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Repenser la place de l'individu au travail dans une société numérique


Blog de DigiWork

  • Selon cet article du Cercle Les Echos, un nouveau modèle d'emploi a récemment vu le jour : le travail 3.0. C'est-à-dire une combinaison de travail à la demande et de travail distant, au sein d’équipes virtuelles. En effet, il est indéniable que non seulement les modes de recrutement mais aussi "les usages" du travail évoluent. L'essor des nouvelles technologies favorisent ce modèle de travail à la demande, dans un contexte d'emploi difficile.

    Je vous conseille donc la lecture de cet article "Le travail 3.0, une nouvelle façon de travailler".

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    En partant de 4 objets de réflexion « l’individu au travail », « nouveaux collectifs, nouveaux managements », « nouveaux espaces, nouvelles temporalités » et « valeur du travail, mesure de l’activité et rétribution », l’équipe Digiwork a imaginé une vingtaine de scénarios extrêmes : poussant à leur comble des tendances identifiées dans la veille. Imaginez des entreprises qui octroient des congés illimités à leurs salariés ; des structures qui fonctionnent sans salariés, mais avec des contributeurs rémunérés selon leur participation dans le projet ; des big data qui révolutionnent le mode de recrutement et de rémunération des individus ; des travailleurs devenus tous intermittents ; des places Tahrir dans les entreprises… Des scénarios extrêmes, mais pas si irréalistes que cela… Et s’ils devenaient réalité ?

    8 scénarios ont été retravaillés en atelier avec la communauté Digiwork, afin d’imaginer les tensions, les transformations qu’ils pourraient occasionner. Découvrez-les !

     

     

  • Quoi de plus naturel qu'une enquête sur le travail à l'ère numérique nous amène à interroger nos partenaires sur leur quotidien professionnel, et sur la façon dont ils en perçoivent les évolutions. En allant à leur rencontre, nous avons voulu en apprendre un peu plus sur leur métier, l'organisation du travail dans leur structure, et leur permettre de nous donner leur vision de l'avenir du travail et des enjeux que les changements impliquent. Pour la FING, ces rencontres sont également l'occasion de confronter les tendances pointées au cours de l'expédition avec son terrain d'investigation.

    Aujourd'hui, nous rencontrons Mouna Hassan, chargée d'étude et de communication au sein de FO-cadres. L'occasion de s'intéresser à l'organisation interne d'une structure syndicale, ainsi qu'à l'évolution du marché de l'emploi et des carrières des cadres.

     

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    Après avoir obtenu un master en conduite du changement (sociologie des organisations), Mouna Hassan évolue depuis 5 ans en tant que chargée d'étude et de communication au sein de FO-cadres. Cette structure est une entité nationale qui défend les intérêts des cadres et des ingénieurs du syndicat.

    Ses fonctions incluent, par exemple, la gestion de la partie rédactionnelle du site internet concernant l'évolution du droit et des contextes de travail pour les cadres et les ingénieurs, et la production papier aux adhérents et non-adhérents (lettre d'actualités sociales / matériel de communication).



    L'impact des TIC sur l'organisation interne



    Mouna Hassan est tentée de définir son rôle comme celui d'une « community manager » qui relaie les communications et organise la diffusion des informations au sein du réseau des antennes locales et départementales, et dans les syndicats d'entreprise. Ces fonctions communication prennent un angle organisationnel fort, avec pour ambition de mener à une évolution des pratiques individuelles et collectives de coopération au travail. Celles-ci se transforment par l'intermédiaire des TIC mais un gros travail d'acculturation reste à fournir, avec, par exemple, la constitution prochaine d'un réseau social réunissant toutes les fonctionnalités nécessaires à l'animation et à l'autonomisation d'une communauté professionnelle.

     

    Elle se souvient que lorsqu'elle a débuté à ce poste, la logique de travail en réseau existait peu, chacun avait son ordinateur avec ses données personnelles non partagées. Les générations d'usagers qui ont vu l'arrivée de la micro-informatique dans les organisations ont tissé avec les technologies de l'information et de la communication des liens plus distants, mais on parlera ici davantage de méconnaissance que de résistance. Elle a petit à petit, sur la base du volontariat, intégré de nouveaux outils et méthodes de coordination et de communication, mais, n'ayant pas de formation technique et l'environnement syndical n'étant pas structuré comme celui de l'entreprise (niveau d'indépendance des antennes relativement élevé), cette mission est apparue d'emblée comme une entreprise à long terme. Une de ses premières tâches a donc consisté à construire une base de données.



    La conduite du changement dans la structure s'est faite sur la base d'une inclinaison au dialogue que l'on pourrait qualifiée d'organique, puisqu'elle imprègne naturellement la culture syndicale. L'indépendance relative de chaque antenne composant la fédération est aussi, bien sûr, motif à une transition plus accompagnée que prescrite.



    Evolutions du marché du travail et de la gestion des carrières



    En ce qui concerne l'évolution de la relation des cadres à leur employeur ou à la gestion de leur carrière, elle témoigne d'un éloignement entre les nouvelles générations et leur entreprise. On entre dans des rapports donnant-donnant où la relative sécurité du poste et le prestige de la structure ne suffisent plus. Les jeunes cadres ont intégré une vision de leur parcours professionnel reposant sur un continuum qui s'affranchit des bornes stratégiques et organisationnelles de l'entreprise. Précarisation de l'emploi, manque de reconnaissance dans le travail menant au désinvestissement, font également partie des constats que dresse la responsable syndicale, qui reconnaît que les employés tendent, en réponse, à s'épanouir de plus en plus en marge, ou à côté du travail.



    Une évolution souhaitable pour la fluidification du marché du travail est la nécessaire adaptation des organisations recruteuses à la définition des profils par compétences (talents ou capacités dans l'approche anglo-saxonne) plutôt que par qualification. Ce discours est entendu depuis longtemps mais n'a pas vraiment fait bouger les lignes des modes de recrutement classiques. Les compétences acquises dans le cadre des temps de délégations syndicales, par exemple, ne sont pas souvent reconnues par les entreprises, alors que ce devrait être un biais logique de valorisation du lien salarial. Les outils numériques ont fortement impacté les modes de coopération et les dispositifs d'apprentissage, et les organisations qui n'ont pas pris le train de ces évolutions pourraient apparaître en fort décalage avec les aspirations d'une partie croissante de leurs employés.





     

     

     

  • Comment les entreprises pourront-elles survivre dans leur forme actuelle, alors que tous les fondements de leur existence moderne sont sapés par la tendance à l'individualisation des rapports de travail portée par le numérique ? Sauront-elles se montrer suffisamment agiles pour se réinventer ?

    Article à lire dans InternetActu.net 

  • Le numérique donne le pouvoir aux individus. Au point de rendre l'entreprise obsolète et d'annoncer une ère de la coopération universelle de tous avec tous ? Avant cette hypothétique paix perpétuelle, l'irruption des nouvelles technologies dans la société et l'économie pose la question fondamentale de la définition du travail, alors que la frontière avec le loisir devient toujours plus ténue.

    A lire dans InternetActu.net 

  • Cette semaine, nous vous proposons de re-découvrir le deuxième de ces territoires, et de contribuer par vos réflexions, vos remarques, ou vos références, à la préparation des futurs ateliers.

    Nous attendons vos commentaires.

    L'équipe Digiwork

     

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  • Pour celles et ceux qui n'ont pas encore troqué leur panoplie professionnelle pour le complet bermuda-claquette ou leur sac de randonnée, et qui sont toujours connectés aux voies de l'Internet, voici la huitième moûture de notre revue de veille. Ne ratez surtout pas l'infographie sur les bienfaits de la deconnexion et du soleil pour profiter pleinement de vos vacances.

    Bonnes lectures et bons visionnages

    L'équipe Digiwork

     

     

    [Thématique en 3 liens]

    Ludification : technique de management ou simple outil de communication

    Depuis une décennie, accentués par le développement des entreprises du net, de nouveaux modes de management ont émergé transformant profondément les relations interindividuelles et hiérarchiques au sein de nombreuses organisations. Un exemple est l'apparition de la ludification qui tend à transformer les espaces communs de l'entreprise en un espace de détente et de divertissement.

    Comment comprendre et optimiser l'entreprise « agile »

    Alors que les applications mobiles professionnelles ne cessent de se développer, il est primordial d'optimiser l'information des connaissances, sa gestion, son partage, son accès ou sa diffusion à tous les collaborateurs de l'entreprise.

    100% web, 100% mobile : l'entreprise sans frontières

    Les mutations de l'IT pour l'entreprise digitale » : le titre de la convention CRIP de cette année souligne l'étroite imbrication des transformations technologiques et du changement managérial au sein de l'organisation 2.0 - un concept hier encore un peu nébuleux, auquel la réalité quotidienne de l'entreprise donne aujourd'hui un contenu complexe mais très concre.

     

    [Infographies]

    In a hyper-connected world it is healthy to disconnect

    Une infographie sur la déconnexion volontaire pour bien profiter de ses vacances.. pour celles et ceux qui en auront.

    Bureaux et coworking en Ile de France: il reste beaucoup de places

    Dans cette infographie proposée par Bureaux à Partager, plateforme de location de bureaux et de coworking, il est annoncé d'entrée que 13% des espaces de travail sont libres en Ile de France, ce qui représente 100 000 appartements d'une superficie de 60 m2, uniquement sur le territoire francilien. Une enquête menée par HEC Junior Conseil pour AOS Studley et Bureaux à Partager.



    [Controverses]

    Le travail peut-il à nouveau nous faire vivre ?

    Les contextes qui permettaient à une personne de trouver une raison stable pour s’impliquer dans son travail sont en grande partie révolus. Les comportements cyniques en matière sociale ont fait tomber les illusions.

     

    [Perspectives]

    Une vision de la formation tout au long de la vie en Europe pour 2030

    La société numérique dans laquelle nous évoluerons rendra le marché du travail très flexible, segmenté et  particulièrement changeant. Le savoir sera disponible et gratuit. L’information sera partout. Les ressources  de formation seront nombreuses. Dans ce contexte, chacun d’entre nous devra  dédier au moins 20% de son temps à renouveler ses compétences pour rester employable et s’efforcer de coller à celles  requises par l’évolution du marché du travail.



    Le recrutement non-cadre est l'avenir du recrutement

    Est ce que le recrutement non-cadre sur internet existe aujourd'hui ? Le recrutement cadre a lui atteint une certaine maturité avec les sites emploi ou sur les réseaux sociaux (près de 60% à 70% ds cadres ont un profil sur 1 réseau social professionnel). Mais qu'en-est-il pour les non-cadres? Manque de moyens, faible connection, pas d'adresses mail…autant de raisons qui ont vu ce marché décoller si tardivement malgré de nombreuses tentatives.



    [Débat]

    RH et réseaux sociaux : retour à la réalité !

    Comment les entreprises et leur DRH se saisissent ou pas des réseaux sociaux comme un outil potentiellement efficace pour la découverte de talents.
    3 profils-type ressortent de la table ronde organisée par l'IGS FC Lyon à laquelle se sont succédés une quarantaine de RH.



    [Vidéo-Duel]

    Erik Brynjolfsson : La solution pour la croissance ? Faire la course avec les machines....

    Alors que les machines s'approprient davantage de travail, beaucoup se retrouvent sans emploi ou voient leurs augmentations de salaire sans cesse repoussées. Est-ce la fin de la croissance ? Non, selon Erik Brynjolfsson -- ce sont simplement les difficultés grandissantes d'une économie radicalement réorganisée. Un cas fascinant qui expose pourquoi les grandes innovations sont devant nous… si nous considérons les ordinateurs comme faisant partie de notre équipe.

    Robert Gordon : La mort de l'innovation, la fin de la croissance

    L'économie américaine a augmenté frénétiquement pendant deux siècles. Sommes-nous les témoins de la fin de la croissance ? L'économiste Robert Gordon présente 4 raisons pour lesquelles la croissance américaine est peut-être en train de ralentir, et détaille les facteurs tels que une dette pandémique et une croissance des inégalités, qui peuvent faire entrer les États-Unis dans une période de stagnation dont nous ne pourrons pas nous sortir grâce à l'innovation.











     

  • Pour certains, c'est déjà l'heure des vacances, mais la revue de veille de l'expédition Digiwork continue. Au menu : compétences, réseau social, co-production, ... Bonne lecture !

     

    [Thématique en trois liens]

    Jobs in the Future – Wagepoint.org

    De nombreuses fonctions n’existaient pas dans l’entreprise il y a 10 ans, (développeur d’application, social media manager, expert en développement durable, designer orienté usage, …), cette infographie propose 10 nouveaux métiers en 2030 (manager d’avatars, architecte digital, nano-médecin, …) et les 5 compétences à développer (esprit critique, résolution de problème, créativité, esprit d’entreprenariat, culture numérique). 

    L’obsolescence (programmée) de nos compétences : la course contre la montre – ManpowerGroup

    Résultats de l’enquête du Centre européen pour le développement de la formation professionnelle (CEDEFOP) sur la perte, le vieillissement ou l’inadaptation des compétences, phénomène qui ne concerne pas que les seniors ou les personnes peu qualifiées.

    Quels seront les métiers de demain ? – Mode(s) d’emploi

    Liste de quelques guides pratiques à consulter en ligne gratuitement sur les nouvelles compétences, les métiers cadres en émergence, les métiers des jeux vidéos, …

     

    [Infographie]

    The Impact of Workplace Flexibility - Wagepoint.org

    Cette infographie montre la façon dont les employeurs et les employés se tournent vers plus de flexibilité du travail et comment la technologie est en train de changer l'environnement de travail traditionnel. Les lieux de travail flexibles permettent d’avoir des employés heureux, engagés, qui ont une plus grande satisfaction au travail, sont moins stressés, plus productifs et qui contribuent à accroître la rentabilité d'une entreprise.

     

    [In English]

    The Future of Work – MIT Technoloy Review

    Il y a un an, la revue du MIT sortait un numéro spécial sur le futur du travail. Au sommaire : "La créativité peut-elle être automatisée ? ", "La nouvelle vague des robots d’usine", "Automatiser ou périr",  "Les travailleurs humains, managés par un algorithme", … A lire ou relire.

     

    [Service]

    Fidbacks, le profil de confiance – Le blog de la consommation collaborative

    Lancé en Janvier 2013, le site Fidbacks permet à ses membres de créer et partager un profil agrégeant l’ensemble des commentaires qu’ils ont reçus sur les différentes plateformes d’échanges entre particuliers qu’ils utilisent (Airbnb, Buzzcar, Couchsurfing, Blablacar, Deways, eBay, Etsy, Priceminister, Vadrouille-Covoiturage, Zilok …). Ainsi, grâce à Fidbacks, un nouveau membre sur un site pourra attester de sa réputation complète agrégée et certifiée par Fidbacks directement sur son profil et ce dès le premier jour.

      

    [Réseaux sociaux]

    L'énorme potentiel de LinkedIn, le "Facebook sérieux des pros" - Le Nouvel Observateur

    Retour sur l’enquête menée par FaberNovel sur LinkedIn, le réseau social qui génère le plus de revenus par heure passée sur le réseau,  dont les membres ont la plus grande valeur (théorique), qui est aussi une vrai plateforme "business",  et dont l’ambition est de "créer la carte numérique de l’économie globale, en identifiant les connections entre les gens, les métiers, les compétences, les entreprises et le savoir professionnel - et montrer en temps réel les tendances liées aux opportunités économiques".

    Les réseaux sociaux en Europe: amis ou ennemis de l'économie? - MyEurop

    D'après certaines études, les réseaux sociaux distrairaient les salariés de leur travail et seraient ainsi responsables de pertes faramineuses pour les économies des États.  D’autres affirment qu’ils permettraient d'augmenter la productivité des employés en améliorant la communication et la collaboration entre eux. Quant aux employeurs, ils s’en servent de plus en plus pour leur recrutement. Les réseaux sociaux, pas vraiment un ennemi de l’économie.

     

    [Co-production/Valeur]

    Vers la fin des hackathons ? – 01net

    Conclusion de l’article : "Le hackathon brouille les repères traditionnels de l’innovation fermée qui imprègne encore la culture organisationnelle de nombreuses entreprises. Mais passé le week-end, le hackathon va permettre de faire la preuve de faisabilité de l’innovation ouverte, il va révéler tout le potentiel d’une démarche de collaboration avec des partenaires externes. Le hackathon devient alors un levier puissant d’évangélisation interne dans l’entreprise. "

    Unilever systématise la co-création – L’Usine digitale

    Les clients n’ont pas qu’un avis, ils ont aussi des idées. Unilever est bien décidé à en systématiser la collecte pour l’aider à innover. Pour ce faire, il a signé un accord-cadre avec la plate-forme en ligne d’Eyeka, une start-up française qui fédère, dans 150 pays, quelque 250 000 membres prêts à participer à des concours de créativité. 

  • Nous aurons l'occasion de nous réunir, durant le mois de juillet, sur deux séquences de travail collaboratif autour des territoires d'innovations qui ont émergé de l'expédition Digiwork. Cette nouvelle étape fait suite aux ateliers menés en avril sur la base des scénarios de rupture, qui pointaient les tensions qu'occasionne l'impact du numérique sur le travail et les organisations, et à ceux proposés récemment dans le cadre du festival Futur en Seine.   

    Le première séquence se tiendra du 16 au 18 juillet dans les locaux de la FING à Paris, et nous amènera à questionner collectivement les trois premiers territoires d'innovations:

    1. Construire son écosystème d'activités

    2. Favoriser l'ACPI (Activité collaborative Productive Inventive)

    3. Aménager l'ACPI

    Cette semaine, nous vous proposons de re-découvrir le premier de ces territoires, et de contribuer par vos réflexions, vos remarques, ou vos références, à la préparation des futurs ateliers.

    Nous attendons vos commentaires, et espérons vous compter parmi nous durant nos sessions estivales (inscriptions).

    L'équipe Digiwork

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  • Le phénomène du coworking connaît un essor rapide, au point d'être évoqué dans chaque discussion sur les évolutions récentes du travail. Les espaces de travail partagés composent, avec les télécentres mais aussi les pôles de mobilité, les cafés et tous les espaces proposant une connexion WIFI, la nébuleuse des « tiers-lieux » qui forme le chemin connecté entre nos domiciles et les entreprises. Le nombre de ces espaces partagés a connu une progression exponentielle dans le monde depuis 2006, passant ainsi de 1130 à 2150 lieux entre 2011 et 2012 [1].

    L'hexagone se classe au 6ème rang mondial avec 121 lieux en activité, derrière l'Allemagne (230), l'Espagne (199), et l'Angleterre (154). Les Etats-Unis, pays pionnier, compte pas moins de 750 espaces de ce type sur son territoire, mais, à comparer au plan continental, on en dénombre 25 % de plus en Europe qu'en Amérique du nord.

    Même si l'on voit se développer des initiatives similaires en milieu rural, qui revêtent plutôt la forme de télécentres et s'adressent essentiellement aux télétravailleurs, la quasi totalité des espaces de coworking se situent dans les grands centres urbains qui polarisent l'activité économique. Les villes françaises commencent à suivre le mouvement, avec les régions Ile-de-france, Rhône-Alpes,et Aquitaine en tête, mais de façon très hétérogène. Leur meilleure répartition sur le territoire constitue un des enjeux majeurs d'aménagement pour la région Ile-de-France dont 27 des 31 espaces actuellement actifs se concentrent sur Paris.

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    Une typologie primaire de l'usager moyen nous apprend qu'il s'agit deux fois sur trois d'un homme, âgé de 34 ans, et ayant suivi des études supérieures. Les coworkers sont majoritairement des personnes qui télétravaillaient auparavant de leur domicile, mais la présence croissante de salariés habituellement confinés aux bureaux traditionnels apparaît comme une tendance durable. De l'aveu des personnes interrogées, leur fréquentation régulière de ces tiers-lieux a un impact positif sur l'extension de la sphère sociale et du réseau professionnel, et sur la productivité.

     

    Voilà pour la Big Picture, mais qu'en est-il du terrain, des formes que prennent les espaces partagés de travail, des pratiques et des usages qui s'y cultivent et en émergent. Grâce au coworktour organisé récemment par La Fonderie (agence numérique IdF), l'occasion nous a été donné d'être accueillis dans quelques d'espaces de coworking franciliens et de rencontrer leurs fondateurs et fondatrices. Tentons une synthèse des particularités et des traits communs qui constituent les caractéristiques et l'identité de ces lieux.

     

    Le premier constat concerne la diversité d'aménagement de l'espace physique. En dehors du fait que tous les lieux de coworking se définissent par leur capacité à accueillir des usagers aux pratiques diverses, et de façon plus ou moins temporaires, sur la base d'une mutualisation de l'espace et de l'énergie, on garde surtout à l'esprit que chaque lieu est fondé sur une architecture particulière. On peut privilégier l'espace ouvert décloisonné, constitué du mobilier bureautique minimaliste et modulaire, comme le fait Ici Montreuil. On peut souhaiter l'équilibre entre espaces ouverts et espaces plus intimistes destinés aux discussions comme c'est le cas au Tank ou au Labo de l'édition, ou, à l'image de Soleilles ou de BGE, opter pour des cloisonnements matérialisés qui autorisent les réunions plus formelles, ou les rencontres avec des clients ou partenaires.

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     Le labo de l'éditon

     

    La disposition de l'espace intérieur constitue un choix infléchie par le type de public professionnel auquel il s'adresse. En effet, il est souvent de mise que l'activité d'un espace de coworking corresponde à un secteur économique particulier, voire à une catégorie de métiers connexes. Lap Top ou Studio Singuliers, par exemple, rassemblent des travailleurs de la création et de la conception numérique, designers, graphistes. Le Labo de l'édition, comme son nom l'indique, réunit les acteurs du livre, papier et numérique.

     

    On touche ici à la dimension socio-professionnelle des lieux de coworking, et à leur fonction de connecteur. Ils sont souvent le point de convergence ou de mise en relation des différents acteurs d'un écosystème, qui y voient l'opportunité de s'affranchir des cloisons du marché ou de l'entreprise pour penser de nouvelles manières de collaborer, de concevoir ou de mener des projets. Le Tank est adossé à la société Spintank, qui en a fait une sorte d'incubateur, où se rencontrent ses salariés et des indépendants extérieurs, et au sein duquel une approche ouverte de l'innovation prend forme. Ce sont encore des « ressourceries » pour les indépendants en quête de supports stratégique, comptable, financier, juridique, etc...

     

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     Ici Montreuil

     

     

     

    Dans le même sens, certains des lieux se présentent comme des incubateurs de start-up, leur offrant ainsi des loyers relativement modérés, l'accès à un réseau d'intérêt, et la possibilité de trouver des financements. Soleilles et Le labo de l'édition intègrent des espaces entièrement dédiés au démarrage de projets entrepreneuriaux innovants.

     

    Leur modèle économique est également différent d'un projet à l'autre, même si les responsables sont unanimes sur le constat que la simple mise à disposition d'un espace de coworking ne produit pas de bénéfices suffisants pour dégager des salaires, avec des abonnements qui se situent dans une fourchette de 290€ à 450€ par mois. Cela pousse les structures à diversifier leur activité, en louant une partie des locaux à des entreprises, en proposant des accompagnements à la création de projets ou des prestations de coaching.

     

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     LeTank

    Certains sont portés par la force publique, comme Le labo de l'édition, mais la plupart sont le fruit de l'investissement privé de ses fondateurs, qui investissent en Europe en moyenne 46500€ dans l'ouverture de l'espace. Ici Montreuil constitue une exception à plus d'un titre, puisqu'il réunit un financement croisé public/privé (un budget total de 500k€), qu'il s'est structuré en SCIC (Coopérative d'intérêt Collectif) en intégrant les collectivités locales dès le portage de projet, et qu'il regroupe une impressionnante diversité de parties-prenantes. L'espace des coworkeurs y cohabite avec des artisans (bois, métal, couture, bijouterie..) qui mutualisent leurs outils, des artistes, des designers, un restaurant, et un espace d'exposition. Le concept du lieu tient en une idée, être capable, sur une semaine, d'avoir une idée et de la vendre.

     

    Les acteurs publics se saisissent progressivement de l'enjeu que représentent l'essaimage de ces espaces pour les territoires et les bassins d'emplois. Ils prennent notamment conscience de la relative précarité des modèles économiques qui les supportent, et qui ne permettent que rarement de pérenniser un poste d'animation, pourtant indispensable à leur fonctionnement et à leur développement. Ainsi, le premier appel à projet à la création de tiers-lieux porté par la région Ile-de-France a permis à 14 lieux de bénéficier d'aides (à hauteur de 800k€), et a été reconduit cette année avec une enveloppe proche du million d'euros. L'implication de la force publique s'avère également utile lorsqu'il s'agit de définir un projet à l'échelle d'un territoire, elle apparaît alors comme un entremetteur capable d'initier des synergies économiques cohérentes. Cependant, même si l'acteur public se fait plus présent, de nombreux porteurs de projet considèrent qu'il est primordial que ce mouvement reste de nature privée, associative ou entrepreneuriale, et continue de promouvoir l'innovation ascendante (bottom-up).

     

    La multiplication des tiers-lieux se confirme comme une tendance durable, et à laquelle sont liées certaines évolutions et transformations du travail que pointe l'expédition Digiwork menée par la FING depuis février 2013. Le travailleur se fait à la fois, plus mobile, reconfigurant ainsi les frontières et l'organisation de l'entreprise, et mobilisable, à condition que les modes de management l'intègrent comme partie-prenante et pas seulement comme un exécutant. Les modes de management se reconfigurent pour laisser davantage d'autonomie et renforcer la participation aux prises de décisions. La progression des statuts indépendants dans la population active n'est pas qu'une conséquence mécanique de la crise économique, elle indique probablement un changement plus profond dans le rapport au salariat. Si ce dernier a progressé ces cinquante dernières années, et constitue plus que jamais la norme [2], on constate également une progression des statuts indépendants voulue, et pas seulement subie. La chimère du plein emploi s'éloigne encore un peu plus à mesure que le taux de chômage atteint de nouveaux sommets, et la précarisation des parcours professionnels donnent aussi lieu à de nouvelles postures face au travail. La notion d'activité se substitue progressivement à celle de travail, et les évolutions des dernières décennies ayant consacré le basculement vers des carrières composées de plusieurs expériences successives, voient aujourd'hui émerger une tendance à la pluri-activité. Les réflexions et les initiatives sur des rapports renouvelés à la création de valeur et à la rémunération des activités (monnaies complémentaires ou sociales, revenu d'existence), restées jusque-là marginales, se diffusent plus largement et apparaissent comme des éléments de solutions non négligeables.

    Le travail est au centre de l'organisation sociétale et de nos modèles de solidarité, et, à ce titre, nécessite qu'on le pense dans une approche pluri-dimensionnelle susceptible de rendre compte de la complexité des rapports qui s'y articulent. C'est l'objectif que s'est donné la FING en lançant l'expédition Digiwork qui se poursuivra jusqu'à la fin de l'année, et qui sera, d'ici là, jalonnée de nouvelles rencontres et ateliers.

     

    La Fonderie vient de lancer, lors de l'édition 2013 de Futur en Seine, son projet de cartographie collaborative des acteurs franciliens du numérique. Vous retrouverez tous les lieux cités dans cet article sur cette carte, dont un aperçu est consultable ci-dessous. Repérez l'espace de coworking qui retient votre attention et faites vous votre propre idée.

     

     

     

     

     

     

    1 Tous les chiffres et les statistiques utilisés dans cet article sont tirés de l'enquête menée annuellement par le magazine en ligne deskmag et du site de l'agence berlinoise deskwanted (Copyrights Creative Commons)

    2 L'emploi, nouveaux enjeux – INSEE - Édition 2008

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