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Mettre la puissance transformatrice du numérique au service de la transition écologique !


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- Questions Numériques

Blog de Transitions²

  • Et si nous (re-)construisions l'“agenda" du numérique au service de la planète ? Cette publication propose près de 50 pistes pour l'engager!

    A PROPOS DE CETTE PUBLICATION
     

    La transition écologique est l’horizon indispensable de nos sociétés, la transition numérique la grande force transformatrice de notre époque. La première connaît sa destination mais peine à dessiner son chemin ; la seconde est notre quotidien, une force permanente de changement mais qui ne poursuit pas d’objectif collectif particulier. L’une a le but, l’autre le chemin : chacune des deux transitions a besoin de l’autre !

    Guidé par cette conviction, l’"agenda pour un futur numérique et écologique" s’organise autour de {{20 défis de la transition écologique}} : l’énergie, les mobilités, l’économie circulaire, la "démocratie écologique", l’empreinte environnementale du numérique, la qualité de l’air,…

    Pour chacun d’eux, il décrypte la contribution actuelle du numérique, et surtout, propose des nouveaux "chemins" pour engager une plus juste contribution du numérique aux enjeux écologiques.

    Publié en mars 2019, il s'adresse à la fois aux innovateurs, aux acteurs publics, aux entreprises et aux organismes de recherche et ambitionne d'inspirer leurs propre agendas d'innovation, de recherche, de R&D ou d'action publique.

    Cette publication a été réalisée par la Fing dans le cadre de son programme Transitions², en partenariat avec l’ADEME, l’Iddri, Inria, GreenIT.fr, le Conseil National du Numérique et Explor’ables.

    L'agenda pour un futur numérique et écologique est publié sous licence Creative Commons CC-BY.

    > Télécharger "L'agenda pour un futur numérique et écologique"  (.pdf, 116 pages)

    > Télécharger la synthèse (.pdf, 15 pages)

     

    SYNTHESE

    La rencontre entre numérique et écologie est a priori difficile. L’écologie, construite en partie sur une critique de la technologie et de la croissance, se méfie des promesses d’innovations techniques. Elle met l’accent sur les impacts écologiques du numérique lui-même, tout en le considérant, pas tout à fait à tort, comme le symbole et l’outil de l’accélération et la mondialisation contemporaines des rythmes (de vie, d’innovation, d’obsolescence…) et des flux (de matière, d’énergie, de déchets…).

    De leur côté, les acteurs du numérique ont une perception d’eux-mêmes marquée par l'immatérialité et l’efficience, qui les amène parfois à se considérer écologiques par nature. Portés par une dynamique d’innovation permanente, ils voient d’abord les opportunités et plus tard les risques.

    Fruit de 3 ans de travaux collaboratifs, {l'"agenda pour un futur numérique et écologique"} invite chercheurs, innovateurs, grandes et petites organisations, acteurs publics, militants, médias… à s’engager dans trois directions :

    • changer leurs agendas respectifs : revoir ses priorités et ses manières d'agir grâce à l'échange avec les communautés de "l'autre bord" ;
    • donner une nouvelle force à ses actions : nous portons déjà des propositions, des actions, qui tireront partie de cette convergence, qui profiteront de l'audience qu'elle ouvre, qui en éprouvera la force ;
    • engager des réalisations communes : des événements, projets, productions… qui ne pourraient pas exister si nous travaillions séparément. Si de nombreuses questions subsistent, nous en savons déjà suffisamment pour commencer à agir en vue de faire converger les deux transitions écologique et numérique et engager ce nouvel "agenda".

    Qu’il vise des enjeux énergétiques, agricoles, de mobilité ou n’importe quel défi écologique ; qu’il soit porté par un acteur public, un organisme de recherche ou un dispositif d’innovation ; qu’il s’agisse de travailler sur des émergences ou sur des sujets plus mûrs… un nouvel agenda du numérique au service de la transition écologique devrait s'appuyer sur cinq principes :

    Agendas à l'oeuvre

    Illustration : extrait de la cartographie p.6 de la publication

    1- La technologie n’apporte pas de solutions, mais les solutions peuvent produire des technologies


    Il est pratique de considérer la question écologique comme un ensemble de “défis”, problèmes ou objectifs, qu’il suffirait d’analyser un par un pour y proposer des “solutions” : c’est un rêve d’ingénieurs, à la source d’une multitude d’initiatives bien intentionnées qui mobilisent les technologies (notamment numériques) pour “répondre aux grands défis de l’humanité”. Le numérique est généralement l’infrastructure de mesure et de calcul de ces actions.

    D’une part, il s’agit d’une manière singulièrement étroite de considérer le numérique. Mais surtout, la question écologique est systémique, les “problèmes” sont inextricablement reliés les uns aux autres et ne peuvent pas se traiter séparément. Si le numérique doit aider à répondre à la crise (au sens de métamorphose) écologique, ce doit être en soutenant d’autres modèles de développement, d’autres formes de production, d’échange et de consommation.

    Pour engager l'action :

    • Défi n°6 : Les imaginaires comme chemins de la transition
    • Défi n°7 : Construire une feuille de route de la ville durable et intelligente
    • Défi n°8 : Une “Industrie du futur” qui prend l’environnement au sérieux

     

    2- La force transformationnelle du numérique n’est pas dans le calcul, mais dans l’action collective


    Les dispositifs citoyens de mesure de la qualité de l’air (via des capteurs à bas coûts) ne changent les comportement que s’ils mobilisent ensemble des collectifs d’habitants d’un quartier ou d’un immeuble, de collègues, de parents. Les “data” sont une source majeure de création de connaissance, mais leur usage dans les organisations produit aussi du décloisonnement et contribue à “casser les silos”. Les mobilités durables sont d’abord une affaire de gouvernance, d’orchestration d’une multitude d’initiatives innovantes et de nouvelles formes de partenariat et de collaboration entre acteurs privés et publics.

    La principale force du numérique au service de la transition écologique n’est pas à chercher du côté du calcul, mais de celui du partage, de la collaboration et du lien social. C’est du côté des approches collectives qu’il sera le plus à même de proposer des leviers de transformation. D’autre part, une “culture commune” des enjeux numériques et environnementaux est plus que jamais nécessaire.

    Le numérique est source de renouvellement d’imaginaires, il sait organiser la collaboration et parfois le passage à l’échelle ; l’écologie sait donner un but à l’innovation, tenir compte des “effets rebond”, pense en systèmes. Cette dimension culturelle - apprendre les uns des autres et produire de nouvelles synthèses - constitue un préalable indispensable à toute démarche qui voudrait tirer partie de l’un et de l’autre.

    Pour engager l'action :

    • Défi n°3 : Le numérique pour une approche collective des mobilités durables
    • Défi n°4 : Mettre les "data" au service d’impacts environnementaux
    • Défi n°5 : Une mesure distribuée de la qualité de l’air
    • Défi n°9 : Le numérique au service des politiques environnementales locales
    • Défi n°10 : Des stratégies de lieux partagés

     

    3- Le numérique collaboratif et l’écologie démocratique ont partie liée, mais ils ne le savent pas encore assez
     

    Les modèles issus du numérique Open, agiles, distribués, collaboratifs, etc.) ont démontré du potentiel de transformation dans toutes sortes de domaines, mais leurs apports aux questions écologiques n'ont rien d'évident. Ils restent des modèles : si on ne leur insuffle pas une vraie intention écologique, un objectif, les résultats ne suivront pas. Les promesses déçues de l’économie collaborative sont là pour nous le rappeler.

    De même, toutes les civic tech du monde ne suffiront pas faire émerger une “démocratie écologique”, si les citoyens et les institutions politiques (formelles ou informelles) ne sont pas habités par cet enjeu.

    Un rapprochement stratégique entre les acteurs de l’écologie, ceux de l’innovation publique et démocratique (numérique ou non), et ceux du numérique collaboratif, ouvrirait de nouvelles perspectives en vue de l’émergence d’une écologie non technicienne, à la fois quotidienne et politique.

    Pour engager l'action :

    • Défi n°11 : Les “modèles ouverts” au service de la transition écologique
    • Défi n°13 : Relier numérique et low tech
    • Défi n°14 : Mobiliser le numérique au service d’une “démocratie écologique”
    • Défi n°15 : Une seconde vie pour les “Communs” de l’écologie
    • Défi n°17 : Les apports du numérique à l'agriculture, l'agroécologie et la permaculture
    • Défi n°19 : Vers l’internet de l’énergie

     

    4- L’innovation ne jouera un rôle positif dans la transition écologique qu’en se focalisant sur son impact autant que sur son modèle économique


    Pour réaliser la transition écologique, nous avons besoin d’innovation, mais pas de n’importe quelle innovation : des projets qui visent des impacts environnementaux ambitieux, explicites et crédibles, qui s’intéressent à ses impacts sur d’autres secteurs et acteurs - et surtout qui se donnent les moyens de vérifier qu’ils seront atteints, ce qui est encore trop peu le cas aujourd’hui.

    D’autre part, l’innovation ne jouera un rôle écologique positif que si le système d’innovation - l’ensemble des méthodes, des institutions et des dispositifs financiers qui rendent possible, légitiment, sélectionnent des propositions innovantes - évolue pour donner autant d’importance à l’impact des projets (écologique et social, positif et négatif) qu’à la création de valeur économique. Mieux relier le modèle d’affaire d’une innovation à son modèle d’impact, accompagner et soutenir les innovateurs qui s’en donneront la peine : c’est à cette double condition que l’innovation pourra réellement tenir ses promesses.

    Pour engager l'action :

    • Défi n°2 : Orienter l’innovation vers la recherche d’impacts majeurs
     
     

    5- Le numérique et son industrie doivent montrer la voie
     

    “L’IT for Green n’est pas une excuse pour délaisser le Green IT”. Ou dit autrement : le secteur du numérique doit reconsidérer sa propre empreinte écologique (qui est massive) avant de prétendre outiller des démarches, des modèles, des collectifs…

    L’industrie du numérique et ses utilisateurs devraient être les têtes de pont de l’économie circulaire, en proposant des produits éco-responsables, modulaires, réparables, recyclables et surtout, d’une durée de vie plus longue ; et des services clairement pensés dans un esprit de frugalité (en ressources informatiques et réseau, mais aussi en termes de temps et d’attention).

    Un agenda du numérique au service d'une question environnementale devra ainsi porter attention à un numérique "écologique by design". Le numérique devra aussi revoir plus largement ses modes de conception : éclairer plutôt qu'opacifier la prise de décision, chercher à fluidifier l'attention plutôt que l'instrumentaliser, distribuer du pouvoir d'agir plutôt que prescrire,… Le numérique a besoin d'un "RESET" : reconsidérer sa contribution à la transition écologique est l'occasion rêvée pour engager sa mue !

    Pour engager l'action :

    • Défi n°1 : Un numérique “écologique by design”
    • Défi n°16 : Une culture commune du numérique et de l'écologie au service des ODD
    • Défi n°20 : Contre l’effondrement

     

    Agendas à engager

    Illustration : extrait de la cartographie p.6 de la publication

     

    TRANSITIONS² : LA GENÈSE DE L'AGENDA POUR UN FUTUR NUMÉRIQUE ET ÉCOLOGIQUE


    Lancé en 2015, Transitions² est un projet collectif qui vise à "mettre le numérique au service de la transition écologique".

    Porté par la Fing avec l’ADEME, l’Iddri, Inria, GreenIT.fr, le Conseil National du Numérique, Explor’ables et d’autres, il a pour ambition :

    • D’explorer les pistes nouvelles qu’ouvre la convergence entre numérique et écologie – sans en occulter les risques ;
    • De donner un sens à la transition numérique, en la confrontant aux défis écologiques ;
    • De décloisonner les communautés d’acteurs issus respectivement de l’écologie et du numérique et d’engager des actions concrètes qui les rapprochent.

    L’agenda pour un futur numérique et écologique rassemble et synthétise la richesse de 3 ans de travaux. Il s’appuie sur l’ensemble des travaux du programme Transitions² engagé depuis 2015 : 5 “Open Conférence”, plus de 20 ateliers de travail, près de 1500 contributions en ligne sur la plateforme www.transitions2.net,...

    Dans l’ensemble, Transitions² a rassemblé près de 1000 contributeurs : innovateurs, chercheurs, entrepreneurs, grandes organisations, acteurs publics, médias,... Cette publication s’organise en 20 “défis”, dont chacun a fait l'objet d'une synthèse.

     

    > Télécharger "L'agenda pour un futur numérique et écologique (.pdf, 116 pages)

     

    LES AUTRES PUBLICATIONS DE TRANSITIONS²

     

    Cliquer sur l'image pour accéder aux publications (Licence Creative Commons CC-BY)

    Publications T2




    Article importé: http://www.transitions2.net/catalogue/view/13270/lagenda-pour-un-futur-numerique-et-ecologique-2019
    Par: Renaud Francou
    Publié: April 4, 2019, 12:10 pm

  • Depuis le 03 Jul 2018 à 09:00
    Jusqu'au 03 Jul 2018 à 17:00

    Lien vers une ressource en ligne : http://fing.org/?page=evenemen. ( Français)

    RDV au Square Renault, pour une nouvelle journée de travail et de rencontre de la communauté Transitions²

    #Sobriété numérique, #Data, #Qualité de l’air, #Innovation…

    La 5e Open Conference Transitions² continue d’impulser des feuilles de route d’innovation, de recherche, d’action publique… pour mieux coordonner numérique et écologie.

    Rendez-vous mardi 3 juillet au Square Renault pour construire notre Agenda Commun pour le Futur !

    > PROGRAMME ET INSCRIPTION




    Article importé: http://www.transitions2.net/catalogue/view/2121/open-conference-5-agenda-pour-le-futur-3-juillet-2018
    Par: Renaud Francou
    Publié: June 19, 2018, 5:40 pm

  • Depuis le 14 Nov 2017 à 09:00
    Jusqu'au 30 Nov 1999 à 00:00


    Le 14 novembre 2017, au Square Paris.

    Transitions² / L’Agenda du Futur

    Open Conference #3

     

    Mardi 14 novembre, 9h - 17h30 / Le Square Paris, 3 passage Saint-Pierre Amelot, 75011

     

    INSCRIPTION

    (entrée libre mais inscription obligatoire)

     

     

    A PROPOS DE CETTE JOURNEE

    Depuis un an, les Open Conference Transitions² rassemblent celles et ceux qui travaillent à mieux faire converger numérique et écologie.

    Chercheurs, innovateurs, entreprises, acteurs publics, médias, collectifs… nous avons tous besoin de mieux prendre en compte les potentiels de partage, de collaboration, de culture d’innovation que propose le numérique - et pas juste le réduire à sa dimension technique.
    Nous avons besoin de construire un "Agenda pour le Futur".

    Le 14 novembre prochain, pour la troisième fois, nous rassemblons 80 personnes pour :

    • mettre ensemble des sujets à "l'agenda" des décideurs, médias, chercheurs… pour enrichir la contribution du numérique aux enjeux écologiques ;
    • remettre en question nos propres agendas d’innovation, de recherche, d’action publique ;
    • engager ensemble des actions, projets, recherches, dispositifs, événements…

    A cette occasion, la 1ère version de la publication collective “Agenda pour le Futur” (janvier 2018) sera présentée.
    Les travaux de cette journée contribueront largement à l’alimenter.

     

    PROGRAMME DE L'EVENEMENT
     

    >>> Un sujet que vous voulez discuter pendant la journée ? Un projet que vous portez à partager ?
    Décrivez-le en 3 lignes et mettez-le au programme de la journée !
     

    >> REMPLIR LE FORMULAIRE

     

    9h-9h30 : accueil café, remplissage de la « traditionnelle » frise Transitions²
     

     

    9h30-9h45 : "L'instant veille de Transitions²" : 10 initiatives, projets, visions qui croisent numérique et écologie, et qui nous ont interpellées !

    Manon Molins et Emma Gauthier, Fing
     

    10h-12h : SESSION #1 : Changer d’agenda, mettre à l’agenda : ils le font pour de vrai !
    5 intervenants racontent comment la feuille de route de leur organisation va “bouger” dans les mois à venir dans plusieurs directions :

    •  L’Usine du Futur
    •  La prise en compte d’innovation à “fort impact”
    •   L’économie circulaire “au-delà du calcul”
    •   Les expérimentations territoriales locales
    •   Le potentiel partagé des "data"

    Participations en cours de finalisation : WWF, ADEME, Bpifrance, des acteurs urbains (Grand Lyon, Nantes Métropole, La Rochelle), réseau OMS des Villes Santé, Institut de l’économie circulaire, ...
     

    12h - 12h30 : SESSION #2 : L’Agenda² : les principaux messages et appels à contribution
    Présentation de la première version de l’ « Agenda pour le Futur » (publication) : les appels à action, les sujets orphelins, les projets communs…
    Par Daniel Kaplan, Jacques-François Marchandise et Renaud Francou, Fing


    12h30 - 14h : SESSION #lunch : déjeuner en commun offert, sur place
     

    14h-14h30 : SESSION #3 : Imaginaires de transition

    Un(e) intervenant(e) partage avec nous un exercice de prospective !
    Intervenant à confirmer
     

      Futur.jpg

    14h30 - 17h : SESSION #4 : les projets à engager

    A partir des 7 défis de "L'Agenda pour le Futur", une invitation à nourrir les les sujets à mettre à "l'agenda" des décideurs, médias, chercheurs…, mais surtout, à faire bouger son propre agenda !

    Propositions de départ : il peut en avoir d'autres !

    • Ecology by design : un numérique et une informatique plus vert(e)s
    • Nouveaux modèles de systèmes productifs
    • Orienter l’innovation vers la recherche d’impacts majeurs
    • Territoires et ville en transition
    • Changer la décision et la gouvernance
    • Les individus en capacités d’agir
    • Forger des visions de l’avenir


    17h-17h30 : partage, discussions et feuille de route commune pour la suite !




    Article importé: http://www.transitions2.net/catalogue/view/1815/agenda-du-futur-transitions%C2%B2-open-conference-3
    Par: Renaud Francou
    Publié: September 29, 2017, 3:21 pm

  • Un article de la Fing et l'Iddri publié dans la revue "Responsabilité et environnement" des Annales des Mines (juillet 2017)

      (...) Pris dans toute sa diversité, et donc allant bien au-delà des seules solutions passant par l’informatique et les calculs auxquels on le réduit encore trop souvent, le numérique nous invite à explorer d’une tout autre façon les chemins de la transition écologique en investissant les dimensions sociales et collectives de cette transformation.


    >> Télécharger l'article (4 pages, .pdf)

    Article publié dans le numéro de juillet 2017 de la série Responsabilité & Environnement des Annales des Mines.

    ****

    Faire converger les transitions numérique et écologique

     

    • Damien DEMAILLY, Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI)
    • Renaud FRANCOU, Fondation Internet Nouvelle génération (Fing)
    • Daniel KAPLAN, Fondation Internet Nouvelle génération (Fing)
    • Mathieu SAUJOT, Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI)

    La transition écologique est un horizon incontournable pour nos sociétés, la transition numérique est, quand à elle, la grande force transformatrice de notre époque. La première sait raconter son but, mais peine à dessiner son chemin ; la seconde est notre quotidien, une force permanente de changement, mais qui ne poursuit pas d’objectif collectif particulier. L’une a le but à atteindre, l’autre le chemin à emprunter : chacune de ces deux transitions a besoin de l’autre ! Et pourtant, leurs acteurs évoluent trop souvent dans des sphères séparées, sans réaliser pleinement la puissance transformatrice qu’aurait leur convergence.

    Comment dès lors faire converger ces deux grandes transitions contemporaines ?

     

    Qu’est-ce que le numérique ?


    Commençons tout d’abord par clarifier ce que nous entendons par le terme « numérique ».

    Dans les entreprises comme dans l’action publique, les acteurs de l’écologie et ceux du numérique sont confrontés à une même difficulté : les transformations dont ils sont porteurs sont transversales. Elles touchent tous les métiers et toutes les dimensions des organisations. Elles relèvent à la fois de la technique, des pratiques quotidiennes et des formes d’action collective. Dès qu’on les spécialise, on les stérilise.

    Ainsi l’apport du numérique à la transition écologique
    est-il trop souvent considéré sous le seul angle technique, celui du « smart », de l’optimisation des processus pour augmenter la productivité des ressources (avec, par exemple, l’utilisation de capteurs pour améliorer le pilotage de réseaux d’eau ou d’éclairage public...).
    Or, si le numérique prend aujourd’hui une telle place, c’est parce qu’il est aussi beaucoup d’autres choses. En effet, le numérique, c’est aussi :

    • une manière de produire et de partager des connaissances : les « Data » deviennent le support dominant de la production d’informations et de décisions. Ainsi, le « défi » onusien Data 4 Climate Action exploite de grands volumes de données produites par des acteurs privés pour « catalyser l’action contre le changement climatique » ;
    • de nouvelles pratiques individuelles et sociales (SMS, réseaux sociaux, partage de fichiers ou de plans…). Sous leur apparence parfois futile, ces usages peuvent aussi marquer le point de départ de mobilisations, de coordinations, de partages et d’échanges plus massifs : on pense notamment à la vitesse avec laquelle les réseaux sociaux se sont invités dans les campagnes électorales et au rôle important qu’ils y ont joué, ou encore à l’importance prise par des plateformes de vente en ligne telles que Le Bon Coin ;
    • de nouvelles formes de coordination et d’action collective allant de l’échelle locale à la plus globale : il en est ainsi de Wikipedia qui permet de construire de la connaissance et de la partager entre des millions de personnes, des plateformes de l’économie collaborative qui permettent d’échanger (ou de partager) son véhicule, son logement, son potager…, ou encore, du crowdfunding en matière de financement de projets de toutes sortes.

    Pris dans toute sa diversité, et donc allant bien au-delà des seules solutions passant par l’informatique et les calculs auxquels on le réduit encore trop souvent, le numérique nous invite à explorer d’une tout autre façon les chemins de la transition écologique en investissant les dimensions sociales et collectives de cette transformation.

    Comment ce numérique, dans toutes ses dimensions, peut-il se mettre au service de manières plus durables de produire, de consommer des objets et des services ou de se déplacer ? Et, comment, sur cette base, des politiques et des stratégies de transitions écologique et énergétique peuvent-elles intégrer une « perspective numérique » ?

    Il y a là pour l’écologie à la fois une nécessité et une source d’opportunités à explorer, qui nous paraissent aussi complexes qu’excitantes. Mais cela nécessite, en tout premier lieu, de clarifier les liens existants entre ces deux transitions.

    Reconnaître aussi bien les risques que les opportunités du numérique pour le développement durable


    La communauté écologique, construite en partie sur une critique de la technologie et de la croissance, se méfie des promesses d’innovations techniques. Elle a tendance à se focaliser sur les déchets générés par la production d’objets, sur la consommation énergétique et sur les risques d’effets rebond (c’est par exemple le cas de l’amélioration des technologies automobiles qui a été aussitôt réinvestie dans davantage de puissance et de confort).

    Elle n’a pas tort, car, dans le système actuel, l’empreinte écologique liée à la fabrication et à l’utilisation du matériel numérique via Internet est colossale (Voir à ce sujet les travaux du G.D.S EcoInfo du CNRS). Et la dynamique actuelle de son développement intensifie ces impacts : ainsi, la demande croissante de puissance de calcul rend les équipements très vite obsolètes, alors même que l’on sait que leur fabrication concentre une bonne part des impacts environnementaux du numérique. Les évolutions vers un Cloud généralisé et les objets connectés pourraient démultiplier la consommation énergétique liée à la gestion des données et à leur utilisation (serveurs...).

    Cela milite sans conteste en faveur d’une nouvelle approche : le monde du numérique doit mieux intégrer l’enjeu écologique à la fois dans la conception de ses services et dans sa contribution à la société, c’est ce que nous avons développé dans le projet Ecology by design.

    Par ailleurs, le numérique, même lorsqu’il prend, par exemple, la forme de plateformes collaboratives d’échange de biens, ne permet pas à lui seul de changer nos « logiciels » de consommation, et donc de réduire notre consommation de ressources, comme l’a démontré le projet PICO (la revente sur Internet permet, par exemple, à certains usagers d’augmenter la fréquence de leurs achats d’objets neufs). Le numérique est aujourd’hui le support technique privilégié de nos modes de vie, que nous savons trop dispendieux pour l’équilibre de notre planète. Et, dans notre système actuel, le risque demeure que les gains d’efficience apportés par le numérique soient réinvestis dans toujours plus de consommation et de croissance matérielle, un phénomène que nous constatons depuis des décennies.

    Mais la communauté écologique doit élargir son regard sur le numérique, car celui-ci est aussi porteur de promesses. En effet, il outille autant la mesure et la compréhension des phénomènes climatiques ou des pollutions quotidiennes par l’intermédiaire d’applications individuelles, que la montée en puissance de formes partagées de mobilité ou de consommation ; les « sciences citoyennes », comme le recensement collaboratif de la biodiversité, que les projets open source et low tech en matière d’énergie ou d’agriculture ; les mobilisations massives (telles que 350.org) que l’organisation complexe des flux de l’économie circulaire. Nos actions en faveur de l’écologie ont beaucoup à gagner à s’appuyer sur le numérique en matière d’information, d’implication des citoyens et des parties prenantes, de collaboration, d’organisation, de passage à l’échelle…

    De leur côté, les acteurs du numérique ont une perception d’eux-mêmes marquée par l’immatérialité et l’efficience, et se considèrent écologiques, par nature. Portés par une dynamique d’innovation permanente allant dans toutes les directions, ils voient d’abord les opportunités et bien plus tard les risques. On n’innove pas sans un brin d’optimisme. Certains de ces acteurs nourrissent progressivement leur soif d’innovation par les défis écologiques qui nous font face. Nombreux sont les innovateurs qui s’attaquent aujourd’hui aux défis écologiques en s’appuyant sur la dématérialisation, sur le partage, la réduction des déchets et les changements de comportement (pensons aux CivicTech) ou en cherchant à « disrupter » divers marchés (ceux de l’énergie, de la mobilité ou de la production et de la distribution des objets).

    Néanmoins, aussi puissante que soit leur idée, ils ne sont généralement pas outillés pour mesurer la réduction des impacts qu’ils promettent en toute bonne foi (Comme nous l’observons dans le cadre du projet « Innovation Facteur 4 »)
    Or, dans un système d’innovation encore entièrement focalisé sur le potentiel de croissance et de rentabilité des entreprises, si l’impact écologique n’est considéré que comme une externalité positive, sa réduction ne résistera pas aux premières difficultés, ni aux premières évolutions stratégiques.

    Même si le rapprochement entre numérique et écologie reste fragile, des connaissances et des méthodes structurantes émergent dans plusieurs domaines. Ainsi le « green IT » s’appuie-t-il sur des méthodes assez solides pour réduire l’empreinte écologique de l’informatique des grandes entreprises. Plusieurs études ont démontré le potentiel du covoiturage et de l’autopartage sur de courtes distances, ainsi que celui des systèmes « multimodaux » intégrant les modes actifs de mobilité pour rendre celle-ci plus « durable ». Le projet « Agir Local » montre comment, dans les collectivités locales, les personnes en charge des sujets écologiques et numériques peuvent utilement travailler ensemble.

    En matière d’innovation, le projet « Innovation Facteur 4 » démontre comment des outils existants peuvent aider innovateurs et investisseurs à placer sérieusement l’impact écologique au coeur de leur projet. Et nous avons observé qu’en permettant la participation et la mobilisation des citoyens localement, par l’intermédiaire de plateformes de budget participatif comme à Paris, ou au travers de plateformes de crowdsourcing urbain ou de financement participatif, le numérique peut soutenir cette activité citoyenne si essentielle pour arriver à mettre en oeuvre une transformation écologique qui nous engage tous.

     

    De nouvelles politiques publiques pour réaliser la convergence
    entre transition écologique et transition numérique


    Si de nombreuses questions subsistent, nous en savons déjà suffisamment pour commencer à agir et à faire converger ces deux transitions.

    Pour que les innovateurs du numérique se tournent massivement vers la transition écologique, il faut une intention ferme qui soit inscrite au coeur du modèle d’affaires des acteurs et qui s’appuie sur un « système d’innovation » qui mesure le succès à l’aune d’autres indicateurs que les seuls indicateurs financiers. Comment ? En modifiant, tout d’abord, les outils de sélection et de soutien mis en oeuvre tant par les acteurs publics que par les acteurs privés (1), et, également, en faisant évoluer nos outils de mesure de la valeur et des impacts.
     

    L’objectif est double : concevoir des solutions numériques qui n’alimentent pas une dynamique d’obsolescence et de hausse des consommations énergétiques et orienter les finalités des projets innovants vers la transition écologique. L’État, en initiant les incubateurs de la GreenTech, semble avoir compris la nécessité d’un tel effort.

    Mais centrés comme ils le sont sur leur outil et leurs propositions de valeur, les innovateurs n’ont pas forcément la visibilité ni la « main » sur les interactions complexes que vont créer leurs « solutions », ou dont elles vont dépendre. Au-delà de la question des effets rebond, une innovation ne produira pas les résultats escomptés en l’absence d’un système lui permettant de s’épanouir : par exemple, une application de covoiturage sur courtes distances ne peut produire de grands résultats, si elle ne s’inscrit pas dans un système de mobilité organisé à l’échelle du territoire. Leurs solutions n’apporteront des gains que si elles s’inscrivent dans un système adapté, dans un cadre vertueux. À différents niveaux, ce doit être le rôle des pouvoirs publics que d’agir sur ces cadres.

    Les collectivités locales ont certainement un rôle clé à jouer pour soutenir et intégrer les innovations du numérique les plus profitables au développement durable de leur territoire. Nos travaux montrent quelques directions en la matière. Elles doivent oeuvrer progressivement à mieux connaître et à mieux appréhender ces nombreuses innovations, pour être à même d’identifier celles qui pourraient apporter des solutions complémentaires et utiles à ce que les collectivités mettent déjà en oeuvre dans les différents secteurs urbains. Organiser la mutualisation entre acteurs publics et l’échange d’expériences est une nécessité si l’on veut pouvoir faire face efficacement au flux continu d’innovations qui déferle sur des collectivités locales à la recherche de soutien. Et la multiplication des échanges doit également permettre de surmonter des différences culturelles entre entrepreneurs et autorités publiques qui souvent compliquent leur travail commun.

    Les collectivités doivent également savoir soutenir les expérimentations locales afin de les orienter vers des objectifs de développement durable et leur donner la possibilité de tester leurs innovations et de comprendre les enjeux d’une diffusion plus large de celles-ci. Cela est d’autant plus critique que, souvent, les solutions les plus alignées sur l’intérêt général sont celles qui ont le plus de mal à se développer seules. Derrière le mot valise d’expérimentation se jouent des changements plus profonds qui sont liés à la culture numérique : le principe d’itération, l’acceptation de l’échec pour mieux apprendre, l’ouverture et le partage de données pour mieux évaluer et comprendre les expériences… C’est, par exemple, une des ambitions d’Etalab que d’essayer d’inoculer au sein de l’État cet état d’esprit, sans lequel il ne saurait y avoir de réelle transformation par le numérique.

    Les solutions du numérique et de l’économie collaborative représentent un réservoir d’innovations dans lequel les pouvoirs publics peuvent puiser pour renouveler leurs services publics. Par exemple, la politique du recyclage devrait progressivement amener à tisser des liens avec les plateformes d’échange de biens. Collaborer avec ces nouveaux acteurs, notamment lorsque ce sont des plateformes, nécessite toutefois de nouvelles formes de gouvernance et de partenariat qui sont à inventer, ce qui soulève de nombreuses questions quant au nouveau contrat social urbain à élaborer.

    Enfin, les stratégies et les politiques de soutien à l’innovation numérique doivent devenir à la fois plus exigeantes et plus créatives. Plus exigeantes, en abordant la question de leur empreinte écologique et de leurs impacts potentiels, positifs comme négatifs. Plus créatives, en s’intéressant moins exclusivement à la performance technologique et économique et davantage à l’exploration de modèles alternatifs : l’open source comme vecteur de diffusion de solutions vertueuses ; le partage, la collaboration et les « communs » comme alternatives positives à la surconsommation ; le « pair à pair » et les systèmes d’échange alternatifs...


    Un changement d’état d’esprit


    Au-delà de ces principes, l’alliance féconde entre l’écologie et le numérique invite chacun à se transformer de l’intérieur. La « tech » doit s’inventer un agenda d’innovation qui prenne en compte la finitude du monde, et les « écolos » doivent se saisir de l’incroyable force de transformation du numérique. Depuis un an, le programme (14) Transitions² lancé par un certain nombre d’acteurs, dont la Fing et l’IDDRI, explore les changements apportés par l’alliance de l’écologie et du numérique, mais aussi la manière dont cette alliance nous change nous-mêmes.

    Mais nous n’en sommes qu’au tout début. Nous entendons aujourd’hui inviter d’autres acteurs issus de l’écologie et du numérique à nous rejoindre pour que nous réexaminions ensemble leurs priorités.

     

    (1) Ceux-ci font l’objet d’un double travail avec Bpifrance : la parution en 2015 (et désormais l’usage par les chargés d’affaires de Bpifrance) du référentiel « Innovation nouvelle génération » et la réalisation (en cours) d’un travail, « Innovation Facteur 4 ».




    Article importé: http://www.transitions2.net/catalogue/view/1775/faire-converger-les-transitions-numerique-et-ecologique
    Par: Renaud Francou
    Publié: August 22, 2017, 6:40 pm

  • Un article de la Fing et l'Iddri publié dans la revue "Responsabilité et environnement" des Annales des Mines (juillet 2017)

      (...) Pris dans toute sa diversité, et donc allant bien au-delà des seules solutions passant par l’informatique et les calculs auxquels on le réduit encore trop souvent, le numérique nous invite à explorer d’une tout autre façon les chemins de la transition écologique en investissant les dimensions sociales et collectives de cette transformation.


    >> Télécharger l'article (4 pages, .pdf)

    Article publié dans le numéro de juillet 2017 de la série Responsabilité & Environnement des Annales des Mines.

    ****

    Faire converger les transitions numérique et écologique

     

    • Damien DEMAILLY, Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI)
    • Renaud FRANCOU, Fondation Internet Nouvelle génération (Fing)
    • Daniel KAPLAN, Fondation Internet Nouvelle génération (Fing)
    • Mathieu SAUJOT, Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI)

    La transition écologique est un horizon incontournable pour nos sociétés, la transition numérique est, quand à elle, la grande force transformatrice de notre époque. La première sait raconter son but, mais peine à dessiner son chemin ; la seconde est notre quotidien, une force permanente de changement, mais qui ne poursuit pas d’objectif collectif particulier. L’une a le but à atteindre, l’autre le chemin à emprunter : chacune de ces deux transitions a besoin de l’autre ! Et pourtant, leurs acteurs évoluent trop souvent dans des sphères séparées, sans réaliser pleinement la puissance transformatrice qu’aurait leur convergence.

    Comment dès lors faire converger ces deux grandes transitions contemporaines ?

     

    Qu’est-ce que le numérique ?


    Commençons tout d’abord par clarifier ce que nous entendons par le terme « numérique ».

    Dans les entreprises comme dans l’action publique, les acteurs de l’écologie et ceux du numérique sont confrontés à une même difficulté : les transformations dont ils sont porteurs sont transversales. Elles touchent tous les métiers et toutes les dimensions des organisations. Elles relèvent à la fois de la technique, des pratiques quotidiennes et des formes d’action collective. Dès qu’on les spécialise, on les stérilise.

    Ainsi l’apport du numérique à la transition écologique
    est-il trop souvent considéré sous le seul angle technique, celui du « smart », de l’optimisation des processus pour augmenter la productivité des ressources (avec, par exemple, l’utilisation de capteurs pour améliorer le pilotage de réseaux d’eau ou d’éclairage public...).
    Or, si le numérique prend aujourd’hui une telle place, c’est parce qu’il est aussi beaucoup d’autres choses. En effet, le numérique, c’est aussi :

    • une manière de produire et de partager des connaissances : les « Data » deviennent le support dominant de la production d’informations et de décisions. Ainsi, le « défi » onusien Data 4 Climate Action exploite de grands volumes de données produites par des acteurs privés pour « catalyser l’action contre le changement climatique » ;
    • de nouvelles pratiques individuelles et sociales (SMS, réseaux sociaux, partage de fichiers ou de plans…). Sous leur apparence parfois futile, ces usages peuvent aussi marquer le point de départ de mobilisations, de coordinations, de partages et d’échanges plus massifs : on pense notamment à la vitesse avec laquelle les réseaux sociaux se sont invités dans les campagnes électorales et au rôle important qu’ils y ont joué, ou encore à l’importance prise par des plateformes de vente en ligne telles que Le Bon Coin ;
    • de nouvelles formes de coordination et d’action collective allant de l’échelle locale à la plus globale : il en est ainsi de Wikipedia qui permet de construire de la connaissance et de la partager entre des millions de personnes, des plateformes de l’économie collaborative qui permettent d’échanger (ou de partager) son véhicule, son logement, son potager…, ou encore, du crowdfunding en matière de financement de projets de toutes sortes.

    Pris dans toute sa diversité, et donc allant bien au-delà des seules solutions passant par l’informatique et les calculs auxquels on le réduit encore trop souvent, le numérique nous invite à explorer d’une tout autre façon les chemins de la transition écologique en investissant les dimensions sociales et collectives de cette transformation.

    Comment ce numérique, dans toutes ses dimensions, peut-il se mettre au service de manières plus durables de produire, de consommer des objets et des services ou de se déplacer ? Et, comment, sur cette base, des politiques et des stratégies de transitions écologique et énergétique peuvent-elles intégrer une « perspective numérique » ?

    Il y a là pour l’écologie à la fois une nécessité et une source d’opportunités à explorer, qui nous paraissent aussi complexes qu’excitantes. Mais cela nécessite, en tout premier lieu, de clarifier les liens existants entre ces deux transitions.

    Reconnaître aussi bien les risques que les opportunités du numérique pour le développement durable


    La communauté écologique, construite en partie sur une critique de la technologie et de la croissance, se méfie des promesses d’innovations techniques. Elle a tendance à se focaliser sur les déchets générés par la production d’objets, sur la consommation énergétique et sur les risques d’effets rebond (c’est par exemple le cas de l’amélioration des technologies automobiles qui a été aussitôt réinvestie dans davantage de puissance et de confort).

    Elle n’a pas tort, car, dans le système actuel, l’empreinte écologique liée à la fabrication et à l’utilisation du matériel numérique via Internet est colossale (Voir à ce sujet les travaux du G.D.S EcoInfo du CNRS). Et la dynamique actuelle de son développement intensifie ces impacts : ainsi, la demande croissante de puissance de calcul rend les équipements très vite obsolètes, alors même que l’on sait que leur fabrication concentre une bonne part des impacts environnementaux du numérique. Les évolutions vers un Cloud généralisé et les objets connectés pourraient démultiplier la consommation énergétique liée à la gestion des données et à leur utilisation (serveurs...).

    Cela milite sans conteste en faveur d’une nouvelle approche : le monde du numérique doit mieux intégrer l’enjeu écologique à la fois dans la conception de ses services et dans sa contribution à la société, c’est ce que nous avons développé dans le projet Ecology by design.

    Par ailleurs, le numérique, même lorsqu’il prend, par exemple, la forme de plateformes collaboratives d’échange de biens, ne permet pas à lui seul de changer nos « logiciels » de consommation, et donc de réduire notre consommation de ressources, comme l’a démontré le projet PICO (la revente sur Internet permet, par exemple, à certains usagers d’augmenter la fréquence de leurs achats d’objets neufs). Le numérique est aujourd’hui le support technique privilégié de nos modes de vie, que nous savons trop dispendieux pour l’équilibre de notre planète. Et, dans notre système actuel, le risque demeure que les gains d’efficience apportés par le numérique soient réinvestis dans toujours plus de consommation et de croissance matérielle, un phénomène que nous constatons depuis des décennies.

    Mais la communauté écologique doit élargir son regard sur le numérique, car celui-ci est aussi porteur de promesses. En effet, il outille autant la mesure et la compréhension des phénomènes climatiques ou des pollutions quotidiennes par l’intermédiaire d’applications individuelles, que la montée en puissance de formes partagées de mobilité ou de consommation ; les « sciences citoyennes », comme le recensement collaboratif de la biodiversité, que les projets open source et low tech en matière d’énergie ou d’agriculture ; les mobilisations massives (telles que 350.org) que l’organisation complexe des flux de l’économie circulaire. Nos actions en faveur de l’écologie ont beaucoup à gagner à s’appuyer sur le numérique en matière d’information, d’implication des citoyens et des parties prenantes, de collaboration, d’organisation, de passage à l’échelle…

    De leur côté, les acteurs du numérique ont une perception d’eux-mêmes marquée par l’immatérialité et l’efficience, et se considèrent écologiques, par nature. Portés par une dynamique d’innovation permanente allant dans toutes les directions, ils voient d’abord les opportunités et bien plus tard les risques. On n’innove pas sans un brin d’optimisme. Certains de ces acteurs nourrissent progressivement leur soif d’innovation par les défis écologiques qui nous font face. Nombreux sont les innovateurs qui s’attaquent aujourd’hui aux défis écologiques en s’appuyant sur la dématérialisation, sur le partage, la réduction des déchets et les changements de comportement (pensons aux CivicTech) ou en cherchant à « disrupter » divers marchés (ceux de l’énergie, de la mobilité ou de la production et de la distribution des objets).

    Néanmoins, aussi puissante que soit leur idée, ils ne sont généralement pas outillés pour mesurer la réduction des impacts qu’ils promettent en toute bonne foi (Comme nous l’observons dans le cadre du projet « Innovation Facteur 4 »)
    Or, dans un système d’innovation encore entièrement focalisé sur le potentiel de croissance et de rentabilité des entreprises, si l’impact écologique n’est considéré que comme une externalité positive, sa réduction ne résistera pas aux premières difficultés, ni aux premières évolutions stratégiques.

    Même si le rapprochement entre numérique et écologie reste fragile, des connaissances et des méthodes structurantes émergent dans plusieurs domaines. Ainsi le « green IT » s’appuie-t-il sur des méthodes assez solides pour réduire l’empreinte écologique de l’informatique des grandes entreprises. Plusieurs études ont démontré le potentiel du covoiturage et de l’autopartage sur de courtes distances, ainsi que celui des systèmes « multimodaux » intégrant les modes actifs de mobilité pour rendre celle-ci plus « durable ». Le projet « Agir Local » montre comment, dans les collectivités locales, les personnes en charge des sujets écologiques et numériques peuvent utilement travailler ensemble.

    En matière d’innovation, le projet « Innovation Facteur 4 » démontre comment des outils existants peuvent aider innovateurs et investisseurs à placer sérieusement l’impact écologique au coeur de leur projet. Et nous avons observé qu’en permettant la participation et la mobilisation des citoyens localement, par l’intermédiaire de plateformes de budget participatif comme à Paris, ou au travers de plateformes de crowdsourcing urbain ou de financement participatif, le numérique peut soutenir cette activité citoyenne si essentielle pour arriver à mettre en oeuvre une transformation écologique qui nous engage tous.

     

    De nouvelles politiques publiques pour réaliser la convergence
    entre transition écologique et transition numérique


    Si de nombreuses questions subsistent, nous en savons déjà suffisamment pour commencer à agir et à faire converger ces deux transitions.

    Pour que les innovateurs du numérique se tournent massivement vers la transition écologique, il faut une intention ferme qui soit inscrite au coeur du modèle d’affaires des acteurs et qui s’appuie sur un « système d’innovation » qui mesure le succès à l’aune d’autres indicateurs que les seuls indicateurs financiers. Comment ? En modifiant, tout d’abord, les outils de sélection et de soutien mis en oeuvre tant par les acteurs publics que par les acteurs privés (1), et, également, en faisant évoluer nos outils de mesure de la valeur et des impacts.
     

    L’objectif est double : concevoir des solutions numériques qui n’alimentent pas une dynamique d’obsolescence et de hausse des consommations énergétiques et orienter les finalités des projets innovants vers la transition écologique. L’État, en initiant les incubateurs de la GreenTech, semble avoir compris la nécessité d’un tel effort.

    Mais centrés comme ils le sont sur leur outil et leurs propositions de valeur, les innovateurs n’ont pas forcément la visibilité ni la « main » sur les interactions complexes que vont créer leurs « solutions », ou dont elles vont dépendre. Au-delà de la question des effets rebond, une innovation ne produira pas les résultats escomptés en l’absence d’un système lui permettant de s’épanouir : par exemple, une application de covoiturage sur courtes distances ne peut produire de grands résultats, si elle ne s’inscrit pas dans un système de mobilité organisé à l’échelle du territoire. Leurs solutions n’apporteront des gains que si elles s’inscrivent dans un système adapté, dans un cadre vertueux. À différents niveaux, ce doit être le rôle des pouvoirs publics que d’agir sur ces cadres.

    Les collectivités locales ont certainement un rôle clé à jouer pour soutenir et intégrer les innovations du numérique les plus profitables au développement durable de leur territoire. Nos travaux montrent quelques directions en la matière. Elles doivent oeuvrer progressivement à mieux connaître et à mieux appréhender ces nombreuses innovations, pour être à même d’identifier celles qui pourraient apporter des solutions complémentaires et utiles à ce que les collectivités mettent déjà en oeuvre dans les différents secteurs urbains. Organiser la mutualisation entre acteurs publics et l’échange d’expériences est une nécessité si l’on veut pouvoir faire face efficacement au flux continu d’innovations qui déferle sur des collectivités locales à la recherche de soutien. Et la multiplication des échanges doit également permettre de surmonter des différences culturelles entre entrepreneurs et autorités publiques qui souvent compliquent leur travail commun.

    Les collectivités doivent également savoir soutenir les expérimentations locales afin de les orienter vers des objectifs de développement durable et leur donner la possibilité de tester leurs innovations et de comprendre les enjeux d’une diffusion plus large de celles-ci. Cela est d’autant plus critique que, souvent, les solutions les plus alignées sur l’intérêt général sont celles qui ont le plus de mal à se développer seules. Derrière le mot valise d’expérimentation se jouent des changements plus profonds qui sont liés à la culture numérique : le principe d’itération, l’acceptation de l’échec pour mieux apprendre, l’ouverture et le partage de données pour mieux évaluer et comprendre les expériences… C’est, par exemple, une des ambitions d’Etalab que d’essayer d’inoculer au sein de l’État cet état d’esprit, sans lequel il ne saurait y avoir de réelle transformation par le numérique.

    Les solutions du numérique et de l’économie collaborative représentent un réservoir d’innovations dans lequel les pouvoirs publics peuvent puiser pour renouveler leurs services publics. Par exemple, la politique du recyclage devrait progressivement amener à tisser des liens avec les plateformes d’échange de biens. Collaborer avec ces nouveaux acteurs, notamment lorsque ce sont des plateformes, nécessite toutefois de nouvelles formes de gouvernance et de partenariat qui sont à inventer, ce qui soulève de nombreuses questions quant au nouveau contrat social urbain à élaborer.

    Enfin, les stratégies et les politiques de soutien à l’innovation numérique doivent devenir à la fois plus exigeantes et plus créatives. Plus exigeantes, en abordant la question de leur empreinte écologique et de leurs impacts potentiels, positifs comme négatifs. Plus créatives, en s’intéressant moins exclusivement à la performance technologique et économique et davantage à l’exploration de modèles alternatifs : l’open source comme vecteur de diffusion de solutions vertueuses ; le partage, la collaboration et les « communs » comme alternatives positives à la surconsommation ; le « pair à pair » et les systèmes d’échange alternatifs...


    Un changement d’état d’esprit


    Au-delà de ces principes, l’alliance féconde entre l’écologie et le numérique invite chacun à se transformer de l’intérieur. La « tech » doit s’inventer un agenda d’innovation qui prenne en compte la finitude du monde, et les « écolos » doivent se saisir de l’incroyable force de transformation du numérique. Depuis un an, le programme (14) Transitions² lancé par un certain nombre d’acteurs, dont la Fing et l’IDDRI, explore les changements apportés par l’alliance de l’écologie et du numérique, mais aussi la manière dont cette alliance nous change nous-mêmes.

    Mais nous n’en sommes qu’au tout début. Nous entendons aujourd’hui inviter d’autres acteurs issus de l’écologie et du numérique à nous rejoindre pour que nous réexaminions ensemble leurs priorités.

     

    (1) Ceux-ci font l’objet d’un double travail avec Bpifrance : la parution en 2015 (et désormais l’usage par les chargés d’affaires de Bpifrance) du référentiel « Innovation nouvelle génération » et la réalisation (en cours) d’un travail, « Innovation Facteur 4 ».




    Article importé: http://www.transitions2.net/catalogue/view/1775/faire-converger-les-transitions-numerique-et-ecologique
    Par: Renaud Francou
    Publié: August 22, 2017, 6:40 pm

  • Depuis le 04 Jul 2017 à 09:00
    Jusqu'au 04 Jul 2017 à 17:30


    Le 4 juillet. L'enjeu : explorer de nouveaux chemins pour la transition écologique, à partir des envies d’action exprimées par chacun(e)s.

    Transitions² / L’Agenda du Futur

    Open Conference #2

     

    Mardi 4 juillet, 9h - 17h30 / Le Square Paris, 3 passage Saint-Pierre Amelot, 75011

     

    Cette 2e rencontre de la communauté Transitions² rassemble 80 personnes au Square Paris (innovateurs, acteurs publics, chercheurs, associations, designers…) issus des mondes de l’écologie et du numérique.

    Elle poursuivra le travail engagé le 23 mars dernier  pour construire, un « Agenda commun pour le Futur » au croisement du numérique et de l’écologie.

     

    INSCRIPTION

     

     

    PROGRAMME DE L'EVENEMENT
     

    >>> Il est encore temps de contribuer au programme de la journée en proposant, de manière très simple, un sujet à discuter ou un projet à présenter !
    Décrivez-les en 3 lignes et mettez-les au programme de la journée !
     

    >> REMPLIR LE FORMULAIRE

     

    9h-9h30 : accueil café, remplissage de la « traditionnelle » frise Transitions²

     

    9h30-11h30 : SESSION #1 : Construire une culture commune Transition numérique et écologique

    Intervenants :

    • Walter Bouvais, Androids & Sheep
      Patagonia, Fairphone, Interface, ... l'innovation "Facteur 4" existe, nous l'avons rencontrée !
       
    • Daniel Kaplan & Renaud Francou, Fing
      Présentation du nouveau référentiel “Innovation Facteur 4”, pour analyser les projets à fort impact
       
    • Julian Perdrigeat, directeur de cabinet du maire de Loos-en-Gohelle
      Comment le numérique s'est immiscé dans 30 ans d'implication citoyenne au service de la transition écologique ...

    11h30 - 11h45 : pause

    11h45 - 12h30 : SESSION #2 : Open stage : accélérateur de projets (“Dating”)

    Les premiers « daters » :

    • Les Energiques (David Bourguignon) : un rassemblement de communautés d'action engagées dans la transition des territoires
    • Open Source Politics (Valentin Chaput) : des solutions civic tech open source faciliter la prise décision collective.
    • The ShiftProject (Zeynep Kahraman et Hugues Ferreboeuf) : think-tank sur les moyens, pour une transition vers une économie libérée de la dépendance aux énergies fossiles
    • Shamengo (Catherine Berthillier) : communauté d'innovateurs et d'entrepreneurs sociaux
    • ... et vos propositions !

    12h30 - 14h : SESSION #lunch : déjeuner en commun offert, sur place

     

    14h-14h45 : SESSION #3 : Inspiration(s)
     

    • Rémi Sussan, internetactu.net
       

    15h - 17h : SESSION #4 : nouveaux chemins de transition écologique

    A partir d'initiatives existantes portés et/ou connues des participants, les ateliers se proposent d'explorer de nouveaux chemins de transition écologique, appuyés sur le numérique : à quoi ressemble la transition écologique outillée par le numérique ? Qu'est-ce qui manque pour réaliser les impacts promis ? Peut-on faire autrement ?

    Premiers thèmes d’atelier :

    • Innovation Facteur 4 : quelles conditions doit-on réunir pour réaliser une "stratégie Innovation Facteur 4" ? Et si nous avions tout ce qu’il faut autour de nous pour faire passer un cap à la transition écologique ?
    • La Fabrique des mobilités : quels besoins communs aux projets de "mobilités actives", même s'ils sont concurrents ? Sur quoi on devrait travailler qui feraient faire un bond à 1000 projets ?
    • Data Litteracie Territoriale : quand les initiatives de capture citoyenne et les démarches territoriales se rencontrent...
    • ... et vos propositions !
       

    17h-17h30 : partage, discussion et feuille de route commune de l'Agenda pour le Futur !

     

    PROPOSER UNE INITIATIVE OU UN SUJET DE DISCUSSION DANS LA JOURNEE : MODE D’EMPLOI

     

    A celles et ceux qui souhaitent se saisir de la journée pour partager une envie d’action commune ou accélérer un de leurs projets, Transitions² propose 2 modalités :
    > remplir le formulaire de contribution

    1- ACCELERATEUR DE PROJETS / DATING (le matin)
     

    Le format : 3 courtes sessions de 20 minutes chacune pour accélérer ces projets, les aider à grandir, leur ouvrir des perspectives et créer des connexions.

    Le mode d’emploi :
    •    Les “daters” proposent un projet, une envie, une idée…  en 140 caractères sur un formulaire avant l’événement
    •    Le jour J, ils la présentent 2 fois en 10 minutes , avec à chaque fois du public différent.
    •    L’équipe Transitions² fournit aux participants des outils simples, pour que chacun se mette, simplement, au service de l'initiative pendant 15 minutes
     
    Degré de préparation nécessaire pour proposer une “session dating” et y présenter une initiative : pas grand chose, juste beaucoup d'enthousiasme !

    2- ATELIER DE TRAVAIL « AGENDA POUR LE FUTUR » (l’après-midi)


    Avant le 4 juillet : exprimer un sujet, une intention, une envie de collaboration ou de discussion… parce qu’il est déjà dans votre feuille de route, parce que c’est déjà une priorité pour vous ! (et dites-nous pourquoi :)
    Le jour J, nous animons l’atelier ensemble, avec celles et ceux que vous envie d'inviter !

     

    FORMULAIRE DE CONTRIBUTION

     

     

    Frise T2




    Article importé: http://www.transitions2.net/catalogue/view/1674/agenda-du-futur-transitions%C2%B2-open-conference-2
    Par: Renaud Francou
    Publié: May 9, 2017, 11:44 am

  • Depuis le 31 May 2017 à 09:00
    Jusqu'au 31 May 2017 à 16:00


    Cycle prospectif "Usine du futur, développement durable et numérique".

    L’ADEME et la Fing vous invitent à participer, le 31 mai prochain, au 2e workshop du cycle prospectif "Usine du futur, développement durable et numérique". Rendez-vous de 9h à 16h au 3 passage Saint-Pierre Amelot, Paris, dans les locaux du Square, nouveau lieu d'open innovation de Renault.

    Nous travaillerons autour de la controverse "L’usine du futur sera-t-elle propre ? ". L’atelier produira des "scénarios extrêmes" et essaiera d'en évaluer les impacts écologiques.

     

    Inscription​

    Programme

    • 9h accueil café
    • 9h30 Introduction et interventions d'experts avec la participation notamment de Jacques-François Marchandise, Daniel Kaplan, Emmanuelle Roux
    • 10h30 Atelier Rédaction de "scénarios extrêmes"
    • 12h30 déjeuner
    • 13h30-16h Atelier Challenger les "scénarios extrêmes"   : quels impacts écologiques ?

    En savoir plus sur le cycle Usine du Futur

    Le cycle Usine du futur entend nourrir une réflexion mêlant acteurs industriels, numériques et du développement durable, et relier celle-ci aux cartographies de controverses de Mines ParisTech et Telecom ParisTech. Il s'inscrit dans le programme Transitions² qui vise à "mettre le numérique au service de la transition écologique".

     

     




    Article importé: http://www.transitions2.net/catalogue/view/1673/2e-workshop-usine-du-futur
    Par: Sophie Maheo
    Publié: May 9, 2017, 9:33 am

  • Depuis le 01 Mar 2017 à 09:00
    Jusqu'au 30 Nov 1999 à 13:00


    1er mars au Square de Renault, Paris

    Dans le cadre du programme Transitions², l’ADEME et la Fing vous invitent à participer, le 1er mars prochain, au premier atelier du cycle prospectif "Usine du futur, développement durable et numérique". Rendez-vous le 1er mars de 9h à 13h au 3 passage Saint-Pierre Amelot dans le Square de Renault.

    Au travers d’un exercice de prospective et controverses, nous proposerons aux participants présents de confronter leurs connaissances et visions autour des 3 angles suivants :

    • Quelle sera la place des humains dans l’usine du futur ?
    • L’usine du futur sera-t-elle propre ? Quid de ses externalités : recyclage, démantèlement, matières premières…? 
    • Les produits de l’usine du futur seront-ils low-tech, durables et non jetables ? Quels impacts pour l'outil de production ?

    Objectif : Nourrir une réflexion mêlant des acteurs industriels, numériques et du développement durable, la relier aux cartographies de controverses de Mines ParisTech et Telecom ParisTech

    Inscription​

    Programme

    L'atelier débutera à 9 h :

    • Présentation du cycle de réflexion et des controverses retenues
    • Discussion en plénière
    • Caractérisation des controverses en sous groupe
    • Priorisation et restitution en plénière

    N’hésitez pas à diffuser l'information auprès des personnes de votre réseaux susceptibles d'être intéressées par ce cycle de réflexion.

    Plus d'information sur le cycle de prospective Usine du futur

     




    Article importé: http://www.transitions2.net/catalogue/view/1543/atelier-usine-du-futur-developpement-durable-et-numerique
    Par: Sophie Maheo
    Publié: February 21, 2017, 2:03 pm

  • Depuis le 23 Mar 2017 à 09:30
    Jusqu'au 23 Mar 2017 à 17:00


    Open conférence pour partager les enseignements de Transitions² et lancer la démarche "Agenda pour le Futur" le 23 mars

    Le 23 mars prochain, au Square Renault (Paris), le programme Transitions² livre ses résultats, intuitions, pistes... les plus saillants.  L'occasion également de lancer sa nouvelle étape, à travers la construction de “l’Agenda pour le futur” (Agenda²), celui à travers lequel vous engagerez, demain, vos propres transformations !

    Journée T2 23 mars

    Lors de cette journée, première étape d'un cycle de 3 rencontres, nous vous invitons à construire, ensemble, un « Agenda commun pour le Futur » au croisement du numérique et de l’écologie :

    • en revisitant les enseignements issus de 18 mois de travaux de Transitions² ;
    • en donnant la parole aux chercheurs, pour qualifier les défis et opportunités à relever ces prochaines années  ;
    • en découvrant 5 projets innovants, emblématiques du lien entre numérique et écologie
    • en formulant les 50 priorités, actions et projets que nous entendons mettre ensemble à l’agenda des décideurs en 2017  !

    > INSCRIPTION​

     

    Nous avons mis en place un tableau de bord de l'événement, pour en tirer pleinement partie : programme complet, liste des participants, ressources pour préparer les échanges, espace contributif pour commencer à nourrir l'atelier...

    A vous de jouer !
     

    > ACCES AU TABLEAU DE BORD DE L'EVENEMENT

     

    Informations pratiques


    Cet évènement est accueilli par le Square Paris, Zone d'émergence collaborative (3 passage Saint-Pierre Amelot, 75011 Paris / Métro St Sébastien Froissard)

    À propos de Transitions²

    La transition écologique est l’horizon indispensable de nos sociétés, la transition numérique la grande force transformatrice de notre époque.
    Comment, concrètement, faire converger les deux ? Quelles sont les priorités de recherche à engager ? Les pistes d’innovation fertiles à explorer ou soutenir ? Les stratégies d’acteurs publics à revisiter ? Les projets communs à mettre sur les rails ?

    Depuis 2015, la Fing, l’ADEME, Inria, l’Iddri, les Petits Débrouillards et bien d'autres explorent ces questions à travers le programme Transitions².

    Agenda pour le Futur Transitions2 

     




    Article importé: http://www.transitions2.net/catalogue/view/1498/transitions%C2%B2-lancement-de-lagenda-pour-le-futur
    Par: Renaud Francou
    Publié: February 7, 2017, 2:51 pm

  • Depuis le 30 Nov 1999 à 14:00
    Jusqu'au 30 Nov 1999 à 00:00


    Présentation de 3 maquettes inédites de projets issus du défi mobilités actives autour de la Rencontre nationale du CVTC

    Lancé fin 2015 par la Fing et le Club des Villes et Territoires cyclables dans le cadre du programme Transitions² le Définnovations mobilités actives a pour ambition de concrétiser des pistes de nouveaux services au croisement du numérique et du vélo.

    Ce programme s’est déroule en 3 phases :

    • une exploration créative pour ouvrir des pistes ;
    • l’élaboration de scénarios à partir d’une sélection de pistes créatives ;
    • la réalisation de maquettes sur la base de scénarios choisis en partenariat avec des territoires

    Le 23 janvier après-midi, à l’occasion de la rencontre nationale du Club des Villes et Territoires cyclables, les 3 maquettes des projets accélérés seront présentées :

    • CycloHUB

    Un modèle d’organisation de la mobilité à vélo qui offre aux habitants et aux acteurs du territoire des services favorisant l’usage du vélo à travers un équipement physique, une plateforme web et une application mobile. L’équipement se définit comme un espace central d’informations matérialisé par un abri à vélo multi-services, dont les services sont définis selon les besoins et les caractéristiques du territoire et les usages de ses habitants. Ceci ayant pour objectif de rendre visible la politique locale d’aménagement.

    Projet associant Natural Idées et Cyl@pass.

    • Cycles & Co

    S’appuyant sur une carte communautaire des trajets réguliers domicile/travail (tout ou partie) à vélo, l’application fournit des trajets praticables : éprouvés et notés. Des volontaires sont même disponibles pour montrer leur trajet. C’est une aide efficace pour les cyclistes avertis, et un catalyseur pour les cyclistes occasionnels et les nos cyclistes. Les usagers peuvent utiliser ou non leur propre vélo. Les vélocistes peuvent l’utiliser comme base pour proposer des services récurrents aux usagers.

    Projet associant Géovélo smartdata et Bus Cycliste Multimodaux.

    • Velop

    Inventer un service de partage de vélos, « sur mesure » adapté aux caractéristiques d’un territoire et de sa population en développant un système intelligent et communautaire de partage de vélos. Il s’appuie sur la mobilisation du gisement de vélos non utilisés à l’échelle d’une communauté d’utilisateurs + une couche de service numérique qui permet d’amplifier et de sécuriser le partage, et de fournir des données sur les usages pour améliorer le service.

    Projet associant Virez Vélo, AxESS’Cycle, Spartime et Velocomotion.

    En savoir plus sur les 3 projets

    Contact Fing : Denis Pansu

    La rencontre du 23 janvier est réservée aux membres du Club des Villes et Territoires cyclables et de Transitions²

    Programme

     




    Article importé: http://www.transitions2.net/catalogue/view/1476/le-definnovation-mobilites-actives-livre-ses-resultats
    Par: Sophie Maheo
    Publié: January 23, 2017, 11:41 am

  • Depuis le 30 Nov 1999 à 14:00
    Jusqu'au 30 Nov 1999 à 00:00


    Présentation de 3 maquettes inédites de projets issus du défi mobilités actives autour de la Rencontre nationale du CVTC

    Lancé fin 2015 par la Fing et le Club des Villes et Territoires cyclables dans le cadre du programme Transitions² le Définnovations mobilités actives a pour ambition de concrétiser des pistes de nouveaux services au croisement du numérique et du vélo.

    Ce programme s’est déroule en 3 phases :

    • une exploration créative pour ouvrir des pistes ;
    • l’élaboration de scénarios à partir d’une sélection de pistes créatives ;
    • la réalisation de maquettes sur la base de scénarios choisis en partenariat avec des territoires

    Le 23 janvier après-midi, à l’occasion de la rencontre nationale du Club des Villes et Territoires cyclables, les 3 maquettes des projets accélérés seront présentées :

    • CycloHUB

    Un modèle d’organisation de la mobilité à vélo qui offre aux habitants et aux acteurs du territoire des services favorisant l’usage du vélo à travers un équipement physique, une plateforme web et une application mobile. L’équipement se définit comme un espace central d’informations matérialisé par un abri à vélo multi-services, dont les services sont définis selon les besoins et les caractéristiques du territoire et les usages de ses habitants. Ceci ayant pour objectif de rendre visible la politique locale d’aménagement.

    Projet associant Natural Idées et Cyl@pass.

    • Cycles & Co

    S’appuyant sur une carte communautaire des trajets réguliers domicile/travail (tout ou partie) à vélo, l’application fournit des trajets praticables : éprouvés et notés. Des volontaires sont même disponibles pour montrer leur trajet. C’est une aide efficace pour les cyclistes avertis, et un catalyseur pour les cyclistes occasionnels et les nos cyclistes. Les usagers peuvent utiliser ou non leur propre vélo. Les vélocistes peuvent l’utiliser comme base pour proposer des services récurrents aux usagers.

    Projet associant Géovélo smartdata et Bus Cycliste Multimodaux.

    • Velop

    Inventer un service de partage de vélos, « sur mesure » adapté aux caractéristiques d’un territoire et de sa population en développant un système intelligent et communautaire de partage de vélos. Il s’appuie sur la mobilisation du gisement de vélos non utilisés à l’échelle d’une communauté d’utilisateurs + une couche de service numérique qui permet d’amplifier et de sécuriser le partage, et de fournir des données sur les usages pour améliorer le service.

    Projet associant Virez Vélo, AxESS’Cycle, Spartime et Velocomotion.

    En savoir plus sur les 3 projets

    Contact Fing : Denis Pansu

    La rencontre du 23 janvier est réservée aux membres du Club des Villes et Territoires cyclables et de Transitions²

    Programme

     




    Article importé: http://www.transitions2.net/catalogue/view/1476/le-definnovation-mobilites-actives-livre-ses-resultats
    Par: Sophie Maheo
    Publié: January 23, 2017, 11:41 am

  • Transitions²

    Introduction au Kit AgirLocal, Le numérique au service des démarches environnementales de nos territoires

    Afficher / cacher le sommaire du Kit AgirLocal

    INTRODUCTION

    TERRITOIRE ET SYSTÈMES EN TRANSITION

    Le numérique au service des énergies de demain (smart grids, énergies renouvelables, capteurs, précarité énergétique …)

    Le numérique au service de mobilités plus économes (intermodalité, mobilités douces, télétravail,…)

    Le numérique contre l’obsolescence et le gaspillage (dématérialisation, écoconception, fab labs et repair cafés, réemploi,…)

    Numérique et proximité (marchés publics et circuits courts, logistique, relocalisation, …)

    Le numérique au service de la nature (biodiversité, qualité de l’air et de l’eau…)

    CONSTRUIRE VOTRE STRATÉGIE TERRITORIALE

    Ouvrir le jeu d’acteurs et mobiliser les énergies

    Renforcer la connaissance

    Construire un chemin adapté à votre territoire

    Construire une culture partagée

    CONCLUSION

    ANNEXES

    Introduction

    AgirLocal : un défi
    La transition écologique est un enjeu majeur pour nos territoires ; la transition numérique est un ensemble de leviers produisant des transformations systémiques. Ces deux transitions contemporaines convergent peu : les stratégies sont cloisonnées, les cultures sont distinctes, parfois adverses.

    Le défi "AgirLocal" du programme Transitions², porté par la Fing, vise à mobiliser la puissance du numérique au service de l’environnement sur les territoires. En effet, pour beaucoup, les questions écologiques, écrasantes à un niveau global, peuvent trouver des solutions locales, et celles-ci peuvent faire système : l’agir local est le pendant du penser global. Mais les nombreuses initiatives locales pertinentes sont encore très loin du compte.

    Et si les dispositifs numériques s’avéraient utiles pour outiller et renforcer les dynamiques locales, les aider à se relier, faciliter la participation et l’efficacité ? Qu’il s’agisse d’énergie, de mobilité, de circuits courts alimentaires, de fabrication/réparation, d’Open Data, les exemples sont nombreux de potentiels encore insuffisamment exploités.

    • Comment le numérique peut-il enrichir la palette d’outils dans les stratégies de Transition écologique et énergétique des territoires ?
    • Dans quels champs les leviers numériques pourraient-ils faire avancer de manière radicale les stratégies de Transitions ?

    C'est autour de ces deux questions que le défi AgirLocal a été fondé et que nous avons engagé nos travaux à l’automne 2015.

    Le kit Agirlocal : un outil pour les territoires, à améliorer ensemble
    Nos travaux ont rapidement convergé vers la production d’un kit, à mettre à l’épreuve des territoires eux-mêmes. Il s’agit à la fois de partager la connaissance d’expériences locales dans différents domaines environnementaux et d’aider à la construction de démarches : formuler les enjeux, repérer les acteurs, identifier les écueils, trouver un chemin.

    Ce kit pourra être pris en main par tout acteur territorial, pour peu qu’il souhaite travailler avec les autres et puisse se mettre en position d’activer une dynamique collective : institutionnel ou associatif, numérique ou environnemental, expert ou simple citoyen. Nous espérons par exemple que des porteurs d’agendas 21, des collectifs numériques, des conseils de développement, des acteurs des "Communs", des élus, des innovateurs (sociaux, numériques, environnementaux) seront parmi les porteurs de ces démarches.

    Ce kit est imparfait, soyez bienveillants et constructifs, nous apprécions les critiques :

    • Si vous trouvez des erreurs, voire des contresens, aidez-nous à les corriger ;
    • Si vous avez de meilleurs exemples, contribuez à la veille (et à la plateforme en ligne) ;
    • Si vous pensez qu’on peut aller plus loin, allons-y ensemble ;
    • Si vous pensez que le numérique ne peut pas tout, qu’il peut même faire des dégâts, nous aussi !

    Ensemble, nous pouvons mieux qualifier la juste contribution du numérique aux stratégies locales, éviter les fausses pistes, libérer des potentiels.

    Une démarche collective, de premiers constats, des difficultés à surmonter
    Pour arriver à cette première production, nous avons mené un ensemble de rencontres et d’ateliers à Lille, Lyon, Lorient, Paris, Brest, avec de nombreux contributeurs très divers : qu’ils en soient remerciés (la liste des ateliers est en annexe). Parmi eux, plusieurs seront les premiers usagers de ce kit, constructeurs de démarches territoriales AgirLocal.

    S'il s’agit d’un défi, c’est que c’est difficile. La plupart des acteurs du numérique que nous avons rencontrés ne connaissent à peu près rien de la Loi de transition énergétique (LTE) et ignorent ce qu’est un agenda 21 ou un TEPOS (territoire à énergie positive) ; et presque aucune stratégie numérique territoriale n’a d’objectifs environnementaux. Réciproquement, les acteurs de l’environnement cernent assez mal les enjeux et potentiels du numérique ou le réduisent le plus souvent à un ou deux leviers instrumentaux dans leurs domaines, eux-mêmes assez cloisonnés.

    La bibliothèque n’est pas vide, elle est pleine de connaissances segmentées, porteuses de hautes technicités. Heureusement, parmi les acteurs et les experts, il y a des hybrides : ils aident à traduire, à y voir plus clair, à assumer la position de débutant dans laquelle chacun se trouve.

    C’est difficile parce que c’est compliqué, qu’on se connaît mal, mais aussi parce que le doute est légitime : loin de tout solutionnisme, nous savons que le numérique fait aussi partie du problème. Les démarches locales devront aussi savoir fermer des portes, esquiver des fausses pistes séduisantes, mais pouvant s’avérer calamiteuses.

    Qu’y a-t-il dans le kit ?
    Tout d’abord, 5 chapitres thématiques, agrégeant la qualification des enjeux, des exemples extraits de notre veille et illustrant des possibilités, l’identification d’écueils et controverses, une proposition d’horizons. À chaque fois, il s’agit de comprendre comment réduire les intrants, réduire la demande, réduire les déchets ; et de qualifier les leviers numériques qui semblent actionnables.

    Vecteurs de la transition écologique

    Schéma issu du poster Transitions² publié pour la COP21

    Ces cinq chapitres n’en sont pas au même niveau de maturité : le champ de la mobilité est l’un de ceux que le numérique parcourt depuis longtemps, celui de l’énergie est (au moins du côté de l’électricité) riche de projets, promesses et incertitudes. Ceux qui parlent d’obsolescence et de proximité tiennent l’un et l’autre de l’"économie circulaire" et font des liens entre des initiatives de maturité inégale, mais dont les croisements nous paraissent fertiles. Nous avons aussi voulu parler de nature, de qualité de l’air, de biodiversité : si la COP21 s’est focalisée sur le climat, le numérique peut jouer un rôle dans d’autres domaines de l’environnement - et tente déjà de le faire. Enfin, dans le chapitre proximité, nous n’oublions pas l’empreinte écologique du numérique, fortement nourri par un autre défi de Transitions² (Ecology by Design), afin de se focaliser sur l’exemplarité que pourraient avoir les démarches territoriales, avec peut-être des victoires très accessibles à remporter.

    La deuxième partie du kit se risque à la construction de démarches territoriales : par où commencer, qui mettre autour de la table, quel parti tirer du numérique, quels écueils surmonter, quels horizons dessiner. Il n’y a pas de territoire moyen : la densité de population, les enjeux d’enclavement ou de pollution automobile, l’accès aux ressources, le tissu d’acteurs et leur histoire dans les deux champs numérique et environnemental, tout diffère entre la ville qui essaie déjà de croiser smart city et ville durable (sans toujours y parvenir) et le bassin de vie qui cherche à activer ses circuits courts pour ne pas dépendre du lointain.

    Le kit pourra aider à comprendre localement d’où l’on part et où l’on peut arriver. Parfois, il aboutit à comprendre ce qu’on ne sait pas, les éléments qui manquent au diagnostic de départ ; ou qui n’est pas là. Le succès de ces démarches sera avant tout celui des dynamiques qu’elles pourront fédérer.

     

    Que pouvons-nous espérer ?

    • D’abord, une culture commune : tous nos contributeurs insistent sur l’importance de la médiation, de la formation, de la traduction. Là où nous pouvions penser qu’on nous parlerait d’abord plateformes et quincaillerie numérique, on comprend que la première ressource de ces stratégies, c’est la maturation collective des humains.
    • Ensuite, des effets de réseau : que les initiatives isolées fassent système, que les démarches locales s’articulent et jouent un rôle dans la recomposition de notre paysage d'ensemble
    • Du mouvement : une stimulation des innovateurs, une inspiration collective, qui permette à chacun de devenir acteur d’un futur désirable et soutenable. Un meilleur numérique, une innovation plus utile et sans doute plus frugale, un pouvoir d’agir renforcé.
    • Enfin, une quête de connaissances, la reconnaissance de ce que nous ne savons pas et qui mérite un effort de recherche, d’enquête, d’expérimentation.
     

     

    Découvrez l'intégralité du Kit AgirLocal

    Accédez au 1er chapitre du Kit AgirLocal

     




    Article importé: http://www.transitions2.net/catalogue/view/1401/un-kit-agirlocal-pourquoi
    Par: Jacques-François Marchandise
    Publié: December 2, 2016, 5:25 pm

  • Depuis le 30 Nov 1999 à 00:00
    Jusqu'au 30 Nov 1999 à 00:00


    A quelles conditions les promesses environnementales des modèles ouverts seront-elles réalisées ?

    Lorsque nous avons démarré le défi Modèles d’affaires ouverts et durables au lancement de Transitions ², nous partions d’un constat :

    les modèles ouverts connaissent un réel succès et ont des conséquences favorables en termes d’innovation, d’accès aux outils et aux connaissances, etc, leurs effets environnementaux positifs sont trop souvent tenus pour acquis, sans considération d’aspects plus sombres (les 4x4 open source…) ou des effets rebonds.

    Nous nous fixions alors un double objectif. D’une part analyser les modèles ouverts qui visent explicitement des effets écologiques positifs et identifier d'autre part les principales contributions possibles des modèles ouverts au développement durable, ainsi que les conditions de leur succès et de leur déploiement à grande échelle.

    Nous sortons aujourd’hui une synthèse des travaux qui ont été menés entre autres dans le cadre de Transitions2 et Poc21. Au fil des 8 chapitres, 4 promesses environnementales et deux conditions pour les réaliser sont précisées.

    Ce contenu est accessible dans le livre Open Models for sustainability.

    Le livre sera disponible en version numérique gratuite en janvier 2017 et vous pouvez pré-commander des exemplaires papier jusqu’au 15 décembre 2016.

    Open models for sustainability a été rendu possible grâce aux contributions de Daniel Kaplan, Olivia Lisicki, Thibault Mercier, Yves Zieba, Aurélien Acquier, Damien Demailly, Valentina Carbone, Myriam Bouré, Julien Cantoni, Flore Berlingen, François Pellegrini, Jean-Christophe Elineau, David Bourguignon




    Article importé: http://www.transitions2.net/catalogue/view/1372/open-models-for-sustainability-sortie-du-livre
    Par: Louis-David Benyayer
    Publié: November 27, 2016, 8:47 pm

  • Lien vers une ressource en ligne : http://www.transitions2.net/ca. ( Français)

    Fichier joint : IF4_Carto de l'IF4_V2_2311.pdf ( Français)

    Synthèse intermédiaire du défi "Innovation Facteur 4" - Novembre 2016

    Les dispositifs de soutien à l’innovation (publics, privés, issues de grandes entreprises,…) savent aujourd’hui plutôt bien caractériser le caractère radical d’une innovation.
    Mais qu’en revanche, ils savent beaucoup moins repérer et évaluer la dimension radicale d’un impact écologique, proposé par les projets d’innovation. C’est un manque, et c’est sur ce constat que se fonde le défi Innovation Facteur 4.

    Cette synthèse présente les premières conclusions issues à la fois d’un groupe de travail (dont la mission est de produire une cartographie des enjeux et opportunités de l’”Innovation Facteur 4”) et de l’analyse d’une dizaine de projets (sur les 20 envisagés).

    Il présente notamment 3 résultats :

    • Un premier travail de classification de projets qui incarnent ce que nous entendons par “Innovation Facteur 4” ;
    • Une cartographie destinée à en délimiter le champ : ce qu’elle recouvre, ce qu’elle ne recouvre pas
    • Une première série de critères d’analyse destinés, à terme, à servir à l’évaluation de tels projets à la fois sur leur dimension innovante et sur leur potentiel d’impact écologique

    Ce travail est encore largement appelé à évoluer !
    Nous vous invitons à le commenter, discuter, critiquer, annoter... dans les commentaires ci-dessous !




    Article importé: http://www.transitions2.net/catalogue/view/1369/innovation-facteur-4-caracteriser-l%E2%80%99impact-ecologique-radical-d%E2%80%99une-innovation
    Par: Renaud Francou
    Publié: November 23, 2016, 3:31 pm

  • Depuis le 13 Dec 2016 à 09:30
    Jusqu'au 13 Dec 2016 à 13:00

    Lien vers une ressource en ligne : http://relations.fing.org/civi. ( Français)

    Et si la distinction “incrémental/radical” devenait aussi importante en matière d’impact écologique qu’elle ne l’est dans l’innovation ?

     

    > Quelles sont les spécificités des projets innovants qui proposent un impact écologique radical, et qui les distinguent des “innovations Green Tech” ou “French Tech” ?
    > Comment les accélérateurs, incubateurs, banques et fonds d’investissement… les prennent-ils en compte ?
    > Sur quoi devrions-nous travailler pour mieux évaluer l’impact écologique d’un projet et donner ainsi toute sa place à l’ “Innovation Facteur 4” ?



    Dans le cadre du programme Transitions², la Fing, l'Iddri et Ouishare, avec le soutien de l'Ademe et de Bpifrance, partent à la recherche de "l'Innovation Facteur 4" : une innovation radicale dont la "proposition de valeur" intègre un impact écologique profond ("facteur 4", "zéro émissions/déchets etc.", "énergie positive"etc.), large (passage à l'échelle) et de long terme (robuste aux "effets rebond").



    >> S’inscrire à l'atelier (Entrée libre mais inscription obligatoire)

    L’atelier rassemblera une trentaine de participants : représentants d’incubateurs, accélérateurs, fonds d’investissement… qui prêtent une attention particulière aux “innovations écologiques” ; experts, innovateurs, réseaux, … de l’innovation numérique ; acteurs publics et territoriaux, chercheurs…



    Il sera animé par la Fing et OuiShare, et se déroulera en 3 temps :

    • Partager différentes visions : comment les acteurs qui soutiennent l’innovation considèrent-ils l’impact radical des projets en matière écologique ?
Avec des interventions de représentants de dispositifs de soutien à l’innovation : Bpifrance, fonds d’investissement, incubateurs, accélérateurs… 

    • Qualifier, ensemble, ce que pourrait amener à tous un travail commun d’évaluation et de mesure d’un impact radical

    • Décrire concrètement un ou plusieurs dispositifs qui pourraient aider les acteurs du soutien à l’innovation  - en complément des outils d’évaluation et de financements existants

    Contact : Renaud Francou - rfrancou @ fing.org




    Article importé: http://www.transitions2.net/catalogue/view/1364/atelier-4-innovation-facteur-4-soutenir-linnovation-facteur-4
    Par: Renaud Francou
    Publié: November 21, 2016, 5:02 pm

  • Depuis le 18 Oct 2016 à 14:00
    Jusqu'au 18 Oct 2016 à 17:00

    Lien vers une ressource en ligne : http://www.transitions2.net/ca. ( Français)

    4 projets "IF4" seront passés sur le grill : visions, parcours, difficultés... Que nous apprennent-ils sur le soutien à l'innovation ?

    Rappel

    Dans le cadre du programme Transitions², la Fing, l'Iddri et Ouishare, avec le soutien de l'Ademe et de Bpifrance, partent à la recherche de "l'Innovation Facteur 4" : une innovation radicale dont la "proposition de valeur" intègre un impact écologique profond ("facteur 4", "zéro émissions/déchets etc.", "énergie positive"etc.), large (passage à l'échelle) et de long terme (robuste aux "effets rebond").

    > En savoir plus sur le projet

    Infos pratiques

    Cet atelier est le 3e du programme.
    Il se tiendra le mardi 18 octobre, de 14h à 17h dans les locaux de la Fing (8 passage Brulon, Paris, 12e arrd.)

    Participation libre, mais inscription obligatoire auprès de Renaud Francou - rfrancou@fing.org

     

    Qu'allons-nous travailler pendant cet atelier ?
    Nous partirons des quelques projets que nous sommes déjà allé rencontrer et interviewer, sur la base de la grille d'entretien (PJ).

    3 temps dans l'atelier :

    1. Courte restitution des 3-4 projets rencontrés (30-40 min.) : ce qu’ils visent, comment ils se situent et se mesurent, ce qui les aiderait ou au contraire les freinerait…
    2. A partir d'un projet que vous choisirez (30 min) : discussion sur les premiers enseignements de ce matériau : est-ce qu'on l'analyse de la même manière que les autres ? Est-ce qu'on converge ou pas par rapport aux autres ? Faut-il changer de lunettes
    3. Un temps de projection, appliqué à un ou deux des projets, en 3 étapes (1h30 environ)

      “Imaginons que le projet a réussi au-delà de toute espérance…”
       
      • De quelle transformation écologique le projet est-il le catalyseur ? Quels changements d’ordre systémique on imagine qu’il a pu opérer ? (Secteur ? Marché ? Ville-Territoire ?)
      • A quoi verrait-on que c’est réussi ? Comment le mesurer ?
      • Qu’est-ce qui a dû changer pour que la transformation s'effectue ? Qu’est-ce qui a fait levier ? Quelles péripéties le projet devra t-il vraisemblablement surmonter (oppositions, crises, échecs, effets rebond…) ?




    Article importé: http://www.transitions2.net/catalogue/view/1326/atelier-3-innovation-facteur-4-18-octobre
    Par: Renaud Francou
    Publié: October 14, 2016, 10:18 am

  • Help us identify radical innovations in the pursuit of the ecological transition

    Within the framework of the Transitions² program, Fing, Iddri and Ouishare, with the support of Ademe and Bpifrance, set out in the search for "Factor 4 Innovation": radical innovation whose "value proposition" integrates an ecological impact that is profound ("Factor 4", "zero emissions/waste etc.", "net positive energy" etc.), broad (scalable) and lasting (robust to "rebound effects").

    > Read more on the "Factor 4 Innovation" challenge

    Does your project roughly match this description? Do you know of projects that do? Let us know (before November 15)! Based on your contributions, we will draw out the characteristics, success factors and needs of "Factor 4 Innovations"; shed light on the most outstanding examples; and outline possible strategies to support them.

     

    What Projects Are We Looking For?

    We are addressing this call to entrepreneurs and social innovators, as well as the networks and organizations that support them. Together, we wish to identify, 20 remarkable projects from all over the world, that illustrate the potential, the specific characteristics and the needs of "Factor 4 innovations".

    The projects, ventures and initiatives we are looking for may be in development or operational, they may be successful or unsuccessful – as long as they have been properly documented and their initiators can be contacted.

    Our investigations will mainly concentrate on four main areas:

    1. Mobility
    2. Regional economies (for example: urban farming, local sharing economies, "The Internet of Energy", circular economies, etc.)
    3. Lifestyles (sharing, low-tech, frugal, etc.)
    4. “Political” innovations (how can we facilitate decisive arbitration between conflicting goals, and the making of collective decisions that will have a significant environmental impact - and then carry them out!)

    However, we also welcome any proposal that fits the definition of a Factor 4 Innovation, even if it focuses on a different environmental challenge (biodiversity, water scarcity, pollution) or comes from another domain.

    How Do We Define Factor 4 Innovation?

    Factor 4 Innovation...

    ...is an innovation, first and foremost: it meets a need or solves a problem; it brings something new to its recipients; it differentiates its initiator from its competitors;

    ... is a radical or disruptive innovation, at least in terms of its ambition: the changes it intends to bring about are broad and irreversible; it has the potential to lead to further innovations;

    ...does not necessarily require advanced technologies (can be low-tech); can be an innovative product, service, organization, process, etc.

    ...has at its core the pursuit of explicit and credible environmental objectives – it is ambitious ( "Factor 4") in depth and scope – and is serious about measuring whether those objectives are being met;

    ... pays attention to its impacts on other domains and industries, as well to possible "rebound effects" that could reduce their environmental benefits.

    Why You Should Respond to this Call

    We believe (and maybe you do as well!):

    • That innovation has a part to play in the ecological transition - but that we are probably dealing with a particular kind of innovation, which does not fall into existing categories;
    • ... Therefore, that we lack the tools needed to evaluate (or even identify) Factor 4 innovations; as a consequence, we are collectively unable to support them well.

    Based on an analysis of projects contributed through this call, we will progressively define the perimeter of Factor 4 Innovation, common characteristics as well as typologies of relevant projects, specific success factors and needs...

    All the deliverables of the "Factor 4 Innovation", including project monographs, challenge will be published under a Creative Commons (CC-By) License.

    How to Contribute?

    Please write to us now or, even better, fill in the form below (before November 15th, 2016 (external link) :

     




    Article importé: http://www.transitions2.net/catalogue/view/1275/call-contribute-to-the-search-for-%E2%80%9Cfactor-4-innovation%E2%80%9D
    Par: Daniel Kaplan
    Publié: September 29, 2016, 10:33 am

  • Où l’on reconnaît les manques de Transitions², en tire des conclusions et vous invite à devenir acteur de son avenir.

    Résumons…

    • L’appel lancé par le programme Transitions² a été entendu.
    • En un an, nous n’avons pas chômé.
    • Nous n’avons cependant pas résolu le problème du changement climatique (quelqu’un l’aurait remarqué)
    • Les acteurs du numérique et de l’écologie se connaissent et se comprennent mal.
    • L’apport actuel du numérique à la transition écologique est aujourd’hui faible, voire nul.
    • Le numérique a partie liée au modèle de développement à l’origine de nos crises écologiques.
    • La transition écologique vers laquelle nous devons aller est extraordinairement profonde.
    • Aucune prouesse technologique n’y suffira, si elle n’accompagne pas une transformation de notre modèle de développement, voire de vie.
    • Une transformation aussi profonde paraît peu vraisemblable sans le numérique, mais le numérique tel qu’il se propose aujourd’hui n’a pas de réponse convaincante.
    • Le numérique, ce sont des pratiques sociales, une culture, et des dynamiques économiques, autant que des techniques.
    • En matière environnementale, il peut agir sur l’efficience des processus, leur bouclage, ou sur la réduction de la demande.
    • Plus son action se focalise sur un seul levier, un seul paramètre, moins elle produit d’effet.
    • La « disruption » numérique n’aura d’effets écologiques positifs que si elle est portée par une intention explicite, soutenue par un système d’innovation capable de la reconnaître.
    • Cela invite également à explorer d’autres leviers d’usage du numérique, par exemple les civic tech ou les modèles collaboratifs et ouverts de production, d’échange et de consommation.

     

    En un an, Transitions² a parcouru un chemin considérable… Et pourtant, nous ne sommes pas satisfaits. La richesse des productions n’est pas assez perçue et exploitée. Les « défis » sont une méthode efficace, mais ils fonctionnent encore trop en silos. Enfin, la dynamique de transitions² repose encore trop exclusivement sur les épaules de la Fing. La faute nous en incombe, et à personne d’autre.

    C’est pourquoi nous souhaitons, dans les mois à venir, revoir en profondeur l’architecture de Transitions².

    Pour commencer, nous chercherons à mieux relier le travail de fond (notamment les défis) et la construction d’une communauté d’acteurs qui font le lien entre numérique et écologie : au lieu d’organiser chaque projet à part des autres, tous contribueront à un agenda commun et s’ouvriront à l’ensemble de la communauté.

    Enfin, nous souhaitons que Transitions² prenne son autonomie par-rapport à la Fing, pour devenir une « maison commune » (dont la forme reste à discuter) à tous ceux – associations, institutions, entreprises, groupes informels… – qui croient à l’utilité de relier la transition numérique et la transition écologique.

    Nous avons éprouvé la fécondité de l’intuition initiale de transitions², sa nécessité, mais aussi sa difficulté. Il reste beaucoup de chemin à parcourir. Parcourons-le ensemble !

     

    Renaud Francou, Daniel Kaplan, Sophie Mahéo, Jacques-François Marchandise, Manon Molins, Denis Pansu

     




    Article importé: http://www.transitions2.net/catalogue/view/1292/transitions%C2%B2-un-an-apres-66-transitions%C2%B2-maison-commune
    Par: Daniel Kaplan
    Publié: September 15, 2016, 10:18 am

  • Où l’on montre que la "disruption" ne contribuera à la transformation écologique que si celle-ci est au cœur de son intention

    Résumons…

    • Le numérique, ce sont des pratiques sociales, une culture, et des dynamiques économiques, autant que des techniques.
    • En matière environnementale, il peut agir sur l’efficience des processus, leur bouclage, ou sur la réduction de la demande.
    • Plus son action se focalise sur un seul levier, un seul paramètre, moins elle produit d’effet… Suffit-il donc de tout « disrupter » pour produire les changements attendus ?

    S’agissant du levier jusqu’ici le moins exploré, celui de la réduction de la demande, les nouvelles formes de « consommation collaborative » ont suscité beaucoup d’espoirs : si l’on partage son automobile ou ses biens d’équipement, si l’on revend ou donne les objets dont on ne se sert plus, peut-on imaginer qu’à terme, on produise moins d’automobiles, de perceuses ou de petites robes ? Le projet PICO[1] piloté par l’Iddri invite à relativiser ces effets : « tous les projets de l’économie collaborative n’ont pas un impact positif du point de vue environnemental et social. La nature des biens échangés ou les déplacements induits sont par exemple clefs pour anticiper le bilan environnemental de ces pratiques. » En outre, « certains projets de l’économie collaborative apportent de nouvelles solutions au développement durable, mais sont confrontés à des enjeux de développement et à des difficultés pour travailler avec les pouvoirs publics. Ces difficultés tiennent au fonctionnement en silos des administrations ou à la concurrence entre les nouvelles pratiques et des pratiques plus anciennes[2] . »

    Il existe dans la théorie de l’innovation « disruptive » des principes qui parlent aisément à un public sensible aux valeurs écologiques : se focaliser sur les besoins de base, proposer des offres simples, utiliser des technologies matures plutôt qu’avancées… Mais les « disrupteurs » cherchent plutôt à conquérir un marché en fragilisant les acteurs établis, qu’à sauver la planète. Leur objectif prioritaire est, et restera, de valoriser leur entreprise. Même parmi les entreprises de l’économie collaborative, l’étude « Listening to Sharing Economy Initiatives » révèle que « si 94% des entreprises visent à produire un impact environnemental et social positif, 25% seulement d’entre elles le mesurent. »

    Pas de transition écologique sans intention

    Ainsi, les forces de la disruption numérique, capables de transformer en quelques années les secteurs les mieux établis, ne produisent guère de résultats sur le front écologique, même quand ses acteurs en expriment l’intention. Pourquoi ?

    La recherche sur le lien entre innovation radicale et transformation écologique nous aide à répondre. D’une part, toute proposition innovante émerge dans un « système d’innovation » (composé d’un réseau d’acteurs et d’institutions, d’une culture, de méthodes, d’indicateurs, de normes et de règles écrites ou non…) qui la sélectionnera ou non selon qu’elle respecte ou non ses critères : il existe toujours un degré d’innovation qui dépasse les limites, même larges, que le système considère comme admissibles. Ici, la limite est dans doute celle de la décroissance (au sens le plus large) : comment sélectionner une proposition qui répond peut-être parfaitement à un besoin, mais en produisant moins de valeur économique et en choisissant délibérément de maximiser son impact social et environnemental plutôt que son profit ? Seuls les dispositifs de soutien à l’entrepreneuriat social savent reconnaître de tels projets, mais ils ne leur permettent que très rarement de passer à la grande échelle.

    Il arrive cependant que des innovations radicales, profondément transformatrices, s’imposent malgré le conservatisme inhérent aux systèmes d’innovation. La théorie néo-schumpeterienne des « vagues d’innovation[3]  » décrit ainsi 5 cycles de « destruction créative » intervenus depuis la révolution industrielle, chacun sous l’influence d’un changement de « paradigme techno-économique » : la mécanisation et la fabrique ; la machine à vapeur et le chemin de fer ; l’électricité et l’ingénierie lourde ; le pétrole, l’automobile et la production de masse ; le numérique. Chacune de ces vagues submerge la précédente parce qu’elle est capable de produire une « poussée de développement » : son paradigme reste celui de la croissance économique et du monde infini.

    Or la transition écologique ne relève pas d’une « poussée de développement », parce que ses buts sont normatifs et extérieurs à l’économie. Par conséquent, même les systèmes d’innovation les plus ouverts aux transformations radicales auront du mal à soutenir des projets dont une transition écologique ambitieuse (de type « facteur 4 ») est réellement l’objectif. Par conséquent, expliquent les chercheurs Daniel Hausknost et Willi Haas dans le cadre du projet européen Neujobs, il faut faire en sorte qu’un nouveau système d’innovation intègre de manière délibérée des mécanismes de sélection appuyés sur des indicateurs extra-monétaires et qui « internalisent l’anticipation des pressions extérieures », le changement climatique et l’épuisement des ressources[4] .

    Mais comment réaliser cet exploit ?

    Encoder les intentions

    Tirant les conséquences de leur analyse, Hausknost et Haas suggèrent de focaliser l’innovation sur « les mécanismes sociaux de décision et de pilotage » (social steering), en particulier ceux qui permettraient de traiter des questions complexes et conflictuelles : arbitrer entre des objectifs de croissance et d’autres objectifs, entre intérêt général et liberté individuelle, « encadrer l’univers des choix » que les individus peuvent faire en matière de consommation (choice editing)…

    Le numérique a toujours été un creuset d’innovation dans les mécanismes de mobilisation, de discussion politique et de décision démocratique. Pour une part, cette innovation s’appuie sur l’appropriation voire le détournement, par leurs utilisateurs, des outils et plateformes de l’internet et du web : organiser des mobilisations par SMS ou via les réseaux sociaux, déplacer les lieux de la discussion politique vers d’autres forums, révéler ou dénoncer des pratiques sur Youtube… Mais les « Civic Tech » désignent également un nombre sans cesse croissant d’initiatives personnelles, associatives ou entrepreneuriales, qui « réinterrogent la démocratie par le levier de la technologie » : engagement citoyen, participation à l’élaboration des décisions et aux choix, coproduction locale, financement participatif, interpellation, contrôle de l’action publique… Certes, comme le dit le chercheur Loïc Blondiaux, « le seuil critique à partir duquel le système politique commencera à trembler sur ses bases n’est nullement atteint. » Mais Blondiaux lui-même admet qu’elles pourraient préfigurer un monde où « les possibilités de dialogue, de coopération, de mobilisation et de participation des citoyens au processus de décision, à toutes les échelles, seraient décuplées. » En aidant à instruire et prendre les décisions difficiles, l’innovation démocratique est l’un des chemins par lequel le numérique pourrait contribuer à la transition écologique.

     

    Au-delà de la disruption des startups, des intentions fécondes appuyées par le numérique sont également à l’œuvre ailleurs, dans l’univers complexe, conflictuel, protéiforme et infiniment créatif de l’open source et des makers, des collaborations horizontales et de proximité, des activistes citoyens et des « communs » : coproduction et partage de données, modèles alternatifs d’échange (partage, monnaies alternatives…), innovations écologiques open source, systèmes d’échanges locaux… Transitions² a plusieurs fois exploré le potentiel écologique des approches ouvertes et coopératives du numérique, que ce soit lors de la manifestation fOSSa (Nantes, septembre 2015), du Forum des Usages Coopératifs (Brest, juillet 2016), ou encore lorsque Without Model s’est intéressé aux « modèles d’affaires ouverts pour le développement durable ».

    Innovation radicale ou disruptive, innovation décisionnelle et démocratique, innovation ouverte et collaborative… Le défi « Innovation Facteur 4 » que Transitions² a lancé fin juin 2016 s’efforcera de relier tous ces fils autour d’un objectif commun : identifier la place et la forme de l'innovation radicale dans la recherche d'une transition écologique de grande échelle.
     

    Prochain billet : Transitions², maison commune
    Où l’on reconnaît les manques de Transitions², en tire des conclusions et vous invite à devenir acteur de son avenir.

     


    [1] « Pionniers du collaboratif », Iddri, ESCP-Europe, Universités Paris Sud et Paris Dauphine, Zero Waste France et Ouishare

    [2] Le décloisonnement des organisations publiques et la confrontation-collaboration des cultures font l’objet d’un des défis de Transitions2, « Agir Local ».




    Article importé: http://www.transitions2.net/catalogue/view/1291/transitions%C2%B2-un-an-apres-56-de-la-disruption-a-l%E2%80%99intention
    Par: Daniel Kaplan
    Publié: September 15, 2016, 10:16 am

  • Où l’on montre que la "disruption" ne contribuera à la transformation écologique que si celle-ci est au cœur de son intention

    Résumons…

    • Le numérique, ce sont des pratiques sociales, une culture, et des dynamiques économiques, autant que des techniques.
    • En matière environnementale, il peut agir sur l’efficience des processus, leur bouclage, ou sur la réduction de la demande.
    • Plus son action se focalise sur un seul levier, un seul paramètre, moins elle produit d’effet… Suffit-il donc de tout « disrupter » pour produire les changements attendus ?

    S’agissant du levier jusqu’ici le moins exploré, celui de la réduction de la demande, les nouvelles formes de « consommation collaborative » ont suscité beaucoup d’espoirs : si l’on partage son automobile ou ses biens d’équipement, si l’on revend ou donne les objets dont on ne se sert plus, peut-on imaginer qu’à terme, on produise moins d’automobiles, de perceuses ou de petites robes ? Le projet PICO[1] piloté par l’Iddri invite à relativiser ces effets : « tous les projets de l’économie collaborative n’ont pas un impact positif du point de vue environnemental et social. La nature des biens échangés ou les déplacements induits sont par exemple clefs pour anticiper le bilan environnemental de ces pratiques. » En outre, « certains projets de l’économie collaborative apportent de nouvelles solutions au développement durable, mais sont confrontés à des enjeux de développement et à des difficultés pour travailler avec les pouvoirs publics. Ces difficultés tiennent au fonctionnement en silos des administrations ou à la concurrence entre les nouvelles pratiques et des pratiques plus anciennes[2] . »

    Il existe dans la théorie de l’innovation « disruptive » des principes qui parlent aisément à un public sensible aux valeurs écologiques : se focaliser sur les besoins de base, proposer des offres simples, utiliser des technologies matures plutôt qu’avancées… Mais les « disrupteurs » cherchent plutôt à conquérir un marché en fragilisant les acteurs établis, qu’à sauver la planète. Leur objectif prioritaire est, et restera, de valoriser leur entreprise. Même parmi les entreprises de l’économie collaborative, l’étude « Listening to Sharing Economy Initiatives » révèle que « si 94% des entreprises visent à produire un impact environnemental et social positif, 25% seulement d’entre elles le mesurent. »

    Pas de transition écologique sans intention

    Ainsi, les forces de la disruption numérique, capables de transformer en quelques années les secteurs les mieux établis, ne produisent guère de résultats sur le front écologique, même quand ses acteurs en expriment l’intention. Pourquoi ?

    La recherche sur le lien entre innovation radicale et transformation écologique nous aide à répondre. D’une part, toute proposition innovante émerge dans un « système d’innovation » (composé d’un réseau d’acteurs et d’institutions, d’une culture, de méthodes, d’indicateurs, de normes et de règles écrites ou non…) qui la sélectionnera ou non selon qu’elle respecte ou non ses critères : il existe toujours un degré d’innovation qui dépasse les limites, même larges, que le système considère comme admissibles. Ici, la limite est dans doute celle de la décroissance (au sens le plus large) : comment sélectionner une proposition qui répond peut-être parfaitement à un besoin, mais en produisant moins de valeur économique et en choisissant délibérément de maximiser son impact social et environnemental plutôt que son profit ? Seuls les dispositifs de soutien à l’entrepreneuriat social savent reconnaître de tels projets, mais ils ne leur permettent que très rarement de passer à la grande échelle.

    Il arrive cependant que des innovations radicales, profondément transformatrices, s’imposent malgré le conservatisme inhérent aux systèmes d’innovation. La théorie néo-schumpeterienne des « vagues d’innovation[3]  » décrit ainsi 5 cycles de « destruction créative » intervenus depuis la révolution industrielle, chacun sous l’influence d’un changement de « paradigme techno-économique » : la mécanisation et la fabrique ; la machine à vapeur et le chemin de fer ; l’électricité et l’ingénierie lourde ; le pétrole, l’automobile et la production de masse ; le numérique. Chacune de ces vagues submerge la précédente parce qu’elle est capable de produire une « poussée de développement » : son paradigme reste celui de la croissance économique et du monde infini.

    Or la transition écologique ne relève pas d’une « poussée de développement », parce que ses buts sont normatifs et extérieurs à l’économie. Par conséquent, même les systèmes d’innovation les plus ouverts aux transformations radicales auront du mal à soutenir des projets dont une transition écologique ambitieuse (de type « facteur 4 ») est réellement l’objectif. Par conséquent, expliquent les chercheurs Daniel Hausknost et Willi Haas dans le cadre du projet européen Neujobs, il faut faire en sorte qu’un nouveau système d’innovation intègre de manière délibérée des mécanismes de sélection appuyés sur des indicateurs extra-monétaires et qui « internalisent l’anticipation des pressions extérieures », le changement climatique et l’épuisement des ressources[4] .

    Mais comment réaliser cet exploit ?

    Encoder les intentions

    Tirant les conséquences de leur analyse, Hausknost et Haas suggèrent de focaliser l’innovation sur « les mécanismes sociaux de décision et de pilotage » (social steering), en particulier ceux qui permettraient de traiter des questions complexes et conflictuelles : arbitrer entre des objectifs de croissance et d’autres objectifs, entre intérêt général et liberté individuelle, « encadrer l’univers des choix » que les individus peuvent faire en matière de consommation (choice editing)…

    Le numérique a toujours été un creuset d’innovation dans les mécanismes de mobilisation, de discussion politique et de décision démocratique. Pour une part, cette innovation s’appuie sur l’appropriation voire le détournement, par leurs utilisateurs, des outils et plateformes de l’internet et du web : organiser des mobilisations par SMS ou via les réseaux sociaux, déplacer les lieux de la discussion politique vers d’autres forums, révéler ou dénoncer des pratiques sur Youtube… Mais les « Civic Tech » désignent également un nombre sans cesse croissant d’initiatives personnelles, associatives ou entrepreneuriales, qui « réinterrogent la démocratie par le levier de la technologie » : engagement citoyen, participation à l’élaboration des décisions et aux choix, coproduction locale, financement participatif, interpellation, contrôle de l’action publique… Certes, comme le dit le chercheur Loïc Blondiaux, « le seuil critique à partir duquel le système politique commencera à trembler sur ses bases n’est nullement atteint. » Mais Blondiaux lui-même admet qu’elles pourraient préfigurer un monde où « les possibilités de dialogue, de coopération, de mobilisation et de participation des citoyens au processus de décision, à toutes les échelles, seraient décuplées. » En aidant à instruire et prendre les décisions difficiles, l’innovation démocratique est l’un des chemins par lequel le numérique pourrait contribuer à la transition écologique.

     

    Au-delà de la disruption des startups, des intentions fécondes appuyées par le numérique sont également à l’œuvre ailleurs, dans l’univers complexe, conflictuel, protéiforme et infiniment créatif de l’open source et des makers, des collaborations horizontales et de proximité, des activistes citoyens et des « communs » : coproduction et partage de données, modèles alternatifs d’échange (partage, monnaies alternatives…), innovations écologiques open source, systèmes d’échanges locaux… Transitions² a plusieurs fois exploré le potentiel écologique des approches ouvertes et coopératives du numérique, que ce soit lors de la manifestation fOSSa (Nantes, septembre 2015), du Forum des Usages Coopératifs (Brest, juillet 2016), ou encore lorsque Without Model s’est intéressé aux « modèles d’affaires ouverts pour le développement durable ».

    Innovation radicale ou disruptive, innovation décisionnelle et démocratique, innovation ouverte et collaborative… Le défi « Innovation Facteur 4 » que Transitions² a lancé fin juin 2016 s’efforcera de relier tous ces fils autour d’un objectif commun : identifier la place et la forme de l'innovation radicale dans la recherche d'une transition écologique de grande échelle.
     

    Prochain billet : Transitions², maison commune
    Où l’on reconnaît les manques de Transitions², en tire des conclusions et vous invite à devenir acteur de son avenir.

     


    [1] « Pionniers du collaboratif », Iddri, ESCP-Europe, Universités Paris Sud et Paris Dauphine, Zero Waste France et Ouishare

    [2] Le décloisonnement des organisations publiques et la confrontation-collaboration des cultures font l’objet d’un des défis de Transitions2, « Agir Local ».




    Article importé: http://www.transitions2.net/catalogue/view/1291/transitions%C2%B2-un-an-apres-56-de-la-disruption-a-l%E2%80%99intention
    Par: Daniel Kaplan
    Publié: September 15, 2016, 10:16 am

  • Où l’on s’interroge sur ce qu’on entend par numérique, et ce que l’on peut en attendre (ou pas)

    Résumons…

    • La transition écologique vers laquelle nous devons aller est extraordinairement profonde.
    • Aucune prouesse technologique n’y suffira, si elle n’accompagne pas une transformation de notre modèle de développement, voire de vie.
    • Une transformation aussi profonde paraît peu vraisemblable sans le numérique, mais le numérique tel qu’il se propose aujourd’hui n’a pas de réponse convaincante… Faut-il changer de regard sur le numérique ?

    La question-clé de Transitions² devient donc : « Comment le numérique (et l’innovation, et la technologie en général) peu(ven)t-il(s) contribuer à la transition écologique au-delà de ses (leurs) apports en termes d’efficience et de dématérialisation ? »

    Pour y répondre, nous avons dû préciser un certain nombre d’idées et de concepts, qui forment sans doute l’acquis le plus solide de cette première année du programme : que désignons-nous par « numérique » ? Quels leviers d’action peut-il actionner au service de la transition écologique ? Quels modèles d’interaction, de coopération, de décision, économiques, d’innovation, invite-t-il à explorer ?

     

    … Au fait, le numérique, c’est quoi ?

    Dans chacun des travaux, chacune des interventions de Transitions², nous prenons désormais la précaution de décrire « le numérique » à partir de 4 composantes : technique (pour simplifier, l’informatique et les réseaux), cognitive (pour simplifier, la “data” comme support essentiel de la production d’informations, de connaissances et de décisions), sociale et culturelle (formes de communication, de socialisation, d’expression, de travail...) et économique (au sens large, réunissant toutes les formes de coopération et d’échange).

    image

     

    (source : Transitions2-Fing-Cigref, Ecology by Design, avril 2016)

     

    Cette énumération invite chacun à préciser quelles facettes du numérique il mobilise dans tel projet, telle analyse. Elle présente aussi l’avantage d’élargir le débat à de nouveaux objets. Elle s’intéresse par exemple au rôle de la donnée et des modèles dans la compréhension des questions environnementales, et à la perspective d’une production et d’un usage beaucoup plus larges de ces informations. Elle prête attention aux usages low tech et hyperlocaux, aux pratiques coopératives (comme, avec les précautions d’usage, à « l’économie collaborative »), aux formes fécondes de la cyberculture, aux modes d’innovation (ouverte, ascendante, open source, agile, de modèle d’affaires, « disruptive »…) qui jouent un rôle plus important dans le numérique qu’ailleurs, à la désintermédiation comme aux nouvelles plateformes, aux « communs » comme aux possibilités de l’empowerment des individus, aux outils de délibération et de décision collectives, etc.

     

    Sur quels leviers permet-il d’agir ?

    Dans le cadre du défi « Ecology by Design », qui explorait le rôle possible de la fonction informatique dans la transformation écologique de l’entreprise, nous avons proposé un « modèle », évidemment simplificateur, des leviers de transformation écologique d’un système productif.

     

    Les leviers de transformation écologique d’un système productif

    T2_Schema leviers

    (source : Transitions2-Fing poster, novembre 2015)

     

    Chaque « levier » mobilise différentes facettes du numérique. La réduction des intrants, qui focalise encore aujourd’hui la majorité des efforts, s’appuie plus particulièrement sur les dimensions technique et « data » ; la réduction des déchets fait des emprunts partout, selon que l’on l’aborde sous l’angle de l’écologie industrielle (qui a besoin de processus très structurés et documentés), des incitations à trier, ou encore de la « désobsolescence programmée » que prônent les communautés de makers. Parent pauvre, de ces efforts, la réduction de la demande repose plutôt sur les dimensions économique et socio-culturelle, par exemple au travers de « l’économie collaborative ». Mais les frontières ne sont heureusement pas étanches.

    L’application d’un tel modèle nous a également appris deux ou trois choses.

    Tout d’abord, les entreprises sont largement dépourvues d’outils conceptuels, méthodologiques, techniques et même comptables, pour appréhender leur transformation écologique. Aussi sincères soient-elles dans leur démarche de Responsabilité sociale et environnementale (RSE), elles ne disposent généralement pas des moyens d’en intégrer les orientations dans leurs opérations de tous les jours, ni d’en suivre les effets aussi finement que ce leur permet, sur la dimension économique, leur comptabilité financière.

    Pour ces raisons, les cas de mobilisation du numérique au service d’objectifs écologiques restent en général isolés et confinés dans des « silos » : on optimise tel circuit de réutilisation, tel dispositif de gestion de l’énergie, la gestion du cycle de vie de telle ressource… Cependant, sur les axes « Réduire les intrants » et « Réduire les déchets », on constate une progression depuis une approche « problème par problème » vers une approche plus systémique : le smart (appliqué, par exemple, à un système énergétique ou une ville) ou les différentes formes d’économie circulaire, nécessitent bel et bien de casser les silos. Enfin, les « effets rebond » symbolisent l’interdépendance des leviers : en optimisant la productivité des intrants sans agir sur la demande, on peut, par exemple, juste libérer suffisamment de ressources financières (profits de l’entreprise, pouvoir d’achat) pour susciter de nouvelles offres et demandes, annulant tout le bénéfice écologique de l’opération.
     

    Prochain billet : De la disruption à l’intention
    Où l’on démontre que l’innovation et la disruption ne joueront un rôle significatif dans la transformation écologique que si celle-ci est au cœur de leurs intentions comme de leur fonctionnement.

     




    Article importé: http://www.transitions2.net/catalogue/view/1288/transitions%C2%B2-un-an-apres-46-de-quel-numerique-parlons-nous
    Par: Daniel Kaplan
    Publié: September 14, 2016, 2:01 pm

  • Où l’on voit que l’apport du numérique à l’écologie ne peut pas se limiter à la dimension technique.

    Résumons…

    • Les acteurs du numérique et de l’écologie se connaissent et se comprennent mal.
    • L’apport actuel du numérique à la transition écologique est aujourd’hui faible, voire nul.
    • Le numérique a partie liée au modèle de développement à l’origine de nos crises écologiques… Comment peut-on alors imaginer que, demain, il fasse aussi partie de la solution ?

    Explorant les trois formes d’« effets rebonds » liés au numérique, le chercheur Cédric Gossart conclut que « les stratégies en matière d'efficience énergétique ne peuvent pas reposer entièrement sur des changements techniques » : d’une part, il faut se préoccuper de « l’allocation des gains de productivité » et d’autre part, la recherche de l'efficience énergétique n'a de sens que complétée par une « stratégie de réduction nette des besoins en énergie. »

    C’est d’autant plus vrai que l’ampleur de la transition nécessaire pour limiter le réchauffement climatique aux alentours de 2°C n’est pas à la portée d’améliorations techniques, quelle qu’en soit l’importance.

    Le « doughnut » de Kate Raworth exprime de manière simple les deux « frontières » supérieure (environnementale) et inférieure (sociale) entre lesquelles nous devons chercher l’espace « sûr et juste » du développement de l’Humanité. Dans les décennies à venir, nous devons à la fois diviser par 4 à 5 nos émissions de gaz à effet de serre, réduire nos autres impacts sur l’environnement, et permettre à une bonne moitié des terriens d’accéder aux conditions d’une vie décente – l’eau, l’alimentation, la santé, l’éducation...

     

    C’est un objectif extraordinairement ambitieux et difficile. À titre indicatif, l’efficience énergétique de notre production a augmenté de 35 % en 40 ans : si rien d’autre ne changeait, il faudrait cette fois qu’elle augmente de 300 % en 35 ans ! Aucune prouesse technologique ne permettra de relever un tel défi. Pour le faire, nous avons besoin également de nouvelles manières de décider, d’agir, de produire, de consommer, d’échanger, de vivre... L’usage de plus en plus courant du mot « transition » n’a rien d’anodin : il décrit en effet « le passage d’un état de départ du système (ou « régime »), devenu instable, à un état d’arrivée stable ou en tout cas, adapté aux conditions du moment[1]. » Une transition est bien un changement global qui touche à la fois les modèles économiques, politiques et sociaux[2]. La technologie y joue un rôle majeur, mais comme déclencheur et support de transformations structurelles.

     

    Et donc, le numérique ?

    Pourtant, il paraît difficile d’envisager la transition écologique d’une planète bientôt peuplée de 9 milliards d’habitants, sans le numérique.

    Malgré toutes ses limites, le numérique est la grande force transformatrice de notre époque. Il appuie cette puissance, non pas seulement sur des facteurs rationnels, mais sur la participation quotidienne, massive, généralement volontaire et même joyeuse, de chacun d’entre nous. L’ampleur de la transition à venir exige la participation de tous : peut-on se passer du vecteur le plus clairement susceptible de la susciter et de l’organiser ?

    Enfin, le numérique conditionne la transition écologique pour une autre raison, sans doute encore plus fondamentale : plus que jamais dans l’histoire, le changement climatique rend tous les habitants de la planète solidaires, des problèmes au minimum, mais aussi des solutions. Dans ces conditions, les technologies qui nous relient, et les pratiques qu’elles appuient, joueront nécessairement un rôle central.

    Mais bien évidemment, il y a manière et manière de relier.

     

    Prochain billet : De quel numérique parlons-nous ?
    Où l’on s’interroge sur ce qu’on entend par numérique, et ce que l’on peut en attendre (ou pas).

     

     


    [1] Source : Fing, Questions Numériques, édition 2015 “Transitions”.

    [2] La définition originelle du “développement durable” (1987), intègre de manière indissociable trois piliers, l’économique, le social et l’environnemental : nous n’atteindrons pas des objectifs environnementaux aussi ambitieux que le « facteur 4 » si la société se fracture, ni si l’économie s’effondre.




    Article importé: http://www.transitions2.net/catalogue/view/1287/transitions%C2%B2-un-an-apres-36-une-transition-systemique-plutot-que-technologique
    Par: Daniel Kaplan
    Publié: September 14, 2016, 10:26 am

  • Aidez-nous à identifier des innovations radicales au service de la transition écologique

    Vous avez rencontré l’ “innovation Facteur 4” ? Faites-le savoir !

    Dans le cadre du programme Transitions², la Fing, l'Iddri et Ouishare, avec le soutien de l'Ademe et de Bpifrance, partent à la recherche de "l'Innovation Facteur 4" :une innovation radicale dont la "proposition de valeur" intègre un impact écologique profond ("facteur 4", "zéro émissions/déchets etc.", "énergie positive"etc.), large (passage à l'échelle) et de long terme (robuste aux "effets rebond").

    Vous portez un projet qui correspond de près ou de loin à cette définition ? Ou vous en connaissez ? Signalez-les nous ! Nous lançons jusqu’au 30 octobre 2016 un Appel à initiatives pour repérer des innovations emblématiques, que nous irons rencontrer, interviewer, disséquer…

    Ainsi, nous progresserons ensemble vers une stratégie d’Innovation Facteur 4 en France et ailleurs !

    >>> SIGNALEZ UN PROJET VIA CE FORMULAIRE (5 min. chrono.) : https://form.jotformeu.com/62294298489373

     

    Quels projets cherchons-nous ?


    Cet appel à initiatives s'adresse aux entrepreneurs et aux innovateurs sociaux, ainsi qu'à leurs réseaux et à ceux qui les soutiennent.

    Avec vous, nous souhaitons identifier, étudier et mettre en lumière 20 projets remarquables, issus du monde entier, qui illustrent le potentiel, les caractéristiques et les besoins de l'Innovation Facteur 4.

    Il peut s’agir de projets en cours ou réalisés, réussis ou échoués, dès lors qu’ils sont documentés et que leurs initiateurs peuvent être contactés.

    Nous proposons de focaliser l'effort d'investigation sur quatre grands domaines :    
    •    la mobilité
    •    l'économie territoriale (ex. agriculture urbaine, réseaux d'échanges locaux, "internet de l'énergie", économie circulaire...)
    •    les modes de vie (partage, innovations low tech, frugales…)
    •    les innovations "politiques" (comment rendre possible des arbitrages décisifs, des grandes décisions collectives avec un impact écologique majeur - et les appliquer !)

    Nous accueillerons cependant avec plaisir tous les projets innovants qui pensent correspondre à la définition de l'Innovation Facteur 4, même s'ils relèvent d'autres domaines d'application !

     

    Comment définissons-nous l'Innovation facteur 4 ?

     

     L'innovation Facteur 4...  

    ... "Est d'abord une innovation : elle répond à un besoin ou résout un problème ; elle apporte quelque chose de neuf à ses destinataires ; elle différencie ceux qui la portent de leur concurrence ;
    ... "Est - dans son ambition au moins - une innovation de rupture : il y a un avant et un après ; elle a le potentiel d'entraîner d'autres innovations ;
    ... "Ne s’appuie pas nécessairement sur des technologies avancées (inclut le low tech) ; peut être une innovation de produit ou de service, d'organisation, de processus, etc.
    ... "Place au coeur de sa proposition des objectifs environnementaux explicites et crédibles, très ambitieux (de type "facteur 4") dans leur profondeur comme dans leur étendue - et se donne les moyens de vérifier qu'elle les atteint ;
    … "s’intéresse à ses impacts sur d’autres secteurs et domaines, ainsi qu’aux éventuels "effets rebond" susceptibles de limiter les bénéfices écologiques nets qu’ils entraînent.

     

    Pourquoi répondre à cet appel à initiatives ?


    Nous sommes convaincus :

    • qu'il existe une place pour l'innovation dans la transition écologique - mais qu'il s'agit sans doute d'une catégorie particulière d'innovation ;
    • que cette innovation est aujourd'hui difficile à repérer, à distinguer, à évaluer et à soutenir - et que nous devons inventer ensemble les outils pour le faire.

    Ainsi, l’analyse que nous ferons des projets que vous nous aurez fléchés nous permettra de cerner plus concrètement cette “Innovation Facteur 4”.

    De là, nous travaillerons à donner des clefs de repérage et d’analyse aux acteurs dont le métier est d’aider l’innovation, pour ainsi mieux soutenir ce type de projets à l’avenir. Ce travail donnera lieu à publication en libre qui sera librement accessible (licence CC-By) et dans laquelle figureront, entre autre, les monographies de ces projets.

     

    Concrètement, comment répondre à cet appel à initiatives ?


    Vous vous retrouvez dans cette démarche et souhaitez y contribuer ?

    Complétez le formulaire (également ci-dessous), avant le 30 octobre 2016.
    (5 min. chrono., pas besoin d’être exhaustif !)

    > Contacts : Renaud Francou (rfancou [at] fing.org), Fing

     

    Le projet "Innovation Facteur 4" a le soutien de

    Logo Ademe Logo Bpifrance

     

     




    Article importé: http://www.transitions2.net/catalogue/view/1258/appel-a-initiatives-contribuez-a-la-recherche-de-linnovation-facteur-4
    Par: Daniel Kaplan
    Publié: September 13, 2016, 4:51 pm

  • Aidez-nous à identifier des innovations radicales au service de la transition écologique

    Vous avez rencontré l’ “innovation Facteur 4” ? Faites-le savoir !

    Dans le cadre du programme Transitions², la Fing, l'Iddri et Ouishare, avec le soutien de l'Ademe et de Bpifrance, partent à la recherche de "l'Innovation Facteur 4" :une innovation radicale dont la "proposition de valeur" intègre un impact écologique profond ("facteur 4", "zéro émissions/déchets etc.", "énergie positive"etc.), large (passage à l'échelle) et de long terme (robuste aux "effets rebond").

    Vous portez un projet qui correspond de près ou de loin à cette définition ? Ou vous en connaissez ? Signalez-les nous ! Nous lançons jusqu’au 30 octobre 2016 un Appel à initiatives pour repérer des innovations emblématiques, que nous irons rencontrer, interviewer, disséquer…

    Ainsi, nous progresserons ensemble vers une stratégie d’Innovation Facteur 4 en France et ailleurs !

    >>> SIGNALEZ UN PROJET VIA CE FORMULAIRE (5 min. chrono.) : https://form.jotformeu.com/62294298489373

     

    Quels projets cherchons-nous ?


    Cet appel à initiatives s'adresse aux entrepreneurs et aux innovateurs sociaux, ainsi qu'à leurs réseaux et à ceux qui les soutiennent.

    Avec vous, nous souhaitons identifier, étudier et mettre en lumière 20 projets remarquables, issus du monde entier, qui illustrent le potentiel, les caractéristiques et les besoins de l'Innovation Facteur 4.

    Il peut s’agir de projets en cours ou réalisés, réussis ou échoués, dès lors qu’ils sont documentés et que leurs initiateurs peuvent être contactés.

    Nous proposons de focaliser l'effort d'investigation sur quatre grands domaines :    
    •    la mobilité
    •    l'économie territoriale (ex. agriculture urbaine, réseaux d'échanges locaux, "internet de l'énergie", économie circulaire...)
    •    les modes de vie (partage, innovations low tech, frugales…)
    •    les innovations "politiques" (comment rendre possible des arbitrages décisifs, des grandes décisions collectives avec un impact écologique majeur - et les appliquer !)

    Nous accueillerons cependant avec plaisir tous les projets innovants qui pensent correspondre à la définition de l'Innovation Facteur 4, même s'ils relèvent d'autres domaines d'application !

     

    Comment définissons-nous l'Innovation facteur 4 ?

     

     L'innovation Facteur 4...  

    ... "Est d'abord une innovation : elle répond à un besoin ou résout un problème ; elle apporte quelque chose de neuf à ses destinataires ; elle différencie ceux qui la portent de leur concurrence ;
    ... "Est - dans son ambition au moins - une innovation de rupture : il y a un avant et un après ; elle a le potentiel d'entraîner d'autres innovations ;
    ... "Ne s’appuie pas nécessairement sur des technologies avancées (inclut le low tech) ; peut être une innovation de produit ou de service, d'organisation, de processus, etc.
    ... "Place au coeur de sa proposition des objectifs environnementaux explicites et crédibles, très ambitieux (de type "facteur 4") dans leur profondeur comme dans leur étendue - et se donne les moyens de vérifier qu'elle les atteint ;
    … "s’intéresse à ses impacts sur d’autres secteurs et domaines, ainsi qu’aux éventuels "effets rebond" susceptibles de limiter les bénéfices écologiques nets qu’ils entraînent.

     

    Pourquoi répondre à cet appel à initiatives ?


    Nous sommes convaincus :

    • qu'il existe une place pour l'innovation dans la transition écologique - mais qu'il s'agit sans doute d'une catégorie particulière d'innovation ;
    • que cette innovation est aujourd'hui difficile à repérer, à distinguer, à évaluer et à soutenir - et que nous devons inventer ensemble les outils pour le faire.

    Ainsi, l’analyse que nous ferons des projets que vous nous aurez fléchés nous permettra de cerner plus concrètement cette “Innovation Facteur 4”.

    De là, nous travaillerons à donner des clefs de repérage et d’analyse aux acteurs dont le métier est d’aider l’innovation, pour ainsi mieux soutenir ce type de projets à l’avenir. Ce travail donnera lieu à publication en libre qui sera librement accessible (licence CC-By) et dans laquelle figureront, entre autre, les monographies de ces projets.

     

    Concrètement, comment répondre à cet appel à initiatives ?


    Vous vous retrouvez dans cette démarche et souhaitez y contribuer ?

    Complétez le formulaire (également ci-dessous), avant le 30 octobre 2016.
    (5 min. chrono., pas besoin d’être exhaustif !)

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    Le projet "Innovation Facteur 4" a le soutien de

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    Article importé: http://www.transitions2.net/catalogue/view/1258/appel-a-initiatives-contribuez-a-la-recherche-de-linnovation-facteur-4
    Par: Daniel Kaplan
    Publié: September 13, 2016, 4:51 pm

  • Où l’on cherche à comprendre pourquoi il n’est pas si facile de faire converger numérique et écologique.

    Résumons…

    • L’appel lancé par le programme Transitions² a été entendu.
    • En un an, nous n’avons pas chômé.
    • Nous n’avons cependant pas résolu le problème du changement climatique (quelqu’un l’aurait remarqué)… Le rapprochement entre numérique et écologique serait-il plus difficile qu’on ne le pense ?

     

    Lors de la conférence « Développement durable 2.0 » de l’Iddri (23 juin 2016), la Commissaire générale au développement durable Laurence Monnoyer-Smith racontait combien le caractère transversal des enjeux environnementaux les rendait difficiles à partager avec d’autres départements ministériels, pourtant tout aussi concernés que le ministère de l’Ecologie. Cette chercheuse reconnue sur le sujet de la démocratie électronique aurait pu dire la même chose du numérique. Deux sujets profondément transversaux et transformateurs, d’une certaine technicité (mais pas forcément supérieure à celle d’autres domaines de l’action publique ou de l’entreprise), qui luttent depuis 20 ans pour ne pas rester enfermés dans des organigrammes et des politiques spécialisées. Cela pourrait créer des liens, cela crée au contraire une difficulté à se parler, voire une forme de concurrence : qui sont ces gens qui pensent que seule leur transition importe ?

     

    Aux sources de la scission entre numérique et écologie

    Cette tension entre numérique et écologie a aussi une histoire et des fondements qu’il faut prendre au sérieux.

    Dans Aux sources de l'utopie numérique (C&F Editions, 2012), Fred Turner raconte comment, au tournant des années 1970, la démarche écologiste se sépare entre un courant politique et un autre centré sur la transformation de soi, lequel rencontrera vite la pensée cybernétique. Les lignes de partage sont bien sûr devenues plus complexes en 50 ans, mais elles subsistent. Parce qu’il se perçoit à la fois comme immatériel et efficient, le numérique se décrit volontiers comme « naturellement » écologique. Tandis que l’écologie politique, qui déconstruit depuis son origine la mystique de la technique, du progrès et de la croissance, en voit plus volontiers les effets négatifs ou pervers.

    Nous nous sommes ainsi vite rendus compte que toute conversation sur la « convergence des transitions » devait, au préalable, aborder la question de l’empreinte écologique du numérique lui-même. Nous pensions que la qualité des travaux sur le sujet (en particulier autour du GDS EcoInfo) suffirait à donner la direction. Mais le « Benchmark Green IT » réalisé par le Club Green IT et le Cigref dans le cadre du programme Transitions² nous a démontré que, même sur ce sujet-là, il n’existe que des réponses complexes qui empruntent à la fois à la technologie, à l’économie, au management… Et qu’à chaque progrès pouvait succéder un recul : de l’aveu même des directeurs informatiques les plus engagés, les vagues actuelles du Big Data et de « l’Internet des objets » (sans même parler de la blockchain) sont à l’opposé de toute idée de frugalité informationnelle et technologique.

    Infographie "Empreinte environnementale des salariés"

    Si, cependant, l’usage du numérique permettait de réduire de manière significative l’impact écologique des autres domaines de l’activité humaine, le jeu en vaudrait quand même la chandelle. Un grand nombre d’organisations[1], de rapports, d’entrepreneurs, s’efforcent de démontrer et de mesurer l’apport du numérique dans le « découplage » entre croissance et consommation de matières premières, production de déchets, émissions de CO2. Cette combinaison entre le « Green IT » (la minimisation de l’empreinte écologique du numérique) et « IT for Green » résume à peu près l’état de l’art sur le lien entre numérique et écologie.

     

    Le numérique fait partie du problème, fait-il partie des solutions ?

    Or il nous est vite apparu nécessaire de chercher plus loin, pour deux raisons.

    En premier lieu, la multitude des innovations et des initiatives IT for Green ne semble pas beaucoup ralentir la croissance des émissions de CO2. Historiquement, la période de forte accélération des émissions de CO2 (depuis 1990) correspond assez précisément à celle de la numérisation générale de nos sociétés et de nos pratiques. Corrélation n’est pas causalité, mais cela suffit sans doute à démontrer que le numérique ne constitue pas la solution magique aux problèmes climatiques !

     

    Evolution annuelle des émissions mondiales de CO2
    associées aux combustibles fossiles et à l’industrie

    Evolution des émissions de CO2 liées aux combustibles fossiles et à l'industrie

    (source : Global Carbon Project ; le ralentissement de 2014 - 2015 étant juste une estimation - signale-t-il un retournement de tendance, ou reflète-t-il juste le ralentissement de l’économie chinoise ?)

     

    Cette corrélation a une cause profonde : le numérique, tel qu’il se développe, est le produit (et, pour certains, l’emblème) du système de développement à l’origine de la crise climatique et écologique. A l’intérieur de ce système, les gains que le numérique a permis de réaliser ont été intégralement réinvestis dans la croissance : par exemple, la dématérialisation supprime toute incitation à limiter la consommation d’une ressource, tandis que l’amélioration de la productivité des ressources a permis – pour à peu près le même prix – d’enrichir les produits, d’en diversifier les gammes et d’en accélérer le renouvellement. Ce que l’on nomme « effet rebond » prend racine au cœur de nos mécanismes économiques.

     

    Questionner le rôle de l’innovation dans la transition écologique

    La question des effets rebond ne concerne naturellement pas que le numérique, mais au fond toute l’innovation « verte ». On en retrouve l’écho dans le programme « Green Tech » lancé en février 2016 par les ministres de l’Ecologie et de l’Economie, sans doute en partie inspiré par Transitions² [2], qui a ultérieurement ressenti le besoin d’ajouter d’ajouter « Verte » à son nom : pour franciser le nom du programme, sûrement, mais peut-être aussi pour laisser entendre que certaines green techs n’étaient pas si vertes que ça, qu’il faut chercher au-delà des solutions tech ?

    De fait, tout en restant focalisé sur le lien entre transition numérique et écologique, Transitions² a progressivement intégré plusieurs réflexions et actions portant sur l’innovation : « Respire ta Ville » avec le Réseau des villes santé de l’OMS, « Définnnovation Mobilités Actives » avec le Club des villes et territoires cyclables, et tout récemment le lancement du défi « Innovation facteur 4 », sur lequel nous reviendrons.

    Logo green Tech Verte

     

     

     

    Prochain billet : Une transition systémique plutôt que technologique

    Où l’on voit que l’apport du numérique à l’écologie ne peut pas se limiter à la dimension technique.

     

     


    [1] Citons par exemple la Global eSustainability Initiative et le World Business Council for Sustainable Development, mais aussi la Fondation Ellen MacArthur qui se focalise sur l’économie circulaire.

    [2] Le programme se fixe en effet pour mission d’organiser « la rencontre de la révolution numérique et de la révolution de la transition énergétique. »




    Article importé: http://www.transitions2.net/catalogue/view/1251/transitions%C2%B2-un-an-apres-26%C2%A0-numerique-et-ecologie-sont-dans-un-bateau%E2%80%A6
    Par: Daniel Kaplan
    Publié: September 13, 2016, 3:03 pm

  • Où l’on cherche à comprendre pourquoi il n’est pas si facile de faire converger numérique et écologique.

    Résumons…

    • L’appel lancé par le programme Transitions² a été entendu.
    • En un an, nous n’avons pas chômé.
    • Nous n’avons cependant pas résolu le problème du changement climatique (quelqu’un l’aurait remarqué)… Le rapprochement entre numérique et écologique serait-il plus difficile qu’on ne le pense ?

     

    Lors de la conférence « Développement durable 2.0 » de l’Iddri (23 juin 2016), la Commissaire générale au développement durable Laurence Monnoyer-Smith racontait combien le caractère transversal des enjeux environnementaux les rendait difficiles à partager avec d’autres départements ministériels, pourtant tout aussi concernés que le ministère de l’Ecologie. Cette chercheuse reconnue sur le sujet de la démocratie électronique aurait pu dire la même chose du numérique. Deux sujets profondément transversaux et transformateurs, d’une certaine technicité (mais pas forcément supérieure à celle d’autres domaines de l’action publique ou de l’entreprise), qui luttent depuis 20 ans pour ne pas rester enfermés dans des organigrammes et des politiques spécialisées. Cela pourrait créer des liens, cela crée au contraire une difficulté à se parler, voire une forme de concurrence : qui sont ces gens qui pensent que seule leur transition importe ?

     

    Aux sources de la scission entre numérique et écologie

    Cette tension entre numérique et écologie a aussi une histoire et des fondements qu’il faut prendre au sérieux.

    Dans Aux sources de l'utopie numérique (C&F Editions, 2012), Fred Turner raconte comment, au tournant des années 1970, la démarche écologiste se sépare entre un courant politique et un autre centré sur la transformation de soi, lequel rencontrera vite la pensée cybernétique. Les lignes de partage sont bien sûr devenues plus complexes en 50 ans, mais elles subsistent. Parce qu’il se perçoit à la fois comme immatériel et efficient, le numérique se décrit volontiers comme « naturellement » écologique. Tandis que l’écologie politique, qui déconstruit depuis son origine la mystique de la technique, du progrès et de la croissance, en voit plus volontiers les effets négatifs ou pervers.

    Nous nous sommes ainsi vite rendus compte que toute conversation sur la « convergence des transitions » devait, au préalable, aborder la question de l’empreinte écologique du numérique lui-même. Nous pensions que la qualité des travaux sur le sujet (en particulier autour du GDS EcoInfo) suffirait à donner la direction. Mais le « Benchmark Green IT » réalisé par le Club Green IT et le Cigref dans le cadre du programme Transitions² nous a démontré que, même sur ce sujet-là, il n’existe que des réponses complexes qui empruntent à la fois à la technologie, à l’économie, au management… Et qu’à chaque progrès pouvait succéder un recul : de l’aveu même des directeurs informatiques les plus engagés, les vagues actuelles du Big Data et de « l’Internet des objets » (sans même parler de la blockchain) sont à l’opposé de toute idée de frugalité informationnelle et technologique.

    Infographie "Empreinte environnementale des salariés"

    Si, cependant, l’usage du numérique permettait de réduire de manière significative l’impact écologique des autres domaines de l’activité humaine, le jeu en vaudrait quand même la chandelle. Un grand nombre d’organisations[1], de rapports, d’entrepreneurs, s’efforcent de démontrer et de mesurer l’apport du numérique dans le « découplage » entre croissance et consommation de matières premières, production de déchets, émissions de CO2. Cette combinaison entre le « Green IT » (la minimisation de l’empreinte écologique du numérique) et « IT for Green » résume à peu près l’état de l’art sur le lien entre numérique et écologie.

     

    Le numérique fait partie du problème, fait-il partie des solutions ?

    Or il nous est vite apparu nécessaire de chercher plus loin, pour deux raisons.

    En premier lieu, la multitude des innovations et des initiatives IT for Green ne semble pas beaucoup ralentir la croissance des émissions de CO2. Historiquement, la période de forte accélération des émissions de CO2 (depuis 1990) correspond assez précisément à celle de la numérisation générale de nos sociétés et de nos pratiques. Corrélation n’est pas causalité, mais cela suffit sans doute à démontrer que le numérique ne constitue pas la solution magique aux problèmes climatiques !

     

    Evolution annuelle des émissions mondiales de CO2
    associées aux combustibles fossiles et à l’industrie

    Evolution des émissions de CO2 liées aux combustibles fossiles et à l'industrie

    (source : Global Carbon Project ; le ralentissement de 2014 - 2015 étant juste une estimation - signale-t-il un retournement de tendance, ou reflète-t-il juste le ralentissement de l’économie chinoise ?)

     

    Cette corrélation a une cause profonde : le numérique, tel qu’il se développe, est le produit (et, pour certains, l’emblème) du système de développement à l’origine de la crise climatique et écologique. A l’intérieur de ce système, les gains que le numérique a permis de réaliser ont été intégralement réinvestis dans la croissance : par exemple, la dématérialisation supprime toute incitation à limiter la consommation d’une ressource, tandis que l’amélioration de la productivité des ressources a permis – pour à peu près le même prix – d’enrichir les produits, d’en diversifier les gammes et d’en accélérer le renouvellement. Ce que l’on nomme « effet rebond » prend racine au cœur de nos mécanismes économiques.

     

    Questionner le rôle de l’innovation dans la transition écologique

    La question des effets rebond ne concerne naturellement pas que le numérique, mais au fond toute l’innovation « verte ». On en retrouve l’écho dans le programme « Green Tech » lancé en février 2016 par les ministres de l’Ecologie et de l’Economie, sans doute en partie inspiré par Transitions² [2], qui a ultérieurement ressenti le besoin d’ajouter d’ajouter « Verte » à son nom : pour franciser le nom du programme, sûrement, mais peut-être aussi pour laisser entendre que certaines green techs n’étaient pas si vertes que ça, qu’il faut chercher au-delà des solutions tech ?

    De fait, tout en restant focalisé sur le lien entre transition numérique et écologique, Transitions² a progressivement intégré plusieurs réflexions et actions portant sur l’innovation : « Respire ta Ville » avec le Réseau des villes santé de l’OMS, « Définnnovation Mobilités Actives » avec le Club des villes et territoires cyclables, et tout récemment le lancement du défi « Innovation facteur 4 », sur lequel nous reviendrons.

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    Prochain billet : Une transition systémique plutôt que technologique

    Où l’on voit que l’apport du numérique à l’écologie ne peut pas se limiter à la dimension technique.

     

     


    [1] Citons par exemple la Global eSustainability Initiative et le World Business Council for Sustainable Development, mais aussi la Fondation Ellen MacArthur qui se focalise sur l’économie circulaire.

    [2] Le programme se fixe en effet pour mission d’organiser « la rencontre de la révolution numérique et de la révolution de la transition énergétique. »




    Article importé: http://www.transitions2.net/catalogue/view/1251/transitions%C2%B2-un-an-apres-26%C2%A0-numerique-et-ecologie-sont-dans-un-bateau%E2%80%A6
    Par: Daniel Kaplan
    Publié: September 13, 2016, 3:03 pm

  • Introduction d'une série de billets bilan de la première année du programme Transitions²

    "La transition écologique sait raconter son but, mais peine à dessiner son chemin.
    La transition numérique, c’est le contraire.
    Chacune a besoin de l’autre ! Et pourtant leurs acteurs évoluent trop souvent dans des sphères isolées, sans réaliser la puissance transformatrice qu’aurait leur convergence."

    Cette provocation écrite en juin 2015, à l’origine du programme Transitions², exprimait deux idées. En premier lieu, celle d’un lien entre ces deux grandes « transitions » contemporaines, écologique et numérique. Mais aussi celle de la difficulté d’une telle liaison, que nous allions éprouver à chaque étape.

    Cette série de billets tente de faire le bilan de la première année de Transitions² : qu’avons-nous réalisé et appris, qu’est-ce qui a changé et surtout, que devrions-nous faire demain – et d’ailleurs, qui sommes-"nous", à qui appartient Transitions² et comment en faire une « maison commune » ? Cette question s’adresse bien sûr aussi à vous, qui lisez ce billet et (nous l’espérons) ceux qui les suivront…

     

    Une adhésion

    La proposition de « relier concrètement la transition écologique et la transition numérique » a tout de suite reçu l’adhésion de plusieurs organisations : l’Ademe, la Coalition Climat 21, GreenIT.fr, Les Petits Débrouillard, l’Iddri, Ouishare, Place to B, Without Model… D’autres se sont engagées dans le cadre d’actions précises : le Cigref, le réseau des Villes Santé, le Club des villes et territoires cyclables, Inria…

    La COP21 a bien sûr concentré une bonne partie des efforts des premiers mois. Pour Transitions², le temps fort a été la publication d’un « Appel à engagement » commun avec le Conseil national du numérique.

    D’autres actions se sont focalisées sur le rôle des modèles coopératifs issus du numérique dans la transition écologique. Après la présentation des projets issus de la formidable résidence d’innovation POC21, un atelier prospectif a également cherché à explorer ce que pourrait être le futur de certains des projets qui en sont issus.

    Enfin, tout au long de l’année, Transitions² a nourri la réflexion d’une bonne vingtaine de conférences, ateliers, groupes de travail, etc. à Brest, Nantes, Lille, Lyon, Marseille, Paris…

    Le premier objectif était atteint : Transitions² intéresse, intrigue et mobilise.

     

    La plateforme

    La plateforme en ligne www.transitions2.net se fixait pour objectif de réunir l’information sur les acteurs, les projets, les connaissance, les outils, les méthodes et les imaginaires qui font le lien entre numérique et écologie. Elle réunit aujourd’hui près de 400 contributions, moins que ce que nous espérions mais plus que ce nous craignions. Sa partie anglophone se développe, mais trop lentement encore. Elle forme enfin, d’une manière efficace, le support documentaire des « défis », les projets thématiques réunis sous la bannière de Transitions².

     

    Les « défis »

    L’essentiel du travail de l’année 1 de Transitions 2 s’est organisé autour de « défis » thématiques :

    • Ecology by Design (avec le Cigref et le Club Green IT) : Et si l'informatique (comme fonction, comme ensemble de techniques et d'acteurs, comme culture…) était le vecteur de la transition écologique de toute l'entreprise ? Le défi s’est conclu en avril 2016 par la publication d’un Benchmark Green IT et d’un Cahier qui décrit à la fois plusieurs pistes, leviers et méthodes – sans masquer les difficultés que rencontre la fonction informatique, qui n’a pas toujours comme priorité d’organiser la transformation de son entreprise…

    • Modèles d’affaires ouverts et durables (par Without Model) : Et si les les modèles économiques ouverts étaient la clé de la transformation écologique de nombreuses activités ? Ce travail a pour l’instant produit 4 articles et interviews de fond, en vue d’une publication à venir.

    • Agir Local (avec l’Ademe, la Région Normandie et d’autres acteurs territoriaux) : Et si le numérique venait outiller et renforcer les dynamiques locales de transition écologique, les aider à se relier, faciliter la participation et la prise de décision ? Pour beaucoup, les questions écologiques, écrasantes à un niveau global, peuvent trouver des solutions locales. Mais, qu’il s’agisse d’énergie, de mobilité, de circuits courts, de fabrication/réparation, d’open data... les nombreuses initiatives locales pertinentes ne font pas encore système. Agir Local produira un “kit participatif de construction de démarche territoriale” qui décloisonne numérique et écologie.

    • Respire ta Ville (avec le Réseau français des villes santé de l’OMS et l’Ademe) : Et si les citoyens, les innovateurs et les acteurs publics coopéraient au bénéfice de la qualité de l’air ? Pendant 2 jours d’« accélérateur de projets », 60 innovateurs, professionnels de la santé et de l'environnement, acteurs territoriaux ont élaboré des scénarios d’usages, et  des villes se sont engagées pour proposer des terrains publics d'expérimentation à certains projets.

    • Mobilités actives (avec le Club des villes & territoires cyclables et l’Ademe) : et si le vélo constituait un gisement de nouvelles activités mobilisant le numérique et créatrices d’emplois ? 14 projets projets ont été présélectionnés. Ils se sont rassemblés dans 3 consortiums qui produiront des maquettes de services début 2017, pour déboucher sur des preuves de concept et des expérimentations

     

    Le connecteur recherche

    Depuis janvier 2016, plusieurs rencontres (organisées en collaboration avec Inria, l’Ademe et l’Iddri) entre chercheurs de différentes disciplines des sciences « dures » comme des sciences sociales, ainsi qu’entre chercheurs et praticiens, cherchent à mieux qualifier les questions, pistes, controverses, ruptures... sur lesquels la Recherche devra se pencher demain. Elles ont déjà permis de focaliser l’effort sur trois sujets : l’économie circulaire, le low tech et la frugalité, l’empowerment individuel et collectif.

     

    Ce programme dense s’est dans une large mesure défini pas à pas. Nous avons essayé beaucoup de choses, souvent avec bonheur, parfois moins. Nous avons beaucoup appris chemin faisant. En tirer le bilan fournit l’occasion de partager ces enseignements : ce sera l’objet des billets suivants.

     

    Prochain billet : Numérique et écologie sont dans un bateau…
    Où l’on cherche à comprendre pourquoi il n’est pas si facile de faire converger numérique et écologique.




    Article importé: http://www.transitions2.net/catalogue/view/1278/transitions%C2%B2-un-an-apres-16-un-elan-mais-vers-ou
    Par: Daniel Kaplan
    Publié: September 13, 2016, 3:02 pm

  • Introduction d'une série de billets bilan de la première année du programme Transitions²

    "La transition écologique sait raconter son but, mais peine à dessiner son chemin.
    La transition numérique, c’est le contraire.
    Chacune a besoin de l’autre ! Et pourtant leurs acteurs évoluent trop souvent dans des sphères isolées, sans réaliser la puissance transformatrice qu’aurait leur convergence."

    Cette provocation écrite en juin 2015, à l’origine du programme Transitions², exprimait deux idées. En premier lieu, celle d’un lien entre ces deux grandes « transitions » contemporaines, écologique et numérique. Mais aussi celle de la difficulté d’une telle liaison, que nous allions éprouver à chaque étape.

    Cette série de billets tente de faire le bilan de la première année de Transitions² : qu’avons-nous réalisé et appris, qu’est-ce qui a changé et surtout, que devrions-nous faire demain – et d’ailleurs, qui sommes-"nous", à qui appartient Transitions² et comment en faire une « maison commune » ? Cette question s’adresse bien sûr aussi à vous, qui lisez ce billet et (nous l’espérons) ceux qui les suivront…

     

    Une adhésion

    La proposition de « relier concrètement la transition écologique et la transition numérique » a tout de suite reçu l’adhésion de plusieurs organisations : l’Ademe, la Coalition Climat 21, GreenIT.fr, Les Petits Débrouillard, l’Iddri, Ouishare, Place to B, Without Model… D’autres se sont engagées dans le cadre d’actions précises : le Cigref, le réseau des Villes Santé, le Club des villes et territoires cyclables, Inria…

    La COP21 a bien sûr concentré une bonne partie des efforts des premiers mois. Pour Transitions², le temps fort a été la publication d’un « Appel à engagement » commun avec le Conseil national du numérique.

    D’autres actions se sont focalisées sur le rôle des modèles coopératifs issus du numérique dans la transition écologique. Après la présentation des projets issus de la formidable résidence d’innovation POC21, un atelier prospectif a également cherché à explorer ce que pourrait être le futur de certains des projets qui en sont issus.

    Enfin, tout au long de l’année, Transitions² a nourri la réflexion d’une bonne vingtaine de conférences, ateliers, groupes de travail, etc. à Brest, Nantes, Lille, Lyon, Marseille, Paris…

    Le premier objectif était atteint : Transitions² intéresse, intrigue et mobilise.

     

    La plateforme

    La plateforme en ligne www.transitions2.net se fixait pour objectif de réunir l’information sur les acteurs, les projets, les connaissance, les outils, les méthodes et les imaginaires qui font le lien entre numérique et écologie. Elle réunit aujourd’hui près de 400 contributions, moins que ce que nous espérions mais plus que ce nous craignions. Sa partie anglophone se développe, mais trop lentement encore. Elle forme enfin, d’une manière efficace, le support documentaire des « défis », les projets thématiques réunis sous la bannière de Transitions².

     

    Les « défis »

    L’essentiel du travail de l’année 1 de Transitions 2 s’est organisé autour de « défis » thématiques :

    • Ecology by Design (avec le Cigref et le Club Green IT) : Et si l'informatique (comme fonction, comme ensemble de techniques et d'acteurs, comme culture…) était le vecteur de la transition écologique de toute l'entreprise ? Le défi s’est conclu en avril 2016 par la publication d’un Benchmark Green IT et d’un Cahier qui décrit à la fois plusieurs pistes, leviers et méthodes – sans masquer les difficultés que rencontre la fonction informatique, qui n’a pas toujours comme priorité d’organiser la transformation de son entreprise…

    • Modèles d’affaires ouverts et durables (par Without Model) : Et si les les modèles économiques ouverts étaient la clé de la transformation écologique de nombreuses activités ? Ce travail a pour l’instant produit 4 articles et interviews de fond, en vue d’une publication à venir.

    • Agir Local (avec l’Ademe, la Région Normandie et d’autres acteurs territoriaux) : Et si le numérique venait outiller et renforcer les dynamiques locales de transition écologique, les aider à se relier, faciliter la participation et la prise de décision ? Pour beaucoup, les questions écologiques, écrasantes à un niveau global, peuvent trouver des solutions locales. Mais, qu’il s’agisse d’énergie, de mobilité, de circuits courts, de fabrication/réparation, d’open data... les nombreuses initiatives locales pertinentes ne font pas encore système. Agir Local produira un “kit participatif de construction de démarche territoriale” qui décloisonne numérique et écologie.

    • Respire ta Ville (avec le Réseau français des villes santé de l’OMS et l’Ademe) : Et si les citoyens, les innovateurs et les acteurs publics coopéraient au bénéfice de la qualité de l’air ? Pendant 2 jours d’« accélérateur de projets », 60 innovateurs, professionnels de la santé et de l'environnement, acteurs territoriaux ont élaboré des scénarios d’usages, et  des villes se sont engagées pour proposer des terrains publics d'expérimentation à certains projets.

    • Mobilités actives (avec le Club des villes & territoires cyclables et l’Ademe) : et si le vélo constituait un gisement de nouvelles activités mobilisant le numérique et créatrices d’emplois ? 14 projets projets ont été présélectionnés. Ils se sont rassemblés dans 3 consortiums qui produiront des maquettes de services début 2017, pour déboucher sur des preuves de concept et des expérimentations

     

    Le connecteur recherche

    Depuis janvier 2016, plusieurs rencontres (organisées en collaboration avec Inria, l’Ademe et l’Iddri) entre chercheurs de différentes disciplines des sciences « dures » comme des sciences sociales, ainsi qu’entre chercheurs et praticiens, cherchent à mieux qualifier les questions, pistes, controverses, ruptures... sur lesquels la Recherche devra se pencher demain. Elles ont déjà permis de focaliser l’effort sur trois sujets : l’économie circulaire, le low tech et la frugalité, l’empowerment individuel et collectif.

     

    Ce programme dense s’est dans une large mesure défini pas à pas. Nous avons essayé beaucoup de choses, souvent avec bonheur, parfois moins. Nous avons beaucoup appris chemin faisant. En tirer le bilan fournit l’occasion de partager ces enseignements : ce sera l’objet des billets suivants.

     

    Prochain billet : Numérique et écologie sont dans un bateau…
    Où l’on cherche à comprendre pourquoi il n’est pas si facile de faire converger numérique et écologique.




    Article importé: http://www.transitions2.net/catalogue/view/1278/transitions%C2%B2-un-an-apres-16-un-elan-mais-vers-ou
    Par: Daniel Kaplan
    Publié: September 13, 2016, 3:02 pm

  • La "nouvelle" économie, pour VOUS, c'est (ou ce serait) quoi ?

    « Nous avons bâti un système économique qui correspond à des idées. La vraie question est de savoir comment nous allons changer d’idées. » Dennis Meadows (2012) – co-auteur du rapport « Les limites à la croissance » (1972)

    En préambule à l'organisation des Journées Nationales Nouvelles Économies qui se tiendront en 2017, nous avons lancé un sondage exploratoire largement ouvert à tou-te-s (étudiant-e, entrepreneur-e, salarié-e, artisan-e, agriculteur -trice, retraité-e...) pour identifier ce que l'expression "nouvelle économie" évoque dans la société actuelle.
    Chacun est appelé à exprimer ses idées, connaissances et/ou propositions, mais également les croyances ou les aspirations qu'il/elle associe à la notion de "nouvelle" économie.
    L'analyse des résultats de ce sondage ainsi que les informations sur l'événement en préparation pourront être communiquées, aux contributeurs -trices indiquant leur adresse mél - c'est facultatif - à la fin du formulaire.

    Merci de répondre aussi spontanément et librement que possible...
    et de rediffuser le sondage si cette initiative vous semble pertinente !

  • Transitions²

    Club Transitions²

    • Télécharger en PDF
    Par Transitions² le 17 juin 2016

    Depuis le 28 Jun 2016 à 18:00
    Jusqu'au 28 Jun 2016 à 20:00


    Rendez-vous convivial d'acteurs et networking autour du croisement transition écologique / transition numérique le 28 juin à 18h

    Première édition du club Transitions² à 18h dans les locaux de la Fing, 8 passage Brulon, Paris.

    Croiser acteurs & communautés actives du numérique et de l'écologie

    Le programme Transitions² propose un rendez-vous régulier d’échange entre les acteurs. Au moins 6 fois par an, le « Club » réunira ses participants à la fois en présentiel et à distance, pour entendre 1 ou 2 intervenants de haut niveau, partager des travaux, découvrir des projets, et échanger de manière plus informelle. Un rendez-vous convivial, pour un format mobile, le club se déplacera

    Programme de ce premier rendez-vous

    ​- débat autour de l'effondrement : peut-on l'éviter, quel rôle la technologie peut-elle jouer ? Rémi Sussan journaliste à InternetActu, spécialisé dans les nouvelles technologies, introduira le sujet à partir du dossier : “Contre l’effondrement”.

    - temps de cocktail et networking, au cours duquel nous choisirons notamment un nom pour ce ClubTransitions².

    Inscription gratuite mais nécessaire

    Inscription​

     

    Retrouvez le dossier "Contre l'Effondrement" :

    Transitions2

    Transitions² est soutenu par
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    Article importé: http://www.transitions2.net/catalogue/view/1162/club-transitions%C2%B2
    Par: Sophie Maheo
    Publié: June 17, 2016, 3:01 pm

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