Blog de Carole Leclerc

  •  

    Didier Louvet, président et fondateur d’Adminium, a accepté de me rencontrer dans le cadre de mon étude économique pour me parler du positionnement de sa start-up dans le paysage actuel des services gravitant autour des données personnelles. Il a également participé à la rédaction de cet article ce qui me donne l’opportunité de le remercier, ainsi que tous les autres start-upers que j’ai interrogés jusqu’ici et qui ont accepté de relire et corriger mes précédents articles. 

    Créé en 2010, Adminium.fr est un « bureau numérique » en ligne qui propose aux particuliers de piloter leur vie documentaire au quotidien. Ce bureau propose d’abord à l’utilisateur de regrouper automatiquement ses données et documents personnels (bulletins de salaire, factures des web marchands, relevés d’énergie, contrats, etc …). Ces éléments sont organisés, rangés, triés pour être accessibles à tout moment et sur tous supports (web, mobile, tablette).
    Ce bureau numérique propose ensuite d’organiser automatiquement ces éléments pour en restituer à l’utilisateur une vision synthétique (tableaux de bord, analyses, …) et dynamique (alertes, rappels, mises en contact, …).


    Adminium illustration

    Illustration extraite de la page d'accueil du site Adminium

     

    Pour ce faire, Adminium propose aux particuliers des fonctions classiques de réception/stockage sécurisé (boîte à lettre/coffre-fort en ligne), associées à des fonctions plus avancées liées au traitement et à la mise en valeur de l’information (bureau numérique).
    Avec Adminium, l’individu peut gérer sa vie économique en tant que consommateur, administré, salarié via la consolidation de l’ensemble de l’information quotidienne produite par lui ou ses « fournisseurs » de biens et services : banque, assurance, opérateur téléphonique, énergie, loyer, employeur, e-marchands, mais aussi pôle emploi, impôts, crèches, …

    Le bureau numérique se positionne également comme plateforme d’interaction entre les utilisateurs et leurs « vendeurs » pour les aider à interagir de manière plus fluide et transparente.
    Adminium propose ainsi des espaces d’interactions dédiés, au sein desquels l’utilisateur a un accès simple et centralisé aux fonctionnalités self-care et informations relationnelles mises à sa disposition par tous ses différents « vendeurs ». Ces derniers bénéficient ainsi d’un espace où ils peuvent afficher une communication ciblée, dynamique et contextuelle.
    Adminium tente ainsi de réconcilier les vertus du « self-empowerment » avec une dynamique de « relations client », susceptible de rapprocher le client de son vendeur plutôt que de les opposer.

    Afin de faciliter la navigation de l’individu au sein de son bureau numérique, le service mettra en place des espaces thématiques à l’intérieur de la plateforme : données et documents dédiées à la maison, à l’énergie, aux transports, … Cela permettra également de faciliter la mise en place de services à valeur ajoutée, développés en interne ou proposés avec des partenaires, basés sur la réutilisation de ces données.
    D’autres services sont également en laboratoire afin de renforcer l’intérêt du bureau numérique pour le particulier : agrégation des données bancaires, agrégation des programmes de fidélité ou encore agrégation des avis/notations consommateurs.


    Le modèle de revenu est triple.
    D’une part, le bureau numérique permet aux organisations (vendeurs et fournisseurs, administrations, employeurs …) d’envoyer des documents au format numérique directement dans le coffre-fort de leurs clients. Au même titre que le timbre pour les courriers papier, ce service de réception garantie et qualifiée du document sera facturé aux organisations. (NB : Adminium travaille au sein de l’écosystème pour faire émerger une organisation et une norme de routage numérique sécurisée et interopérable.)
    Ensuite, un ensemble de services « experts » sera proposé aux utilisateurs sous forme d’abonnements, en complément des fonctions gratuites du bureau numérique.
    Enfin, la vente d’espaces relationnels aux vendeurs constituera une des bases principales du modèle de revenu.
    En effet, Adminium deviendra rapidement pour eux un média idéal et incontournable de communication ciblée pour maintenir et développer la relation avec leurs clients finaux, et  accroitre leur potentiel de fidélisation/acquisition.

    Lorsque le nombre d’utilisateurs sera devenu important, Adminium bénéficiera alors d’une quatrième source de revenu, celle d’un « observatoire de la consommation ».
    Adminium proposera ainsi aux organisations les résultats d’enquêtes ainsi que les statistiques pertinentes, tirés de l’observation des pratiques de consommation constamment réactualisées de ses milliers (million ?) d’utilisateurs (données anonymes, ou avec l’accord de ces derniers).

    Adminium développe donc des caractéristiques communes aux Personal Data Store en ce sens qu’il permet de centraliser, stocker et partager un ensemble de données et documents personnels.

    Didier Louvet est également à l’initiative de l’A-CFN (Association pour les Coffres forts Numériques) dont l’un des objectifs consiste à concevoir et promouvoir l’interopérabilité en matière de document et de format des documents numériques.
    L’objectif final de cette interopérabilité est de permettre aux individus de décider librement du bureau numérique dans lequel ils souhaitent recevoir et gérer leurs documents et informations, ainsi que d’en changer quand et aussi souvent qu’ils le souhaitent.
    Cependant, à l’instar de la portabilité des numéros de mobile (qui a été difficile à obtenir), cette liberté offerte aux consommateurs n’est pas forcement du goût de tous les acteurs de ce marché.

    Facilitant et apportant de la transparence au particulier dans l’utilisation et le pilotage de ses données personnelles, Adminium tente de créer de la valeur pour l’individu « consommateur », en lui permettant d’une part de connaître et de réutiliser comme il le souhaite ses données personnelles, et d’autre part d’être mieux informé sur ses vendeurs et fournisseurs.
    Cependant, la plupart des organisations sont encore réticentes à confier les données et documents de leurs clients à un service tiers, essentiellement par crainte d’une mauvaise utilisation de ces informations, synonyme pour eux d’une dégradation de leur relation clientèle.
    Les opérateurs de bureaux numériques sont ainsi contraints d’avoir recours à des « collectes automatiques », certes expressément mandatées par les particuliers, mais sans lien ni participation active des organisations.
    Le risque de cette « non participation » des organisations, si elle devait se poursuivre trop longtemps, est de voir apparaître des bureaux numériques, pauvres en capacités de relation et uniquement dédiés à l’optimisation de la consommation : sorte de gros comparateur analysant les données de consommation dans l’unique but de faire changer le consommateur de « vendeur ».
    A contrario, l’implication des organisations dans le nouvel écosystème, permettrait d’enrichir les informations disponibles, dans le but de développer des services à valeur ajoutée susceptibles de bénéficier simultanément aux consommateurs et aux organisations.

    Ces dernières ont donc tout intérêt à devenir des acteurs de cette nouvelle configuration en partageant avec leurs clients les données qu’elles détiennent sur eux, afin de faciliter l’émergence de plateformes sur lesquelles leurs interactions seront facilitées.

  •  

    Créé en 2009, Home Bubble est un outil de gestion de l’administration du foyer, en ligne. 

    Ce service gratuit, disponible via internet, smartphone et tablette, propose plusieurs fonctionnalités à ses utilisateurs.

    D’une part, il permet de stocker sur le cloud les informations et documents administratifs de l’individu, ses factures, contrats, rendez-vous, … dans un espace sécurisé.
    Sélectionnée par le programme SFR Jeunes Talents Startup 2011,  Home Bubble s’appuie également sur l’ensemble des informations administratives centralisées de l’utilisateur pour lui proposer un ensemble de services à valeur ajoutée : alertes de fin de contrat, fin de de garantie, fonctionnalités de gestion budgétaire, rapatriement automatique des relevés, …
    Il joue également le rôle d’éditeur de courrier permettant de pré-renseigner certaines informations  lors de l’envoi d’un courrier à un fournisseur. 
    Enfin, Home Bubble propose des fonctionnalités d’agenda et liste de tâches qu’il est possible de partager pour permettre aux membres d’un même foyer de le gérer conjointement.

     

    illustration Home Bubble

     

    Home Bubble se positionne sur un axe « grand public ». Les services proposés par la start-up ont en effet vocation à s’adresser au plus grand nombre : l’accent est mis sur la facilité d’utilisation des services et leur accessibilité.
    Afin de proposer ces services, Home Bubble sollicite deux sources principales de revenus. D’un part, il propose à ses utilisateurs un modèle freemium : le service est gratuit et permet d’accéder à de l’espace de stockage à hauteur de 500 Mo, mais pour avoir accès à de l’espace de stockage supplémentaire ou à certains services à valeur ajoutée, l’utilisateur devra payer un forfait mensuel de quelques euros.
    La deuxième partie du modèle de revenu se situe du côté des organisations : Home Bubble met en effet à disposition des fournisseurs un ensemble d’espaces de communication pour leur permettre d’adresser des messages personnalisés à leurs clients ou prospects. Il aide également les entreprises à passer à la dématérialisation de leurs différents documents, principalement les factures.
    En sollicitant simultanément les individus et les organisations dans la constitution de son modèle de revenu, Home Bubble garantit le respect d’un certain équilibre entre les intérêts de chacun de ces deux types d’acteurs.
     
    Home Bubble se base donc sur un ensemble de données personnelles récoltées à l’initiative du client (système de l’opt-in) chez le fournisseur afin de lui proposer des services à valeur ajoutée. Il reflète donc la logique du projet Mes Infos. Il montre également que les services de gestion des données personnelles ont déjà commencé à rassembler les données personnelles des individus et que les entreprises ont donc tout intérêt à rejoindre le mouvement pour tirer parti de ce nouveau type d’échanges.
    Home Bubble souhaite d’ailleurs établir des partenariats avec les fournisseurs d’énergie, les banques, les opérateurs de télécommunications, … afin que les échangent soient plus riches et que chacun y gagne : les fournisseurs car ils auront la possibilité de « converser » de manière plus ciblée et plus efficace avec leurs clients ou prospects,  les clients qui pourront centraliser davantage d’informations et de documents sur leur compte Home Bubble et donc disposer de services à valeur ajoutée d’autant plus complets, et enfin Home Bubble dont le service aura d’autant plus de valeur pour les individus que le nombre de fournisseurs partenaires sera grand et vice versa (on en revient à l’effet de réseau observé dans le cas de BlablaCar / Covoiturage.fr, caractéristique de ce type de service qui évolue sur un marché bi-face).

    Home Bubble s’inscrit donc dans une logique Mes Infos dans le sens où il permet à l’individu de centraliser une partie de ses données personnelles et de créer des services à valeur ajoutée à partir de l’analyse de ces données. La start-up permet également de prendre conscience du rôle que pourraient jouer les organisations dans le partage des données personnelles et d’imaginer la valeur qui pourrait en ressortir.

  •  

    Jeune start-up née en 2011, Bankin’ fait partie d’une catégorie de services qui se développent à l’heure actuelle : Les PFM (Personal Finance Management) ou outil de gestion des finances personnelles.

    A l’instar de Mint disponible aux Etats-Unis et au Canada, cette application mobile, prochainement disponible sur le web, permet à l’utilisateur d’avoir accès à l’information relative à l’ensemble des comptes bancaires qu’il détient dans différentes banques de manière centralisée afin de lui fournir des fonctionnalités innovantes pour gérer son argent. Cette capacité de traiter des données provenant de banques diverses, à l’inverse d’autres services qui proposent exclusivement le traitement des données provenant d’une banque donnée, est permise par le partenariat noué entre Bankin’ et un consortium bancaire.
    Le service propose ainsi à ses utilisateurs de récupérer automatiquement les données bancaires correspondant à leurs comptes dans différentes banques afin de leur fournir de nombreuses fonctions telles que l’analyse de leurs dépenses, leur classification par poste, la représentation graphique de leurs évolutions… L’application se charge également de leur notifier les dépassements de “seuils de sécurité”, d’évaluer la pertinence de leur épargne, de les alerter en cas de transaction anormale, de leur indiquer un découvert, ...

     

    illustration Bankin'

    illustration de l'application Bankin'


    Le modèle de revenu est basé, d’une part sur la vente de l’application disponible sur les smartphones, mais également sur l’accès à des fonctionnalités supplémentaires au sein de l’application (modèle freemium).
    L’équipe de Bankin’ explore également des pistes pour effectuer des recommandations personnalisées sous formes de bons plans qui pourraient être proposées aux utilisateurs de l’application en échange d’une rémunération de la part des entreprises qui en bénéficient.

    L’application Bankin’ illustre ainsi l’intérêt de regrouper dans un même endroit des données initialement basées chez différentes organisations : proposer un service innovant pour l’utilisateur car basé sur un panorama de données croisées.

     

    Les individus commencent donc déjà à bénéficier de services qui leur permettent d’extraire des données personnelles de leurs documents et de bénéficier de services à valeur ajoutée basés sur leur réutilisation. En terme d’empowerment du consommateur, l’utilisateur de Bankin’ a également la possibilité de télécharger ses données bancaires sous forme de fichier Excel qu’il peut ensuite librement exploiter.
    Il a également l’avantage de mettre en lumière l’absence des organisations dans cette nouvelle dynamique où des initiatives de centralisation de données et de services associés sont en marche.

    Dans le cas de Bankin’, les banques peuvent parfois voir d’un mauvais œil les fonctionnalités proposées car cela risque d’affaiblir le trafic de leurs clients sur leurs espaces personnels au sein de la banque même au détriment d’un accès direct à Bankin’. Cet éloignement pourrait en effet être associé, du point de vue des banquiers, à une plus grande difficulté pour les banques de « converser » avec leurs clients par les moyens « traditionnels » que sont le compte client et plus généralement le site de la banque. Mais au contraire, il semblerait que la possibilité donnée à l’individu d’être plus actif dans la gestion de son argent l’amène à consulter davantage sa banque et son banquier afin d’être conseillé dans cette nouvelle dynamique.
    Plus généralement, la centralisation et le croisement des données, parfois vues comme des obstacles par les organisations lorsque celles-ci n’en sont pas à l’origine, pourrait au contraire leur permettre d’occuper un nouveau rôle dans la relation avec leurs clients, nouvellement outillés.

     

  • Le projet Mes Infos a pour but d’imaginer ce que pourrait être le partage des données personnelles entre organisations et individus et de réfléchir aux services innovants qui pourraient naître de ce partage. Mais quelles seraient les caractéristiques de ce partage et d’où proviendraient les services ?
    Plusieurs hypothèses coexistent en ce qui concerne leur origine : proviendraient-ils d’acteurs existant déjà dans l’écosystème des données personnelles (start-up, grande entreprise, …), de « nouveaux entrants » ?  Se grefferaient-ils autour d’une plateforme, d’un PDS (Personal Data Store), ou seraient-ils créés à l’initiative des entreprises détentrices de données personnelles ?


    En effet, certaines entreprises et notamment les banques font un premier pas dans ce partage en mettant à disposition de leurs clients un ensemble d’applications. C’est par exemple le cas du Crédit Agricole. Cette dernière a en effet créé le CA Store, une plateforme de développement et de mise à disposition d’applications web et mobiles innovantes intégrant des fonctionnalités bancaires.
    Le projet, rentré en phase pilote au mois de Juin 2012, devrait être lancé au niveau national vers la mi-septembre 2012.
    Christophe Ducamp, qui joue le rôle de coordinateur et d’animateur au sein de la plateforme, a accepté de nous éclairer sur la manière dont celle-ci fonctionne.


    Concrètement, le Crédit Agricole met à disposition des développeurs un kit de développement qui leur permet de concevoir des applications web et mobile qui auront accès aux données bancaires des clients. Le développeur n’a donc pas accès à celles-ci. L’interface de programmation n’est pas ouverte mais réservée à une communauté de partenaires numériques (développeurs utilisateurs du kit de développement) : les Digiculteurs, qui s’engagent à respecter un certain nombre de règles dans la conception des applications.
    Une plateforme de co-création permet aux clients de dialoguer en direct avec les développeurs afin d’exprimer leurs besoins en terme de fonctionnalités des applications. Celles-ci sont mises à leur disposition via un portail d’applications et sont de nature diverses : elles permettent par exemple au client de connaître le solde de son compte en un clic sur son smartphone, d’être récompensé quand son objectif d’épargne est atteint, d’anticiper son budget vacances depuis sa tablette numérique, …

     

    Fonctionnement du CA Store

        Fonctionnement du CA Store (source : Le projet Crédit Agricole Store : A retenir – par le Crédit Agricole)



    Une des particularités du CA Store réside dans son modèle de rémunération des développeurs qui se différencie des modèles rencontrés au sein des marchés d’applications traditionnels (Appstore d’Apple par exemple).
    En effet, dans le cas du CA Store, le client se verra proposer un bouquet d’applications à un certain tarif mensuel qui rentrera dans ses frais bancaires. Ce tarif lui permettra d’accéder à un ensemble d’applications disponibles sur la plateforme : Pass Gratuit pour un accès en mode « démo », Pass Découverte pour utiliser 1 à 10 applications par mois ou Pass Premium pour avoir accès à un nombre illimité d’applications par mois. Le développeur, quant à lui, sera rémunéré tous les mois, proportionnellement à l’utilisation de ses applications faite par les clients, ce qui l’incite à faire des efforts de manière continue afin que les clients du Crédit Agricole trouvent un intérêt à utiliser régulièrement l’application.  

    On est donc dans le cas d’une co-production entre une coopérative de développeurs (Digiculteurs) et le Crédit Agricole qui a pour objectif de créer un écosystème numérique qui faciliterait la création d’applications innovantes.

     

    Ecosystème du CA Store



     Ecosystème du CA Store (source : Présentation Projet CA Store – Pole TES)


    Le CA Store constitue donc un premier exemple de réutilisation de données personnelles et trouve ainsi sa place dans l’analyse économique actuelle menée dans le cadre du projet Mes Infos.
    Des opportunités sont à saisir pour les développeurs, que ce soit pour permettre ou accroître une forme d’interopérabilité des applications du CA Store avec d’autres applications (par exemple une application qui me permet de classer mes dépenses par catégorie et me permet également d’insérer ces données dans d’autres applications, de santé, de consommation, … issues du Quantified Self), pour rendre davantage de données bancaires à l’utilisateur afin qu’il puisse en disposer indépendamment des applications qui lui sont proposées, et, plus globalement, pour tirer parti de toutes les évolutions permises par cette plateforme. Ces évolutions, issues de l’imagination des clients et des développeurs, pourraient ainsi suivre ou compléter cette initiative, dans le sens d’un empowerment du consommateur.

     

  • Le workshop 3 Mes Infos du 14 juin a été riche en idées de services qui pourraient émerger du partage des données personnelles entre organisations et individus.

    A la synthèse du workshop disponible en ligne depuis début juillet et qui contient l'ensemble des services imaginés, s'ajoutent à présent 4 maquettes des services qui nous ont semblé les plus intéressants à illustrer. 

    Le premier service est un Coach de mobilité qui aiderait également l'utilisateur à optimiser son assurance à partir de ses données personnelles, de données publiques et également des informations liées aux offres de biens et services disponibles sur le marché. Pour découvrir ce service en détail via sa maquette, cliquez-ici.

    Le deuxième service maquetté ayant émergé du workshop s'intitule Chronorêve. C'est un assitant personnel intelligent qui organise et optimise l'agenda du quotidien en se fixant pour priorité de dégager du temps ou de nourrir les temps morts au service des aspirations et des rêves de l'individu. Si vous voulez découvrir la maquette de ce service, c'est ici.

    Voyagez tranquille, partez sans risque est le troisième service maquetté du workhop 3. Il permet à ses utilisateurs de s'affranchir de leurs préoccupations de santé lors de leur voyage, grâce à l'accompagnement d'une communauté de voyageurs et de locaux avant et pendant le voyage. Sa maquette se trouve ici.

    Enfin, le quatrième service, Crowjobbing, positionne la culture et les loisirs comme propulseurs des vélléités de ré-orientation professionnelle de l'individu. Voici la fiche qui l'illustre.

    L'ensemble de ces services nous permet d'imaginer une partie du futur écosystème des données personnelles ainsi que de commencer à mesurer la richesse des promesses d'usages qui s'y rattachent.

    N'héstiez pas à les commenter !

  •  

    Afin de continuer à vous présenter les différentes start-up que je rencontre tout au long de mon étude économique, j’aimerais vous parler aujourd’hui de Custle.

    La start-up, spécialiste de la collecte et du traitement de données personnelles e-commerce, propose un outil de VRM qui permet à l’individu de gérer sa relation avec les différents marchands en ligne. Afin d’en savoir plus sur ce service, j’ai rencontré Capucine Surrel, la fondatrice de cette start-up ainsi que Roberto Cappelleri, le chef de produit.
    Ils sont basés dans les locaux de l'incubateur Agoranov qui, comme OSEO, soutient leurs travaux.

     

    Logo de Custle



    Le service, qui sera mis en ligne en version béta à la fin de l'année, s’intitule OhMyGood (voir image ci-dessous) et propose une interface centralisée dans laquelle sont regroupés l'ensemble des comptes clients d'un individu. Ce "compte client unique" contient l'ensemble des informations issues de la relation de l'internaute avec les sites de shopping en ligne afin de faciliter la vie des shoppers en ligne.

    A partir de la récupération des login et mot de passe des différents comptes de e-commerce de l'individu, l'interface va chercher un ensemble d’informations qui lui permet de proposer plusieurs fonctionnalités. Le service permet en effet :

    •  la visualisation de l'ensemble des achats effectués en ligne (avec les détails produit tels que la photo, le descriptif du produit, l’état du produit …). Le service dispose en effet d'un algorithme qui permet d'extraire les données unitaires d’une commande et d’en reconnaître les différents produits.
    •  à l’internaute de disposer de la liste des marchands avec lesquels il est en relation ainsi que des avantages personnels et promotions dont il dispose,
    •  le service permettra dans un second temps de partager ses achats, ses marchands, ses marques avec son réseaux d'amis, en choisissant les modalités de partage (public, privé, semi-public, …)

    OhMyGood

     

    Le service cible donc non seulement les shoppers en ligne mais également les marchands et les marques.
    Le modèle de revenu de la start-up est d'ailleurs basé sur ces dernières : le service est gratuit pour les internautes et ce sont des marques et des marchands que provient le revenu via un modèle d'affiliation.

    Custle proposerait en effet aux marchands de diffuser leurs offres, avantages et promotions à des clients qui pourraient être intéressés. La start-up retirerait une commission en appliquant les modèles existants : CPA (coût par action) , CPL (coût par lead) ,CPC (coût par clic) ou CPM (coût par mille). Les marchands pourraient également bénéficier d’un taux d’abandon de paniers moins important sachant qu’avec OhMyGood, les internautes se connectent et s’identifient automatiquement sur l’espace client de leurs boutiques.

    Concernant les marques, l’outil développé par Custle leur permettrait de disposer d’un espace au sein duquel ils seraient en mesure de connaitre davantage leurs clients et leur « parler » de manière plus ciblée et pertinente.
    Le business model de Custle repose donc sur un effet de réseau car plus il y aura de consommateurs utilisateurs du service OhMyGood, plus cela représentera de la valeur pour les marchands et les marques qui seront plus enclines à utiliser le service fourni par Custle pour « converser » avec leurs clients (potentiels). 

    La start-up s’inscrit donc dans une logique de Vendor Relationship Management (VRM) puisqu’elle dote l’individu d’outils qui lui permettent de gérer l’ensemble de ses relations avec les e-commerçants, allant de la visualisation de ses transactions à celle de ses marchands et marques en passant par la possibilité d’interagir avec son réseau tout en choisissant à quels marques et marchands il souhaite communiquer ses données personnelles.

    La mise en place du partage des données personnelles pourraient donc changer la donne pour ce service. Alors que pour l'instant, les informations qu'il collecte le sont "à l'insu" des marchands en ligne, la mise en place d’un partage effectif de certaines données clients (qui seraient stockées sur une plateforme par exemple) accélèrerait et faciliterait grandement le processus, en permettant un accès plus direct à un certain nombre d'informations issues des comptes clients.

  •  

    Mercredi dernier nous avons rencontré Olivier Dion, le co-fondateur de OneCub, une start-up qui propose un outil de VRM (Vendor Relationship Management ou "Gestion de la Relation Vendeur"). L'objectif du VRM, dont Doc Searls est la figure emblématique, est de permettre le développement d’outils qui rendraient à l'individu son indépendance par rapport aux vendeurs et qui lui permettraient d'être mieux équipé dans sa relation avec eux.

    Olivier Dion a accepté de nous parler de OneCub et de la vision que sa start-up véhicule.

    OneCub propose à ses utilisateurs de trier leurs mails commerciaux, administratifs, et plus largement tous leurs mails issus de relations avec les acteurs en ligne que ce soit des e-commerçants (Carrefour.fr, Fnac.com, Leclerc, …), des sites de « loisirs » (Allociné, Youtube, Télérama … ) ou encore de services globaux (Ratp, Pole emploi, …).
    Le service sera disponible dans le courant de l’été en version Bêta, vous pouvez déjà vous pré-inscrire sur le site.

    OneCub3

     

    La vision adoptée par Olivier Dion et ses collaborateurs est la suivante : permettre à l’internaute de gérer, via un tableau de bord ergonomique, l’ensemble de ses relations avec les acteurs du Web. L’objectif premier étant de fluidifier la relation de l’individu avec ceux-ci.

    Concrètement, l’internaute  qui s’inscrit au service OneCub peut décider soit de synchroniser ses boites mails avec OneCub, soit d’obtenir une nouvelle adresse : @onecub.com, spécifiquement dédiée à ses inscriptions sur les sites Web.

    OneCub réalise le tri des mails, selon les acteurs du Web auxquels ils correspondent, et ensuite selon les catégories auxquelles ils appartiennent (mail correspondant à la gestion du compte, aux opérations réalisées, au service après-vente, aux notifications …). L’internaute a également le choix des partenaires avec qui il décide d’interagir : ceux dont il ne souhaite plus recevoir les messages seront considérés comme des « partenaires refusés » et les mails qu’ils enverront ne seront pas présentés sur le tableau de bord. Il peut également effectuer un tri plus précis en décidant de ne plus recevoir tel type de mail (par exemple les newsletters) de tel type d’acteur Web.

    A partir de là, OneCub pourrait proposer d’autres services : émettre des offres pertinentes par rapport aux relations que les internautes entretiennent avec les commerçants et les administrations,  mettre en place un système de recommandations qui permettrait aux individus d’être aiguillés vers des produits ou services qui pourraient leur plaire, …
    L’idée est de pouvoir constituer une base pour un éventuel futur partage des données en présentant aux internautes quelques-uns des services qui leur permettront de gérer de manière fluide leurs relations avec les acteurs du Web. 

    Le service proposé par OneCub est gratuit pour les internautes. Son modèle de revenu reposera sur les entreprises et les administrations partenaires. En effet, les acteurs du Web pourraient être prélevés via un système de commission en fonction des offres ciblées proposées par OneCub, un portail de statistiques pourrait également être crée et constituerait un deuxième service dédié aux organisations.

    OneCub propose donc une «application » au cœur du VRM qui passe par la mise en place d’un tableau de bord et la proposition de services futurs associés. La start-up apporte un nouvel angle de vue au projet Mes Infos. L’évolution du service est à suivre …

  •  

    Aujourd’hui j’aimerais vous parler d’un des services qui me semblent pertinents dans l’étude que je réalise sur les business models existants autour des données personnelles.
    C’est le service Personal, une plateforme sécurisée pour la gestion de ses données personnelles. Il permet de gérer ses données « par thématique » (ou gem) : données liées au wifi, à la garde des enfants, aux voyages, aux régimes alimentaires, aux vêtements, à la santé, aux cartes de crédit, …


    Accessible via l’ordinateur, la tablette ou le Smartphone, le possesseur d’un compte Personal a la possibilité d’ajouter des « gems », de les compléter avec ses données, de les organiser et de les contrôler (notamment en terme d’accès et de partage). Il pourra notamment choisir quels gems il décide de partager et à qui.

    Fonctionnement de Personal

    Pour mieux comprendre le fonctionnement du service, je vous propose de visionner une vidéo explicative présentée par Personal. 

    Une des particularités de ce service américain est qu’il se place dans une position où l’individu est le propriétaire de ses données personnelles (« The data that you store in Personal is yours »). En France, de multiples services permettent également de gérer ses données personnelles (notamment via les coffres forts électroniques). Ils permettent à l’individu de gérer son foyer, ses relations avec les entreprises, ou encore sa santé, … Mais la vision du contrôle des données personnelles qu’ils véhiculent n’est pas confortée par des principes juridiques. En effet, « en France, la notion de propriété des données n’a pas de statut juridique en tant que tel » comme l’explique un avocat à la Cour d’Appel de Paris dans un article de blog du Figaro

    Dans le cas de Personal, un des objectifs annoncés est justement de redonner à l’individu la possession de ses données et de l’aider à prendre conscience de la valeur de celles-ci pour les entreprises.
    Ces principes s’inscrivent dans le courant du VRM (Vendor Relationship Management) qui propose de doter l’individu d’outils de collecte et d’analyse afin qu’il soit en mesure de prendre des décisions plus « éclairées » et de gérer ses relations avec les entreprises en étant mieux équipé. 

    Mais Personal ne s’adresse pas qu’aux internautes, il propose également une offre aux entreprises.
    Celles-ci ont en effet la possibilité d’intégrer le service Personal à leur site internet et ainsi de permettre aux consommateurs d’utiliser les différents gems de leur compte dans les différents types de relation qu’ils entretiennent avec les entreprises (les intenrautes peuvent par exemple donner accès à leur gem « voyage » à tel acteur du tourisme afin de pouvoir bénéficier d’offres adaptées à leurs profils).  
    Personal se postionne ainsi comme une sorte d’intermédiaire entre les individus et les entreprises.

    De par le service qu’il propose, l’empowerment de l’individu qu’il promeut et la fonction qu’il occupe dans l’espace des données personnelles, Personal permet d’appréhender l'un des business models qui s’inscrivent dans la logique du projet Mes Infos et qui constituent la base d’une réflexion sur l’émergence de nouveaux services liés au partage des données personnelles.

  • Le projet Mes Infos propose d’explorer puis d’expérimenter le partage des données personnelles entre organisations et individus.
    A ce titre, il pose de nombreuses questions tant au niveau juridique, technique, social, qu’économique.

    Certains éléments de réponse ont été amenés par les différents comités de pilotage et workshops qui ont eu lieu jusqu’à présent. Mais de nombreuses interrogations restent encore sans réponse, notamment celles liées aux impacts économiques d’un tel partage.

    C’est dans cette optique économique, et dans le cadre de mon stage de fin d’études en management et économie, que j’ai rejoint la FING pour travailler sur des questions précises posées par le projet Mes Infos.

    Comment une organisation pourrait intégrer le partage des données à sa chaine de valeur ? Quels business models pourraient être mis en place autour du partage des données entre entreprises et consommateurs ?  Comment créer de la valeur à partir de cet échange ?  En quoi ce partage influencerait-il la position des clients dans leur interaction avec les firmes ? sont autant de questions sur lesquelles il faudra réfléchir afin d’un part, de préparer l’expérimentation qui aura lieu fin 2012/début 2013 et, d’autre part, de poser les bases de ce partage et les conditions dans lesquelles il pourrait se mettre en place.

    Afin d’apporter des éléments de réponse à ces questions, j'ai plusieurs pistes de travail.
    Je suis actuellement en train de dresser une typologie des services et applications existants basés sur les données personnelles. Cela me permettra d’avoir une idée plus précise des types d’applications qui sont actuellement proposés et de ceux qui pourraient émerger du partage des données personnelles. J’analyserai également leur business model pour être capable d’en identifier les « briques » technologiques, économiques, … et ainsi identifier une éventuelle combinaison innovante de celles-ci.

    En parallèle, pour préparer l’expérimentation fin 2012/début 2013, j’organiserai des rencontres (sous une forme qui reste à déterminer : mini-ateliers, petits-déjeuners, …) avec des collaborateurs de start-up pour avoir leur opinion quant à cette expérimentation, connaitre leurs motivations, leurs freins, ... et voir s’ils ont éventuellement des idées à proposer quant aux services, plateformes, … qui pourraient émerger de ce partage.

    Voilà où j’en suis pour l’instant. Si vous avez des remarques, des idées, des propositions quant à cette « investigation » économique, n’hésitez pas à mes les communiquer !

Conception & réalisation : Facyla ~ Items International

Plateforme construite avec le framework opensource Elgg 1.8