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Une expérimentation de la Fing autour du partage et de la ré-utilisation des données personnelles


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Septembre 2012

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    Didier Louvet, président et fondateur d’Adminium, a accepté de me rencontrer dans le cadre de mon étude économique pour me parler du positionnement de sa start-up dans le paysage actuel des services gravitant autour des données personnelles. Il a également participé à la rédaction de cet article ce qui me donne l’opportunité de le remercier, ainsi que tous les autres start-upers que j’ai interrogés jusqu’ici et qui ont accepté de relire et corriger mes précédents articles. 

    Créé en 2010, Adminium.fr est un « bureau numérique » en ligne qui propose aux particuliers de piloter leur vie documentaire au quotidien. Ce bureau propose d’abord à l’utilisateur de regrouper automatiquement ses données et documents personnels (bulletins de salaire, factures des web marchands, relevés d’énergie, contrats, etc …). Ces éléments sont organisés, rangés, triés pour être accessibles à tout moment et sur tous supports (web, mobile, tablette).
    Ce bureau numérique propose ensuite d’organiser automatiquement ces éléments pour en restituer à l’utilisateur une vision synthétique (tableaux de bord, analyses, …) et dynamique (alertes, rappels, mises en contact, …).


    Adminium illustration

    Illustration extraite de la page d'accueil du site Adminium

     

    Pour ce faire, Adminium propose aux particuliers des fonctions classiques de réception/stockage sécurisé (boîte à lettre/coffre-fort en ligne), associées à des fonctions plus avancées liées au traitement et à la mise en valeur de l’information (bureau numérique).
    Avec Adminium, l’individu peut gérer sa vie économique en tant que consommateur, administré, salarié via la consolidation de l’ensemble de l’information quotidienne produite par lui ou ses « fournisseurs » de biens et services : banque, assurance, opérateur téléphonique, énergie, loyer, employeur, e-marchands, mais aussi pôle emploi, impôts, crèches, …

    Le bureau numérique se positionne également comme plateforme d’interaction entre les utilisateurs et leurs « vendeurs » pour les aider à interagir de manière plus fluide et transparente.
    Adminium propose ainsi des espaces d’interactions dédiés, au sein desquels l’utilisateur a un accès simple et centralisé aux fonctionnalités self-care et informations relationnelles mises à sa disposition par tous ses différents « vendeurs ». Ces derniers bénéficient ainsi d’un espace où ils peuvent afficher une communication ciblée, dynamique et contextuelle.
    Adminium tente ainsi de réconcilier les vertus du « self-empowerment » avec une dynamique de « relations client », susceptible de rapprocher le client de son vendeur plutôt que de les opposer.

    Afin de faciliter la navigation de l’individu au sein de son bureau numérique, le service mettra en place des espaces thématiques à l’intérieur de la plateforme : données et documents dédiées à la maison, à l’énergie, aux transports, … Cela permettra également de faciliter la mise en place de services à valeur ajoutée, développés en interne ou proposés avec des partenaires, basés sur la réutilisation de ces données.
    D’autres services sont également en laboratoire afin de renforcer l’intérêt du bureau numérique pour le particulier : agrégation des données bancaires, agrégation des programmes de fidélité ou encore agrégation des avis/notations consommateurs.


    Le modèle de revenu est triple.
    D’une part, le bureau numérique permet aux organisations (vendeurs et fournisseurs, administrations, employeurs …) d’envoyer des documents au format numérique directement dans le coffre-fort de leurs clients. Au même titre que le timbre pour les courriers papier, ce service de réception garantie et qualifiée du document sera facturé aux organisations. (NB : Adminium travaille au sein de l’écosystème pour faire émerger une organisation et une norme de routage numérique sécurisée et interopérable.)
    Ensuite, un ensemble de services « experts » sera proposé aux utilisateurs sous forme d’abonnements, en complément des fonctions gratuites du bureau numérique.
    Enfin, la vente d’espaces relationnels aux vendeurs constituera une des bases principales du modèle de revenu.
    En effet, Adminium deviendra rapidement pour eux un média idéal et incontournable de communication ciblée pour maintenir et développer la relation avec leurs clients finaux, et  accroitre leur potentiel de fidélisation/acquisition.

    Lorsque le nombre d’utilisateurs sera devenu important, Adminium bénéficiera alors d’une quatrième source de revenu, celle d’un « observatoire de la consommation ».
    Adminium proposera ainsi aux organisations les résultats d’enquêtes ainsi que les statistiques pertinentes, tirés de l’observation des pratiques de consommation constamment réactualisées de ses milliers (million ?) d’utilisateurs (données anonymes, ou avec l’accord de ces derniers).

    Adminium développe donc des caractéristiques communes aux Personal Data Store en ce sens qu’il permet de centraliser, stocker et partager un ensemble de données et documents personnels.

    Didier Louvet est également à l’initiative de l’A-CFN (Association pour les Coffres forts Numériques) dont l’un des objectifs consiste à concevoir et promouvoir l’interopérabilité en matière de document et de format des documents numériques.
    L’objectif final de cette interopérabilité est de permettre aux individus de décider librement du bureau numérique dans lequel ils souhaitent recevoir et gérer leurs documents et informations, ainsi que d’en changer quand et aussi souvent qu’ils le souhaitent.
    Cependant, à l’instar de la portabilité des numéros de mobile (qui a été difficile à obtenir), cette liberté offerte aux consommateurs n’est pas forcement du goût de tous les acteurs de ce marché.

    Facilitant et apportant de la transparence au particulier dans l’utilisation et le pilotage de ses données personnelles, Adminium tente de créer de la valeur pour l’individu « consommateur », en lui permettant d’une part de connaître et de réutiliser comme il le souhaite ses données personnelles, et d’autre part d’être mieux informé sur ses vendeurs et fournisseurs.
    Cependant, la plupart des organisations sont encore réticentes à confier les données et documents de leurs clients à un service tiers, essentiellement par crainte d’une mauvaise utilisation de ces informations, synonyme pour eux d’une dégradation de leur relation clientèle.
    Les opérateurs de bureaux numériques sont ainsi contraints d’avoir recours à des « collectes automatiques », certes expressément mandatées par les particuliers, mais sans lien ni participation active des organisations.
    Le risque de cette « non participation » des organisations, si elle devait se poursuivre trop longtemps, est de voir apparaître des bureaux numériques, pauvres en capacités de relation et uniquement dédiés à l’optimisation de la consommation : sorte de gros comparateur analysant les données de consommation dans l’unique but de faire changer le consommateur de « vendeur ».
    A contrario, l’implication des organisations dans le nouvel écosystème, permettrait d’enrichir les informations disponibles, dans le but de développer des services à valeur ajoutée susceptibles de bénéficier simultanément aux consommateurs et aux organisations.

    Ces dernières ont donc tout intérêt à devenir des acteurs de cette nouvelle configuration en partageant avec leurs clients les données qu’elles détiennent sur eux, afin de faciliter l’émergence de plateformes sur lesquelles leurs interactions seront facilitées.

  • Depuis la fin 2011, dans le cadre du projet MesInfos, la Fing explore avec ses partenaires ce qui pourrait constituer la base d’une transformation profonde de la relation entre les organisations et leurs usagers : le partage et la réutilisation des données personnelles avec les individus qu’elles concernent. 

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    Nous sommes désormais en mesure d’en dire plus sur la seconde phase du projet, qui succèdera à la phase exploratoire en 2013 : une expérimentation de ce partage des données personnelles, engageant des partenaires divers : grandes organisations détentrices de données personnelles, start-ups et innovateurs, acteurs de la recherche, sociétés d'études, mais aussi des consommateurs, qui sont les premiers concernés par ces données.

    L'expérimentation prendra la forme suivante :

    • Un panel de consommateurs volontaires (quelques centaines, dont certains pourront être mobilisés selon des modalités spécifiques) sera constitué. (voir à ce titre le premier cahier des charges du panel)
    • Ils disposeront d'une plate-forme personnelle de données dans laquelle seront rassemblées les données récupérées à partir d'entreprises extérieures, ainsi que les données et documents que les consommateurs auront choisi d'y ajouter.
    • Une douzaine (nombre susceptible d'évoluer) de grandes organisations détentrices de données personnelles mettront à disposition les données dont elles disposent sur les individus : données d'identification, contractuelles, transactionnelles…
    • A partir de ces données, des "réutilisateurs" (entreprises et autres concepteurs/innovateurs) prototyperont des applications et services susceptibles d'apporter une valeur ajoutée concrète aux consommateurs. Ceux-ci seront mobilisés tout au long de l'expérimentation.
    • Un travail d'observation continue permettra de mesurer la perception, les attentes, les difficultés, les bénéfices, pour les trois grandes catégories d'acteurs de l'expérimentation : consommateurs, détenteurs de données, "réutilisateurs".

     

    L’expérimentation se déroulera sur toute l’année 2013, en 3 étapes :

    • Création des bases de l’expérimentation (janvier/mars : extraction des données, constitution du panel et de mise en place de la plateforme)
    • Expérimentation de terrain (avril/octobre : mise à disposition des données, prototypage et test d’applications tierces, observations…)
    • Bilan et projection vers la suite de l’expérimentation (novembre/décembre)

    Les résultats de l'expérimentation seront rendus publics (à l'exception des éléments confidentiels relatifs, soit aux personnes, soit au secret des affaires). 

    L'objectif, au-delà de 2013, est d'engager une dynamique concrète de rééquilibrage de la relation entre les individus et les organisations, au bénéfice de la confiance. Une action particulière sera engagée au niveau des médias, des pouvoirs publics et des dispositifs de soutien à l'innovation. 

    Ces résultats seront également partagés au niveau international, en particulier avec les communautés réunies autour des projets américains (ProjectVRM, "Smart Disclosure") et britanniques (Midata), ainsi qu'avec la Commission Européenne en lien avec la révision des directives relatives aux données personnelles.

    Les semaines qui viennent seront l'occasion de préparer l'expérimentation de façon plus détaillée avec les différents acteurs impliqués (avancées qui seront documentées ici-même), pour lancer l'expérimentation dès le mois de janvier.

     

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    Créé en 2009, Home Bubble est un outil de gestion de l’administration du foyer, en ligne. 

    Ce service gratuit, disponible via internet, smartphone et tablette, propose plusieurs fonctionnalités à ses utilisateurs.

    D’une part, il permet de stocker sur le cloud les informations et documents administratifs de l’individu, ses factures, contrats, rendez-vous, … dans un espace sécurisé.
    Sélectionnée par le programme SFR Jeunes Talents Startup 2011,  Home Bubble s’appuie également sur l’ensemble des informations administratives centralisées de l’utilisateur pour lui proposer un ensemble de services à valeur ajoutée : alertes de fin de contrat, fin de de garantie, fonctionnalités de gestion budgétaire, rapatriement automatique des relevés, …
    Il joue également le rôle d’éditeur de courrier permettant de pré-renseigner certaines informations  lors de l’envoi d’un courrier à un fournisseur. 
    Enfin, Home Bubble propose des fonctionnalités d’agenda et liste de tâches qu’il est possible de partager pour permettre aux membres d’un même foyer de le gérer conjointement.

     

    illustration Home Bubble

     

    Home Bubble se positionne sur un axe « grand public ». Les services proposés par la start-up ont en effet vocation à s’adresser au plus grand nombre : l’accent est mis sur la facilité d’utilisation des services et leur accessibilité.
    Afin de proposer ces services, Home Bubble sollicite deux sources principales de revenus. D’un part, il propose à ses utilisateurs un modèle freemium : le service est gratuit et permet d’accéder à de l’espace de stockage à hauteur de 500 Mo, mais pour avoir accès à de l’espace de stockage supplémentaire ou à certains services à valeur ajoutée, l’utilisateur devra payer un forfait mensuel de quelques euros.
    La deuxième partie du modèle de revenu se situe du côté des organisations : Home Bubble met en effet à disposition des fournisseurs un ensemble d’espaces de communication pour leur permettre d’adresser des messages personnalisés à leurs clients ou prospects. Il aide également les entreprises à passer à la dématérialisation de leurs différents documents, principalement les factures.
    En sollicitant simultanément les individus et les organisations dans la constitution de son modèle de revenu, Home Bubble garantit le respect d’un certain équilibre entre les intérêts de chacun de ces deux types d’acteurs.
     
    Home Bubble se base donc sur un ensemble de données personnelles récoltées à l’initiative du client (système de l’opt-in) chez le fournisseur afin de lui proposer des services à valeur ajoutée. Il reflète donc la logique du projet Mes Infos. Il montre également que les services de gestion des données personnelles ont déjà commencé à rassembler les données personnelles des individus et que les entreprises ont donc tout intérêt à rejoindre le mouvement pour tirer parti de ce nouveau type d’échanges.
    Home Bubble souhaite d’ailleurs établir des partenariats avec les fournisseurs d’énergie, les banques, les opérateurs de télécommunications, … afin que les échangent soient plus riches et que chacun y gagne : les fournisseurs car ils auront la possibilité de « converser » de manière plus ciblée et plus efficace avec leurs clients ou prospects,  les clients qui pourront centraliser davantage d’informations et de documents sur leur compte Home Bubble et donc disposer de services à valeur ajoutée d’autant plus complets, et enfin Home Bubble dont le service aura d’autant plus de valeur pour les individus que le nombre de fournisseurs partenaires sera grand et vice versa (on en revient à l’effet de réseau observé dans le cas de BlablaCar / Covoiturage.fr, caractéristique de ce type de service qui évolue sur un marché bi-face).

    Home Bubble s’inscrit donc dans une logique Mes Infos dans le sens où il permet à l’individu de centraliser une partie de ses données personnelles et de créer des services à valeur ajoutée à partir de l’analyse de ces données. La start-up permet également de prendre conscience du rôle que pourraient jouer les organisations dans le partage des données personnelles et d’imaginer la valeur qui pourrait en ressortir.

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    Jeune start-up née en 2011, Bankin’ fait partie d’une catégorie de services qui se développent à l’heure actuelle : Les PFM (Personal Finance Management) ou outil de gestion des finances personnelles.

    A l’instar de Mint disponible aux Etats-Unis et au Canada, cette application mobile, prochainement disponible sur le web, permet à l’utilisateur d’avoir accès à l’information relative à l’ensemble des comptes bancaires qu’il détient dans différentes banques de manière centralisée afin de lui fournir des fonctionnalités innovantes pour gérer son argent. Cette capacité de traiter des données provenant de banques diverses, à l’inverse d’autres services qui proposent exclusivement le traitement des données provenant d’une banque donnée, est permise par le partenariat noué entre Bankin’ et un consortium bancaire.
    Le service propose ainsi à ses utilisateurs de récupérer automatiquement les données bancaires correspondant à leurs comptes dans différentes banques afin de leur fournir de nombreuses fonctions telles que l’analyse de leurs dépenses, leur classification par poste, la représentation graphique de leurs évolutions… L’application se charge également de leur notifier les dépassements de “seuils de sécurité”, d’évaluer la pertinence de leur épargne, de les alerter en cas de transaction anormale, de leur indiquer un découvert, ...

     

    illustration Bankin'

    illustration de l'application Bankin'


    Le modèle de revenu est basé, d’une part sur la vente de l’application disponible sur les smartphones, mais également sur l’accès à des fonctionnalités supplémentaires au sein de l’application (modèle freemium).
    L’équipe de Bankin’ explore également des pistes pour effectuer des recommandations personnalisées sous formes de bons plans qui pourraient être proposées aux utilisateurs de l’application en échange d’une rémunération de la part des entreprises qui en bénéficient.

    L’application Bankin’ illustre ainsi l’intérêt de regrouper dans un même endroit des données initialement basées chez différentes organisations : proposer un service innovant pour l’utilisateur car basé sur un panorama de données croisées.

     

    Les individus commencent donc déjà à bénéficier de services qui leur permettent d’extraire des données personnelles de leurs documents et de bénéficier de services à valeur ajoutée basés sur leur réutilisation. En terme d’empowerment du consommateur, l’utilisateur de Bankin’ a également la possibilité de télécharger ses données bancaires sous forme de fichier Excel qu’il peut ensuite librement exploiter.
    Il a également l’avantage de mettre en lumière l’absence des organisations dans cette nouvelle dynamique où des initiatives de centralisation de données et de services associés sont en marche.

    Dans le cas de Bankin’, les banques peuvent parfois voir d’un mauvais œil les fonctionnalités proposées car cela risque d’affaiblir le trafic de leurs clients sur leurs espaces personnels au sein de la banque même au détriment d’un accès direct à Bankin’. Cet éloignement pourrait en effet être associé, du point de vue des banquiers, à une plus grande difficulté pour les banques de « converser » avec leurs clients par les moyens « traditionnels » que sont le compte client et plus généralement le site de la banque. Mais au contraire, il semblerait que la possibilité donnée à l’individu d’être plus actif dans la gestion de son argent l’amène à consulter davantage sa banque et son banquier afin d’être conseillé dans cette nouvelle dynamique.
    Plus généralement, la centralisation et le croisement des données, parfois vues comme des obstacles par les organisations lorsque celles-ci n’en sont pas à l’origine, pourrait au contraire leur permettre d’occuper un nouveau rôle dans la relation avec leurs clients, nouvellement outillés.

     

Conception & réalisation : Facyla ~ Items International

Plateforme construite avec le framework opensource Elgg 1.8

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