Blog de Fabienne Guibé

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    La Mairie de Paris, un de nos partenaires, lance une étude sur la vie citoyenne à Paris l'objectif est d'évlauer la participation citoyenne à Paris. La Commission Parisienne et la Mission Démocratie Locale proposent un questionnaire en ligne et pour les parisien(nes) qui souhaitent approfondir des réunions sont proposées.

    Crédits photo: Mairie de Paris

     

    Cette initiative est à souligner, elle allie une partie en ligne et une partie présentielle. Les deux modalités de sollicitation se font en parallèle, il sera intéressant de mesurer les retours au point de vue qualitatif et quantitatif et également de comparer si les résultats se recoupent selon le mode de consultation.

    Nous vous proposons de participer au questionnaire et également de participer aux dates proposées en juillet.

    Nous menons depuis trois des actions dans le cadre de notre partenariat avec la Mission de Démocratie Locale de Paris. Elle a été créée en novembre 2002, est placée au sein de la Direction des Usagers, des Citoyens et des Territoires (DUCT). Elle est conçue comme un "espace ressource" ayant pour mission le soutien, le développement et l'organisation d'actions parisiennes en matière de démocratie locale. Elle est par ailleurs un lieu ressource des expériences menées dans ce domaine.


    Trois objectifs majeurs :
    Dans une optique de gestion de projet, de recherche action, elle vise à :
    - Conforter, mettre en cohérence et valoriser les dispositifs de DL, en jouant son rôle d’expert, de conseil en accentuant son travail sur l’innovation.
    - Apporter une aide méthodologique, aux services de la ville de Paris, aux Arrondissements, aux instances de démocratie locale en favorisant l’émergence d’une culture commune de la participation.
    - Valorise et favorise les « bonnes pratiques », notamment dans le cadre d’évènements portés où dans lesquels elle s’inscrit.

     

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    Le 5ème Forum des usages coopératifs de l’Internet et du multimédia aura pour thème :

     

    • les territoires en réseau au coeur des dynamiques de médiation, d'innovation, de lien social et de développement local,
    • et les figures de la médiation et de la coopération pour mettre en valeur ces milliers de personnes qui par leur attention aux autres, leurs pratiques collaboratives font vivre ces territoires en réseau.

     

    L'équipe Innovations democratic co-anime un atelier sur la fabrication de données avec Loïc Haÿ de la Fonderie et Simon Chignard de la Cantine de Rennes:

     

    Cet atelier alimente une réflexion que nous menons sur le concept de l’infolab citoyen. Il s'agit s'un temps  sous forme d'ateliers destiné à croiser l’OpenData, les données privées, les données qualifiées et la citoyenneté en proposant à chacun, que ce soit un acteur public ou un citoyen, de produire et de s’approprier des données ouvertes afin de faire immerger de nouveaux usages et nouveaux moyens de médiation.

    L’évènement Infolab, constitué de plusieurs étapes (Immerger, Découvrir, Fabriquer, Prototyper), permettra à chacun de comprendre et s’informer sur les enjeux de la données dans l'exercie de la citoyenneté.

    Cette manifestation est organisée par la ville de Brest, la région Bretagne et Télécom Bretagne avec le soutien de e-mégalis Bretagne, du Ministère de la Culture et de la Communication, de la Délégation aux Usages de l'internet et en partenariat avec la FING, le laboratoire des usages Marsouin, l'AFEIT, la Meito, Créatif, la ville de Rennes, Imagination for People.

    Ce forum des usages coopératif allie sur 3 jours

    • des conférences qui cadrent des problématiques,
    •  des sessions thématiques, rencontres professionnelles ouvertes,
    • des ateliers transverses qui font se croiser les publics,
    • des séances pratiques et animations découverte d'outils et usages

    dans un mode de travail participatif "tous acteurs" et convivial qui a fait le succès des quatre premières éditions.

    Et cette année, une journée supplémentaire en amont des rencontres, le off des rencontres le mardi 10 juillet.


    Le programme complet



  • Une demi-journée d’immersion dans la datavisualisation autour du programme savamment concocté par l’équipe de La Fonderie et plus particulièrement Loïc Haÿ et visite de l’expoviz.

    A l’issue de la matinée, on se pose la question si la datavisualisation n’est pas tout simplement de l’infographie améliorée ou peut-être comment pouvons-nous donner un autre nom à une pratique déjà présente dans nos quotidiens. Les conférences, tables rondes et l’exposition permettent de répondre à cette interrogation.

    La première conférence: Vers une nouvelle esthétique de l’information ? Mobiliser notre intelligence visuelle pour faire face au déluge des données de David McCandless, Information is beautiful

    La datavisualisation correspond réellement à un nouveau mode de représentation et d’exploitation de la donnée. La datavisualisation permet d’apporter une solution à partir d’une masse d’information. David McCandless a pris la métaphore de l’Atlas, quand nous sommes perdus nous nous aidons d’une carte.

    Il a fait une présentation, magistrale, de ce qu’est la datavisualisation en décryptant le process de maniement de la donnée pour aboutir à sa représentation:
    -       élaborer l’idée
    -       période de réflexion, mise sous forme de tableur excel des idées principales
    -       recherche des jeux de données
    -       schématisation de l’idée à partir des données
    -       représentation visuelle

    Dans le process, ainsi défini, 80% du temps est passé sur les 3 premières étapes et 20% seulement sur la schématisation et la représentation.

    L’enjeu de la datavisualisation est la transparence qu’elle offre ce qui contribue à favoriser l’expression de la démocratie. Dans ces publications David McCandless offre l’accès aux jeux de données contribuant à la constitution et à la réalisation de se représentation visuelle. Il estime à 20% de consultation des jeux de données.

    Une question se pose l’objectivité du traitement de la donnée ?

    La donnée ainsi exploitée ne peut pas être objective même si nous tendons vers un traitement objectif pour les intervenants de la table ronde, Vers de nouveaux modes de traitement de l’information ? La datavisualisation au cœur des pratiques journalistiques

    Entre en jeu le rôle du journaliste et toutes ces compétences expertes en terme de traitement de l’information et donc par voie de concomitance de la donnée.

    La datavisualisation permet au journaliste de représenter des informations produites sous forme de données difficilement exploitables en format texte ou sous forme de tableur. Le journaliste de Libération a pris pour exemple la représentation des emprunts toxiques auprès des collectivités territoriales. La réalisation de cette carte a permis aux deux journalistes et un développeur de convaincre la rédaction de l’importance du sujet et également d’apporter des informations enrichies aux lecteurs.

    Pour Caroline Goulard, il manquait une partie de représentation et de traitement des données. Le datajournalisme permet au journaliste de retrouver son rôle de médiateur car nous avons de nombreuses sources d’info avec les réseaux sociaux, blog… La dimension citoyenne et journalistique permet de retrouver un journaliste démocratique pour apporter de la lumière.

    Carte des emprunts toxiques

     

     

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    Dans la pratique du data journalisme, Alexandre Lechenet, de LeMonde.fr et de Matière Primaire soulève le choc des cultures.

    Alexandre Lechenet a illustré son propos avec une enquête sur le dépassement d’honoraire des médecins. Il a travaillé avec deux journalistes spécialisés sur la santé. Son travail a débuté avec une recherche sur le site d’ameli tarifs pour une agrégation sur une carte. Ce travail a été complété par une rencontre avec la Sécurité Sociale puis des médecins. Ces rencontres ont été rendues possibles par la mixité de l’équipe lui  et  deux journalistes.

    La carte des dépassements d’honoraires

     

     

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    Cette notion de choc des cultures est reprise par Caroline Goulard de Dataveyes qui est confrontée à une "opposition" des étudiants en journalisme lors de conférences dans des écoles de journalisme. La question du numérique interroge le métier du journalisme et non pas uniquement le datajournalisme.

    Le journaliste de Libération ira même plus loin en indiquant que le datajournalisme peut également être difficile d’accès pour certains lecteurs comme la possibilité de zoomer sur une google maps. Une période de pédagogie est nécessaire pour permettre l’appropriation de ce nouveau mode  de traitement de l’information.

    L’exposition a été conçue par Karen Bastien de Wedodata avec de nombreux exemples accompagnés de textes explicatifs et de mise en perspective. La direction artistique a été confiée à Marion Boucharlat.

    Découvrir l'expo en ligne ou retrouvez-là à Brest au 5ème forum des usages collaboratifs:

     

     

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  • Avec Regards Citoyens  et Décider Ensemble, nous avons  animé un atelier autour de trois thématiques qui peuvent apparaître compliqués au premier abord : démocratie participative, concertation et Open Data…

    Nous savions que nous allions éveiller la curiosité mais nous nous ne rendions pas compte que nous allions susciter l’intérêt et ouvrir de nouvelles pistes de réflexion à partir d’un exemple de concertation citoyenne.

     

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    Source Décider ensemble

    A partir d’une frise représentant le processus d’un débat idéal, les participants ont pu intervenir autour de trois questions :

    1/ Où les données interviennent?

    2/ Quelles types de données?

    3/ Qui? Quel acteur peut venir partager ses données?


    La contextualisation a été nécessaire pour l’appropriation des trois thématiques. Aurélien Sautière, de l’association Décider Ensemble, a expliqué ce qu’est une concertation.

     

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    Nous avons travaillé à partir de deux exemples concrets Saint Nazaire en 2030 et Nantes en 2030. Il est apparu rapidement la difficulté pour les acteurs des collectivités locales de définir ce qu’est une donnée. Benjamin Ooghe-Tabanou de Regards Citoyens s’est employé à définir ce qu’est un jeu de données.

     


    Nous avons pu définir plusieurs jeux de données nécessaires à une concertation :
    1/ les données brutes sur l’objet de la concertation
    2/ les données exploitées et retranscrites pour l’animation des données publiques
    3/ les données recueillies au cours de la concertation comme à Saint Nazaire des informations ont été recueillies sur les marchés de la ville à partir de tablettes numériques


    Nous avons ainsi mis en lumière le côté itératif de la démarche, au cours d’une concertation les données s’enrichissent et doivent être relues et réinterprétées régulièrement.


    Au niveau des acteurs, il a été identifié les citoyens, les collectivités territoriales.


    Le questionnement central de cet atelier a été de quelle manière la collectivité instigatrice de la démarche restitue les données recueillies et retravaillées ayant permis l’élaboration de la décision. L’objectif de cette restitution des données à tous les acteurs est la transparence du processus de décision avec un accès aux mêmes sources d’information.


    La question est ouverte et peut-être source d’expérimentation dans le rendu du processus de la décision politique.

     

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    Source Décider Ensemble, modifiée à l’issue de l’atelier


     

  • Nous soutenons l'initiative portée par Christophe Tallec, designer de services d'Utilisacteur, qui a décidé d'importer à Paris un concept australien, le Govjam.

    Le GovJamParis, c’est 2 jours pour innover sur les enjeux du secteur public par le design de services, une rencontre ouverte à tous qui aura lieu du 5 au 7 Juin 2012. En voici les règles.

    Les places pour le jam sont limitées à 40 participants lors des 2 jours de jam et 80 lors des conférences d’ouverture et de restitution du 5 et 7 Juin, inscrivez-vous !   

    Le GovjamParis est un évènement satellite du “GovJam 12”, un format pilote de 2 jours  pour produire des approches innovantes et des solutions en équipe pluri-disciplinaire sur les enjeux et les problématiques du service public, co-organisé par l’Agence pour la promotion de la création industrielle et Utilisacteur

    Le « #Govjam » est une initiative du Gouvernement Australien, Département de l’Industrie, de l’Innovation, de la Science, de la Recherche et du Secteur Tertiaire, de Protopartners, agence de design de services Australienne et de WorkPlayExperience, les personnes derrière le Global Service Jam

    Découvrez les premiers pays participants.

    Programme

    Le programme de cet évènement est en cours de composition, en voici la synthèse :

    le 5 Juin a 19h15, une conférence d’introduction et l’annonce du thème du challenge sera suivie d’un premier temps de rencontre entre participants pour se constituer en équipes pluri-disciplinaires. Les premiers brainstorming pour les plus courageux se feront jusqu’à 21h00.

    - la journée du 6 juin sera consacrée à identifier les différents enjeux et retenir la problématique traitée, aller l’explorer sur le terrain et obtenir les retours des différents acteurs de cette problématique, se partager les premières méthodologies de travail design de services … Les équipes les plus rapides seront déjà prêtes pour commencer le prototypage de leurs solutions, services… En fin de journée, les scénario des solutions et/ou des nouveaux services inventés par les équipes seront discutés

    - la journée du 7 Juin sera une vraie course contre la montre où les équipes prototyperont et développeront leurs solutions et services jusqu’à 15h00, limite a laquelle où les travaux seront publiés en ligne, en Creative Commons (voir les règles

    Qui peut participer ?

    Tout le monde. Mais pour cet évènement pilote, 40 participants concourront sur au govjamparis, les inscriptions seront ouvertes très prochainement.

    Etudiant en Sciences Politiques, Design, spécialiste de la transformation du secteur public, administration, agence, entreprise, vous êtes les très bienvenus !

    Dans le cadre de cet évènement pilote, les conférences d’ouverture du govjam et de clôture, moment de restitution du travail des équipes, seront ouvertes à une audience de 80 participants.

    Lieu

    La Mutinerie, espace de coworking, est sponsor de la rencontre et accueille le govjam Paris en faisant bénéficier l’évènement d’un tarif préférentiel d’hébergement.

  • Encourager l’exercice d’une citoyenneté active qui alimente le processus de décisions publiques.

    La région Ile de France et plus particulièrement la mission démocratie régionale et jeunesse lance un nouvel appel à projets.

    Objectifs de l'appel

    Ce dispositif concerne des programmes annuels ou programmes pluriannuels visant à renforcer l’implication de la société civile organisée et des citoyens dans la vie publique, ainsi que d’améliorer la nature et le contenu des échanges au sein de la société civile et entre société civile et institutions.

    Les actions éligibles au soutien régional devront ainsi répondre à au moins l’un des deux grands objectifs suivants, sachant que le premier peut être considéré comme un préalable au second :
    . Encourager l’exercice d’une citoyenneté active : un objectif de citoyenneté
    . Alimenter le processus de décisions publiques : un objectif de démocratie

    Contact

    projets-citoyens@iledefrance.fr

    Télécharger les documents

    Règlement du dispositif

    Candidature

    Bilan simplifié

    Compte de résultats

    Plus d'information

     

  • L'Open Data, par tous et pour tous : acteurs publics, entreprise, journalistes, chercheurs, associatifs, innovateurs et vous!

    L’ouverture des données, et en particulier des données publiques, marque un nouveau paradigme dans les sociétés démocratiques.

    • ° L’émergence d’un foisonnement de données augure d’un nouveau rapport à l’information : à la diffusion, au partage, à l’analyse, à la co-production.
    • ° De nouveaux intermédiaires (designers, journalistes, statisticiens, développeurs) sont nécessaires pour faire émerger le sens des données.
    • ° De nouvelles représentations (géolocalisées, graphiques…) s’imposent dans le paysage, et dont il faut connaître les clés de lecture, les codes. 

    Pour les habitants et les usagers du territoire cette dynamique d’ouverture n’aura du sens que si elle produit des effets concrets, significatifs et perceptibles : des services nouveaux ou améliorés, une participation accrue à la vie démocratie locale.

    Nous vous invitons à venir débattre des enjeux citoyens de l'Open Data, à découvrir des initiatives citoyennes faisant usage de données ouvertes, à analyser comment tout cela transforme les conditions d'exercice de la démocratie locale, en participant à la Semaine européenne de l'Open Data, par tous et pour tous.

    Particulièrement la journée du 24 mai, où plusieurs ateliers porteront sur "Open Data et Démocratie locale". 


    Pour être tenus informés du programme des conférences et des ateliers, merci de nous laisser vos coordonnées. (L'événement est gratuit et ouvert à tous).
    Si vous êtes intéressés par le croisement du sujet "Open Data et démocratie locale" vous pouvez:

    1) répondre à ce petit questionnaire en ligne, 2) participer à la suite de nos travaux

  • Article rédigé par Marine Alberade

    Lors de la 4e rencontre du groupe de travail Citélabo OpenData, le 30 novembre à la mairie de Paris, les échanges ont porté sur l'appropriation par le plus grand nombre.

    Le mouvement d’Open Data fera-t-il l’objet d’une large appropriation citoyenne ? Alors que les initiatives d'Open Data se multiplient au sein des collectivités, et de l’Etat (mise en ligne d’EtaLab), mettant en avant des objectifs multiples (citoyens, économiques, une volonté d'améliorer les services rendus aux usagers), il est pertinent de se questionner sur les vertus citoyennes, attendues et avérées à ce jour, de l'open-data.

    Et si l’ouverture des données ne produisait aucune amélioration des exigences collectives de transparence, de participation démocratique, ou d’exercice de la citoyenneté ? questionnait Jacques-François Marchandise en introduction de cette rencontre.

    Comment construire les conditions de réussite de la rencontre entre démocratie participative et open data ?

     

    1 - La rencontre entre deux mondes…

    La rhétorique politique de l’Open Data  fait, à côté des enjeux économiques, une large place aux enjeux citoyens : la transparence des données, l’amélioration du service rendu aux usagers, l'augmentation des capacités d’interpellation citoyennes, etc. Paradoxalement, les acteurs portant la dynamique, dans le secteur public comme associatif, sont issus généralement d’univers plus techniques. Ils disposent en cela d’une bonne compréhension des enjeux technologiques (les formats d’accès, les licences de réutilisation, les bases de données…), ce qui est heureux car la technique n’est jamais neutre, rappelait Laurence Monnoyer-Smith. Mais pour les néophytes, ces enjeux apparaissent facilement « technicistes », et peu attrayants.

    C’est peut-être pour ça que les acteurs traditionnels de la démocratie participative, associatifs, militants, ne se sont pas emparés du sujet jusqu’à présent. Sujet qui n’est pas sur les agendas, précisait Pascal Aubert, Vice-président de la Fédération des Centres Sociaux et socioculturels et président de l’ADELS. Endossant volontairement dans cette assemblée un rôle de « représentant du reste du monde », Pascal Aubert s’alarmait d’un gap d’usages dans la population, et d’un manque de compréhension des enjeux des outils numériques.

    Les conditions du croisement de ces deux mondes restent à construire. D’ailleurs cette rencontre est-elle vraiment souhaitée ? Bernard Pissaro, de l’Institut Renaudot et du collectif Pouvoir d’Agir faisait part de la difficulté d’accéder à certaines données par exemple celles liées à l’insalubrité des logements (cf. saturnisme), ou à la santé publique (cf. chiffres statistiques nationaux du cancer du sein. Ces données existent à des échelles micro-locales, mais leur consolidation nationale n’est pas partagée). Les institutions et les décideurs rechignent à communiquer des données sensibles, pouvant mettre à jour un défaut d’action publique.

     

    2 – La transparence et le droit d’accès à l’information, une histoire ancienne

    Transparence et droit d'accès à l'information ne sont pas nés avec l'Open Data, et sont globalement des exigences anciennes en Europe ; la volonté de transparence était déjà consacrée par l'article 15 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789, par ces termes : « la société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration  ». A la fin des années 70, en pleine période d’informatisation des administrations, La loi CADA est venue rajouter une possibilité supplémentaire d’accès aux documents administratifs.

    La transparence et le droit d’accès à l’information se retrouvent ensuite mis en avant dans tous les programmes successifs d’e-administration (programme Pagsi sous le gouvernement Jospin, le plan ReSo sous Raffarin …).

    La transparence ne crée pas à elle seule la confiance, rappelle Stéphanie Wojcik, maître de conférences à l’université Paris Est Créteil citant les travaux de Regina Connolly et Frank Bannister. Or dans l’Open Data, c’est la transparence des données qui est retenue, non pas celle du processus politique.

    L’association Regards Citoyens est venue à l’Open Data par ce biais-là : une vigilance portée à la transparence des processus et des actions en politique, explique Benjamin Ooghe-Tabanou. Le mouvement d’ouverture des données est arrivé à point nommé, offrant des outils supplémentaires. Nosdeputes.fr, lancé par l'association a ainsi fait de la réutilisation des données disponibles un principe. Fort de 1600 inscrits, le site fait aujourd'hui l'objet d'une participation régulière et de contributions fournies. 

    Mais le succès et la notoriété de Regards Citoyens ou LiberTIC ne doivent pas cacher leur caractère d’exception dans le panorama français. On peut même s’étonner aujourd’hui de la multiplicité des discours sur les vertus citoyennes de l’Open Data au regard de la modestie des réalisations.

    Il faut noter aussi, dans les discours politique, la confusion qui règne entre Open data / démocratie / transparence / participation, précise Stéphanie Wojcik. Laisser croire que l’Open data équivaudrait à une plus grande transparence, qui équivaudrait mécaniquement à une meilleure participation citoyenne…pourrait être risque de désillusion.

    On peut se demander par exemple si la récente ouverture du portail français ETALab va  servir à un plus grand contrôle des gouvernants par les citoyens. Sans doute est-il une brique nécessaire, mais pas suffisante. « Quand on a analysé par les chiffres que les réseaux d’eau étaient de meilleure qualité dans tel quartier riche plutôt que tel autre plus pauvre, comment faut-il s’y prendre pour agir en tant que citoyen ? » questionnait un participant… 

     

    3 - « La force de la donnée c’est d’être partagée ».
    Pour un service public « grand ouvert »

    Avec l’Open Data, la problématique de l’accès à l’information est dépassée. La donnée brute n’est pas de l’information, elle n’a pas de pouvoir en soi. L’accès aux données est un préalable, mais n’est pas suffisant pour être « performatif ». « La force de la donnée c’est ce qu’on en fait », c’est-à-dire comment et avec qui on la partage, comment on la réutilise, on la compare, ce qu’elle produit comme informations supplémentaires.

    Il est nécessaire de faire de la pédagogie auprès des utilisateurs finaux pour faire connaître les potentialités de l’OpenData, mais aussi auprès des acteurs publics pour qu’ils identifient un périmètre large d’utilisateurs de la donnée.

    C’est tout l’objectif de l’enquête mise en ligne par Orange Labs et Owni, en partenariat avec EveryDataLab et la FING. Une démarche aussi inédite qu’originale, « Où habitez-vous vraiment ?  ».

    Il s’agit d’analyser les décalages entre les perceptions spontanées que les habitants ont de leur territoire et la réalité renvoyée par les chiffres, expliquent Valérie Peugeot, prospectiviste à Orange Labs, et Marie Cousin d’Owni. A la fin du questionnaire, lors de l’analyse des résultats, beaucoup d’autres thèmes sont présentés ; le questionnaire aurait pu les aborder si les données avaient été accessibles.

    L’Open Data, c’est un véritable changement de paradigme pour l’acteur public. C’est une nouvelle posture d’ouverture et de participation, bien plus importante que celle vécue jusqu’à présent. Car la valeur produite vient du partage de la donnée, de l’ampleur et de la pertinence de sa réutilisation. Or celle-ci ne se fera pas forcément spontanément. L’acteur public va devoir jouer un rôle fort d’animation pour faire connaître les données existantes, pour inciter, soutenir, induire des réutilisations, etc. Il va aussi être en posture de réutilisateur de données produites par d’autres acteurs publics.

    Or au-delà des services qu’il rend et des droits régaliens, le service public est habituellement peu concerné par ce qui lui est extérieur. Cette tension entre une conception fermée du service public et l‘ouverture des données est significative de l’innovation de rupture, explique Laurence Monnoyer-Smith.

    Les « évangélistes  » de l'open-data affirment d'ailleurs 3 grands objectifs citoyens, rappelle Valérie Peugeot, sous-tendant des changements organisationnels clairs : l'amélioration des services publics, qui dépasseraient ainsi la logique traditionnelle de silo, le changement des rapports entre l'intérieur et l'extérieur de l'administration, et des vertus en matière de transformation de l'action publique.

     

    4 - Des besoins d’intermédiaires
    Pour un secteur associatif concerné

    Cette innovation de rupture n’épargne pas non plus le secteur associatif, qui va devoir prendre à bras le corps la problématique de l’Open Data dans toute sa complexité, dont technique. Habituellement, le numérique participe plutôt à diminuer les intermédiaires en développant des systèmes plus « horizontaux ». Dans le cas de l’Open Data, l’horizontalité exige de s’adjoindre de nouvelles compétences : journalistes-chercheurs, analystes de la donnée, statisticien, graphistes… pour analyser, trier, comprendre le sens de la donnée et du croisement de données, pour les représenter…

    L’association LiberTIC , animée par Claire Gallon à Nantes, s’est attelée depuis longtemps à créer des ponts entre des mondes qui ne se connaissent pas ; d’abord par le biais de l’insertion numérique des publics. Aujourd’hui elle accompagne les associations de l’économie sociale et solidaire sur la voie de l’Open Data.

     

    5 - Quelques pistes d’actions possibles

    Laurence Monnoyer-Smith, de l'Université Technique de Compiègne, concluait cette journée, en rappelant que si les tensions sont nombreuses, elles devront indéniablement être surmontées pour que l'open data fasse l'objet d'une appropriation par le plus grand nombre. Plusieurs propositions étaient évoquées, en écho aux échanges de la journée, pour aller dans cette direction : 

    La dimension politique des choix techniques
    La choix des licences, dans un processus d'open data n'est pas anodin, et doit faire l'objet d'une vraie réflexion ; loin d'être un aspect seulement technique, ce choix a une véritable dimension politique.

    Les différents modèles de licences ouvertes (CC-by, CC-by-SA, ou encore la licence ODBL...) sont à choisir en fonction de la finalité des projets : la licence CC-by-sa, copyleft, va ainsi permettre une redistribution presque à l'infini, et un « cercle vertueux » de la réutilisation ; la licence ODBL va elle encourager le réutilisateur à enrichir la donnée s'il la réutilise ; c'est la licence dont s'est inspirée Paris dans sa démarche d'Open Data, rappelle Jean-Philippe Clément, Chargé de mission TIC à la ville. Ces modèles devraient à priori coexister, au moins pendant quelques temps, selon Benjamin Ooghe-Tabanou de Regards Citoyens, mais confirment le rôle donné au crowdsourcing et plus globalement au citoyen dans l'open-data.

    Une définition collective des données
    Le Conseil Général de Saône-et-Loire, premier département engagé dans l'open-data (http://www.opendata71.fr/), a fait part de sa volonté de définir collectivement les données à ouvrir en instaurant un comité d'éthique, de 5 membres de la société civile ( une magistrate, un journaliste, un philosophe, un representant de l'UFC que choisir, un membre de l'INSEE,...), se réunissant régulièrement pour travailler sur des jeux de données ; il s'agit ainsi d'apporter un regard extérieur sur ces données, dans un objectif de transparence maximale. "On ne fera pas l'open-data seul", rappelait Pierre-Paul Pénillard du CG, pour expliquer ce fonctionnement. Cette définition collective des données est un véritable enjeu , permettant de déterminer les données intéressantes.

    Ce sont d'ailleurs des familles d'acteurs nouvelles qu'il est intéressant d'amener autour de la table, afin d'enrichir les données, la connaissance.

    Des actions de médiation nécessaires
    L'open-data devra faire l'objet d'un développement concerté, au-delà des comités d'éthiques déjà existants dans certaines initiatives, pour devenir un véritable enjeu citoyen. Mais pour que les citoyens, justement, s'emparent des données après leur libération, il est nécessaire d'accompagner le développement des usages, en instaurant des mesures de médiation et de connaissance. Enfin cette rencontre entre démocratie et open data ne pourra se faire que par une mise en réseau des initiatives, croisant les champs de l'open data et de la transparence, et de la démocratie participative, afin de comprendre leurs exigences et leurs traditions.

     

    La dynamique de l'open-data étant enclenchée, la question de l'appropriation par le plus grand nombre est aujourd'hui centrale. Cette thématique fera l'objet d'un groupe de travail en 2012 à la Fing...

     

  • Expérimentation avec la Mairie de Paris

    Le partenariat de la Mairie de Paris permettra d’approfondir la mise à disposition d’outils numériques pour des instances de démocratie locale comme les conseils de quartier et de conforter l’expérimentation de dispositifs de participation citoyenne hybridant le présentiel et le distanciel.


    Mise en œuvre :
        •    Rencontres et interviews des coordinateurs des conseils de quartier pour détecter les pratiques innovantes afin d’effectuer des échanges de savoirs entre les conseillers de quartier ;
        •    Participation à la réflexion de la DUCT sur l’Université Populaire de la Citoyenneté Active sur le volet de la capacitation citoyenne via le numérique à partir de la veille et des expérimentations menées par le programme Innovations democraTIC

    Expérimentation avec le Conseil Général de la Seine Saint Denis

    Le partenariat avec le Conseil Général de la Seine Saint Denis : expérimentation visant à favoriser le développement du Forum des Jeunes à partir de pratiques numériques innovantes.

    Mise en Œuvre :
        •    Expérimentation d’un dispositif « les clameurs » pour favoriser la prise de parole des Jeunes et promouvoir les actions du forum des jeunes via un usage numérique mobile
        •    Formation sur les techniques de Buzz sur internet pour faciliter la communication virale d’une instance de Jeunes.

    Expérimentation avec le Conseil Général du Val de Marne

    Le partenariat avec le Conseil Général du Val de Marne : poursuite de l’organisation de temps de rencontres entre agents et porteurs de projets innovants sur le champ de la démocratie numérique et enrichissement des expérimentations menées lors des deux premières années autour de la démocratie continue.

    Mise en œuvre : en cours de défintion

    Expérimentation avec le Conseil Général de l’Essonne

    Le partenariat avec le Conseil Général de l’Essonne : mise en relation avec des acteurs innovants avec la production d’un état des lieux des pratiques de numériques de démocratie participative afin d’accompagner des instances de démocratie participative dans l’élaboration de nouveaux outils et la diffusion de nouvelles pratiques de démocratie participative.

    Mise en œuvre :
        •    Organisation de deux workshops sur le thème de la redéfinition de la participation citoyenne au sein des conseils cantonaux, animation par un designer de services d’un groupe « pilote » composé de citoyens, associations, élus, agents. Le résultat de ces travaux donnera lieu à l’expérimentation d’une phase pilote ;
        •    Réflexion autour d’un projet de participation citoyenne existant sur la pertinence de l’introduction du numérique comme catalyseur de la participation citoyenne, le projet expérimental reste à définir.

    Restitution du programme Innovations democraTIC fin 2012

    Animation d’un temps de rencontre dont le format reste à définir sur un mode « colloque/conférence » mettant en perspective les expérimentations du programme sur une échelle plus large. Nos partenaires seront associés à cette démarche qui débutera au mois d’avril.

  • Le 27 octobre, l’équipe Innovations democraTIC a animé un accélérateur de projets autour de 6 projets associatifs utilisant le numérique pour favoriser la participation citoyenne. Cet accélérateur fait partie du programme « Démocratie en réseaux » animé par la Région Ile de France. Les associations présentes ont bénéficié de l’apport de 50 experts (voir la liste) pour accélérer leur projet sur des problématiques bien définies.

    Cet accélérateur avait pour vocation la démonstration de la vitalité des associations franciliennes ayant pour objet la participation citoyenne par le numérique. Les problématiques abordées étaient complémentaires allant de la pérennisation de l’objectif de l’association par de nouveaux modes de financement, de la constitution d’une communauté dite « physique » à l’animation de cette communauté sur une plateforme numérique avec la définition de solutions techniques répondant à ce nouvel usage des citoyens, de l’interconnexion de réseaux thématiques pour maximiser la transdisciplinarité et ainsi permettre la circulation des informations, de la recherche de nouveaux territoires d’expérimentation pour tester une nouvelle méthodologie à destination des parlementaires pour co-élaborer avec les citoyens des propositions de loi, et de la constitution et de l’implication citoyenne via une plate-forme numérique.

    Les problématiques soulevées par ces 6 associations ont un caractère récurrent dans le domaine de la participation citoyenne. Les experts présents ont donné des nouvelles pistes aux associations présentes par la proposition de mise en relation, de veille, de mise à disposition de solutions techniques, d’entraide…

    Nous vous proposons de retrouver les différentes propositions émises pour chacune des associations et de les enrichir via les commentaires si vous le souhaitez.

    Participons.frVoir la fiche projet
    Thème abordé : L’implication citoyenne
    Voir les propositions

    Parlement et citoyensVoir la fiche projet
    Thème abordé : Recherche de terrains d’expérimentation
    Voir les propositions

    Réseaux, mémoires et histoireVoir la fiche projet
    Thème abordé : La coopération entre les acteurs
    Voir les propositions

    AvicennVoir la fiche projet
    Thème abordé : Le financement
    Voir les propositions

    GrignywoodVoir la fiche projet
    Thème abordé : Les solutions techniques
    Voir les propositions

    Le Bonheur Brut CollectifVoir la fiche projet
    Thème abordé : L’élaboration d’indicateurs
    Voir les propositions

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