FuturEduc

FuturEduc

Imaginer l’Ecole pour tous à l’ère numérique


Juillet 2016

  • Acte 1 – Pourquoi tout va changer

    Le système public français est soumis à de fortes tensions. On voit en particulier se développer les écoles alternatives (hors contrat) qui s’établissent sur des bases radicalement différentes de l’actuel système public. Dans ces écoles, ce ne sont plus les diplômes et les places aux concours qui sont visés. Il arrive d’ailleurs qu’en fin d’étude, les élèves sortant de ces écoles (exemple des Steiner) consacrent une année à préparer un diplôme ou un concours auquel ils ne peuvent pas encore se soustraire pour entrer dans la vie active.
    On sent que le système public craque de toutes parts, menacé de l’extérieur par des écoles alternatives qui prennent en charge l’insatisfaction des enfants, des jeunes et des familles.

    Acte 2 - Bascule

    La transformation radicale qu’implique la mise en place d’une école à la mesure de l’élève suppose une prise de conscience sociale globale et des responsables politiques qui conduira à des orientations nouvelles en matière d’éducation, à une réforme profonde du fonctionnement général du système éducatif.
    Cette prise de conscience est la conséquence d’une dégradation des performances de l’école et de l’insatisfaction que cela entraine chez les jeunes et leurs familles mais également au sein du monde économique. La perspective de mettre fin au système des diplômes et des parcours obligatoires provoque de fortes crispations.
    Pour que le changement puisse se faire, il faut redéfinir les finalités du système éducatif. Il ne s’agira plus de trier et de classer les jeunes selon leurs capacités et leur mérite (ou d’autres critères…) mais de permettre à chaque élève-étudiant de construire son propre parcours, de pouvoir l’interrompre et le reprendre à tout moment, tout au long de sa vie.

    Pour passer d’un système à l’autre, il faut mobiliser tous les acteurs de terrain et leur transférer des pouvoirs aujourd’hui détenus par l’infrastructure du système. Mais les oppositions à cette évolution sont si fortes que le dernier barrage ne cède que le 28 juin 2036 avec la suppression du baccalauréat…

    Communiqué de presse

    Ministère de l’Education Nationale – 1er Juin 2036

    Le 28 juin prochain aura lieu la dernière épreuve du baccalauréat. La suppression du bac a été rendue indispensable par la multiplication des lycées alternatifs que ne préparaient plus à l’épreuve et par les désaffections d’inscription que cela entraînait. Cette dernière mesure achève le processus de mise en continuité de l’éducation et de la formation tout au long de la vie. A partir de septembre 2036, le parcours scolaire de chaque élève sera numéroté à partir de l’année 1, première année de l’école, la première suivie de la deuxième, puis la troisième, etc. Sans limite.

    La pratique des badges qui s’est progressivement développée dans les écoles alternatives sera instituée pour tous. La liste des organisations susceptibles de délivrer des badges s’étend des établissements d’enseignement aux associations et aux entreprises. Les salaires ne seront plus déterminés par les diplômes qui disparaitront progressivement au profit des badges.
    D’ores et déjà, la suppression du bac est une source d’économie pour l’Etat. Le ministère de l’éducation nationale redéploie ses moyens sur la régulation du système des badges et la formation des enseignants, des accompagnants et la recherche.

    Chemin de transition

    La crise affecte le système éducatif. Le gouvernement et les collectivités territoriales réduisent les moyens, on manque d’enseignants de qualité. Les familles, les lycées manifestent leur mécontentement. A la fin du processus de dégradation, le bac est troublé par des grèves de professeurs qui refusent de corriger. Les jeunes sont tous autorisés à poursuivre leurs études dans le supérieur. Le bac devient un bac numérique (2021).

    Les écoles alternatives se multiplient. Aujourd’hui, il existe 700 écoles alternatives en France et il s’en crée 100 nouvelles chaque année. Des écoles sans notes qui fonctionnent en mode projet et tendent à ignorer les diplômes et les systèmes traditionnels de certification. Elles répondent mieux que les écoles actuelles et le système des diplômes à l’attente des jeunes et des familles.

    Parallèlement, l’éducation populaire et la recherche s’engagent de plus en plus dans l’action éducative. Pour ne pas parler d’Internet qui, depuis 15 ans, redistribue les moyens de transmission des savoirs.

    Sur le chemin de la transition, les chercheurs, les jeunes et les familles sont les acteurs clés du renouveau.

    Les écoles alternatives se développent sur le modèle du « lycée à la mesure des élèves ». Avec le bac numérique de 2021, plusieurs établissements publics mettent en place une nouvelle organisation et renouvellent leurs équipements numériques. Ils travaillent plus collectivement en mode projet, piloté par les élèves. Les établissements organisent des hackatons.

    Synthèse de la transition
    Le chemin de transition n’est pas un chemin tranquille mais grâce au sang-froid de ses responsables, il réussit à éviter le pire. Depuis 2016, le système éducatif traditionnel est cerné par un mouvement revendicatif du terrain qui se concrétise par la multiplication d’écoles alternatives. Le bac apparaît comme le point ultime de résistance. Il devient numérique en 2021 et disparait complètement en 2036. Pendant ce temps, l’ensemble des écoles alternatives convergent progressivement vers un modèle inspiré de « l’école à la mesure des élèves » inventé par un petit groupe d’activistes québecois issu du programme FuturEduc (Fing-Education & Territoires). Le passage de l’ancien au nouveau système s’opère au final de façon relativement paisible, à l’exception de quelques moments de tension forte autour de la réforme et finalement la suppression du bac.

  • Acte 1 - incarner cette vision

    Etape 1 : pourquoi tout va changer, qu’est ce qui change entre la situation d’aujourd’hui et celle du futur souhaitable ?

     

    Changement de statut, de posture, de culture

    • changement  du statut du chef d’établissement - il a une obligation de moyens. Il est le conducteur du bateau, il est le capitaine  

    • changement de posture de l’enseignant : accompagnateur plutôt que donneur de savoirs; faire avancer un groupe, le collectif et pas uniquement des individus

    • changement de posture des élèves : constructeur, producteur de savoirs (en particulier via les outils numériques)

    • changement de statut des enseignants : favoriser la mobilité des enseignants

    • change de culture : impliquer les parents et la communauté autour tout au long du parcours des élèves

    L’évaluation

    • L’évaluation par note souvent synonyme de compétition, comparaison. il faudrait voir la progression des élèves.

    • Comment s’auto-évaluer sans crainte d’être jugé ou de ne pouvoir passer ?

    • Définir en amont des objectifs à atteindre avec les élèves, les parents.

     

    Etape 2 : quel objet pour incarner cette école de l’autonomie?  

     

    Le tableau de bord individuel /collectif :

    - "individuel" : permet de suivre sa progression, ce qu’il faut revoir, comment s’y prendre pour y arriver, etc. Les datas au service de son parcours personnel d’apprentissage.

    Exemple de tableau de bord : sur le modèle par exemple du bullet journal, liste de tâches, des activités,... où je vais, comment j’y vais, où j’en suis, faire le point, m’évaluer, m’auto évaluer (sans jugement).

    Il manque les données sur la dimension de co construction, l’apport des autres.

     

    - "collectif" pour le pilotage du navire : des indicateurs tels que le climat de confiance, indicateurs plutôt révélant des actions, la collaboration entre professeurs, avec les parents;

    Le tableau de bord collectif pourrait permettre à l’échelle d’une ville/région de connaître les «spécificités» de chaque école en terme de compétences, de collaboration,…

     

    Ce tableau de bord pourrait être utilisé pour la formation tout au long de la vie. 

     

    D’autres éléments, objets qui ont été abordés pour cette école de l’autonomie :

    • Les parcours d'apprentissage

    Il n’y a plus de niveaux mais des parcours différentiés, individuels (pôle majeur-tronc commun, pôle mineur).

    • De nouveaux indicateurs de l’école autonome : le climat de confiance, la collaboration entre les professeurs, avec les parents,...

    • De nouvelles ressources

    Une personne dédiée à la relation entre l’intérieur de la vie de l’établissement (un mix de cpe, conseiller d’orientation et président de la fédération des parents d’élèves) et les parents. Cette ressource serait payée par la ville, ou la collectivité.

    • Les espaces

    - l’aménagement par type d’espaces - pour permettre le travail collaboratif et le travail individuel

    - intégrer des espaces de co-working dans les écoles pour que les parents puissent partager des temps avec les enfants

    - questions de la temporalité de l’école, les horaires

    - tension de la sécurité dès lors qu’on ouvre l’établissement

     

    Le communiqué de presse

    Paris, le 22 octobre 2035

    C’est le 10 millionième téléchargement de l’application « Polymathée », application de tableau de bord lancée en 2018 par Framasoft.

    Véritable tableau de bord qui permet à chacun de se former à tout âge, les qualités de “Polymathée” ne sont plus à prouver : plaisir à l’apprentissage, parcours personnalisé, épanouissement personnel mais aussi mise en valeur des compétences acquises tout au long des projets réalisés, en lien avec les besoins collectifs de l’écosystème autour des établissements scolaires.

    Le succès de Polymathée a déjà conquis le monde professionnel, il est utilisé depuis plus de 10 ans pour l’auto formation des médecins. La Poste a décidé d’officialiser l’adoption de cet outil à la demande des employés.

     

    ACTE 2 Le chemin pour y arriver

    Scène 1 Le moment qui permet de déstabiliser la situation actuelle

    Un mouvement citoyen initie le mouvement de changer l’école.

    Une assemblée de citoyens de tous âges se réunit une fois par semaine pour réfléchir à comment s'impliquer dans les parcours d’apprentissage des enfants.

    Il y a également une revendication importante de la part des élèves d’utiliser le numérique.

    Plusieurs rencontres sont organisées avec le Ministère pour les convaincre qu’il est urgent d’ouvrir l’école, en particulier pour participer à la construction des apprentissages.

    Une loi  est votée qui modifie les attributions des chefs d’établissement, qui ont dorénavant la tâche de conduire leur projet au sein de leur établissement.

     

    Scène 2 la crise et comment on la dépasser ?

    Les filières liées aux métiers de l’éducation se tarissent, il y a une crise des vocations, aucun débouché, aucune valorisation, aucune progression,...

    Le statut de fonctionnaire est supprimé et permet une mobilité professionnelle.

    Des passerelles - des formations courtes - permet à des professionnels de postuler comme professeur. Ils sont accompagnés par des référents professeurs pour aider les nouveaux enseignants.

     

    Scène 3 le dénouement

    La construction, l’élaboration des tableaux de bord

    avec la communauté éducative, quelles datas, quels indicateurs.

    Quelles données individuelles, collectives dans ces tableaux de bord ?

     

  • Communiqué de presse "imaginaire"

    Niort le 22 octobre 2035

    Dynamisation et fertilisation des talents à Niort : la communauté du collège Saint-Exupéry recrute son jardinier des talents

     

    Depuis 5 ans la communauté Saint-Exupéry organise et fait fructifier la diversité des compétences sur le bassin de vie du Niortais. Ainsi, elle est impliquée dans le développement économique, citoyen et artistique du territoire.

    Afin de garantir cette qualité d'écoute et de prospective, la communauté recherche son nouveau jardinier des talents de son collège.

     

    Missions du jardinier des talents :

    • Organiser, animer, développer la relation entre la communauté éducative et le territoire

    • Définir le portefeuille de compétences présents et à venir à l'échelle du bassin de vie en dialogue avec l'animateur de la communauté enseignante et le stimulateur de talent.

    • Il manage l’équipe d’incubateurs de talents (enseignants et professionnels), Il assure l’animation et l'orientation de l'établissement.

    Compétences et expérience attendues :

    #prospective et stratégie

    #comprendre et analyser les besoins du territoires

    #piloter et animer une équipe

    #dynamisation du dialogue école-territoire

     

    Les étapes pour y arriver :

     

    1. Le ministre du Travail et le ministre de l’Économie s’accordent sur une politique d’ouverture du monde professionnel à l’école. Désormais tous les acteurs professionnels de l’entreprise et du monde associatif doivent s’impliquer dans l’école ; chaque entreprise ou association doit libérer 10% du temps de son personnel, soit 2h par semaine pour cela. Cela entraîne un afflux massif de personnel supplémentaire vers l’école, que celle-ci doit accueillir, former (pédagogie notamment). De nouvelles compétences émergent, des parcours différenciés sont proposés, et de nouveaux talents apparaissent chez les apprenants.

       

    1. Crise : trop de besoins locaux ne sont pas identifiés et donc non satisfaits.

    Du côté du territoire : obsolescence des compétences, non réponse aux besoins communautaires, l’école ne joue pas le jeu du territoire.

    Du côté de l’école : désorganisation du système, absence de ligne directrice, école à plusieurs vitesse, manque de moyen.

    La situation se dégrade sur le territoire, le corps enseignant se met en grève. La réponse à cette situation de crise est la définition d’un nouveau management des établissements scolaires et d’un ancrage local.

     

    1. Différentes fonctions de management/encadrement de l’école sont définies qui garantissent l’ouverture de l’école sur le bassin de vie et le territoire et facilitent l’engagement de la communauté éducative. Plusieurs postes sont créés :

      • Un poste dans l’école ouvert sur le territoire : Le jardinier des talents (cf. descriptif du poste dans le communiqué de presse)

      • Un poste dans l’école tourné vers les élèves : stimulateur de talents

    Ce poste correspond à l’ancien conseiller d’orientation, mais il est dorénavant positionné différemment et engagé au service de la réussite des élèves dans une fonction de coach

      • Un poste dans l’école tourné vers les profs : RH

    Ce poste correspond à celui d’un responsable des ressources humaines

     

    Un autre poste (qui n’est pas de management) fait le lien entre les enseignants et le ministère : celui de l’inspecteur d’académie, qui devient un animateur au service de l’enseignant, de la valorisation et de la documentation de ses pratiques pédagogiques.

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