Souvent, au contraire, on parle de révolution numérique, avec sa cohorte de superlatifs, les plus inquiets comme les plus enthousiastes : les fab labs bouleversent l’industrie, les mooc chamboulent l’éducation, les blogs revitalisent la démocratie.

    Et pourtant, en travaillant sur ses « promesses », nous avons parfois eu l’impression que le numérique change tout mais ne change rien, qu’il voit émerger de nouvelles pratiques à la base sans transformer les systèmes, qu’il vit durablement dans le grand écart entre un ancien monde vu comme archaïque et des émergences dispersées.


    Nous choisissons, pour le 5e cycle annuel Questions numériques, d’explorer les « transitions numériques ». 
    Cette notion est fragile et récente. Elle n’est pas très pertinente si on l’envisage comme un synonyme, un mot de plus pour parler de révolution numérique. Il s’agit plutôt de prendre au sérieux la question des transformations systémiques, des changements de modèle, qui sont attribués au numérique par de nombreux auteurs : qu’est-ce qui change à grande échelle ? Comment caractériser les réelles bascules ? Et vers quels horizons souhaitables, à quelles fins, puisque les auteurs qui semblent le savoir envisagent des perspectives bien différentes ? 

    Les « Transitions » peuvent nous permettre de creuser ce qui se passerait si le numérique outillait des changements lourds (désirés ou non) ou échouait à le faire. Ainsi, nous aider dans un nouveau processus de prospective très fertile. Enrichir nos compréhensions, éclairer nos marges de manoeuvre. Outiller nos décisions et nos stratégies en nous aidant à anticiper.

    Parler transition, c’est le plus souvent parler de « la » transition écologique - ou énergétique. Le terme est aussi employé dans les champs politique et public (transition démocratique), économique et industriel, démographique,… A chaque fois, il s’agit de transitions lourdes, déclenchées par des facteurs puissants. Nous ne savons pas encore comment le numérique interagit avec elles, si ses capacités transformatrices (qu’il s’agit de qualifier plus précisément) peuvent y jouer un rôle.

    Instruire cette question n’est pas une mince affaire : nous avons besoin de renforts de toutes natures, des experts avertis ou leurs productions, des acteurs très divers, connaisseurs de leurs champs ou porteurs de leurs questionnements. De l’imagination, aussi, pour se projeter un peu plus loin, sortir des rails. De l’histoire enfin, pour comprendre les transitions du passé.

    Ça commence. L’AG annuelle de la Fing, le 28 mai, puis la conférence-débat de lancement, le 12 juin à Futur en Seine, ont permis de confronter la question abstraite des transitions aux questionnements et témoignages de nombreux acteurs. Nous engageons une phase de coproduction en ligne. Merci d’avance à ceux qui souhaiteront y contribuer.

  • Les transformations numériques se combinent depuis plusieurs décennies avec les transformations des organisations : l'existence des systèmes d'information et des réseaux à longue distance a permis la mondialisation, les organisations multi-sites, de nouvelles relations entre donneurs d'ordres et sous-traitants, de nouvelles modalités d'échange au sein des organisations et entre elles. Les développements de l'internet, du mobile, du cloud, des outils de communication asynchrone et synchrone, et de nombreux dispositifs au sein des organisations, ont été propices à de nombreuses certitudes. Pour engager l'échange à ce sujet dans le cadre de notre atelier de réflexion prospective, voici quelques champs d'investigation, souvent fondés sur ces certitudes, ou leurs contrepoints.

    1. Petits et grands. Le numérique précipite la fin des grandes organisations. La tendance amorcée de longue date est à l'entreprise en réseau, étendue, d'ailleurs l'emploi, l'innovation, la vitalité viennent des petites entreprises, et les grandes externalisent toujours plus.
      Mais cette vision n'est-elle pas très française, d'un pays où le CAC40 connaît peu de changements parce que les petites entreprises ne grandissent pas, et démentie par les concentrations de l'internet comme par les réalités américaines ou chinoises ?

    2. Procédural et buissonnier. L'internet, c'est le bazar, et l'entreprise devient inexorablement « chaotique » pour son plus grand bien (plus coopérative) ou à son détriment (désorganisation), à mesure que l'information circule dans tous les sens et que les hiérarchies sont bousculées.
      Mais il y a toujours des DSI, et l'informatique continue de classer, d'ordonner, de structurer les organisations; les efforts et les investissements vont dans le sens de sécurités renforcées et de systèmes urbanisés, réduisant les marges de liberté des employés comme des décideurs. Le numérique, c'est aussi les indicateurs de performance et de qualité, les tableaux de bord.

    3. Continu et discontinu. Le monde du travail vit la fin des emplois stables, le contrat à durée indéterminée est devenu minoritaire en flux, les premières années de vie professionnelle sont marquées par l'instabilité et l'entrée dans la « recherche d'emploi tout au long de la vie ». Le numérique se trouve prié de faire la continuité des parcours de vie, il outille les moments de perte de liens (perte d'emploi, départ à la retraite) et contient les bagages de compétences et d'expériences (e-portfolio, profils sur les réseaux). Mais il segmente les profils, cloisonne les métiers, et peut exclure. Ce sont aussi les sociabilités professionnelles qui se réinventent à travers les réseaux de relations, et peut-être les « métiers », vecteurs d'appartenances en réseaux.

    4. Horizontal et vertical. Dans l'entreprise comme ailleurs, le numérique outille la remise en cause des « autorités » au profit des échanges entre pairs, de la coopération. Mais les organisations matricielles sont aussi de nouvelles façons d'exercer l'autorité, qu'elles ne déstabilisent que si elle est fragile : l'autogestion n'est pas pour demain.

    5. Humain et inhumain. Les dispositifs numériques sont souvent vus comme vecteurs de stress et de souffrance au travail, et aussi de dégradation des liens. De nombreux autres facteurs peuvent expliquer ces évolutions qui ne sont pas identiques dans tous les pays, certains allant jusqu'à décrire les espaces numérique comme nouveaux espaces de la conversation et des relations informelles, que les lieux de travail ne permettent parfois plus.

    6. Bureaux et sans-bureaux. La société de l'information devait amener la généralisation du télétravail; de fait, le réseau est devenu le « lieu » de travail de collègues s'échangeant des e-mails dans la même pièce, mais les bureaux n'ont pas disparu, pas plus que les trajets domicile-travail, en revanche le travail en mobilité s'est répandu, de même que l'hybridation entre travail à domicile et dans les lieux dédiés, voire les tiers-lieux. Il est délicat de savoir ce que seront les lieux de travail de demain, si l'immobilier de bureau comporte une part incompressible, si les lieux peuvent devenir interchangeables, si les démobilités seront fortement outillées par le numérique comme l'est la mobilité aujourd'hui.

    7. Générations et générations. Après quelques années où il a pu sembler que les plus jeunes étaient plus à l'aise avec les outils de travail numériques, sait-on aujourd'hui si l'âge est différenciant dans les pratiques, si par exemple il départage les usages synchrones et asynchrones, structurés et déstructurés ? Et si la pyramide des âges des dirigeants d'entreprises de différents secteurs nous renseigne sur leurs pratiques numériques, en lien ou non avec leurs pratiques managériales ?

    8. Outils de travail normatifs ou adaptatifs. Nos environnements et nos processus de travail donnent une place croissante aux dispositifs numériques, au point que les outils semblent influencer nos façons de travailler, à moins qu'ils n'accompagnent nos évolutions. Après la sténo, la machine à écrire, les mobiliers de rangement, les fiches, les calculateurs, décrits par Delphine Gardey (Ecrire, calculer, classer), voici l'e-mail, le traitement de texte, Powerpoint, le tableur, les bases de données, mais aussi les réseaux sociaux, la messagerie instantanée, sans parler de la vidéo et du son qui questionnent la place de l'écrit au travail, les façons de s'organiser, de conserver, de partager, de protéger.

    9. Connaissance et apprentissages. La société de la connaissance décrit, aussi, le caractère différenciant des savoirs d'expérience et d'expertise des organisations; après la vogue du knowledge management, on voit la formation en entreprises se transformer progressivement, les collectifs de travail se muer en communautés apprenantes, valorisant et dévalorisant tour à tour les diplômes, la richesse des parcours, les temps de formation et l'apprentissage au fil de l'eau.

    10. Mesure et démesure des temps. On prête souvent au numérique le débordement des temps publics sur les temps privés et réciproquement, ainsi que la difficulté, désormais, à mesurer le temps de travail individuel dans certains métiers; et aussi l'aggravation des interruptions, au détriment de l'attention. Cette question du temps se combine à la fois avec celle de l'espace et avec celles des rémunérations et du droit du travail.

    Ce premier inventaire vise à proposer des terrains d'investigation; il n'épuise pas la liste. Il faudrait probbalement s'attacher davantage aux questions de genre, qui sont parmi les clés des analyses des transformations du travail. Prêter attention aux normes et dispositions légales, et à leurs « enrichissements » numériques. Mettre en jeu les questions d'identité numérique au travail. Spécifier la diversité des terrains, des secteurs, des cycles de vie des entreprises. Prendre en compte la part « immatérielle » de la production, le basculement vers les services.

    A l'entreprendre, il est clair que la part du numérique dans toutes les transformations actuelles est incertaine, tant les autres facteurs sont nombreux et puissants (globalisation, financiarisation, évolutions des relations aux clients, des méthodes de management, etc), et eux-mêmes peu étanches au fait numérique.

    Il est clair, également, qu'une approche prospective sera d'un grand secours, s'agissant de mettre ces premières pistes sous tension de la démographie, du climat, des coûts énergétiques, des contraintes de localisation des activités ou de l'évolution des inégalités sociales.

    A poursuivre, donc, lors de l'atelier du 17 mai, et en ligne : merci d'avance de vos commentaires.

    Merci à Jean-Marie Bergère, directeur d'Astrees, pour sa contribution à cette première esquisse.

     

  • Le réseau social de la Fing est ouvert, discrètement, et encore en rodage. Nous embarquons dans une aventure passionnante, qui fait sens pour la Fing et sa volonté d'être un réseau, un inter-réseau, de faire...
  • Supposons un réseau social de la Fing. Supposons qu'il exste dans ce réseau des "groupes" régionaux, et d'autres groupes thématiques (par exemple supfing, carrefour, etc), certains ouverts à tous, d'autres...

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