Blog de Fabienne Guibé

  • image

     

    Les 13 et 14 juin prochain, à l’occasion du festival Futur en Seine, la Fing organise avec Inria le “Connecteur Recherche”, format d’échanges entre chercheurs et praticiens, autour de 6 sessions thématiques dont l'infolab le vendredi 14 juin de 10h à 12h.

    Pendant deux heures, vous serez à la fois auditeur et contributeur. Et après les ateliers, vous pourrez retrouver des synthèses de tous les échanges en libre accès sur le réseau social de la Fing.

    Objectif : Du frottement entre chercheurs et acteurs, pour provoquer des mises en relation fertiles !

    • porter à la connaissance des acteurs les travaux de recherche les plus éclairants
    • apporter aux chercheurs des “questions de recherche” issues de la prospective et des acteurs professionnel

    Amandine Brugière animera la session Infolab de 10h à 12h sur le thème: Peut-on démocratiser une culture de la donnée ? Le “déluge” de données que les outils et services numériques occasionnent questionne les capacités des individus à “exploiter”/”tirer profit” de ces données par eux-mêmes. Aujourd’hui cette exploitation est essentiellement le fait d’experts qui disposent des connaissances et des outils requis. Existe-t-il une “culture de la donnée” ? Et celle-ci pourrait-elle être démocratisée ? Quelles seraient les composantes d’une “data-literacy” (alphabétisation / éducation) ?

    Ils viendront, avec d'autres, échanger sur leurs expériences :

    • Frédérique Pain, Bell Labs
    • Pierre Valarcher, Université Paris-Est
    • Henri Verdier, Directeur d'Etalab
    • Vincent Blanchard, Responsable du programme AdB-SolidaTech aux Ateliers du Bocage
    • Gustavo Gomez Mejia, sciences de l'information et de la communication, Gripic - Celsa


    Où:

    Au CENTQUATRE

    Écurie E
    5 rue Curial
    Paris (19e arr.)

    Vous inscrire en ligne >>


    Le Connecteur Recherche

     

  • La Campagne Infolab a été lancée le jeudi 11 avril à l’occasion de la première rencontre du groupe de travail national, portant sur le thème “ Culture de la donnée et médiations”. Acteurs associatifs (Libertic, Open Street Map, collectifs citoyens Open Data Tours, Poitiers, Les Petits-Débrouillards, Décider Ensemble, La Fonderie...), membres de collectivités territoriales (Région PACA, Communauté urbaine de Bordeaux, CG Gironde, CG Hauts-de-Seine, CG Manche, Mairies de Paris et de Rennes...) et grands comptes (Alcatel Lucent, La Poste, La Caisse des dépôts, Gemalto...) étaient rassemblés pour entamer une réflexion sur la culture de la donnée et ses différentes formes de “médiation”. Retour sur cette journée...

    image


    La dernière présentation de la journée, menée par Amandine Brugière (FING), portait sur l’analyse de la veille qu’a initiée, depuis 2 mois, l’équipe INFOLAB (voir sur Diigo le fil de veille, ainsi qu’ici le tableau partagé où sont référencés plus d’une centaine de « dispositifs de médiation », qu’ils soient formats d’animation, outils, méthodes…L’objectif n’étant pas de capter l’exhaustivité mais la diversité des exemples).

     

    image

     

     

    Il s’agissait de livrer une première photographie de ce qui est directement accessible sur le web : Si on cherche aujourd’hui à exploiter des données, quelles soient ouvertes, fermées, personnelles ou publiques, quels sont les outils, les méthodes, les formats d’animation documentés et accessibles sur le web ? Qu’est-ce qui se trouve « à portée de main » ?

     

     

                

    Cette analyse de la veille s’est structurée autour :

    • du type de médiation développée : Est-ce que l’on est face à des outils, des méthodologies, des formats d’animation, des services, des ressources documentaires, des serious game, des plateformes…?        

    • du type d’actions possibles : Qu’est-ce que cela permet de faire ? Sensibiliser, explorer, imaginer, partager, analyser…?

     Les catégories qui ont été retenues ici ne sont pas des catégories « stabilisées ». Le but de la présentation de ce work-in-progress était de faire réagir les participants. Ainsi n’hésitez pas à compléter le tableau, à le commenter, à partager les ressources identifiées, à nous contacter pour en discuter (infolab@fing.org). Ce travail s’enrichira au fil des rencontres, grâce à vos contributions.

     

     

     

    image

     

    Sensibiliser aux données

    La sensibilisation aux enjeux de la donnée reste, visiblement, un domaine à investir : peu d’exemples émergent, relativement aux autres catégories d’actions.

    Ceux trouvés montraient cependant une grande diversité de formes. Cela allait des ateliers rennais de sensibilisation des enfants à la manipulation et la représentation de données, au serious game sur les données ouvertes du budget de l’Etat, ou encore l’enquête Orange-lab-OWNI-FING « Où habitez-vous vraiment ? », sorte de quizz – à base de données ouvertes - testant les connaissances territoriales des habitants. Les plateformes Openstreetmap ou OpenfoodFacts (dé)montrant facilement la force du crowdsourcing ( la production collaborative de données).

    Un exemple particulièrement pédagogique – mais s’adressant tout de même à un public d’initiés – est la School of Data de l’association OKFN : Une des seules initiatives proposant des ressources documentaires et méthodologiques.

     

    On le voit, ces formes de médiation développent chacune des pédagogies très différentes, face à la complexité des données. Elles n’hésitent pas à investir le « ludique » et s’adressent à tout type de public.

     

     

     

     

     

     


    image

                 

    Imaginer et produire des usages de la donnée

    Avoir des données à disposition est nécessaire mais pas suffisant. Encore faut-il avoir des idées de (ré)utilisation des données, et souvent faut-il même stimuler les réutilisateurs potentiels.

    Dans ce champ-là, les exemples trouvés relèvent essentiellement de l’animation : Concours ou appel à projet, hackathon, dataconnexion, Data-apéro ou Data-Tuesday. On est dans le champ de l’incitation, de la stimulation, de la recherche de sérendipité, ou de l’innovation ouverte.

     

    3 caractéristiques communes apparaissent :

     

    • Ces formats d’animation s’adressent à des publics relativement avertis : Innovateurs, start-upeurs, designers, développeurs…             

    • Ce sont majoritairement des exercices collectifs : la créativité découle-t-elle du croisement de regard ?

    • Ils sont d’une durée relative.

    • Ils s’adaptent à des données ouvertes comme « propriétaires ».         

     

    A noter toutefois un outil de « sérendipité » : Creadata, développé par Bastien Kerspern proposant des idées de mash-up aléatoires entre les jeux de données mis à disposition par la ville de Nantes.

     

     

     

     

     

     

     


    image

     

    Cuisiner la donnée

    Une fois que les données et les idées sont là, s’ouvre alors un champ d’actions relativement techniques : Récupérer les données (EasyOpenData) les stocker, les nettoyer (Open Refine, DataWrangler), les anonymiser (norme ISO de pseudonymisation), les croiser (DataLift), etc. Ce champ-là foisonne d’outils destinés à des publics très spécialistes.

    Beaucoup d’entre eux émergent du champ des données personnelles : du côté du VRM Vendor Relationship Manager (My Personal Vault), du quantified self – la mesure de soi (BodyMedia), ou des pratiques de développement durable (Green Button Data), pour ne citer que ces exemples-là. La relation aux données peut même être médiée par des objets (Withings).

     

     

     

     

     


    image

                 

    Partager des données

    Quant on cherche à partager des données brutes, ou à communiquer sur leur analyse, plusieurs solutions s’offrent à nous : La plus connue d’entre elle est la datavisualisation. Énormément de solutions techniques existent en la matière : Voir la très riche boîte à outils d’ExpoViz (made in La Fonderie). Ces dataviz vont du graphique / diagramme classiques (Google Image Chart) à des représentations plus sophistiquées (Treemap, graphe du web, cartographie). Tous ces outils nécessitent un haut niveau de compétences techniques.

     

    D’autres outils permettent de partager des données avec des tiers, en maîtrisant, autant que possible, les termes de l’échange. Là encore le champ des données personnelles est riche (Mine!Project, Personal.com). Dans le champ des données de santé, on trouve des plateformes de partage collectif de données (Curetogether, Asthmapolis).

     

     

     

     

     


    image

                 

    Analyser

    Dans le champ de l’analyse des données, ce qu’on identifie comme outils (Precog, Continuuity, StatMix, Coheris Liberty, Google Prediction API), plateformes de services (DataPublica, Qunb, Captain Dash) offrent la possibilité de construire des modèles décisionnels, voire des modèles prédictifs, via des interfaces finales, des tableaux de bord. La complexité des opérations sous-jacentes liées au traitement des données n’est pas explicitée : Comment s’opèrent les corrélations entre jeux de données, quels sont les considérations, les choix qui prévalent aux datavisualisations, aux tableaux de bord? Comment se font les modélisations, les simulations ? Où se trouve la part de décision humaine dans les process ? Les pondérations dépendent-elles essentiellement des profils techniques ?

     

     

    A l’opposé, dans le champ des sciences humaines, émergent des méthodologies – et outils – permettant de mettre les données en débat : la méthode développée par l’ANACT / AlterCarto autour de la plateforme ATTLAS montrait comment les acteurs pouvaient monter en compétences et opérer leur propre corrélation de données. La méthode de cartographie des controverses, développée par Bruno Latour, va aussi dans ce sens. Face à des phénomènes sociaux (scientifiques, techniques) non stabilisés, les cartographies des controverses mettent en visibilité différents points de vue qui s’opposent, afin de favoriser l’objectivité dans les prises de décision qui peuvent découler.




    Et maintenant, que faisons-nous ?


    Ce travail de recensement et d’analyse des formes de médiation existantes (qu’elles soient humaines, sous forme d’outils et de méthodologies, de ressources documentaires ou de services…) ne fait que commencer. Il se poursuivra jusqu’à la rentrée 2013.


    Livrer ce premier niveau de lecture était instructif rien qu’au regard :

    • de la nature des ressources disponibles : plus « outils » que ressources documentaires ou méthodologiques ou ludiques ;

    • du niveau requis de compétences pour leur utilisation : du geek au développeur professionnel, majoritairement.    

    Les données sont encore largement affaire de « spécialistes »… On le savait. Quasiment tout reste à faire en matière de « démocratisation des données » et à tout niveau : sensibilisation, information, formation, accompagnement, services.


    Heureusement, la campagne Infolab ne fait que commencer !


     

  • Vendredi 12 avril a eu lieu la manifestation de clôture d’innovations democraTIC l’occasion de revenir sur le programme avec les projets phares, les expérimentations et les premiers retours d’expérience, les étapes clés…

    Les deux scénarios

    • Animer et rendre visible la démocratie continue pour un agent de collectivité territoriale

    Nathalie, agent de collectivité territoriale, doit traduire une commande politique en actions opérationnelles à destination des jeunes. Elle déploie le projet "le conseil général hacke les jeunes" afin de les contacter directement en utilisant leurs outils numériques. L’objectif est de mobiliser plus largement et au delà des instances citoyennes connues. Ce processus repose sur sa transparence et le suivi continu des actions rendu possible par le numérique.

     

    • Hybridation de la participation citoyenne

      Gabriel, bénévole dans deux associations, est très investi dans les processus de participation citoyenne. Son emploi du temps ne lui permet pas de suivre tous les sujets qu’il souhaiterait. L’arrivée de l’agence idemocratie lui permet par un montage entre réunions physiques et en ligne de suivre plusieurs sujets tout en continuant ses activités bénévoles. Il va également pourvoir valoriser sa participation à partir d’un écosystème participatif virtuel.

    COUV

    La datavisualisation du programme

    La diversité de nos partenaires a été l’occasion de travailler sur de l’usage du numérique dans les instances de démocratie locale et également au sein des collectivités territoriales à partir des méthodologies du design de services. Cette nouvelle discipline a été le point central de notre programme. Nous avons été entourés de deux designers de services, Armel Le Coz et Christophe Tallec renforcés par un designer Thomas Thibault.

    Nous avons ainsi placé l’utilisateur qui était, tour à tour, citoyen, agent des collectivités territoriales et élus au centre de nouveaux modes de participation numérique.

    C’est ainsi que nous avons validé l’idée de la street democracy, à partir d’ateliers créatifs. Il est apparu essentiel que les élus et agents des collectivités devaient aller au plus près des citoyens et sortir des lieux institutionnels. Les ateliers ont proposé des modalités d’action à partir de projets numériques existants comme

     

    Les expérimentations du programme

    Au cours de ce programme nous avons expérimenté différents modes de participation citoyenne facilités par le numérique avec le cyber débat avec la Mairie de Paris, découverte de nouveaux projets avec le Conseil général du Val de Marne, l’appropriation des outils numériques par une instance de jeunes, le forum des jeunes du conseil général de la Seine-Saint-Denis et le questionnement de nouveaux modes de gouvernance avec le conseil général de l’Essonne.

    Découvrez les projets de nos partenaires :

    Clôture du programme par un collectif de chercheurs

    Laurence Monnoyer Smith, Romain Badouard et Clément Mabi ont mis en perspective les actions menées lors de ces trois années sous l’angle recherche et participation citoyenne.

    Ecouter leur intervention

    Laurence, Romain et Clément ont mis en lumière trois nouvelles thématiques émergentes dans le champ de la participation citoyenne :

     

    • 1-L’empowerment (Clément) Un des sujets émergent avec le développement des outils numériques à destination d’individus et de collectifs c’est les possibilités d’encapacitation politique réelle qui les accompagne : peut-on espérer de ces outils qu’ils contribuent à redessiner les relations de pouvoirs ?
    • 2-L’instrumentation de la médiation (Laurence) Le développement des réseaux sociaux et du micro-blogging et une certaine fascination pour les technos du web ont conduit la recherche à traquer ce qui, dans ces nouvelles médiations permet de construire du sens collectif. La recherche sur les digital humanities développe des outils d’analyse des grandes quantités de données quitte à y perdre d’ailleurs ses questionnements problématiques. Certains chercheurs analysent l’atomisation du social lié à l’affaiblissement des mass media qui fait en effet craindre un amenuisement de l’espace public au profit d’espaces d’échanges customisés où la rencontre avec l’autre ne peut jamais être totalement fortuite et se polarise. Les risques d’instrumentalisation des outils au profit de logiques de communication sont mises en regard avec les discours sur la création d’agora pour souligner la permanence de stratégies de contournement du citoyen. Par ailleurs, les chercheurs expérimentent de nouvelles médiations sociotechniques qui consistent à faire voir les réseaux d’acteurs à travers des cartographies de données, ce qui a pour effet de produire une certaine réflexivité des acteurs sur le milieu dans lequel ils évoluent.
    • 3-La fabrique des services publics Idée avec l’open data de la consécration des développeurs comme médiateurs dans l’espace public. On leur délègue la production de nouveaux services publics, et ils décident seuls de la manière dont sont réutilisées ces données à travers leurs applications : quels risques ? Est-ce que l’open data induit une forme de « libéralisation » des services publics ?
  • Vendredi 12 avril a eu lieu la manifestion de clôture d'innovations democraTIC l'occasion de revenir sur le programme avec les projets phares, les expérimentations et les premiers retours d'expérience, les étapes clés...

    Ce premier billet pour partager avec vous ce moment fort et riche d'apprentissage. Je vais publier sous peu un livrable pour faciliter la réappropriation des pistes dégagées et des bonnes pratiques.

    Les photos:

     

     

    La datavisualisation du programme: 

     

    A venir les présentations et les podcasts de la journée.

    test 

  • La campagne Infolab se lance officiellement en avril 2013, vous pouvez suivre nos travaux en rejoignant notre groupe de travail sur le réseau social de la Fing ou en vous inscrivant à notre mailing liste pour être averti de nos événements publics.

     

    L'objectif de l'Infolab en vidéo:

     

    1er Infolab Citoyen lors de "Paris Citoyen", à la Mairie de Paris, Nov 2012. from videosfing on Vimeo.

     

    La campagne Infolab

     

     

    Un réseau de partenaires

    La Campagne Infolab entend développer une culture de la donnée au service des entreprises et des acteurs du territoire. En lien avec un grand nombre de partenaires dont trois collectivités territoriales pilotes, il s'agira d'inventer et d'expérimenter, auprès de publics ciblés, des dispositifs de médiation entre les besoins et les projets des entreprises et des acteurs des territoires et l'univers de données. Si vous voulez devenir partenaire contactez-nous infolab(@)fing.org. La Fing est éligible au Crédit Impôt Recherche pour l'année 2013.

  • "Et si demain, chaque quartier, chaque village disposait d’un InfoLab ? Un espace d’apprentissage de la lecture et de l’écriture de données. Alors que l’on parle d’une société de Big Data où même l’eau est considérée comme une donnée, l’InfoLab serait le passeur, le lieu de rencontre entre toutes les compétences et les envies d’appropriation et de fabrication de la donnée."

    Il y a quelques semaines l’association Arsenic s’exprimait ainsi sur la mission des ERIC/EPN qu’elle représente : "Nous estimons que nous relevons, pour une large part de nos missions, d’un service public de l’Internet accompagné que personne n’incarne aujourd’hui au niveau gouvernemental." La récente "feuille de route sur le numérique" du gouvernement apporte maintenant son soutien à ces lieux de médiation numérique et souhaite les faire évoluer vers des fonctions de Fablabs. Pourquoi ne pas envisager aussi cette évolution vers la création d’InfoLabs ? Non pas des lieux de prototypages rapides d’objets, mais des lieux de prototypage (rapide ?) des usages de l’information.

    En Janvier 2013, lors de l’événement "Open Data et Citoyens" organisé par Arsenic, nous proposions d’aller plus loin sur l’élaboration de cet espace de médiation de la donnée (cette matière première de l’environnement numérique). Avec quel public, quelles compétences, quels partenariats, quels moyens, quels territoires allons nous créer ces lieux ? Et qu’est ce que va être concrètement un infolab : un lieu, un service numérique, une méthodologie ?

    Les vidéos qui suivent présentent les trois infolabs imaginés par les participants aux ateliers :

    L’infolab au service du bien être social.

     

    L’Emmaüs Numérique ou l’infolab du gratuit aurait pour mission de rendre accessible à tous et particulièrement aux plus nécessiteux, des informations sur des événements ou des offres de services gratuits. C’est un terminal d’informations qui par agrégation de données, permettrait à chacun d’avoir une vue d’ensemble de l’offre de services gratuits sur son territoire.

    On imagine rapidement les freins ou problèmes à la mise en place de ce type d’infolab : Un service de co-voiturage payant, ou une salle de concert autorisera-t-elle le transfert de ses données sur un autre site internet ? Son API est elle ouverte ? Ses données sont elles exploitables sans un travail long et coûteux de data science ? Et quelles méthodologies/outils utiliser pour exploiter ces données ? Pour garder de la fréquentation, un site d’informations locales ne voudra-t-il pas sauvegarder une partie de son contenu ? Comme l’a fait Twitter, tout le contenu du site ne sera pas forcement exploitable dans son API… Dans ce scénario, il semblerait bien que l’infolab prenne la forme d’un site web et non pas d’un lieu physique.

    Le lieu (utopique ?) de la mesure de soi.

    Dans un PréaLAB, toutes nos actions sont captées en continu, le lieu est ouvert et modulable, les informations sont instantanément diffusées dans le lieu mais également dans l’ensemble des InfoLabs du territoire. Du crowdsourcing auprès du public permet de mieux connaître l’alimentation des cantines scolaires, maisons de retraites et hôpitaux (un Open Food Facts permanent ?! Un C’est fabriqué près de chez vous du futur ?!).

    Les datavisualisations créées ne se contentent pas de produire de l’information, ce sont des oeuvres d’art. Le PréaLAB est le rêve de tout self-trackeur : cette quantification personnelle documente ma marche dans le monde, et grâce aux croisements des données, le PréaLAB me recommande des personnes pour l’événement "Meetic-Lab” (voir vidéo) !

    Ce scénario d’un infolab orienté “données personnelles” a le mérite de nous faire entrevoir les dérives d’un fantasme de Data-übergeek (libre circulation des données, transparence à outrance, baisse du droit à l’oubli…) tout en négligeant la part de médiation numérique/dynamisation du territoire que peut avoir un EPN/Infolab.

    L’infolab Réaliste

    Le scénario de l’infolab réaliste semble être le plus proche des postulats de départ de la campagne infolab. On y vient avec un besoin spécifique que l’on va tenter de résoudre grâce à l’accès aux données ou à la formation sur un aspect du travail de la donnée (collecte, mise au norme, visualisation). Un tiers-lieu ouvert à tous, et où chacun peut déposer ses propres données.

    En terme d’objectif, une des tensions de l’infolab peut se résumer à cette phrase “lorsque je me rends dans un infolab, est ce que je viens pour m’informer sur la donnée ou est ce que je viens pour me former sur le travail de la donnée”. Une dynamique d’apprentissage par le faire serait très pertinente pour se confronter réellement aux problématiques de l’infolab. Autre piste à poursuivre : la question de l'interconnexion des données. Pour réellement créer du service ou de l’information, il ne s’agit plus maintenant de seulement ouvrir les données, mais de relier données publiques et privées, relier un service à un autre, un territoire à un autre…

  • Cette année marque la fin du programme Innovations democraTIC. Ce sera l'occasion de partager le résultat de nos trois années d'expérimentation présenté par nos partenaires en binôme avec le designer de services ayant accompagné le projet.

    Au cours de cette manifestation, nous vous proposons de découvrir:

    1. nos pistes dégagées à partir de deux scénarios, le premier sur l'hybridation de la participation citoyenne et le second sur les perspectives induites par la démocratie continue;
    2. les projets qui ont accompagné le programme
    3. les expérimentations menées avec nos quatre territoires partenaires

    Le programme est à venir.

    S'inscrire

    Pratique

    image

    - au salon Pierre-Charles Krieg de 14 heures à 18 heures
    - au rez-de-jardin pour le cocktail de 18 heures à 20 heures
    L'inscription est obligatoire.

    Les partenaires du programme

    image

  • imageUNE DEMOCRATIE RETROUVEE, AUGMENTEE, ETENDUE


    "Pour les citoyens, l’Internet représente un moyen unique d’information et d’éducation et peut par là-même contribuer utilement à la promotion de la liberté, de la démocratie et des droits de l’homme." G8, Deauville, 2011


    "En s’appuyant sur les nouveaux outils d’information et de communication, (...) cette ‘citoyenneté active’ transforme en profondeur le rôle des élus, devenus des médiateurs entre les citoyens au lieu de confisquer le pouvoir de représentation, ainsi que celui de l’administration, qui redécouvre la vraie dimension publique.” Michel Hervé, De la pyramide aux réseaux, 2007

    "Révolution numérique, mais appareils politiques restés à quai. Nouveaux usages, mais contrôles d’un autre âge. Cultures libres, mais marchands aux aguets. Les nouvelles technologies changent le monde, et elles le font maintenant. Une possibilité s’offre désormais
à nous tous : reprendre le contrôle de notre
vie publique, ou laisser le Vieux Monde diriger toujours et contrôler encore. Moussaillons
ou vieux loups de mer, déçus de la politique
ou utopistes, montez à bord." David Dufresne et Pierre Mounier, Parti Pirate, 2012

    A l'heure du bilan


    Internet et démocratie : un bilan mitigé


    Le numérique a souvent servi l’idéal démocratique
de la liberté d’expression; tout en servant ceux qui veulent la censurer. Il a contribué à faire progresser la transparence ; mais il n’a pas vraiment fait bouger les rapports de pouvoir. L’internet a permis aux gens de contribuer, élargi le cercle des contributeurs, amplifié les mobilisations, mis en réseau de nombreux acteurs. Mais il a aussi montré ses limites. Il n’a pas réinventé la façon de faire de la politique. Pire, il a souvent donné la parole à ceux qui l’avaient déjà, favorisant ceux qui s’expriment le mieux ou le plus, outillant la commu- nication plutôt que le débat. Les outils eux-mêmes sont bien souvent limités, facilitant l’agrégation et la simplification binaire plutôt que la délibération, la synthèse et la complexité.


    Bref, l’internet a trop promis, la révolution démocratique et participative espérée par les pionniers n’a pas eu lieu. Les dispositifs participatifs (qu’ils soient numériques ou pas) sont restés isolés : les expérimentations réussies demeurent du domaine des bonnes pratiques locales, sans passer à l’échelle.


    S’il n’y a pas eu de transformations radicales, les expériences démocratiques de ces dernières années nous ont appris des choses. Les initiatives participatives des institutions sont plutôt des échecs : le politique demeure mal armé pour prendre en compte les avis et propositions extérieures. Face à l’innovation et à l’imprévu, le politique est souvent déstabilisé : l’internet lui sert plus sûrement à communiquer qu’à écouter. À contrario, la démocratie ascendante, auto-organisée, même imparfaite, est souvent stimulante. Le divorce annoncé entre les échanges en ligne et les formes présentielles n’a pas lieu : l’heure est à la convergence et à l’hybridation. De même, les formes numériques ne favorisent pas la démocratie instantanée, presse- bouton : les débats collectifs peuvent être de formi- dables moments de vie démocratique, d’intelligence, de richesse contributive.

    Ce qui a marché...

    - Amplification des mobilisations à l’aide des réseaux : les Anonymous, les printemps arabes...
    - La multiplication des expérimentations : FixMyStreet, réécriture de la Constitution islandaise, budgets participatifs...
    - L’usage démocratique des Open Data : WhereDoesMyMoneyGo...

    Ce qui n'a pas marché...
    - Les rapports de pouvoir demeurent à peu près en l’état.
    - Les expériences demeurent isolées, non reproductibles.
    - Des inégalités renforcées : le numérique
n’a pas réussi à inclure les publics à la marge.
    - Une certaine instrumentalisation des innovations participatives afin de ne pas perdre le contrôle.

    Ce qui nous a surpris...
    - L’intelligence collective émanant de certains débats, la capacité à développer de nouvelles thèses, à se former réciproquement.
    - Multiplication d’applications pour favoriser la participation : colorvote, co-ment.
    - La perversion du numérique comme moyen de communication plus que de mobilisation : retransmission en direct des conseils municipaux sans laisser place à l’interaction.
    - La production par les citoyens de données d’intérêt général, souvent contre les institutions : Regards citoyens, Wikileaks, OpenStreeMaps.

    Ce que nous avons appris...
    - L’internet est devenu un moyen efficace
de contester les pouvoirs. Mais il suppose
des compétences dont tout le monde
ne dispose pas. Et il est plus efficace pour contester que pour construire.
    - Les innovations descendantes ne marchent pas et les innovations ascendantes n’ont pas beaucoup d’action sur le pouvoir.
    - Quand les pratiques et les process ne sont pas documentés ni évalués, ils ne s’étendent pas.

     

       
       

    Aujourd’hui, il ne s’agit plus de proposer une nouvelle promesse, mais de trouver les moyens de réaliser cette pro- messe demain mieux qu’hier et à plus grande échelle.


    L’heure est au “gouvernement ouvert”, tant mieux. Cette ouverture sera-t-elle seulement une affaire de transpa- rence, de communication, ou distribuera-t-elle de la parole, des capacités ? Sera-t-il possible de réinventer le service public, de participer aux orientations politiques locales, nationales, européennes ?


    Le numérique se généralise et semble se banaliser. Mais les hommes et les femmes oseront-ils s’en emparer pour s’exprimer, exercer la contre-démocratie, participer ? Auront-ils la culture numérique leur permettant de le faire

     

    Réaliser la promesse quelques pistes…

    Vers une participation légitimée?

    • Créer un poste de City Manager, véritable animateur du territoire électronique, favorisant l’implication et les échanges des communautés locales, leur reconnaissance, la modération des débats, l’ouverture et la confiance.
    • Instaurer le 1% participatif : que tout projet local consacre 1% de son budget à la conduite d’un débat public. Il s’agit de consolider les expérimentations en les dotant de budgets et donc de pouvoirs. Par exemple, pour développer la coconstruction des services publics, donner la parole à ceux qui ne l’ont pas, favoriser l’en- gagement des citoyens dans les projets.
    • Organiser la capacitation citoyenne sans attendre l’impossible mise à jour du “logiciel politique”
    • Les citoyens sont isolés, ils ne parviennent pas à participer selon les formes institutionnalisées, à se faire entendre, et sont en situation de faiblesse face aux pouvoirs en place. À eux de se mettre au même niveau que l’institution en s’orga- nisant en collectifs nombreux et réactifs afin que leur contestation parvienne, entre autres, à s’exprimer dans des formes institutionnalisées : propositions de lois, lobbying, ...

    Investir et innover

    • Créer un fonds public de la participation, activable pour financer des collectifs, des associations de défense d’intérêts communs et leur permettre de s’organiser face aux lobbies constitués, de formaliser leurs contre- propositions.
    • Soutenir les projets innovants qui favorisent la participation des citoyens et l’ingénierie de cette participation ; particulièrement quand ils permettent un accès progressif à la complexité, une délibération sur le temps long, une hybridation avec les formes présentielles, une contre-expertise citoyenne.

    Cette promesse a été produite dans le cadre du processus de Questions Numériques. C'est un travail collectif mené sur une année et qui donne lieu à une production annuelle.


    En savoir plus sur les promesses du numérique, et découvrir notre troisième cahier d'enjeux.

  • imageLe projet de rédaction de l'étude « Ouverture des données publiques et participation : quels enjeux démocratiques? a été mené par Décider ensemble de mars à novembre 2012. 

    Cette étude a été supervisée par un comité de pilotage pluraliste regroupant, a l'image de Décider ensemble, des représentants d'institutions publiques nationales, de collectivités territoriales, d'entreprises et d'associations. Ce comité de pilotage était présidé par Laurence Monnoyer-Smith, professeure en sciences de l'information et de la communication à l'Université de Technologie de Compiègne (UTC)

     

    Les équipes d'Open-Data et d'Innovations democraTIC, ont participé à sa rédaction avec plus particulièrement l'organisation d'un atelier prospectif sur l'utilisation de l'open data dans les concertations publiques. Nous avons déjà publié les scénarios, les trois pistes de travail étaient :

    • la nécessité d'étendre la durée de la phase de recueil et de partage d'informations,
    • le besoin de mettre en place des médiations humaines et outils,
    • la nécessité d'ouvrir les processus de concertation jusqu'à la co-décision .

     

    Nous vous proposons de découvrir cette étude qui dresse un état des lieux de l'ouverture des données publiques et en présente les enjeux en matière de participation des citoyens et des parties prenantes.


     

     

  • image

    Le samedi 10 novembre 2012, nous avons eu l'occasion d'animer un world café dans le cadre de Paris Citoyen. Les participants représentaient des membres d'associations, des conseillers de quartier et des citoyens. Ce mode d'animation constitue un temps de rencontre pour les participants et le partage d'expériences et de pratiques.


    Les deux questions sur lesquelles les groupes ont travaillé mettaient en avant la pratique du numérique au sein des associations et des instances de démocratie locale:

    - 1ère question: Comment le numérique influe sur nos modes d'engagement?

    - 2ème question: Quels outils pour quels besoins?


    Ce temps était précieux pour avoir un retour sur la manière dont les collectifs composés de citoyens s'approprient le numérique, quelles sont leurs attentes, quels sont leurs usages?

    Il s'avère que les participants ont une réelle aptitude à comprendre les enjeux de l'usage du numérique dans leurs associations, leurs conseils de quartier avec l'évocation rapide de l'éditorialisation, l'articulation des modes de communication entre le présenciel et le distanciel. Ce qui est plus surprenant est que nous aurions tendance à les « suréquiper » avec des applications web alors que leurs usages actuels et leurs problématiques se situent essentiellement sur la gestion de mailing list, l'animation et la création de site/blog voire même de CMS.


    Question 1: Comment le numérique influe sur nos modes d'engagement?

    Les pistes à retenir :

    -       le numérique permet le  suivi des décisions des élus ;

    -       la capacitation avec le développement des compétences techniques de tous doit permettre un accès indépendant aux informations ;

    -       des lieux d'échanges et de ressources pour accompagner les collectifs et instances de citoyens pour permettre la coopération des acteurs avec le partage de bonnes pratiques ;

    -       l'interaction entre le distanciel et le présenciel.


    Question 2: Quels outils, quels besoins?


    Les pistes :

    -       l'outil numérique doit permettre l'engagement à distance avec de nouvelles formes de coopération

    -       accessibilité à des CMS simple, efficace et gratuit avec des formations pour permettre la prise en main de tous

    -       le numérique comme outil de communication avec une gestion optimisée des emailings et newsletter

     

Conception & réalisation : Facyla ~ Items International

Plateforme construite avec le framework opensource Elgg 1.8