DigiWork

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Repenser la place de l'individu au travail dans une société numérique


Juin 2013

  • Cinquième revue de veille de l'expédition Digiwork, au programme : réseaux sociaux et recrutement, environnement de travail, services d'assistance personnelle, email, ... Bonne lecture !

     

    [Thématique en deux liens]

    Pôle emploi ouvre une passerelle vers Viadeo – Le Monde Informatique

    Viadeo et Pôle emploi ont conclu un partenariat pour développer l'usage des réseaux sociaux professionnels chez les demandeurs d'emploi et fluidifier la diffusion des offres d'emploi et des CV. Un partenariat avec l’Apec et Viadeo existe depuis janvier 2010.

     

    Chez Expectra, les candidats peuvent postuler en 1 clic avec Viadeo, LinkedIn et Doyoubuzz ! – Recrutement mobile et sociale

    Expectra permettait aux candidats de répondre à leurs offres via leur profil Viadeo depuis 1 an et vient donc d’élargir les possibilités de postuler à un poste. Mais la réponse classique avec envoi de CV gagne largement le match face aux réseaux sociaux pour le moment, puisque sur un an et près de 400.000 candidatures, moins de 7% ont postulé via leur profil Viadeo.

     

    [Infographie]

    Email : Not Dead, Evolving – Harvard Business Review

    Le HBR a mené une enquête en 2012 auprès de 2.600 travailleurs aux États-Unis, Royaume-Uni et en Afrique du Sud qui utilisent l’e-mail quotidiennement. Les résultats indiquent que l’e-mail n'est pas mort (les gens passent la moitié de leur journée de travail à les traiter), mais qu’il a évolué. Il est devenu une archive consultable, la source de la responsabilité d'un manager, l’outil de collaboration le plus efficace des travailleurs, un moyen d’avoir de l'information, …

     

    [Thématique en trois liens] 

    Pour un Google Now du poste de travail – Bloc-notes de Bertrand Duperrin

    Alors que les outils grand public envahissent le bureau et que l’on croule sous les informations, l’auteur pense que l’application Google Now, service prédictif qui pousse à l'utilisateur, sans qu’il n’ait rien demandé, les informations dont il a besoin quand il en a besoin, va devenir indispensable sur le poste de travail. Par exemple, un commercial pourrait recevoir l’information selon laquelle il devrait tout de suite  se mettre en route, vu les embouteillages, ou des données du CRM quand il est chez un client.

     

    Une vision de la formation tout au long de la vie en Europe pour 2030 - formation-professionnelle.fr

    Au-delà de la question de la formation, l’article aborde une thématique traitée dans Digiwork, celle de l’environnement de travail, dans lequel la démonstration des compétences et des aptitudes sera préférée aux diplômes ; la performance des employés sera mesurée et quantifiée en continu au travers de systèmes de mesures numériques ; les limites du public/privé, professionnel/ personnel, bureau/domicile, réel/virtuel, formel/informel seront confuses, …

     

    L’adoption des RSE et plateformes collaboratives progresse lentement – Entreprise 2.0

    Frédéric Cavazza fait une synthèse de 4 études sur le sujet, qui sont peu réjouissantes au final. Sa conclusion : si les entreprises se targuent d’un déploiement de solutions modernes (RSE, accès mobile…), elles sont beaucoup moins volontaires pour initier une mutation en profondeur des habitudes de travail. Ce qui manque le plus est la mise en place d’une réelle dynamique de changement où la direction et le middle management expliquent, stimulent et participent de façon active à la transformation des outils et processus métiers.

     

    [In English]

    Two People Doing The Same Job? It’s Not Crazy For Engineers – Fastcompany Co.Labs

    Embaucher deux personnes pour faire le même travail semble absurde et c’est pourtant ce que font de nombreuses entreprises développant des logiciels, afin d’accroître la productivité et réduire les coûts. Cette pratique, appelée "pair programming", augmente l’innovation en forçant les développeurs à discuter leurs idées, verbaliser leurs solutions, découvrir des aspects d’un problème qu’ils n’avaient pas vu au 1e abord, …  avant de taper la 1e ligne de code.

     

    [Thématique en deux liens]

    Your New Secretary: An Algorithm – The Wall Street Journal

    Des start-ups créent des logiciels qui cherchent à améliorer la vie des employés. Ainsi le logiciel RelateIQ recueille constamment des signaux de données pour déterminer si les relations de travail avec des partenaires internes ou externes se refroidissent ; Sociometric Solutions utilise une méthode proche pour améliorer les conversations. tenXer gère les modifications de code et les heures passées en réunion pour aider à mieux maîtriser sa productivité. Yesware tente d'améliorer la productivité par e-mail.

     

    LinkedIn wants to be your personal assistant with new Contacts app – Los Angeles Times

    Comme un assistant personnel virtuel, la nouvelle application, baptisée LinkedIn Contacts, réunit dans un seul endroit les informations de contacts des divers e-mails, le calendrier de l'utilisateur et l'adresse des services d'annuaire. Il met également automatiquement à jour les informations des contact à chaque fois qu'il y a un changement, que ce soit dans le Google de l'utilisateur ou d'un compte Outlook. Sont inclus dans ces informations les détails de conversations et de réunions passées que vous avez eues avec le contact.

      

    [Acronyme]

    Fomo, nouveau mal du siècle - Viuz.com

    Le syndrome de FOMO (Fear Of Missing Out/Peur de rater quelque chose) est le nouveau mal des employés hyper connectés, mais qui ne se limite pas pour autant à la sphère professionnelle.  Il est souvent lié au FONK (Fear Of Not Knowing/Peur de ne pas savoir).

  • Voici le texte d’une - courte - intervention à la 32e session de l’INTEFP sur le thème “Les jeunes générations face aux transformations de l’emploi et du travail”. Publié dans la Revue Métis

     

    D’où vient la défiance des chefs d’entreprise, des managers vis-à-vis des jeunes générations ? Cette fantasmatique génération Y, - et ce sera pire avec la génération Z dit-on, marquerait-elle une nouvelle « chienlit » pour les entreprises ?

    Le constat semble, en tout cas, celui d’une incompréhension, d’une difficulté à intégrer les jeunes générations, à les impliquer, à les faire adhérer à la culture de l’entreprise, à comprendre leur mode de fonctionnement. 

    Rappelons, en introduction, que la défiance vis-à-vis de la jeunesse est une figure politique classique, le jeune étant porteur des bouillonnements et des transformations de demain, et donc d’une remise en cause de l’ordre établi.

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    Rappelons aussi qu’aujourd’hui dans un marché de l’emploi atrophié, avec un nombre d’activités rémunérées qui ne couvre pas la population active, les jeunes d’un côté mais les moins jeunes aussi de l’autre, sont laissés de côté. C’est quand même une des explications de ce parcours extrêmement long d’intégration et de sécurisation des trajectoires (7 ans en moyenne).

    Mais dans le champ du travail, ce clivage générationnel vient se greffer en plus sur la nouvelle donne technologique. 

     

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    Il est vrai que le monde du travail est en pleine transformation sous l'influence des technologies (ce qui est encore relativement peu pris en compte. Voir la cartographie Digiwork à ce sujet).  

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    Les technologies numériques sont désormais partout, elles ont intégré toute la chaîne de valeur des organisations : l'outil de production, l'administration, communication, le commerce, la finance, le marketing.

    - L'informatisation a modifié le contenu même du travail : toujours plus dématérialisé ou médié par des interfaces, et donc nécessitant plus de réflexivité.

    - Elles font éclater le cadre spatio-temporel de l'entreprise : on peut travailler en dehors, en mobilité. 

    - Elles transforment considérablement les marchés financiers (algorithmes prévisionnels, les données prédictives, High-Frequency Trading).

    - Elles modifient  les modes de recrutement et même la gestion des ressources humaines qui s'appuient de plus en plus sur l'analyse des données et des traces d'usages laissées par les individus sur les ordinateurs et les réseaux internes ("People Analytics" de Google)

    - L'ubiquité des outils et des réseaux brouillent les frontières entre vie professionnelle et vie privée : le travail déborde sur la sphère privée, mais la vie personnelle se gère aussi du bureau. 

    La figure des salariés - clients - contributeurs - consommateurs se confondent : c'est l'économie collaborative. 

    L’impact des technologies sur le travail c’est aussi l’automatisation, la robotisation, l’augmentation de la productivité d’un côté, la diminution d’un certain nombre d’emplois de l’autre. L’économie numérique crée de la croissance mais avec peu d’emploi.

    - Enfin le numérique dans le travail est à la fois moyen de production, moyen de mesure de la valeur et supports de nouvelles formes de rétribution.

    Bref, tout se transforme. Mais aussi nombreuses et profondes soient-elles, ces transformations touchent toutes les générations, pas seulement les jeunes.

     

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    Normalement, la prétendue agilité d’usages des jeunes, leurs « usages natifs » devraient être un atout, et faire d’eux une ressource rare, une valeur recherchée, ce qui n’est pas le cas. Cette appellation de "digital natives" est pleine d’ambigüité.

    Quand on compare les statistiques du taux d'équipement des 20/30 ans et des plus de 70 ans (qui n'ont pas connu l'informatisation au travail), le décalage est important en effet. Mais si on prend en compte la génération des baby-boomers, les écarts se resserrent.

    - téléphonie mobile 98% des 18-39 ans, contre 85% des plus de 60 ans

    - Ordinateurs au domicile : 94% des 18-39, contre 70% des plus de 60 ans

    • en termes d'usages : 

    les jeunes et les baby-boomers ont un panel d'usages identiques : mail, chat, navigation, e-administration, e-commerce, réseaux sociaux, etc. Certains usages sont plus teintés générationnellement (le chat, le SMS, le téléchargement d'un côté / le-administration de l'autre. Envoi de SMS : 98% pour les 18-24 ans, 87% pour les 25-39, 37% pour les plus de 60 ans) ce qui correspond - grosso modo - aux situations de vie des personnes, et à leurs centres d’intérêts.

    Cette appellation "digital natives" met surtout en évidence le fait que les jeunes n'ont pas d'autres référents d’usages. Mais cette position leur confère justement un peu moins de réflexivité sur leurs pratiques, que ceux qui ont du s’adapter. 

     

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    Qu'est-ce qui clive alors les générations au travail? Si ce n'est pas tout à fait - ou de manière pas si évidente - l'usage technique des outils, c'est peut-être tout simplement un certain rapport au travail, qui diffère, par les idéologies sous-jacentes sur lesquelles il prend appui. Car la technologie n'est pas neutre, elle n'est pas dépourvue d'idéologie.

    Dans son passionnant ouvrage Aux sources de l'utopie numérique (Ed. C&F éditions), l'essayiste américain Fred Turner décrypte l'influence de la contre-culture américaine des années 70 sur la cyberculture, la culture des réseaux. C’est sur la côte Ouest des Etats-Unis, que la greffe du numérique a prise, sous l’influence des communautés hippies. Celles-ci ont placé l’individu au cœur de leur projet d’émancipation : plutôt que de prendre appui sur le pouvoir, il s’agissait de se réinventer soi-même – pour changer le monde. Cette philosophie libertaire à l’origine des réseaux internet s’est conjuguée ensuite à des courants plus libéraux.

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    Une hypothèse que je vous propose aujourd'hui, est de considérer que cette « philosophie Hackers », pour le dire de manière un peu rapide, porte des valeurs aujourd'hui dominantes chez les jeunes. 

    On pourrait la caractériser par les éléments suivants : 

    - s'inscrire dans un projet qui ait du sens, 

    - se faire plaisir, 

    - se sentir appartenir à une communauté, 

    - affirmer son individualité, 

    - continuer à apprendre et se former. 

    Récemment une revue en ligne sur l’emploi résumait cette philosophie Hackers de la manière suivante « Get Paid, Get Fit and make something cool ! » : qui est une version un peu plus libérale.

    La recherche du sens et du plaisir, du développement personnel a pris le dessus. 

     

    Aujourd'hui les outils numériques participent à mettre l'ensemble des activités que l'on mène sur un même plan : on gère à partir d’un même support, dans un même espace temps l'ensemble de ses activités. On ne gère plus un emploi, mais toute sa vie active : car chaque élément - loisirs, familles, engagement associatif, militant - comptent : constituant des expériences, des réseaux, des passerelles, des apprentissages nouveaux - potentiellement des compétences, une employabilité. Cela participe à mettre en tension ce qui a du sens, et de ce qui n'en a pas, dans notre quotidien, et cela, dans un contexte d’instabilité de l’emploi, de précarité financière, etc.

     

    On peut pousser certaines de ces tendances à leur paroxysme pour voir ce qu'elle donnerait (ce qu'on fait à la FING, dans le cadre de nos travaux Digiwork)

    - "Turn over subi des entreprises"

    - "Tous intermittents : un travail si je veux, quand je veux !"

    - "Les réseaux interpersonnels d'activités" : comme le véritable point d’appartenance

    - "La place Tahrir dans les entreprises" : ou la force des mobilisations virales

    - "Des congés illimités" : la maîtrise de son temps

    - "L'entreprise comme utopie sociale" : le choix des valeurs

     

    Reconsidérer le rapport au travail, c’est prendre en compte le rapport à l'activité. Ces aspirations à agencer/gérer différemment sa vie active que l'on identifie chez les jeunes  - où l'activité prend le dessus sur le travail - ne sont pourtant pas tout à fait nouvelles : elles ressemblent beaucoup à celles des retraités actifs / ces baby-boomers - qui conjuguent aisément poursuite d'une vie professionnelle - à un rythme choisi -, solidarités familiales, engagements associatifs, parfois politiques, développement personnel, formation, apprentissage - certes, avec le revenu d'existence en plus. 

     

    Finalement, la génération Y au travail est peut-être moins révolutionnaire qu’on ne croit, et ne fait que s’inspirer de ses aînés … ? 

     

  • Dans ce quatrième tour de revue, vous pourrez apprécier quelques liens et articles récents de la veille menée dans le cadre de l'expédition Digiwork, et ce depuis quasiment un an maintenant. Avec 539 articles au compteur, ce travail quotidien représente une mine d'informations à ciel ouvert que vous pouvez consulter à tout moment sur la page de groupe du réseau social.  

     

    Bonnes lectures, écoutes, et bons visionnages

     

    L'équipe Digiwork

     

    [Thématique en trois liens]

     

    Identité professionnelle : un métier et beaucoup plus

    « Que faites-vous dans la vie ? » À cette question banale, on répond le plus souvent en donnant le nom de son métier, ou de sa fonction dans l'entreprise qui nous emploie. Mais que répond-on lorsqu'on est sans emploi ? Sans emploi et très investi dans une ou plusieurs activités ? Que répond t-on lorsqu'on occupe plusieurs emplois ? Lors que son emploi ne correspond à aucun nom habituel ? Que l'on occupe un emploi alimentaire mais que l'on construit à côté une expertise passionnante ?

     

    Qu'est-ce que le nouveau « CDII » ou « CDI intermittent » ?

    Le CDII ou contrat à durée indéterminée intermittent est, de fait, une sorte de contrat à temps partiel annualisé : le salarié va alterner des périodes travaillées et non travaillées, et sa rémunération sera « lissée » sur l'année : comment payer quatre mois de travail en douze fois ? Il sera « ouvert » aux entreprises de moins de 50 salariés (dans un premier temps dit « expérimental »).

     

    Le gouvernement autorise le portage salarial mais lui rogne les ailes

    L'accord paritaire de 2010 sur le portage salarial, pratique qui consiste pour des entreprises, jouant un rôle d'intermédiaire, à salarier un individu effectuant une mission pour une autre société, est devenu applicable samedi, avec la publication au Journal Officiel d'un arrêté du ministère du Travail. Un dispositif malheureusement réservé aux cadres, avec un plancher de salaire élevé.

     

    [Division numérique du travail]

    Apprendre à entreprendre dans un monde en réseau

    Les applications numériques ont beau nous rendre la vie plus simple et plus excitante au quotidien, force est de constater aussi qu'elles ont détruit un nombre considérable d'emplois. Grosso modo, toutes les tâches routinières qui pouvaient être programmées et automatisées l'ont été ou sont en passe de l'être. Des robots et des logiciels remplacent les travailleurs dans de multiples domaines; le mouvement, qui a touché en premier lieu les processus industriels, s'est rapidement étendu au procès des services. Il touche désormais les professions intellectuelles dites supérieures.

     

    [In English]

    Five Reasons Social Media Won't Consolidate

    Voilà dix ans que nous sommes entrés dans l'ère des réseaux sociaux, véritable phénomène de société, l'engouement du public pour ces plate-formes virtuelles d'interactions a progressivement suscité l'intérêt des entreprises. Elles y ont vu un levier de communication personnalisable peu onéreux, mais l"adoption de stratégies de communication cohérentes reste tributaire des outils informatiques, et de l'organisation interne des entreprises.

     

    Mozilla's Open Badges - MozillaWiki

    La numérisation progressive de l'ensemble des domaines d'activité se traduit par l'apparition de nouveaux métiers et de nouvelles compétences. Si les outils digitaux offrent un accès incomparable à la connaissance et aux savoirs, encore faut-il que des dispositifs de reconnaissance et de certification des apprentissages voient le jour. L'exemple de mozilla...

     

     

     

    [Infographie]

    Mobilité et télétravail sont bons pour la productivité selon une étude de Citrix

    Entretien avec Sophie Vandriessche, directrice commerciale EMEA chez Citrix, qui commente l'étude 2013 Télétravail et mobilité que l'entreprise a conduite auprès de 1262 entreprises sur 3 continents. Où l'on voit que le travail flexible et la mobilité sont bons pour la productivité.

     

    [Numérique et Mythologie]

    Distinguer la société des mythes par l'analyse des réseaux sociaux

    Les réseaux sociaux sont à la mode, mais ils ont toujours existé, et les mathématiques s'y intéressent depuis quelques années déjà… Mais peut-on utiliser la théorie des réseaux pour examiner des rapports sociaux très anciens, et, en allant plus loin encore, concernant des univers au moins partiellement imaginaires ? Et que peut-on en tirer ?

     

    [Espaces de travail]

    Révolution numérique et coworking : Vers une ville vaporeuse?

    Francesco Cingolani s'engage ici pour le coworking qu'il met en œuvre dans son espace SuperBelleville. Il questionne l'évolution de nos espaces physiques de travail à l'ère de la dématérialisation de nos supports de représentation, d’interactions sociales comme d'information.

     

    "Un bureau au top, ça rapporte ?" Interview d'Alain d'Iribarne

    Performance au travail, et si tout commençait par les bureaux ? Cet argument de poids en faveur de votre espace de travail est aussi le titre du dernier ouvrage d’Alain d’Iribarne, publié aux éditions Italiques. Le président du conseil scientifique de l’observatoire Actineo de la qualité de vie au travail nous explique pourquoi un bureau agréable est aussi rentable.

     

     

    [Vidéo]

    Andre Gorz – YouTube

    Le travail est une invention du capitalisme industriel. 
    D
    urant l'antiquité, le travail ne se déroulait pas dans la sphère publique. Les femmes travaillaient (ou sinon les esclaves), les hommes faisaient de la politique. Le travail était mal vu.
    Pour Max Weber , au Moyen-âge il n'y avait pas de travail mais des besognes, des peines, des labeurs (paysans), et des œuvres (des artisans). 


    [à lire]

    Isaac Getz : « L'organisation où les salariés sont libres vaincra toujours les concurrents traditionnels

    Professeur à l’ESCP et co-auteur de « Liberté & Cie, Quand la liberté des salariés fait le bonheur des entreprises », Isaac Getz est spécialiste de l’innovation et du leadership libérateur. Il propose aux entreprises et à leurs dirigeants une méthode pour repenser et transformer leur modèle managérial en levier de croissance.

     

  • La mobilisation des auto-entrepreneurs pour la défense de leur statut a fait un peu parler d’elle du fait de l’utilisation amusante du terme "poussin" (en référence à la récente "révolte des Pigeons") et du hastag #pioupiou. Elle fait en tout cas écho à de nombreux concepts identifiés au cours des premiers mois de l’expédition Digiwork : individualisation du travail, nouveaux collectifs de travail, nouvelles formes de rémunération, ect.

    Pioupiou Le statut d’auto-entrepreneur (décrié principalement par les artisans du bâtiment qui y voit une concurrence déloyale), les compagnons du devoir ou l'indépendant sont des figures que nous explorons particulièrement dans l'expédition Digiwork pour toutes les représentations qui les entourent : l’autonomie (l'individu est son seul responsable, il n’y a, a priori, pas de lien de subordination), la gestion libre de son temps (il choisit quand il travaille, que ce soit dans la journée, la semaine ou l’année), l’apprentissage continue (d’outils récents, de nouvelles compétences), la gestion de son employabilité, … tout en essayant de renverser les règles.

     


    La fin du travail, annoncée par Jérémy Rifkin dans les années 90, devient de jour en jour une réalité : après les emplois des ouvriers, ce sont maintenant les emplois du secteur tertiaire qui sont menacés par l’automatisation et la robotisation. L’individu doit donc développer de nouvelles activités rémunératrices pour pouvoir continuer à vivre. A partir d’une compétence, d’un savoir-faire, il imagine son emploi, propose une activité, il capitalise des expériences, construit son environnement de travail, il se crée son réseau et va parfois dans des espaces de coworking pour le développer et rencontrer physiquement d’autres personnes.

    Les auto-entrepreneurs partagent un même statut, mais pas une même activité (commerce ou services, développeur web ou coach en développement personnel, en passant par fabriquant de bijoux), et c’est en ça que le "collectif des Poussins", leader de la contestation, est un cas intéressant de formation d’un collectif en ligne d’individualités disparates, qui se sont fédérées autour d’une cause, à coup de pétition et de tweets. Nous observons ainsi la création de nouveaux collectifs, émergeant spontanément, issus d’une communauté d’intérêt installés ou non (il y a quelques années sortait par exemple le blog lafusionpourlesnuls.com pour la mobilisation des employés de la fusion de l'ANPE et de l'Assedic dans Pôle Emploi). 
    Auto-entrepreneur

    Enfin, les auto-entrepreneurs encourent les mêmes risques : isolement, précarité, droits sociaux peu nombreux. La limitation des charges sociales octroyée aux auto-entrepreneurs pouvait ainsi être vue comme une compensation à la précarité : "Vous n’êtes pas salarié, vous avez une activité rémunératrice limitée, des droits sociaux encore plus limités, donc vous payez peu de charges". Or l’abaissement du plafond de l’activité, équivalent à un smic par mois (pour les activités de services), revient à une légalisation de la précarité : "Vous n’êtes pas salarié, vous avez une activité rémunératrice encore plus réduite, des droits sociaux toujours très limités, mais débrouillez-vous avec ça".

     

     

    Notre propos dans l’expédition Digiwork n’est pas de faire l’apologie de l’autonomie et du libéralisme, en prônant que tout le monde doit être responsable de son employabilité. En imaginant le scénario "Tous intermittents", dans lequel l’individu devenait le "gestionnaire autonome de son portefeuille d’activités" et où les entreprises étaient "des “boîtes à projet” dans lesquelles les individus, porteurs de leur savoir-faire, se retrouvent pour collaborer sur une mission", nous mettions en avant la nécessité d’inventer de nouveaux modèles de solidarité pour pallier les risques de précarisation des itinéraires personnels. La question de la redistribution de la valeur et de la rémunération est centrale : car si le numérique change la manière dont on produit, il change aussi la manière dont on mesure la valeur. Il est même le support à de nouvelles formes de rétribution. Il faut prendre acte du fait que le travail, l'activité s'élaborent différemment, et nécessitent de nouvelles redéfinitions des solidarités. 

     

    Pour le moment, nous en sommes encore au début de notre réflexion, mais nous espérons pouvoir apporter des pistes d’action innovantes sur le sujet d'ici quelques semaines.

     

  • Territoire 1 augmenté

    Voilà la visualisation du territoire d’innovation n°1 sur les écosystèmes d’activités après l’atelier d’hier à Futur en Seine et les intervention de Philippe Bletterie d'Alcatel-Lucent et d'Anne-France Kogan de l'Ecole des Mines à Nantes.

    Ce que l’on appelle “écosystème d’activité”, c’est tout ce que l’individu a acquis lors d’expériences passées et ce qu’il utilise au quotidien pour ses activités professionnelles et extra-professionnelles : ses compétences, ses savoir-faire, ses outils, ses équipements, ses applications web, ses réseaux physiques ou virtuels, …  Cet écosystème est bien sûr évolutif et participe au développement personnel et professionnel de l’individu. A terme ce dernier pourrait alors devenir gestionnaire de son propre capital, voire responsable de son employabilité, ce qui mettrait en question les risques de précarité ou de décrochage (induits par le manque de maîtrise), la marchandisation de l’être ou encore l’articulation avec les autres écosystèmes. 

    Ce territoire d’innovation est le 1e de l’expédition Digiwork, qui en comprend au total 4. Ils seront définis plus précisément dans des articles à suivre et travaillés dans les semaines à venir pour proposer à terme des pistes d’actions concrètes. 

  • Bonjour,

     
    A 3 jours de notre atelier à Futur en Seine, vous trouverez ci-dessous quelques informations complémentaires : 
     
    Programme: Après une brève introduction vous présentant les territoires d'innovation sur lesquels l'équipe Digiwork va travailler dans les semaines à venir, nous nous focaliserons sur deux d'entre eux. Ces territoires de réflexions seront nourris par les interventions de personnes référentes, à la suite desquelles nous nous attellerons aux ateliers de production collective.    
     
    "Construire ses écosystèmes de travail"
    Philippe Bletterie (Alcatel-Lucent) et Anne-France Kogan (École des Mines) nous apporteront des éléments de réflexion
     

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    "Le numérique, nouveau moyen de production, de mesure de la valeur et de rétributions"
    Benjamin Tincq (OuiShare) et Alain d'Iribarne (Fondation Maison des Sciences de l'Homme/CNRS) 

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    Informations pratiques :
    Date : 13 juin
    Horaire : 14h30-17h30
    Lieu :  le centquatre (écurie F), 5 rue Curial, 75019 Paris
     
     
     
    Bien cordialement
    L'équipe Digiwork
     
     
  • Dans notre nouveau rendez-vous hebdomadaire, nous vous proposons un tour d'horizon de l'actualité en 10 articles ou liens qui ont retenu notre intérêt. Vous pouvez retrouver l'intégralité (avec quasiment 500 articles) de la veille Digiwork sur le réseau social en vous référant au widget du site "Diigo".

    Bonne lecture et à la semaine prochaine !

     

    [Thématique en trois liens]

    Digital labor : portrait de l'internaute en travailleur exploité – Place de la Toile

    Dans cette émission de Place de la Toile du 08/12/12, Antonio Casilli et Yann Moulier-Boutang parlent de la notion de "digital labor" et de l’exploitation sans aliénation de l’internaute, qui "travaille" sans s’en rendre compte et sans être rémunéré, lorsqu’il blogue, publie de photos sur Flickr, "like" un article sur Facebook, fait une recherche sur Google, … Le seul fait d’être en ligne produit de la valeur.

     

    Digital labor landscape – Mindmeister

    Cartographie très riche des différentes formes de "digital labor" (illustrées par des exemples de servies, sites et plateformes) : rémunérée (support technique, tutorat en ligne, Mechanical Turk), non rémunérée (Yahoo Answer, commentaires, sondage), mise à disposition de contenu (blog, Twitter, Youtube), orientée bien commun (wikipedia, Fix my street), orientée co-innovation (réparation de voitures, vélo, …), géolocalisée (Foursquare, internet des objets), liée au jeu (Second Life, World of Warcraft), émotionnelle (Facebook), mobile, …

      

    Digital labor ou digital volunteer ? Marx à l’heure du web 2.0

    En partant de l’émission de Place de la Toile citée plus haut, l’auteur de l’article repose la question de l’exploitation et de l’aliénation de l’internaute, évoque la révolte des utilisateurs d’Instagram ayant refusé l’exploitation lucrative de leurs photos et propose de changer l’expression "digital labor" par "digital volunteer". Il finit par la citation suivante : "Pour Marx, les prolétaires sont ceux qui doivent vendre leur force de travail pour vivre. Les utilisateurs du web 2.0 sont peut-être ceux qui doivent donner de leur temps pour exister."

     

    [Infographie] 

    Outils sociaux sur l’espace de travail – Microsoft

    Microsoft a mené une enquête dans 32 pays sur l’utilisation des "outils sociaux" dans l’entreprise. Malgré les restrictions de l'entreprise et les hésitations du management, les travailleurs veulent utiliser les outils sociaux sur leur lieu de travail, même si cela signifie dépenser leur propre argent. Après Bring Your Own Device (Apportez Votre Équipement personnel, en français), voilà le Bring your own service.

     

    [In English]

    Augmenter la réalité sociale sur le lieu de travail - MIT Technology Review

    Ben Waber, auteur de "People Analytics: How Social Sensing Technology Will Transform Business", revient pour la Technology Review sur la façon d’augmenter la réalité sociale sur nos lieux de travail. Que se passe-t-il quand l'espace de travail, les murs qui séparent les gens, voire même la machine à café, sont déterminés par les données ?

     

    [Thématique en trois liens]

    [Vidéo] Le travail disparaît, intervention de Paul Jorion – Ce soir ou Jamais

    Face à l’augmentation continue du chômage, il rappelle notamment la proposition du Suisse Jean de Sismondi (1773-1842) selon laquelle tout ouvrier remplacé par une machine bénéficie d’une rente, indexée sur la richesse créée désormais par celle-ci.  

     

    [In English] After your jog is gone – TechCrunch

    Illustrant son propos par de nombreux liens, l’auteur Jon Evans fait un historique de la disparition du travail, touchant tout d’abord les ouvriers du secteur secondaire puis les employés du secteur tertiaire, dans lequel les avocats, financiers et chirurgiens ne sont pas à l’abri. Il imagine ensuite un monde se divisant en deux catégories : une minorité décroissante de très riches - les travailleurs des technologies, les barons de la finance, et ceux qui ont hérité leur fortune, pour la plupart - vivant dans une poignée de villes idylliques dégoulinant de richesse, et/ou leur maison d’été est à proximité des plages, des lacs et des montagnes ... et la majorité qui gagne peu, avec des contrats de travail occasionnels et des petits boulots, trop pauvre pour même visiter les lieux où les riches vivent, travaillent et jouent.

     

    [Un autre aspect de la question] Matthieu ou chronique de la disparition du travail - Metis

    Extrait : "Matthieu expérimente l'emploi en même temps que l'invisibilité de son travail. Le travail a disparu. Comme dans la publicité, les tâches qui lui sont demandées en ont la forme, la couleur mais n'en sont pas. Il en a les obligations, les allers retours quotidiens, les horaires, la subordination, l'ambiance morose, mais il n'en a pas les opportunités. Il n'en rencontre pas les dimensions expressives que revendiquent même des salariés plus modestes des caisses de grande distribution. Il n'arrive pas à se sentir utile, il ne participe pas à un collectif, il n'est pas autonome et il ne voit rien d'intéressant dans ce qu'il a à faire."

     

    [Service]

    "Pay with a tweet" est un système de paiement social où les gens ne donnent pas de l’argent pour accéder à un contenu, mais paient avec la valeur de leur réseau social. A chaque fois que quelqu'un paie avec un tweet, il informe tous ses amis de l'existence du produit.

     

    [Et pourquoi pas]

    L'embouteillage, comme bureaux du futur ? Transit-city

    En partant d’une BD des années 70, qui montre comment les embouteillages peuvent engendrer une vraie révolution urbaine à partir du moment où on les aborde d'une façon radicalement différente, l’auteur suggère que l’on essaie d’imaginer les embouteillages autrement que comme de simples temps de vacuités.

  • Dans notre nouveau rendez-vous hebdomadaire, nous vous proposons un tour d'horizon de l'actualité en 10 articles ou liens qui ont retenu notre intérêt. Vous pouvez retrouver l'intégralité (avec quasiment 500 articles) de la veille Digiwork sur le réseau social en vous référant au widget du site "Diigo".

     

    Bonne lecture et à la semaine prochaine

     

    [Thématique en trois liens]

     

    Innover, c'est désobéir

    Tout le monde veut innover. La plupart des entreprises sont convaincues de le faire. Et pourtant, le doute est permis : savons-nous ce qui distingue les innovateurs (individus et entreprises) des autres ?

     

    La DRH en 2020: 6 prédictions audacieuses

    La DRH est condamnée. Il n’existe pas de futur viable pour la fonction RH et les professionnels de la RH seront inévitablement remplacés par des logiciels. Du moins c’est ce que certains affirment.

     

    Chez les « intellos précaires », un travail qui prend tout le temps

    Confrontés à la discontinuité des emplois et des activités, subissant pour l’écrasante majorité d’entre eux l’inconfort de rémunérations à la fois faibles et aléatoires, des dizaines de milliers de travailleurs dans les industries dites «créatives» sont contraints de rester disponibles en permanence.

     

    [Infographie]

     

    Management RH de Google : Top 10 des pratiques innovantes

    Contrairement aux leaders de leurs marchés qui doivent leur réussite à une longue existence, la réputation de leurs produits/services, ou à des acquisitions stratégiques, le succès de Google est dû à la gestion de son capital humain.

    5 conseils clés pour faciliter la mise en œuvre de projets collaboratifs

    Une collaboration réussie entre le monde académique et les entreprises doit favoriser le transfert de technologie et ainsi créer un écosystème de l'innovation performant. David Simplot-Ryl, directeur du centre de recherche Inria Lille - Nord Europe (un acteur membre du réseau J'Innove en Nord-Pas-de-Calais) délivre ses 5 conseils clés pour faciliter la mise en œuvre de projets collaboratifs.

     

    [Radio]

     

    "Une idée, un boulot" : le garagiste qui apprend à ses clients à réparer

    Yann Raguenes, un jeune mécanicien automobile de 27 ans, a ouvert "Un garage et vous", à Les Sorinières, près de Nantes, où il met à la disposition de ses clients, ses conseils et son matériel.

     

    [Controverse]

     

    "Comment être heureux au travail en vivant dans un esprit de pauvreté?"

    La pauvreté est combattue comme une source de malheur, mais aussi présentée comme une voie de bonheur lorsqu'elle touche l'esprit et non l'existence matérielle. Philippe Laurent s'interroge sur son sens au travail.

     

    [in english]

     

    Inside Facebook's Internal Innovation Culture

    Facebook fait beaucoup parler, et est abonnée à la une des magazines et des quotidiens pour ses frasques boursières ou la façon dont le réseau social réinvente les liens sociaux. Mais peut-être passons nous à côté de ce qui fait le succès de la compagnie, sa culture interne d'innovation.

     

    [Science-fiction]

     

    Quand les robots remplaceront les hommes

    Un court article de Jean-Michel Billaut, gourou de l'internet français, qui a le mérite d'extraire les principaux sujets de controverses du scénario de la robotisation massive de nos sociétés. L'esclave était le prototype du robot 0.0, le prolétaire sa version 1.0, et les robots biologistes constitueront la prochaine étape du robot 2.0.
    Les modèles d'innovation qui supportent la croissance, ainsi que la répartition des richesses produites, devront évoluer pour offrir un avenir à la "troisième révolution industrielle".

     

    [à lire]

     

    Métamorphose numérique (La) Vers une société de la connaissance et de la coopération

    Le monde connaît aujourd’hui un développement sans précédent du fait des technologies de l’information et de la communication. Le numérique (Internet, réseaux, informatique, etc.) se déploie à grande vitesse et certains de nos usages ne peuvent plus se concevoir sans lui. Ce livre n’est pas un livre sur la technologie mais sur l’homme. Il rompt en cela avec les approches centrées sur les techniques et propose une vision inspirante du futur numérique que nous sommes en train d’inventer.

     

     

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