Blog de Marielle Gendron

  • Scénarios extrêmes FuturEduc

    École zéro “mauvais” ennui Scénario Extrême n°6 pour l'école en 2035

    Ce scénario a été construit à partir de la question « que serait une école zéro ennui ? » reformulée par « que serait une école zéro ennui pour l’enseignement secondaire qui ne soit pas une école de la sollicitation permanente ?”.

    Constat 

    Les élèves s’ennuient dans le système secondaire où les formats de cours sont quasiment similaires quelle que soit la matière. Cette monotonie a conduit à la perte du goût pour l’apprentissage chez de nombreux élèves. Certaines tendances à l’oeuvre appuient ce besoin d’une école davantage personnalisée et dans laquelle l’élève est impliqué : les tendances du “mode projet”, du “laissez-choisir” de l’élève, de la valorisation de la créativité ainsi que de l’accès à la connaissance en ligne. Toutefois, l’excès d’informations dans un monde de plus en plus connecté en permanence soumet le cerveau de l’être humain à de très fortes sollicitations. 

    Les tensions

    On peut ainsi mettre en évidence des tensions liées à un projet d’école zéro ennui :

    • Trop de sollicitations peuvent tuer les capacités d’attention.
    • L’élève qui ne s’ennuierait jamais, qui serait “nourrit” sans arrêt, risquerait d’adopter une posture passive de consommateur.
    • Donner plus d’autonomie aux élèves peut être source d’inégalités, entre ceux ayant déjà été éduqués à se débrouiller tout seul et ceux n’y parvenant pas encore.

    Le scénario

    L’école du “zéro “mauvais” ennui”  est une école modulaire qui offre un cadre à l’élève avec des temps de natures différentes.
    Le fonctionnement de l’école combine en effet “socle commun”, “méthodes” et “matières d’imagination” (écriture, art…) pour s’adapter à la personnalité de chacun.

    Chaque trimestre, les élèves ont la possibilité de construire leur agenda.
    Ils s'impliqués dans la vie de leur école qui devient “leur” et où ils expérimentent l’apprentissage du vivre-ensemble. .
    Le but de cette école est la recherche de l’équilibre entre autonomie/encadrement, effort/désir, solitude/groupe, personnel/collectif, vide/plein. L’accent est mis sur l’apprendre à apprendre et la connaissance de soi.

    Que se passe-t-il dans les espaces physiques ?

    La structure physique de l’école est un lieu de vie. Les élèves sont impliqués dans la vie de l’école et toutes ses composantes, des décisions d’aménagement, d’une vision du budget à la participation au ménage.

    La nature diversifiée de l’enseignement amène à la mobilité au sein de l’école entre lieux calmes et lieux plus mouvementés.
    Les élèves sont aussi souvent amenés à sortir de l’école dans le cadre de la découverte de métiers, de mini-stages et de projets.
    Des échanges sont nombreux avec des intervenants extérieurs à l’école.

    Que se passe-t-il dans le curriculum ?

    L’emploi du temps des élèves est composé de modules diversifiés faisant appel aux intelligences multiples : projets interdisciplinaires, travail théorique en solo, matière artistique, temps praxéologiques…

    Les élèves suivent des matières hors de la nature de leur cursus pour garder une ouverture sur d’autres domaines (et ainsi des possibilités de réorientation).
    La diversité des connaissances appliquées est, de fait, requise.

    L’apprentissage du vivre-ensemble, est favorisé grâce à la pratique de la communication non-violente et de la critique positive, renforçant l’estime de soi de l’élève.
    Les professeurs pratiquent cette philosophie et y consacreront des “temps” sous forme d’atelier, moment possible d’expression par les élèves sur leur expérience de conflits. 

    Que se passe-t-il dans la dimension temporelle ?

    Les échanges inter-générationnels sont plus présents grâce aux projets qui font intervenir une diversité d’acteurs. En outre, les projets et modules sont parfois multi-niveaux, favorisant ainsi l’apprentissage de pair-à-pair.

    Au niveau de l’élève, celui-ci a une marge de manoeuvre pour organiser son emploi du temps. A partir de bases obligatoires, c’est lui qui peut choisir les modules qu’il souhaite augmenter et les matières qu’il souhaite suivre en dehors de son cursus.
    Cette école lui apprend déjà jeune à s’organiser et commencer à expérimenter la liberté du choix de sa vie.

    Par ailleurs, grâce aux modules méthodologiques, l’élève, accompagné du professeur, peut prendre le temps nécessaire pour avoir du recul sur ses pratiques, se questionner sur son état (physique, émotionnel, cognitif..), son épanouissement, ses difficultés, ses progrès et ses aspirations afin de pouvoir faire des ajustements.

    Enfin, dans cette école, le rythme temporel des modules est diversifié et personnalisé, correspondant aux besoins physiologiques de l’être humain : des moments de calme (spleen du poète), au moment d’effervescence du travail en groupe. 

    Que se passe-t-il dans la dimension économique ?

    Intégrer les élèves à des projets productifs est un modèle win-win. Les élèves sont heureux de sentir leur prise sur le monde en étant actif/utile et ce learning by doing est très efficace et stimulant. Les parties civiles de l’autre côté peuvent voir leurs problèmes de quartier, d’association et parfois d’entreprises résolus.

    Un modèle économique local se met en place de manière logique se faisant rencontrer offre et demande. Des économies sont ainsi réalisées et les problèmes de la communauté sont résolus plus rapidement pour la satisfaction de tous. Le sens de responsabilité des citoyens se développe parallèlement à leur implication dans la communauté, il en découle des externalités positives sur le respect des lieux et des personnes. 

     

  • Scénarios extrêmes FuturEduc

    Une école engageante Scénario Extrême n°7 pour l'école en 2035

     

    La question de départ pour écrire ce scénario est " Que serait une école zéro ennui ? ".

    Les tendances

    • l’introduction des jeux, gamification des parcours, pas uniquement d’une discipline
    • l’apprentissage P2P se développe avec d’avantage d’autonomie
    • “tous auteurs, tous producteurs”
    • enseignement "maker" (et en faisant on se pose des questions)
    • apprentissage pluridisciplinaire

    Les tensions

    • dénaturer l’envie d’apprendre
    • l’injonction à innover, différent de créer un cadre à l’innovation
    • un autre rapport à l’apprentissage, avec différents rythmes
    • tension à la prescription d’activités qui donnent envie
    • renouvellement perpétuel et formation des professeurs

    Les éléments déclencheurs

    • 2020 - une grève des élèves

    Il n’y a plus de moyens dans les universités; elles se vident, il y a une défiance des universités qui vient contaminer les lycéens.

    • En 2025 l’apprentissage est délégué aux entreprises dès le plus jeune âge.
    • En 2025, les badges déterminent la rémunération, il existe une grille européenne de la rémunération en fonction des badges.
    • Une incitation fiscale est donnée aux entreprises pour proposer 2 semaines de stage par an.

    Le scénario

    L’apprentissage professionnel a disparu à l’école, c’est le point de départ d’une nouvelle mission de l’école, plus engageante, qui se réinvente, basée sur le collectif. L’école est là pour rendre service à la société, mettre les gens ensemble. Les finalités de l’école sont recentrées sur le vivre ensemble.

    Les acteurs

    Les élèves

    Les élèves choisissent les actions qu’ils veulent mener via des forums ouverts pour décider collectivement des actions. Une nouvelle matière fait son apparition : “Apprends aux autres”, chacun a en effet le droit d’amener sa vie personnelle à l’école, à condition que cela apprenne aux autres. Certains apprentissages peuvent aller plus loin, apprendre à 100 000 personnes

    Les professeurs
    Il existe une plus grande porosité entre différents mondes professionnels. Les professeurs peuvent faire des “va et vient” avec l’extérieur, il existe une plus grande mobilité professionnelle et ils tirent également parti du système de badges. Le chef d’établissement va recruter ses équipes pédagogiques via les badges (professeurs badgés).
    Les enseignants favorisent les forums ouverts pour mener des actions vers l’extérieur. L’action et l’évaluation se déplacent dans le champ de l’action sociale.

    Les autres acteurs
    La communauté familiale “étendue”, formelle et informelle, autour des élèves dont l’un des rôles est une écoute bienveillante, qui favorise l’entraide. Des badges sont également attribués à la communauté familiale “étendue” pour leur capacité d’écoute.

    Dorénavant c’est le collège d’acteurs regroupant professeurs, élèves, communauté familiale étendue et entreprises, qui valide les badges. C’est aussi ce collège d’acteurs qui définit le nouveau socle de compétences, avec un minimum de badges pour être diplômé.

    Que se passe-t-il dans le curriculum ?

    • Il faut travailler sur une nouvelle colonne vertébrale du vivre ensemble, le savoir-faire professionnel est amené par l’entreprise.
    • Il faudrait tracer des parcours d’apprentissages, de découverte, comment ils se pensent.
    • Il faut aussi penser la dimension internationale - la mobilité. La communauté “étendue” pourrait revisiter le jumelage.

    Que se passe-t-il dans les espaces physiques ?
    Il est possible de changer d’école pour suivre tel enseignement.

     

     

  • Scénarios extrêmes FuturEduc

    Ecole projets Scénario Extrême n°5 pour l'école en 2035

     

    A partir de la question “Que serait une école tout numérique ?”reformulée par “Que serait une école où tous les contenus pédagogiques seraient accessibles en ligne?”

    Tendances

    -numérisation des contenus, tutoriels
    -classe inversée
    -tous auteurs tous producteurs
    -apprendre dans un univers changeant

    Tensions

    -Comment trouver les ressources (compétence info-doc à mieux valoriser dans les compétences à acquérir)
    -Formation initiale et continue des professeurs
    -Connexion et équipement

    Description du scénario dans sa globalité
    Tous les contenus, formels et informels, sont dorénavant accessibles sur la plateforme de l’établissement et ouverts à tous, au delà des parents et élèves, toute personne souhaitant se former, apprendre.

    De plus, chaque élève a son espace pour apprendre : il y organise les contenus et les différentes ressources, il y met toutes les sources qui lui permettent d’approfondir tel savoir.

    Chaque trimestre l’équipe pédagogique évalue les élèves sur leur capacité à trier, organiser, chercher les informations.

    Toutes les ressources et contenus étant dorénavant organisés et accessibles en ligne et les élèves disposant chacun d’un espace personnel pour construire son parcours d’apprentissage à partir des projets à mener, l’établissement offre dorénavant un fonctionnement en plateau-projet. Il n’y a plus de classe par niveau, mais un mélange de 25 élèves de la première année à la cinquième année pour le collège par exemple.  

    Les élèves viennent dans l’établissement pour conduire des projets. Il n’y a plus de cours par discipline mais des temps d’intervention et des temps en atelier pour la réalisation des projets. Les équipes pédagogiques définissent les objectifs en termes de compétences et de savoirs à acquérir au début de chaque trimestre.

    Comment sont définis les projets ?
    -à la demande de l’équipe pédagogique

    -à la demande d’un acteur extérieur comme par exemple avec l’environnement proche (les acteurs du quartier, associations, monde professionnel), avec des industriels,...Dans ce cas, l’équipe pédagogique valide le projet et la manière de le réaliser.

     

    Les éléments déclencheurs
     Une pression des parents qui n’en peuvent plus de ne pas avoir accès aux ressources, en particulier lorsque leurs enfants sont absents.

    La formation initiale des professeurs pousse à la documentation et publication de leurs contenus; ils sont évalués également pour leur manière de documenter leurs cours et les rendre prenable par tout à chacun. Chaque année, un prix de la mise en scène de la connaissance est mis en place.

    Les acteurs
    Dans ce scénario, les élèves vont dans l’établissement pour réaliser en équipe le projet.

    Ils doivent compiler, documenter le projet tout au long du trimestre sur l’espace dédié de la plateforme.

    Par ailleurs, ils construisent eux-mêmes le corpus théorique et les savoirs indispensables pour réaliser le projet.  Ils font eux-mêmes leurs parcours d’apprentissage à travers les savoirs en fonction des objectifs fixés par l’équipe pédagogique.

    Les professeurs ont une formation initiale pluridisciplinaire, avec la possibilité de ne pas se spécialiser dans une discipline. Ils doivent être capable d’identifier les savoirs à mobiliser dans la conduite des projets. Ils organisent leur trimestre avec un programme d’intervenants professionnels en lien avec le projet à mener. Le professeur pilote le projet et est accompagné par la “cellule programme” qui définit et organise l’espace ressources et contenus pour les élèves, organise les interventions des experts professionnels. Ils n’ont plus à proprement parler de cours mais ils sont disponibles à tout instant pour aider les élèves via l’application “Tuteur”.

    Les élèves, comme les professeurs dans leur formation initiale, sont évalués par compétences. L’équipe pédagogie identifie pour chaque projet les savoirs à acquérir.


    Dans ce scénario l’industriel, l’association, l’agriculteur,....peuvent adresser un sujet, projet, problématique, qui doit être accepté et reformulé avec l’équipe pédagogique.

    Que se passe­-t-­il dans les espaces physiques ?
     L’école est organisée en plateau projet, grands openspaces.
    Il subsiste des salles pour se réunir à plusieurs.
    Il y a des espaces dédiés pour des conférences.
    Le centre de ressources et de documentation accessible 24h sur 24.

     Que se passe-t-il dans le curriculum ?
    Le curriculum est remanié en exploration de savoirs.


    Que se passe-t-il dans la dimension économique ?
      Les demandes de projet provenant des acteurs extérieurs à l’établissement doivent être soutenus financièrement par ces derniers. L’ensemble des réalisations sont partagés avec le demandeur mais gardent leur caractère opensource.

     

    Que se passe­-t-­il dans la dimension temporelle ?
      Il n’y a plus d’emploi du temps par discipline, mais des explorations de savoirs par trimestre.

    Il a un programme de conférences, intervenants et des plages horaires dédiées au projet.

    A la fin de chaque trimestre, des présentations publiques des projets sont organisées; une semaine réservée à la présentation de tous les projets.

     
  • Scénarios extrêmes FuturEduc

    L'Ecole immersive Scénario Extrême n°8 pour l'école en 2035

     

     Ce scénario a été construit à partir de la question « que serait l’environnement d’apprentissage de demain ? » reformulée par « comment exploiter le potentiel de la gamification (soft & hardware) en faisant appel à des professionnels du secteur des jeux tout en conservant l’indépendance de l’école et son étique malgré les intentions lucratives de ce secteur ?»

     Description du scénario dans sa globalité

    Dans ce scénario, les technologies transforment le rapport de l’élève au savoir. Les matières sont enseignées de manière immersive, l’élève apprend par l’expérience directe.


    La potentialité du virtuel est exploitée à son maximum pour des possibilités d’expériences pédagogiques multiples. L'élève en immersion grâce aux technologies peut par exemple communiquer avec le monde dans une langue étrangère, suivre un cours d'histoire dans l'époque traitée, faire des expériences scientifiques de grande ampleur… Activités qui étaient jusqu’alors impensables pour des raisons d’organisation, d’infrastructures, de coûts, d’encadrement...

    Auparavant acquise d’après le mode transmissif, la connaissance est directement vécue par l’élève. L’élève construit son apprentissage en transformant lui-même son expérience en connaissances. La possibilité de vivre des expériences immersives personnalisées permettent un apprentissage adapté au rythme de l’élève, solution contre l’ennui ou le décrochage.

    Le métier des enseignants change également puisqu’ils deviennent « accompagnateurs/catalyseurs/chercheurs ». Ce ne sont pas des chercheurs comme ceux des laboratoires universitaires mais des expérimentateurs ouverts à l’innovation et à l’évaluation de leurs activités.

    Dans cette école, les activités virtuelles sont toujours accompagnées d’une transposition au réel, le besoin d’activités avec un ancrage à la réalité physique pour contribuer à l’équilibre psychologique et physiologique de l’être humain est pris en compte. Réalité virtuelle et réalité réelle sont alors envisagées en continuum en favorisant le plus possible les passages du virtuel à la matérialisation, notamment grâce aux imprimantes 3D présentes dans les fablabs.

    Toutes les facultés et les sens de l’élève sont stimulés dans cette école immersive.

     

    Que se passe-t-il dans les espaces physiques ?
    Grâce aux technologies, les élèves se déplacent dans une diversité d’espaces physiques et ont accès à des expériences multiples sans coûts d’équipements ni de déplacements. Par exemple, grâce à la réalité augmentée, les élèves peuvent avoir le sentiment de voyager tout en restant sur place.
    Par ailleurs, un Fablab est présent dans chaque école. Les élèves peuvent y matérialiser leurs projets. Il sert aussi de lieu de laboratoire expérimental pour l’élaboration des jeux immersifs de manière collaborative entre professeurs et startups.

    Que se passe-t-il dans le curriculum ?
    Chaque discipline est enseignée de manière plus ludique et immersive/interactive pour l’élève grâce aux jeux.
    Les jeux sont réalisés par un partenariat professeurs/startups. De manière conjointe, ils établissent la visée pédagogique de chaque jeu, procèdent à sa réalisation technique et élaborent le jeu en détail (scénario, personnages, etc.). Les retours des élèves sont pris en compte pour améliorer les jeux. Les élèves participent occasionnellement à la conception de jeux immersifs de A à Z, pour en comprendre les ressorts.

    Que se passe-t-il dans la dimension temporelle ?
    Les niveaux n’existent plus. Chacun apprend à son rythme grâce à la dimension individuelle et personnalisée du jeu. On peut ainsi mettre plusieurs années à valider des compétences en français et seulement quelques semaines en mathématiques selon ses facilités.

    L’emploi du temps de l’élève comprend aussi des activités de relation à l’autre en face à face physique, comme la danse, le sport, le théâtre… Elles aident l’élève à apprivoiser ses émotions et sa communication avec autrui.

    Que se passe-t-il dans la dimension économique ?
    Le métier d’enseignant change radicalement.  L’école est à la pointe de l’innovation, grâce à un système d’organisation décentralisée. Des partenariats avec le monde de l’entreprise sont envisagés sous réserve d’égalité de traitement et d’une politique transparente de confidentialités des données. Le recours à des acteurs privés souples (telles les startups) permet d'offrir aux écoles des prestations plus économiques, plus rapides et plus adaptées (grâce à leur travail en collaboration avec les équipes pédagogiques).
    En outre, les frais d’intermédiaires disparaissent grâce à la mise en place d’une plate-forme d’échange numérique et au Fablab, lieu de rencontre physique des professeurs et acteurs des startups..



  • Questions et tensions FuturEduc

    Les grandes questions et tensions FuturEduc

     

    A partir d’un échange avec les groupes locaux Suisse, France, Canada sur les questionnements de l'école à l’ère numérique, voici les questions fédératrices de FuturEduc et les tensions qui offriront le cadre pour la suite des travaux; en particulier pour les ateliers scénarios extrêmes.

    Les questions

    1. La question des finalités : l’éducation est actuellement soumise à de fortes pressions, faut-il changer les finalités de l’éducation ? quelles pourraient être ses nouvelles finalités ? La question des contenus : qu’est-ce qu’on enseigne ? qu’est-ce qu’on apprend ? Quel sera l’impact sur les contraintes systémiques, le temps et l’espace ?
    3. La question des enseignants : zone de tension maximale, disparition du professeur ? Le futur de l’éducation est-il un futur sans professeur ?
    4. La question de l’organisation :
    - L’école comme organisation : pouvoir, autonomie, place accordée à l’élève…
    - Quelle organisation des espaces physiques de l’école ?
    5. La question de l’ouverture de l’école
    6. La question du plaisir


    Les tensions

    1. Effet de mode, renouvellement / durable, pérenne
    2. Subir / Resistance, Agir
    3. Générationnel : “nous”/eux”
    4. Surveillance/autonomie, Contrôle /confiance

  • Matériel scénario extrême en open source

    Nous vous mettons à disposition le matériel que nous avons créé pour réaliser des scénarios extrêmes : fiches, cartes, plateau et règle du jeu.

     

    Ce matériel de jeu sert d'outils pour se projeter en groupe sur l'école du futur (primaire/secondaire) à l'horizon 2035.
    Imaginer l'école pour un futur plausible et positif.

    Ce matériel a été conceptualisé par l'équipe Fing FuturEduc (Marielle Gendron et Véronique Routin) en collaboration avec la designer Laura Anastasio. Il utilise notamment les 7 leviers numériques des transitions produit par le Cahier d'enjeux Questions Numériques Transitions.

     

  • Le groupe local français est composé des équipes pédagogiques et de direction de plusieurs établissements :  le collège Louise Michel à Clichy sous Bois, le collège Guy Moquet à Villejuif, le lycée Arago à Paris. Un représentant des CFA (Centre de Formation des Apprentis) fait également parti du groupe local France.


    Présentation détaillée des différentes structures :

    Ce collège a la particularité d'être un « collège connecté » (collège test dans le cadre du dispositif français pour implémenter progressivement le numérique à l'école, en savoir plus ici). Dans ce cadre, il dispose au sein de son établissement d'équipements high-tech, d'un FabLab et est amené à utiliser ces outils pour servir des projets transdisciplinaires auprès des élèves.

    -  Lofti Bourgou : principal du collège
    - Arnaud Trappiez : principal adjoint
    - Gautier Scheifler : CPE (Conseiller Principal d'Education)
    - Renaud Godel : professeur de technologie
    - Brigitte Gogibus : documentaliste
    - Christophe Noullez : professeur de technologie, référent numérique et membre du Fablab

    Myriam Merlin : principale du collège
    - Stéphanie Mazuer : documentaliste
    - Mohamed Rharrafi : professeur d'anglais et webmaster
    - Anouk Bollon : professeur de SVT

    - Viviane Guini : proviseure du lycée
    - Madeleine Abrahimi : proviseure adjointe
    - Dominique Ledogar : Chef du service accompagnement à la Direction de l'apprentissage et de l'emploi, pour la région Île-de-France

    Au sein de son service, il développe des projets innovants en matière d'éducation auprès de jeunes en formation « apprentissage » comme « filme ton job » ou le projet « tablettes ».

    • L'équipe FuturEduc coordinatrice :

    Sophie Mahéo : chef de projet innovation et prospective
    Véronique Routin : directrice du développement pour la Fing
    Laura Anastasio : designer diplômée de l’école Boulle, agrégée d’arts appliqués, en master 2 recherche  « Design, Médias, Technologies » avec un projet de recherche sur les modes de pensée générés par les médias numériques
    Marielle Gendron : stagiaire, en master 2 « Technologies de l'Education et de la Formation »

    Serge Pouts-Lajus : consultant à éducation & territoires, organisme qui conseille et accompagne les collectivités dans la mise en place de politiques éducatives.


    Dans FuturEduc , le groupe local France est associé à 2 autres groupes locaux, Canada et Suisse. L’objectif étant de faire dialoguer différents pays, pour dépasser le cadre national et inviter à la recherche de réponses neuves autour de l’éducation à l’ère numérique.

  • Invitation FuturEduc : des scénarios pour imaginer l’école à l’ère numérique
    par les étudiants en design de l’ENS-Cachan et l’école Boulle
    Le 2 octobre, 14h-16h30
    Ecole Boulle
    Paris, 12

    Dans le cadre de FuturEduc, nous animons avec l’ENS-Cachan et l’école Boulle un workshop la semaine du 24 au 30 septembre. Les étudiants en design auront à choisir un sujet, un thème parmi des “utopies” (Ecole sans enseignant, Ecole 99% à distance, Ecole inversée, Ecole data driven,...), une mission (apprendre par le design, l’école refondée sur les neurosciences,...), la réorganisation d’un morceau du système (les lieux d’apprentissage, articuler les temps et les lieux,...).

    Nous vous invitons à la présentation des travaux issus de ce workshop, le vendredi 2 octobre de 14h à 16h30 à l’Ecole Boulle.
    Les inscriptions sont ouvertes à tous, dans la limite des places disponibles.
    Lien vers inscription http://relations.fing.org/civicrm/event/register?id=613&reset=1

     

    A propos du département design de l’ENS-Cachan.
    Orienté par le projet global de l'ENS-Cachan, le département propose une multiplicité de parcours en design aux élèves avec la préparation au concours de l'agrégation d'arts, options arts appliqués, et la construction d'un projet de recherche.

    A propos du département design produit - DSAA - de l’école Boulle.
    Le DSAA (diplôme supérieur d’arts appliqués) Design Produit soutient une approche ouverte et diversifiée de la discipline afin d’élaborer des démarches critiques et investies susceptibles de rendre légitimes de nouveaux moyens, outils, procédés, systèmes ou objets.

    A propos de FuturEduc
    FuturEduc, projet de la Fing et Education et Territoires, propose de construire des visions partagées et originales du futur de l’école pour tous dans le monde francophone (France, Suisse, Canada). L’ambition est de se doter d’une prospective action sur le sujet de l’éducation en s’attachant à travailler avec les communautés éducatives (enseignants, élèves, parents, chefs d’établissement, éditeurs, innovateurs,…).

  • Dans le contexte actuel d'hostilités aux frontières européennes, un objectif de l'école sera de favoriser l'ouverture d'esprit à l'autre, l'étranger, le pays voisin.
    C'est ce que propose le dispositif européen "eTwinning" qui stimule la curiosité des élèves pour leurs camarades des pays voisins. C'est en quelque sorte l'"erasmus" des écoles primaires et secondaires. 

    Le dispositif utilise les nouvelles technologies pour créer des projets entre classes de différents pays.
    L'intérêt est double : accroître les compétences technologiques des élèves + accroître leurs connaissances géographiques et linguistiques.

    NB : Une idée pour le projet FuturEduc : faire entrer en contact les écoles suisses / françaises des groupes locaux via ce programme ?

     

     

    Plus d'infos provenant du site eTwinning:

    "eTwinning est une action européenne qui offre aux enseignants des 35 pays participant la possibilité d’entrer en contact afin de mener des projets d’échanges à distance avec leurs élèves à l’aide des TICE. Plus de 300 000 enseignants sont inscrits dans la communauté eTwinning en ligne (mars 2015). eTwinning fait partie du programme européen, Erasmus+

    En plus de ce réseau étendu d’enseignants, eTwinning met à disposition des outils de communication et d’échanges pour les projets, tous gratuits et sécurisés. Chaque pays qui participe à cette action est doté d’un bureau d’assistance national qui fournit un soutien pédagogique et technique aux enseignants inscrits. 

    Pour qui ? 

    Les enseignants, enseignants documentalistes et chefs d’établissement en primaire ou secondaire, public ou privé sous contrat, de toutes disciplines, en France ou dans un des autres pays participant, peuvent s’inscrire à eTwinning. Il n’y a pas besoin de compétences techniques particulières.

    Pourquoi ?

    Pour mener un projet à distance avec vos élèves, pour travailler de manière interdisciplinaire, pour dynamiser votre enseignement et impliquer davantage vos élèves, et pour votre développement professionnel. En effet, eTwinning vous aide à mener un projet centré sur les élèves, leur offrant l’opportunité de travailler différemment et de communiquer « pour de vrai » avec des élèves d’autres pays. Ils sont alors plus impliqués et plus motivés, acteurs dans leur propre apprentissage.

    De plus, les projets à distance intègrent de façon authentique les outils numériques (échange par messagerie et visioconférence, prise de photos et vidéos, recherche d’information, etc.), vous permettant de valider nombreux items du B2i. Et bien qu’eTwinning réponde aux besoins d’enseignants de langues vivantes, de nombreux projets sont menés dans d’autres disciplines, parfois en français et souvent dans plusieurs langues. Un projet eTwinning peut même impliquer plusieurs enseignants de différentes disciplines au sein de l’établissement français et dans celui du partenaire."
    Source : http://www.etwinning.fr/decouvrir/quest-ce-quetwinning/introduction.html

     

    Un exemple en images :  

  • Je me présente, Marielle Gendron, future stagiaire de la Fing à Paris, à partir de lundi. 
    De voyage au Canada, j'en ai profité pour aller visiter ce que faisait nos voisins outre-atlantique.
    Voici un compte-rendu de ma journée du 08-09-2015, à Montréal, très gentiment organisée par Mario Asselin, membre du groupe local Canadien.
    La visite s'est déroulée autour de trois expériences : le projet CADRE21 d'éducation très comparable à la prospective du projet FuturEduc de la Fing ; la visite d'un collège privé Canadien Regina réputé pour être à la pointe de la nouvelle technologie en matière d'équipements ; enfin un meeting informel avec des passionnés de nouvelles technologies exerçant dans le champ de la pédagogie. 

    Le projet CADRE 21
    Le CADRE est le Centre d'Animation et de Recherche en Education.
    Le projet CADRE21 sur lequel il travaille principalement actuellement, est né après avoir mené une études auprès d'élèves Canadiens. Ils se sont plaints d'être "déconnectés de la vie à l'école, car dans la vraie vie, ils sont connectés à Internet". 
    Le projet Ecole de demain poursuit l'investigation et souligne un manque du côté des professeurs, à la fois de reconnaissance et d'accompagnement dans leur formation. 
    C'est ainsi que naît le projet CADRE21, dont le but premier est de construire un espace (au sein des locaux du CADRE) qui servira de laboratoire à l'école de demain.

    Ouvert à tous, professeurs du privé comme du publics, entreprises, chercheurs...
    2 objectifs de cet espace de rencontre physique :
    - fournir un lieu d'accompagnement dans la formation des professeurs 
    - être un lieu de rencontres pour débats et prospective sur les enjeux du numérique mais aussi plus largement ceux relevant de la pédagogie
    Le tout, dans une logique de plate-forme (horizontalité et interactivité).

    Les 2 espaces physiques mis à disposition (encore en construction) se veulent très design (dans l'esprit des espaces de travail de google), ils comprennent :
    - une salle vitrée ultra connectée avec un espace détente/chill
    - une deuxième salle pour réunion/visio-conférences (insonorisée, écriture et affichage sur mur..) (cf photo)

     Futur salle de

    Plus de détails sur les ambitions du projet CADRE21 : 
    - Un lieu pour se faire rencontrer différents acteurs concernés par les enjeux de l’éducation : Entreprises, professeurs, écoles privées/publiques
    - Créer un réseau pour réfléchir sur l'école de demain : actuellement les professeurs porteurs d'innovation sont isolés (1500 professeurs maximum sont réseautés)
    - Laboratoire adressé à tout le Canada, objectif de désisoler Québec (cf problématique des mouvements indépendantistes) mais ambition plus vaste, tourné vers le réseau francophone mondial
    - uno outil central et novateur : le badge numérique, pratique susceptible d'intéresser les autres pays

    Le concept du badge numérique : 
    -C'est un genre de portfolio du professeur sur lequel apparaîtront ses compétences et son évolution dans sa formation
    -L'intérêt du badge est d'aider les professeurs à continuer de se former et reconnaître leur évolution. Idée que l'acquisition de compétences se fait tout au long de leur carrière (à la différence du statut fixe de professeur agrégé). 
    - En outre, les compétences reconnues sont plurielles : numériques ; stratégie de pédagogie ; gestion de classe
    -Le badge numérique, sous le format d'un URL unique délivré par le CADRE permet de faire valider des compétences acquises par les professeurs (en auto-apprentissage ou à la suite de formation)

    - Possibilité de se former pour combler les manques de compétences (ressources pour le faire proposées par le Cadre21)
    - La seule autorité apte à délivrer et mettre à jour le badge numérique sera le CADRE21 (autorité se voulant démocratique et plurielle)
    - Dispositif payant
    - Plus d’infos sur le concept de badge numérique, théorisé par Geoffroie Garon www.geoffroigaron.com ; concept qui n’existe encore nulle part ailleurs


    Idee pour une collaboration Fing – Cadre 21
    - Les deux organismes peuvent s’enrichir mutuellement de leurs travaux de recherches sur la pédagogie
    - Partager les veilles respectives
    - la Fing peut être intéressée par l’expérience du badge numérique

     Explication du projet FuturEduc par Mario Asselin, à l’équipe de Cadre21
    - la FING, genre de "laboratoire de recherche" français indépendant
    - Philosophie pour le projet FuturEduc : ouvert à tous types d’alternatives pour l’éducation avec l’idée que l’école n’a pas le monopole de l’apprentissage
    - Objectif final du projet FuturEduc : réaliser une synthèse gardant les fiches projets les plus intéressantes, celles qui ont le mieux fonctionné et qui sont potentiellement réalisables pour les établissement dans les prochaines années
    - 3 groupes locaux en formation : réunion en juin du groupe Canada, début septembre pour la Suisse, plus de temps pour la France
    - Financement du projet par des entreprises/Etat qui souhaiteraient disposer des ressources sur la prospective éducative par la suite
    - Un outil de travail très performant dont une veille avec écriture rapide et dynamique

     

    Visite d'un établissement canadien College Regina Assumpta
    -Un des plus grand établissement du Canada : 2000 élèves, avec environ 400 par niveau
    -La notion de « collège » au canada vaut pour les élèves de 12 à 17 ans
    - Collège privé d’excellence (avec une sélection à l’entrée) ; public : classe aisée
    - Comprend une piscine ; une salle de musculation ; un auditorium pour l’orchestre symphonique
    - classe de 36 élèves

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    Réputé pour être un collège à la pointe en matière de numérique :
    -Les tableaux numériques ont été remplacés par un système de télévision centrale (cf photo), le professeur y transmet le contenu via un écran situé sur son bureau (écriture avec stylet/fonctionnalités également de l’ordinateur). Avantage pour le professeur de ne pas tourner le dos à ses élèves.
    - Chaque élève dispose d’un ordinateur portable (location à l’école puis possibilité d’achat) et l’utilise pour tous ses cours.
    Désormais obligatoire, avant choix de rejoindre une classe avec ordinateurs /classe sans, selon le souhait des parents et des professeurs.
    Les professeurs désormais contraints à travailler dans ses conditions, sont aidés par les professeurs déjà expérimentés (temps supplémentaire prévu pour la formation).
    Surveillance :
    Le panneau de contrôle des ordinateurs des élèves par le professeur a été abandonné car trop contraignant, surveillance avec adresses de sites bloquées (ex facebook).


    Culture d’un établissement privé canadien :
    - Organisation des cours : de 8h à 15h. Choix de cours pas forcément selon orientation future, différentes options selon goût (robotique, musique…) et spécialisation vers la fin pour entrer dans certaines universités
    - Moto de l’établissement : « Rêvez grand. Allez loin ». Renforcement de la confiance en soi.
    - Beaucoup d'activités extra-scolaires l’après-midi se déroulant à l’école
    - Renforcement du sentiment d’appartenance à l’école (ex : photos des élèves dans les couloirs).
    - Relation des élèves avec les professeurs et la hiérarchie plus proche qu'en France
    - Moins de réflexion au Canada qu’en France concernant les dangers sur la santé des ondes WIFI ou du temps passé par les élèves devant les écrans.
    - Ecole ouverte au public : la population du quartier peu adhérer et avoir accès à la cafétéria et la piscine, permettant ainsi de les financer en partie.
    - Sponsors privés, télévisions avec publicité.


    Au Canada, la place des établissement privés est importante dans le système scolaire. 12 % des écoles sont privées mais ne sont plus religieuses.
    Elles ont pour obligation de respecter le programme mais peuvent le condenser pour libérer du temps pour d’autres activités.
    On constate une émulation des écoles publiques à s’améliorer grâce aux établissements privés.
    Remarque : au Canada, il n'y a pas de ministère d’éducation nationale, mais seulement au niveau de chaque province.

     

     

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    Puis la journée à Montréal s'est terminée par un verre au SAT(Société des Arts Technologiques), où j'ai pu discuter avec des personnes toutes travaillant dans les technologies et la pédagogie.
    Et pour l'anecdote, un jeune conseiller en technologie a confié utiliser cette citation pour clore ses interventions : "on est tous le pré-numérique de quelqu'un" de... Jacques-François Marchandise, de la FING !  

     Encore merci à Mario Asselin pour cette journée canadienne

     

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