DigiWork

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Repenser la place de l'individu au travail dans une société numérique


Février 2013


  • On sait bien que l’innovation et les progrès techniques ont permis d’augmenter la productivité des salariés au cours de siècles passés. En posant la question "Productivité ou innovation, faut-il choisir ?", je fais référence à la publication sur All Things D d’un mémo interne du responsable RH de Yahoo, qui a jeté un froid chez les adeptes du télétravail. En effet, à partir de juin, il est demandé à tous les travailleurs à distance de réintégrer les bureaux de Yahoo pour permettre aux salariés d’"être physiquement tous ensemble", mais aussi parce que "la rapidité et la qualité sont souvent sacrifiées quand nous travaillons de la maison" (certains voient dans cette annonce, un moyen de provoquer un certain nombre de départs, qui ne seront pas appelés "licenciements").

     

    Comme le rappelle un article du New York Times, Google et Facebook ne généralisent pas le télétravail mais le permettent au cas par cas. Ils préfèrent en effet garder captifs leurs salariés sur leurs lieux de travail, en leur fournissant plusieurs services utiles et/ou ludiques (nourriture gratuite, salle de sport, …), permettant ainsi "les interactions et les expériences" entre les salariés, souhaitées par la direction de Yahoo : "Certaines des meilleures décisions et idées viennent des discussions dans les couloirs et à la cafétéria, des nouvelles rencontres et des réunions improvisées."

     

    Mais le New York Times pose bien la question induite par cette décision ("whether the ability to work from home, and other flexible arrangements, leads to greater productivity or inhibits innovation and collaboration") : la possibilité de travailler à la maison, et les autres arrangements flexibles, mènent-ils à une plus grande productivité (du fait d’une meilleure concentration, de la non perte de temps dans les transports, d’une meilleure gestion de ses temps professionnels et personnels) ou bien freinent-ils l’innovation et la collaboration ?

     

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    C’est vrai que seul chez lui, le salarié pourra difficilement participer au tournage de la version "Harlem Shake" de son organisation, ce grand moment de créativité et de partage qui a remplacé le ringard Lip dub. Mais finalement, la principale crainte de nombreux employeurs envers leurs salariés télétravailleurs est souvent que ces derniers se la coulent douce, à regarder tous les "Harlem Shake" du monde. Or, un salarié qui a décidé de ne pas travailler saura parfaitement le faire en étant dans les locaux de son organisation (Absolument dé-bor-dée de Zoé Shépard en est un exemple). Tout n’est qu’une question de confiance entre le salarié et son employeur. Mais c'est plus facile à dire qu'à mettre en place...

     

    Bon, moi, maintenant, je vais finir de lire ce très instructif Dilbert ;-)

     

    Source image : Dilbert.com

     

  • Dans une soirée ou sur Twitter, on se présente souvent en disant où l’on travaille et ce que l’on fait. : “Bonjour, je suis Machin, je suis responsable Bidule chez Truc et compagnie.” Lors du 1e atelier de l’expédition Digiwork, une personne avait fait la remarque suivante : “Comment on se présente si on n’est plus un “métier” ?” Les personnes sans emploi peuvent en effet ressentir une gêne. Et pourtant sans emploi ne veut pas dire sans activité, cela veut seulement dire “sans activité salarié”. Allez dire aux contributeurs de Wikipedia , aux hommes et femmes au foyer qui s’occupent de leurs enfants, ou aux cuisiniers-amateurs-blogueurs-à-leurs-heures, … qu’ils sont sans activité ou qu’ils ne contribuent pas à l’économie. Et puis, un métier, une fonction ne disent pas grand-chose de ce que l’on fait au quotidien. 

     

    Dans un article intitulé “La fin du travail tel qu’on le connaît”, Josh Bersin, un spécialiste des questions RH, propose de remplacer le mot “travail” (“job”) par “rôle” et “fonction” par “série de tâches et de spécialités”.  Le mot “rôle” m’a fait spontanément penser à l’histoire de Jean-Paul Sartre sur le garçon de café, utilisée pour expliquer ses concepts d’”essence”, “existence” et de “mauvaise foi”. Selon Sartre, le garçon de café en fait des tonnes (“Il a le geste vif et appuyé, un peu trop précis, un peu trop rapide, il vient vers les consommateurs d’un pas un peu trop vif, il s’incline avec un peu trop d’empressement, sa voix, ses yeux expriment un intérêt un peu trop plein de sollicitude pour la commande du client”), car il joue à être un garçon de café, pour se persuader lui-même qu’il se confond avec sa fonction, qu’il est sa fonction. Sartre a pris l’exemple du garçon de café, mais il aurait très bien pu prendre un boucher, un publicitaire ou un manager, chacun jouerait sa fonction.

     

    Mais les slashers l’ont bien compris, ils cumulent les activités et multiplient les opportunités pour vivre plusieurs expériences en une même journée, appartenir à différents univers, s’épanouir dans un domaine qui les passionnent, développer des compétences, nourrir un profil original… Freddy Krueger, vendeur de glaces la journée et tueur psychopathe d’enfants la nuit, ne dira sûrement pas le contraire !

     

     Par contre, sur le problème sémantique autour des mots “travail”, “activité”, “emploi”, “métier”, “fonction”, “rôle”, … je ne suis pas sûre qu’il soit d’une grande aide. 

  • Comme je le disais dans un précédent billet annonçant le lancement de l'expédition Digiwork, suite à l'atelier du 13 février dernier, nous avons mis à jour la cartographie des grandes transformations du travail sous l’influence du numérique. Celle-ci est encore loin d'être exhaustive, elle doit notamment être encore complétée par des exemples, des références, …

     Cartographie des grandes transformations du travail sous l’influence du numérique

    Les prochaines étapes sont donc les suivantes :

    - si vous n’avez pu le faire lors de l’atelier, vous pouvez nous communiquer les axes de la cartographie qui vous semblent pertinents et intéressants d’approfondir lors des prochains ateliers, et ceux qui vous semblent suffisamment traités, de faux problèmes, … ;

    - nous allons poursuivre l’enrichissement de la cartographie en indiquant les ressources que nous avons repérées sur les différents axes ;

    - nous allons également la retravailler pour mieux définir les problématiques posées par chaque thématique.

     

    N’hésitez pas à la commenter, l’utiliser, la nourrir. 

  • Le numérique est au cœur des transformations du travail. C'est aussi un moteur de croissance dont il faut mieux tirer parti en veillant à la qualité des conditions de travail et de la vie au travail.

    L'équipe de la Fing vous invite à participer au colloque "Risques et opportunités des transformations du travail à l’ére du numérique", organisé avec la Direction Générale du Travail et la DIRECCTE.

    Le colloque aura lieu le 12 mars 2013, de 9h30 à 17h45 à l'ASIEM, 6 rue Albert de Lapparent 75007 Paris.

    L'inscription obligatoire sur le site de la DIRECCTE.
    Consulter le programme de la journée.

  • Le 13 février avait lieu le 1e atelier de l’expédition Digiwork chez l’un de nos partenaires, le CNFPT. L’objet de ce premier atelier était de compléter la cartographie des grandes transformations du travail sous l’influence du numérique, puis de prioriser les thématiques, étant donné qu’il est assez difficile de traiter tous les aspects du sujet.

     

     

    La cartographie que l’on avait établie avant l’atelier était la suivante :

     

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    Vous pouvez cliquer ici pour accéder au MindMap et voir la cartographie plus en détails et/ou cliquer ici pour la télécharger en PDF (document que vous retrouverez dans la section "Fichiers du groupe").

     

    La cartographie n’était pas exhaustive, bien sûr, c’est pourquoi nous avons demandé aux participants de l’atelier (très nombreux, par ailleurs) d’indiquer les sujets manquants et les sujets pour lesquels ils avaient une certaine expertise.

     

    A la fin, ceux qui avaient encore un peu de temps, devaient indiquer, d’un côté, les sujets qui leur semblaient être de faux problèmes, des poncifs ou déjà suffisamment traités ; et de l’autre, les sujets émergents, qui leur semblaient incontournables pour l’avenir.

     

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    Suite à cette 1e étape, la cartographie va être mise à jour et un sondage en ligne va permettre de terminer la partie "priorisation des thématiques". Les sujets seront alors approfondis lors d’un prochain atelier, organisé courant avril, sous forme de scénarios de rupture.

     

    Nous remercions les participants d’avoir été si nombreux à assister à ce premier atelier !

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