FuturEduc

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Imaginer l’Ecole pour tous à l’ère numérique


Janvier 2016

  • Scénarios extrêmes FuturEduc

    École centrée sur l’élève Scénario Extrême  pour l'école en 2035

     

     

    Ce scénario a été construit à partir de la question « comment (re)construire l’école avec l’aide des nouvelles technologies pour la centrer sur l’élève ? ». Centrer l’école sur l’élève ne veut pas dire qu’il s’agit d’accéder à toutes les attentes de chaque élève, mais qu’une forme de différenciation doit permettre d’élaborer une démarche prenant en compte ces attentes… fussent-elles irréalistes. Le scénario s’est concentré sur des élèves de l’école primaire. Il nous semble en effet que les réponses doivent être fortement différenciées suivant le niveau de développement psycho-affectif de l’élève. En effet, une tension entre standardisation et individualisation existe dans ce domaine, dont le point d’équilibre dépend largement du degré d’autonomie de l’élève.

    Constat 

    Dans l’enseignement primaire suisse, chaque enseignant est responsable unique d’une classe durant l’ensemble d’une année scolaire. Cette organisation permet de développer un lien affectif fort entre les élèves et leur enseignant, ce que nous considérons comme très positif vu l’âge des élèves.

    On voit cependant apparaître aujourd’hui des intervenants complémentaires pour gérer des aspects spécifiques (dyslexie, problèmes de comportement, etc.). L’articulation entre ces divers intervenants n’est pas toujours aisée ni cohérente. De plus, les intervenants spécifiques ne s’adressent qu’à certaines catégories d’élèves pour des problématiques particulières. Or, chaque élève est différent et chaque élève gagnerait à bénéficier d’une adaptation spécifique d’une part d’enseignement à ses aptitudes, son caractère, sa personnalité…

    L’organisation scolaire a créé cette structure de « une classe – un horaire - un enseignant – un lieu » parce qu’elle permet la gestion d’un établissement lorsque cette dernière utilise des outils classiques (et manuels). Les outils informatiques modernes permettent cependant aisément de dépasser de tels schémas d’organisation.

    Les tensions

    On peut ainsi mettre en évidence des tensions liées à un projet « école centrée sur l’élève » :

    • Multiplier les intervenants risque de casser le lien affectif privilégié de l’élève avec un enseignant, lien qui nous paraît essentiel pour des enfants encore jeunes ;
    • Construire des apprentissages où la différenciation devient la règle (et la standardisation l’exception) nécessite de l’enseignant qu’il modifie profondément son rôle vis-à-vis des élèves et sa représentation du métier ;
    • Le développement d’outils spécifiques pour soutenir une pédagogie fortement différenciée nécessite des impulsions et des ressources fortes de la part des services publiques.

    Le scénario

    Un enseignant doit demeurer le référent fort de l’enfant. C’est lui qui l’accompagne durant toute une année scolaire dans la planification de ses apprentissages et dans les séquences d’enseignement communes à un groupe d’élèves. Ces activités partagées ont pour fonction de conserver à l’école le développement de la socialisation et aussi de donner des points de repères communs participant des attentes de la société.

    L’enseignant effectue un important travail d’organisation, de coordination et de suivi différencié. Il bénéficie pour cela d’outils informatiques performants afin de coordonner les activités des élèves avec l’ensemble des acteurs de l’institution et aussi pour proposer des séquences d’apprentissage qui s’adaptent au rythme et au niveau de l’élève. L’emploi du temps de l’élève est structuré par un plan de journée / de semaine individuel fixé par l’enseignant. Cet emploi du temps évolue en fonction des réalisations et des retours de l’élève.

    Divers types d’intervenants pédagogiques collaborent dans la structure scolaire, coordonnant efficacement les offres en fonction des moyens et des besoins. Ils sont des ressources à disposition des enseignants pour répondre à des problématiques spécifiques : traitement de la dyslexie ou de problématiques de ce type – soutien dans le cadre de groupes qui peinent à dégager une dynamique de travail positive – porteurs de séquences d’apprentissage spécialisées – répétiteurs et soutiens pour des élèves en difficulté sur un sujet donné - etc.

    Divers types d’outils sont à disposition de l’enseignant pour différencier les apprentissages. Des banques d’exercices, des outils d’auto-apprentissage (par exemple dans le domaine des langues étrangères), des jeux permettant de répéter certaines notions clés, des évaluations autocorrectives, etc.

    Que se passe-t-il dans les espaces physiques ?

    L’élève conserve une salle de classe, qui offre un point d’ancrage et sert de repère. Mais il est plus souvent qu’aujourd’hui amené à changer de lieu. Des espaces communs entre les salles de classe peuvent par exemple concentrer les ressources informatiques disposant de programmes spécialisés. Les intervenants pédagogiques peuvent tantôt intervenir dans la salle de classe ou bien disposer de leur propre lieu, équipé d’outils spécifiques.

    Les outils de gestion sont adaptés à renseigner l’enseignant en temps réel sur les ressources (humaines, techniques et spatiales) disponibles au sein de l’école. Il peut réserver aisément des ressources sur le moment et faire évoluer la journée de l’élève, directement de son poste de travail.

    Les informations circulent de manière fluides entre les divers acteurs de l’institution (élève, enseignant, parents, intervenants pédagogiques). Il n’est pas nécessaire de se rencontrer ou de constituer des courriers pour que chaque acteur dispose d’informations adaptées à ses besoins, grâce à des outils informatiques en réseau.

    Que se passe-t-il dans le curriculum ?

    La feuille de journée / semaine est l’outil essentiel pour construire le curriculum de l’élève. L’enseignant doit bénéficier d’une formation spécifique pour utiliser cet outil dans le respect des objectifs cibles fixés par le programme et en toute connaissance des marges de manœuvre offertes pour s’adapter au rythme et aux compétences de chaque élève.

    En effet, le curriculum demeure en grande partie fixé par des attentes externes, attentes d’un niveau scolaire à un autre, attentes de la société vis-à-vis des jeunes à la sortie de l’école. Il s’agit donc que l’enseignant trouve des points d’équilibre entre les attentes du programme et celles de l’élève. L’école doit être organisée de telle sorte qu’un curriculum individuel peut être élaboré en tenant compte à la fois de l’élève (son rythme, ses compétences, ses difficultés, etc.) et du programme (passage d’un cycle scolaire à un autre, attentes de la société à la sortie de l’école, citoyenneté, habiletés professionnelles, etc.).

    D’autres outils doivent être constitués pour rendre aisément compte de ce curriculum particulier aux acteurs externes de l’institution. En effet, l’école doit réussir la communication des compétences scolaires aux partenaires externes : aux parents pour leur permettre de soutenir le projet de formation de leur enfant, aux employeurs pour qu’ils situent rapidement le profil scolaire lors d’une postulation ultérieure de l’élève, etc.

    Que se passe-t-il dans la dimension temporelle ?

    Le rythme de l’élève est le résultat d’une tension entre le rythme imposé par le programme et le rythme de ses apprentissages. L’enseignant dispose d’une série d’indicateurs (notamment recueillis par les outils informatiques offrant des séquences d’apprentissage, mais aussi notés par les intervenants pédagogiques) qui lui permettent de discuter avec l’élève et ses parents et de fixer de nouveaux objectifs sur des périodes données.

    Des élèves plus rapides doivent pouvoir parcourir un cycle plus rapidement. Il devrait cependant aussi être possible de leur proposer comme alternative d’ajouter d’autres compétences durant leur acquisition des compétences de base du cycle en question (par exemple une langue supplémentaire, un niveau plus approfondi dans certains domaines, etc.)

     

    Que se passe-t-il dans la dimension économique ?

    Les ressources humaines nécessaires ne seront pas diminuées dans un tel projet. Elles seraient par contre formées de manière différenciée puisque des rôles spécifiques existeraient au sein de l’institution scolaire (enseignants, intervenants scolaires de divers ordres, accompagnants, etc.).

    La multiplication des acteurs nécessiterait le développement d’outils spécifiques qu’il s’agirait de financer.

  • Scénarios extrêmes FuturEduc

    École zéro “mauvais” ennui Scénario Extrême n°6 pour l'école en 2035

    Ce scénario a été construit à partir de la question « que serait une école zéro ennui ? » reformulée par « que serait une école zéro ennui pour l’enseignement secondaire qui ne soit pas une école de la sollicitation permanente ?”.

    Constat 

    Les élèves s’ennuient dans le système secondaire où les formats de cours sont quasiment similaires quelle que soit la matière. Cette monotonie a conduit à la perte du goût pour l’apprentissage chez de nombreux élèves. Certaines tendances à l’oeuvre appuient ce besoin d’une école davantage personnalisée et dans laquelle l’élève est impliqué : les tendances du “mode projet”, du “laissez-choisir” de l’élève, de la valorisation de la créativité ainsi que de l’accès à la connaissance en ligne. Toutefois, l’excès d’informations dans un monde de plus en plus connecté en permanence soumet le cerveau de l’être humain à de très fortes sollicitations. 

    Les tensions

    On peut ainsi mettre en évidence des tensions liées à un projet d’école zéro ennui :

    • Trop de sollicitations peuvent tuer les capacités d’attention.
    • L’élève qui ne s’ennuierait jamais, qui serait “nourrit” sans arrêt, risquerait d’adopter une posture passive de consommateur.
    • Donner plus d’autonomie aux élèves peut être source d’inégalités, entre ceux ayant déjà été éduqués à se débrouiller tout seul et ceux n’y parvenant pas encore.

    Le scénario

    L’école du “zéro “mauvais” ennui”  est une école modulaire qui offre un cadre à l’élève avec des temps de natures différentes.
    Le fonctionnement de l’école combine en effet “socle commun”, “méthodes” et “matières d’imagination” (écriture, art…) pour s’adapter à la personnalité de chacun.

    Chaque trimestre, les élèves ont la possibilité de construire leur agenda.
    Ils s'impliqués dans la vie de leur école qui devient “leur” et où ils expérimentent l’apprentissage du vivre-ensemble. .
    Le but de cette école est la recherche de l’équilibre entre autonomie/encadrement, effort/désir, solitude/groupe, personnel/collectif, vide/plein. L’accent est mis sur l’apprendre à apprendre et la connaissance de soi.

    Que se passe-t-il dans les espaces physiques ?

    La structure physique de l’école est un lieu de vie. Les élèves sont impliqués dans la vie de l’école et toutes ses composantes, des décisions d’aménagement, d’une vision du budget à la participation au ménage.

    La nature diversifiée de l’enseignement amène à la mobilité au sein de l’école entre lieux calmes et lieux plus mouvementés.
    Les élèves sont aussi souvent amenés à sortir de l’école dans le cadre de la découverte de métiers, de mini-stages et de projets.
    Des échanges sont nombreux avec des intervenants extérieurs à l’école.

    Que se passe-t-il dans le curriculum ?

    L’emploi du temps des élèves est composé de modules diversifiés faisant appel aux intelligences multiples : projets interdisciplinaires, travail théorique en solo, matière artistique, temps praxéologiques…

    Les élèves suivent des matières hors de la nature de leur cursus pour garder une ouverture sur d’autres domaines (et ainsi des possibilités de réorientation).
    La diversité des connaissances appliquées est, de fait, requise.

    L’apprentissage du vivre-ensemble, est favorisé grâce à la pratique de la communication non-violente et de la critique positive, renforçant l’estime de soi de l’élève.
    Les professeurs pratiquent cette philosophie et y consacreront des “temps” sous forme d’atelier, moment possible d’expression par les élèves sur leur expérience de conflits. 

    Que se passe-t-il dans la dimension temporelle ?

    Les échanges inter-générationnels sont plus présents grâce aux projets qui font intervenir une diversité d’acteurs. En outre, les projets et modules sont parfois multi-niveaux, favorisant ainsi l’apprentissage de pair-à-pair.

    Au niveau de l’élève, celui-ci a une marge de manoeuvre pour organiser son emploi du temps. A partir de bases obligatoires, c’est lui qui peut choisir les modules qu’il souhaite augmenter et les matières qu’il souhaite suivre en dehors de son cursus.
    Cette école lui apprend déjà jeune à s’organiser et commencer à expérimenter la liberté du choix de sa vie.

    Par ailleurs, grâce aux modules méthodologiques, l’élève, accompagné du professeur, peut prendre le temps nécessaire pour avoir du recul sur ses pratiques, se questionner sur son état (physique, émotionnel, cognitif..), son épanouissement, ses difficultés, ses progrès et ses aspirations afin de pouvoir faire des ajustements.

    Enfin, dans cette école, le rythme temporel des modules est diversifié et personnalisé, correspondant aux besoins physiologiques de l’être humain : des moments de calme (spleen du poète), au moment d’effervescence du travail en groupe. 

    Que se passe-t-il dans la dimension économique ?

    Intégrer les élèves à des projets productifs est un modèle win-win. Les élèves sont heureux de sentir leur prise sur le monde en étant actif/utile et ce learning by doing est très efficace et stimulant. Les parties civiles de l’autre côté peuvent voir leurs problèmes de quartier, d’association et parfois d’entreprises résolus.

    Un modèle économique local se met en place de manière logique se faisant rencontrer offre et demande. Des économies sont ainsi réalisées et les problèmes de la communauté sont résolus plus rapidement pour la satisfaction de tous. Le sens de responsabilité des citoyens se développe parallèlement à leur implication dans la communauté, il en découle des externalités positives sur le respect des lieux et des personnes. 

     

  • Scénarios extrêmes FuturEduc

    Une école engageante Scénario Extrême n°7 pour l'école en 2035

     

    La question de départ pour écrire ce scénario est " Que serait une école zéro ennui ? ".

    Les tendances

    • l’introduction des jeux, gamification des parcours, pas uniquement d’une discipline
    • l’apprentissage P2P se développe avec d’avantage d’autonomie
    • “tous auteurs, tous producteurs”
    • enseignement "maker" (et en faisant on se pose des questions)
    • apprentissage pluridisciplinaire

    Les tensions

    • dénaturer l’envie d’apprendre
    • l’injonction à innover, différent de créer un cadre à l’innovation
    • un autre rapport à l’apprentissage, avec différents rythmes
    • tension à la prescription d’activités qui donnent envie
    • renouvellement perpétuel et formation des professeurs

    Les éléments déclencheurs

    • 2020 - une grève des élèves

    Il n’y a plus de moyens dans les universités; elles se vident, il y a une défiance des universités qui vient contaminer les lycéens.

    • En 2025 l’apprentissage est délégué aux entreprises dès le plus jeune âge.
    • En 2025, les badges déterminent la rémunération, il existe une grille européenne de la rémunération en fonction des badges.
    • Une incitation fiscale est donnée aux entreprises pour proposer 2 semaines de stage par an.

    Le scénario

    L’apprentissage professionnel a disparu à l’école, c’est le point de départ d’une nouvelle mission de l’école, plus engageante, qui se réinvente, basée sur le collectif. L’école est là pour rendre service à la société, mettre les gens ensemble. Les finalités de l’école sont recentrées sur le vivre ensemble.

    Les acteurs

    Les élèves

    Les élèves choisissent les actions qu’ils veulent mener via des forums ouverts pour décider collectivement des actions. Une nouvelle matière fait son apparition : “Apprends aux autres”, chacun a en effet le droit d’amener sa vie personnelle à l’école, à condition que cela apprenne aux autres. Certains apprentissages peuvent aller plus loin, apprendre à 100 000 personnes

    Les professeurs
    Il existe une plus grande porosité entre différents mondes professionnels. Les professeurs peuvent faire des “va et vient” avec l’extérieur, il existe une plus grande mobilité professionnelle et ils tirent également parti du système de badges. Le chef d’établissement va recruter ses équipes pédagogiques via les badges (professeurs badgés).
    Les enseignants favorisent les forums ouverts pour mener des actions vers l’extérieur. L’action et l’évaluation se déplacent dans le champ de l’action sociale.

    Les autres acteurs
    La communauté familiale “étendue”, formelle et informelle, autour des élèves dont l’un des rôles est une écoute bienveillante, qui favorise l’entraide. Des badges sont également attribués à la communauté familiale “étendue” pour leur capacité d’écoute.

    Dorénavant c’est le collège d’acteurs regroupant professeurs, élèves, communauté familiale étendue et entreprises, qui valide les badges. C’est aussi ce collège d’acteurs qui définit le nouveau socle de compétences, avec un minimum de badges pour être diplômé.

    Que se passe-t-il dans le curriculum ?

    • Il faut travailler sur une nouvelle colonne vertébrale du vivre ensemble, le savoir-faire professionnel est amené par l’entreprise.
    • Il faudrait tracer des parcours d’apprentissages, de découverte, comment ils se pensent.
    • Il faut aussi penser la dimension internationale - la mobilité. La communauté “étendue” pourrait revisiter le jumelage.

    Que se passe-t-il dans les espaces physiques ?
    Il est possible de changer d’école pour suivre tel enseignement.

     

     

  • Scénarios extrêmes FuturEduc

    Ecole projets Scénario Extrême n°5 pour l'école en 2035

     

    A partir de la question “Que serait une école tout numérique ?”reformulée par “Que serait une école où tous les contenus pédagogiques seraient accessibles en ligne?”

    Tendances

    -numérisation des contenus, tutoriels
    -classe inversée
    -tous auteurs tous producteurs
    -apprendre dans un univers changeant

    Tensions

    -Comment trouver les ressources (compétence info-doc à mieux valoriser dans les compétences à acquérir)
    -Formation initiale et continue des professeurs
    -Connexion et équipement

    Description du scénario dans sa globalité
    Tous les contenus, formels et informels, sont dorénavant accessibles sur la plateforme de l’établissement et ouverts à tous, au delà des parents et élèves, toute personne souhaitant se former, apprendre.

    De plus, chaque élève a son espace pour apprendre : il y organise les contenus et les différentes ressources, il y met toutes les sources qui lui permettent d’approfondir tel savoir.

    Chaque trimestre l’équipe pédagogique évalue les élèves sur leur capacité à trier, organiser, chercher les informations.

    Toutes les ressources et contenus étant dorénavant organisés et accessibles en ligne et les élèves disposant chacun d’un espace personnel pour construire son parcours d’apprentissage à partir des projets à mener, l’établissement offre dorénavant un fonctionnement en plateau-projet. Il n’y a plus de classe par niveau, mais un mélange de 25 élèves de la première année à la cinquième année pour le collège par exemple.  

    Les élèves viennent dans l’établissement pour conduire des projets. Il n’y a plus de cours par discipline mais des temps d’intervention et des temps en atelier pour la réalisation des projets. Les équipes pédagogiques définissent les objectifs en termes de compétences et de savoirs à acquérir au début de chaque trimestre.

    Comment sont définis les projets ?
    -à la demande de l’équipe pédagogique

    -à la demande d’un acteur extérieur comme par exemple avec l’environnement proche (les acteurs du quartier, associations, monde professionnel), avec des industriels,...Dans ce cas, l’équipe pédagogique valide le projet et la manière de le réaliser.

     

    Les éléments déclencheurs
     Une pression des parents qui n’en peuvent plus de ne pas avoir accès aux ressources, en particulier lorsque leurs enfants sont absents.

    La formation initiale des professeurs pousse à la documentation et publication de leurs contenus; ils sont évalués également pour leur manière de documenter leurs cours et les rendre prenable par tout à chacun. Chaque année, un prix de la mise en scène de la connaissance est mis en place.

    Les acteurs
    Dans ce scénario, les élèves vont dans l’établissement pour réaliser en équipe le projet.

    Ils doivent compiler, documenter le projet tout au long du trimestre sur l’espace dédié de la plateforme.

    Par ailleurs, ils construisent eux-mêmes le corpus théorique et les savoirs indispensables pour réaliser le projet.  Ils font eux-mêmes leurs parcours d’apprentissage à travers les savoirs en fonction des objectifs fixés par l’équipe pédagogique.

    Les professeurs ont une formation initiale pluridisciplinaire, avec la possibilité de ne pas se spécialiser dans une discipline. Ils doivent être capable d’identifier les savoirs à mobiliser dans la conduite des projets. Ils organisent leur trimestre avec un programme d’intervenants professionnels en lien avec le projet à mener. Le professeur pilote le projet et est accompagné par la “cellule programme” qui définit et organise l’espace ressources et contenus pour les élèves, organise les interventions des experts professionnels. Ils n’ont plus à proprement parler de cours mais ils sont disponibles à tout instant pour aider les élèves via l’application “Tuteur”.

    Les élèves, comme les professeurs dans leur formation initiale, sont évalués par compétences. L’équipe pédagogie identifie pour chaque projet les savoirs à acquérir.


    Dans ce scénario l’industriel, l’association, l’agriculteur,....peuvent adresser un sujet, projet, problématique, qui doit être accepté et reformulé avec l’équipe pédagogique.

    Que se passe­-t-­il dans les espaces physiques ?
     L’école est organisée en plateau projet, grands openspaces.
    Il subsiste des salles pour se réunir à plusieurs.
    Il y a des espaces dédiés pour des conférences.
    Le centre de ressources et de documentation accessible 24h sur 24.

     Que se passe-t-il dans le curriculum ?
    Le curriculum est remanié en exploration de savoirs.


    Que se passe-t-il dans la dimension économique ?
      Les demandes de projet provenant des acteurs extérieurs à l’établissement doivent être soutenus financièrement par ces derniers. L’ensemble des réalisations sont partagés avec le demandeur mais gardent leur caractère opensource.

     

    Que se passe­-t-­il dans la dimension temporelle ?
      Il n’y a plus d’emploi du temps par discipline, mais des explorations de savoirs par trimestre.

    Il a un programme de conférences, intervenants et des plages horaires dédiées au projet.

    A la fin de chaque trimestre, des présentations publiques des projets sont organisées; une semaine réservée à la présentation de tous les projets.

     
  • Scénarios extrêmes FuturEduc

    L'Ecole immersive Scénario Extrême n°8 pour l'école en 2035

     

     Ce scénario a été construit à partir de la question « que serait l’environnement d’apprentissage de demain ? » reformulée par « comment exploiter le potentiel de la gamification (soft & hardware) en faisant appel à des professionnels du secteur des jeux tout en conservant l’indépendance de l’école et son étique malgré les intentions lucratives de ce secteur ?»

     Description du scénario dans sa globalité

    Dans ce scénario, les technologies transforment le rapport de l’élève au savoir. Les matières sont enseignées de manière immersive, l’élève apprend par l’expérience directe.


    La potentialité du virtuel est exploitée à son maximum pour des possibilités d’expériences pédagogiques multiples. L'élève en immersion grâce aux technologies peut par exemple communiquer avec le monde dans une langue étrangère, suivre un cours d'histoire dans l'époque traitée, faire des expériences scientifiques de grande ampleur… Activités qui étaient jusqu’alors impensables pour des raisons d’organisation, d’infrastructures, de coûts, d’encadrement...

    Auparavant acquise d’après le mode transmissif, la connaissance est directement vécue par l’élève. L’élève construit son apprentissage en transformant lui-même son expérience en connaissances. La possibilité de vivre des expériences immersives personnalisées permettent un apprentissage adapté au rythme de l’élève, solution contre l’ennui ou le décrochage.

    Le métier des enseignants change également puisqu’ils deviennent « accompagnateurs/catalyseurs/chercheurs ». Ce ne sont pas des chercheurs comme ceux des laboratoires universitaires mais des expérimentateurs ouverts à l’innovation et à l’évaluation de leurs activités.

    Dans cette école, les activités virtuelles sont toujours accompagnées d’une transposition au réel, le besoin d’activités avec un ancrage à la réalité physique pour contribuer à l’équilibre psychologique et physiologique de l’être humain est pris en compte. Réalité virtuelle et réalité réelle sont alors envisagées en continuum en favorisant le plus possible les passages du virtuel à la matérialisation, notamment grâce aux imprimantes 3D présentes dans les fablabs.

    Toutes les facultés et les sens de l’élève sont stimulés dans cette école immersive.

     

    Que se passe-t-il dans les espaces physiques ?
    Grâce aux technologies, les élèves se déplacent dans une diversité d’espaces physiques et ont accès à des expériences multiples sans coûts d’équipements ni de déplacements. Par exemple, grâce à la réalité augmentée, les élèves peuvent avoir le sentiment de voyager tout en restant sur place.
    Par ailleurs, un Fablab est présent dans chaque école. Les élèves peuvent y matérialiser leurs projets. Il sert aussi de lieu de laboratoire expérimental pour l’élaboration des jeux immersifs de manière collaborative entre professeurs et startups.

    Que se passe-t-il dans le curriculum ?
    Chaque discipline est enseignée de manière plus ludique et immersive/interactive pour l’élève grâce aux jeux.
    Les jeux sont réalisés par un partenariat professeurs/startups. De manière conjointe, ils établissent la visée pédagogique de chaque jeu, procèdent à sa réalisation technique et élaborent le jeu en détail (scénario, personnages, etc.). Les retours des élèves sont pris en compte pour améliorer les jeux. Les élèves participent occasionnellement à la conception de jeux immersifs de A à Z, pour en comprendre les ressorts.

    Que se passe-t-il dans la dimension temporelle ?
    Les niveaux n’existent plus. Chacun apprend à son rythme grâce à la dimension individuelle et personnalisée du jeu. On peut ainsi mettre plusieurs années à valider des compétences en français et seulement quelques semaines en mathématiques selon ses facilités.

    L’emploi du temps de l’élève comprend aussi des activités de relation à l’autre en face à face physique, comme la danse, le sport, le théâtre… Elles aident l’élève à apprivoiser ses émotions et sa communication avec autrui.

    Que se passe-t-il dans la dimension économique ?
    Le métier d’enseignant change radicalement.  L’école est à la pointe de l’innovation, grâce à un système d’organisation décentralisée. Des partenariats avec le monde de l’entreprise sont envisagés sous réserve d’égalité de traitement et d’une politique transparente de confidentialités des données. Le recours à des acteurs privés souples (telles les startups) permet d'offrir aux écoles des prestations plus économiques, plus rapides et plus adaptées (grâce à leur travail en collaboration avec les équipes pédagogiques).
    En outre, les frais d’intermédiaires disparaissent grâce à la mise en place d’une plate-forme d’échange numérique et au Fablab, lieu de rencontre physique des professeurs et acteurs des startups..



  • Scénarios extrêmes FuturEduc

    L’école hyper locale Scénario Extrême n°4 pour l'école en 2035

     

    Description du scénario dans sa globalité 
    A qui est-elle ouverte? Aux parents et aux acteurs de proximité de l’établissement. L’établissement s’ouvre en effet aux acteurs du quartier et associe les habitants, les acteurs économiques et associations.

    Comment ?
    En permettant à toute personne, entité de proposer des actions en lien avec l’établissement
    en les associant à la gouvernance de l’établissement : le conseil d’administration de l’école fait siéger les parents mais également des “représentants” du quartier, acteurs économiques et associatif

    Les éléments déclencheurs 
    L’endettement de l’Etat et des collectivités est tel que chaque établissement prend son autonomie financière; les établissements sont contraints de trouver des financements alternatifs pour sauver leur établissement. Cela peut prendre la forme de financement participatifs (crowdfunding) ou bien de partager certains espaces sous occupés,...

    Les acteurs 
    L’établissement propose aux acteurs du quartier de soumettre des actions, des projets mais aussi leurs besoins (j’ai besoin d’une cuisine avec tous les accessoires pour tester mes gâteaux).
    L’équipe pédagogique sélectionne ceux qui peuvent être conduits avec leurs classes, leurs élèves. Les élèves sont également associés au choix des projets à conduire en lien avec la communauté locale.
    La plateforme de l’établissement affiche des plages horaires disponibles pour l’utilisation des espaces (cuisine, gymnase, préau, classe,...).

    Les outils, services, applications
    Les établissements sont maintenant ouverts 7j sur 7, 24h sur 24 avec une gestion partagée du lieu suivant les horaires.

    Que se passe­-t-­il dans les espaces physiques ? 
    Les espaces physiques sont régulièrement investis par des acteurs extérieurs. L’établissement est en permanence ouvert et accueille une variété d’acteurs et de projets.

    Que se passe­-t-­il dans le curriculum ? 
    Des ateliers de formation sont proposés et ouverts sur inscription en dehors des heures du programme de l’établissement.
    Il y a des modules obligatoires et des modules exploratoires à choisir dans ce qui est proposé par les acteurs du quartier.

    Que se passe-t-il dans la dimension économique ?
    Les acteurs du quartier souscrive à un abonnement annuel pour bénéficier des différents services “Ecole ouverte” (sur le modèle des fablabs avec des temps ouvert à tous, sans payer / des temps fermés, dédiés à certains, payants).

     

     

  • Scénarios extrêmes FuturEduc

    L’école des ouvertures Scénario Extrême n°3 pour l'école en 2035

     

    Un constat
    Aujourd’hui l’environnement d’apprentissage est en huit clos. Le huit clos de la classe, du collège, de l’académie. Comment, alors imaginer l'ouverture : un élève en dehors de la classe, sur un territoire, la maison dans l’école, … ?

    Les tensions qui mènent à ce scénario 
    - Une école prison (difficulté de l’ouvrir)
    - Violence des relations entre élèves, entre professeurs et élèves, entre professeurs, entre administration et professeurs.
    - Un ennui souvent partagé par enseignants et élèves

    Les tendances de ce scénario
    - L’école inversée, la possibilité d’acquérir des connaissances en dehors du système classique du cours magistral
    - Apprendre dans un univers changeant, sur des territoires divers
    - les badges : reconnaissance de savoirs “informels”
    - Des binômes enseignant et intervenant extérieur
    - Des cours en situation et à l’extérieur ou au moins apportant une porosité avec l’extérieur. L’école peut ainsi être vue comme un tiers lieu, un espace ouvert, qui peut s’exporter le temps d’un atelier, d’un hackathon (ici, d’un cours) et qui peut également accueillir en son sein des personnes extérieures qui profitent des espaces et infrastructures non utilisés à différents moments de la journée.

    Reformulation de la question : Quel serait l’environnement d'apprentissage de demain, ouvert et en mobilité (mobilité des thèmes enseignés et de leurs lieux d'enseignement, des élèves, des enseignants, …) ?

    Les éléments déclencheurs 
    - Revendication professionnelle des professeurs : droit à la mobilité professionnelle : ils peuvent aller ailleurs. Les remplaçants peuvent être des citoyens, sur la base du volontariat.
    - Intervenant citoyen “coaching” dans les établissements : Ils sont en binôme avec un enseignant professionnel pour assurer la classe

    Le scénario
    Par un hasard parlementaire, des enseignants obtiennent la généralisation d’un droit à la mobilité professionnelle. Une réserve citoyenne vient rapidement la suppléer, par agencement de binôme (prof-intervenant) pour assurer la classe.

    L’école se désynchronise, multiplie les temps d’apprentissage en situation extérieure ou s’ouvrant vers l’extérieur (tiers lieurisation de l’école) :
    Les élèves sont mobilisés pour choisir les lieux où le cours prendra place, des solutions de transport scolaire sont mises en place grâce à la disponibilité des bus hors des horaires pendulaires.
    Les possibilités d’accueil à l’intérieur de l’établissement sont également revues et des espaces physiques sont ouverts dans une partie de l’établissement pour des associations, des parents, y associant toujours les élèves et enseignants.
    Des espaces despécialisés sont mobilisés pour accueillir les élèves entre deux cours, par exemple pour le soutien scolaire assuré par des seniors, sur un modèle de coapprentissage (les élèves stimulent les connaissances des seniors)

    Pour que cela fonctionne, il faut enrichir l’environnement de travail en mobilité (musette de l’enseignant, de la classe, de l’élève), la pedagobox est née.

    La Pedagobox regroupe l'environnement de travail du binôme enseignant- intervenant extérieur et de leurs élèves en situation de mobilité :
    Cartographie des différents lieux, avec le matériel disponible sur place
    De quoi prendre des notes, photos, vidéos
    Une application qui fait le lien avec l'école en terme de sécurité et responsabilité : contrôle de présence (bouton “check arrivée à tel lieu”)
    Des jeux éducatifs
    Un CDI (Centre de Documentation et d’Information) portatif, ressources documentaires (il ne s’agit pas de recréer le cartable électronique, mais de regrouper des ressources qui ne ressemblent pas au manuel)
    Des outils de simulation (savoir-faire, pratiques, mesure de ce qu'on est en train de faire). Par exemple des outils de simulation pour la lecture, pour les tables de multiplication.
    Des outils de mesure de la qualité de l’environnement de travail : qualité de l’air, niveau de bruit, poids du sac à dos, ...

    L’école des ouvertures, outillée par la pédagobox permet aux élèves, aux enseignants et aux différentes parties prenantes du territoire de sortir de leurs zones de confort, d'expérimenter de nouvelles méthodes d’apprentissage, dans de nouveaux lieux hybrides pour associer de nouveaux acteurs à l’éducation des enfants.

    Que se passe-t-il dans les espaces physiques?
    Des espaces physiques ouverts dans une partie de l’établissement
    Les élèves travaillent à proposer des séances à l’extérieur in situ
    Des solutions de transport scolaire grâce à la disponibilité des bus hors des Horaires pendulaires

    Que se passe -t-il dans le curriculum?
    Des enseignements plus granulaires, souvent en classe inversée et en interaction avec les seniors, les professionnels, la cité.
    Prise en compte des connaissances non scolaires.

    Que se passe-t-il dans la dimension économique ? 
    La pédago-box comme une plateforme d’innovation ouverte.

    Que se passe-t-il dans la dimension temporelle ? 
    Des temps d’étude hors les murs
    Security check et assurance adaptée

     

     

  • Scénarios extrêmes FuturEduc

    L’école des possibles Scénario Extrême n°1 pour l'école en 2035

     

    Les éléments déclencheurs 
    - Acquisition de fondamentaux au primaire, savoir lire et écrire les lettres et les mathématiques
    - Supprimer les systèmes d’évaluation
    - Supprimer la logique de silo (matheux/littéraire, professionnel/académique)
    - Donner plus de flexibilité aux paliers et niveaux de connaissances/compétences

    Les tensions 
    Le monde du travail va-t-il suivre ? Va-t-il reconnaître de nouveaux types de compétences ?
    Les élèves seront-ils encore motivés ? Comment être motivés sans cadre ? Sans la “carotte” au bout ?
    Comment fait-on avec les fondamentaux ?

    Les acteurs 
    L’élève est plus ouvert, plus collaboratif et plus actif, il devient consommateur de savoirs, et de ce fait acteur de son parcours. Il doit choisir et être sélectif. Au lieu d’une école du contrôle, il évolue dans une école de l’épanouissement.
    L’enseignant oriente, accompagne. Il appartient à un pôle et non une matière, il a liberté de s’intéresser à différents aspects d’un pôle, par exemple, si il appartient au pôle littéraire il peut s’intéresser à la grammaire, à la narratologie, ou encore aux récits mythologiques. Il continue de développer et de transmettre des savoirs. Il peut faire appel dans son cours à des inspirateurs.
    Les inspirateurs extérieurs à l’école sont des témoins, des talents, des modèles qui ont mené à bien quelque chose et qui peuvent le transmettre. Cela peut concerner des professionnels, par exemple un avocat, un boulanger, etc. mais aussi des acteurs ayant des activités plus informelles comme par exemple un youtubeur, un slameur, etc.. Ils sont inclus dans un partenariat-projet (exemple : partenariat avec une usine, l’élève viendra apprendre à utiliser un outil). Ces inspirateurs peuvent être identifiés par l’équipe pédagogique mais aussi se présenter sous forme de volontariat (tel inspirateur peut se déclarer volontaire).

    Les outils, services, applications 
    - Un espace numérique de travail (ENT) à échelle nationale lié à l’élève qui lui sert de stockage de son parcours. Ce portefeuille assure la continuité en fonction des déplacements de l’élève, il lui fera office de CV tout au long de sa vie. Cet ENT représente un portefeuille propre à chaque élève, dans lequel il inscrit lui-même ses projets et ses validations de connaissances et compétences (tel un Linkedin pour enfants).
    - Un Experimentation Lab qui offre un espace d’apprentissage, de mise en oeuvre avec des phases de test. Son fonctionnement est basé sur du test & learn. Si l’apprenant identifie un manque, il retourne compléter son portefeuille, il identifie ce dont il a besoin. Il est dans l’esprit d’ouverture du FabLab (test & learn, partage, démocratisation des connaissances et compétences).
    - Des badges de certification viennent certifier les connaissances et compétences acquises dans le portefeuille. Ils servent à badger la fin d’un cycle ainsi que des connaissances. L’élève peut s’auto-badger quand il estime avoir suivi le cours. Les badges-projet visent à valider une expérience.
    - Une plateforme numérique du réseau des inspirateurs leur permettant de se manifester et de se présenter auprès des enseignants. Un réseau d’inspirateurs va progressivement s’établir.

    Description du scénario dans sa globalité
    L’école n’enferme plus l’élève dans des parcours et des diplômes, au contraire elle laisse libre l’accès aux différents savoirs et compétences. Elle repose sur des enseignements dont le rôle est augmenté par la dimension orientation et accompagnement à l’aide d’inspirateurs. L’élève choisit des projets qui se voient augmentés par la présence et l’intervention des inspirateurs. L’élève pourra à son tour, un jour, devenir lui aussi inspirateur. Grâce à l’Experimentation Lab, il s’évalue au travers de projets en test & learn (il teste puis valide). On lui donne les moyens de construire son futur épanouissement professionnel et personnel. L’outil principal est le portefeuille numérique qui accompagne l’apprenant tout au long de sa vie, il y collecte des projets et des badges validant des connaissances et des compétences.

    Que se passe-t-il dans les espaces physiques ?
    Il n’y a plus que des enseignements auxquels nous sommes libres de nous inscrire. La promotion disparaît (5ème 2, 5ème 3, etc.) ainsi que les classes regroupant les élèves par âges. On apprend, on teste, on retourne apprendre dans des espaces d’expérimentation physiques et virtuels.

     

    Que se passe-t-il dans le curriculum ? 
    On a un portefeuille national de connaissances et de compétences qui sont capitalisables et qu’on peut enrichir tout au long de sa vie, et auquel l’expérience peut s’agréger.

    Que se passe-t-il dans la dimension temporelle ? 
    Il n’y a plus d’obligation d’âge pour acquérir une compétence selon des pré-requis pour pouvoir progresser dans la connaissance.

    Que se passe-t-il dans la dimension économique ? 
    Il s’agit d’un modèle non-concurrentiel, il est standardisé.

     

  • Scénarios extrêmes FuturEduc

    Pour une mobilité du corps et de l’esprit Scénario Extrême n°2 pour l'école en 2035

     

    Les éléments déclencheurs

    - Implication des élèves dans la constitution des programmes et le choix des projets/sujets/thématiques
    - Reconfiguration des espaces et disparition de la salle de classe classique
    - Absence d’emploi du temps figé et imposé
    - L’élève construit son parcours

    Les tensions

    - Empêcher l’ennui peut avoir des effets négatifs sur l’élève (risque de fatigabilité et lassitude), l’ennui est aussi nécessaire pour apprécier et identifier le plaisir d’apprendre.
    - Les programmes sont construits uniquement par les adultes et prennent trop peu en considération le point de vue de l’enfant, comment impliquer les élèves et les faire participer à la constitution des programmes ?

    Les acteurs
    L’élève choisit, apprend à faire des choix (en pouvant se tromper). Les élèves participent à la prise de décision et apprennent à s’exprimer et à négocier. L’élève constitue lui-même son parcours sur la durée. Il dispose d’une autonomie reconnue.
    L’enseignant n’est plus dans une posture de délivrance du savoir, il est dans une démarche de renouvellement de sa curiosité et de sa créativité puisqu’il va chercher des connaissances sur les sujets choisis avec les élèves. Il ne détient donc plus le pouvoir et accepte d’être dans le non-contrôle des sujets (et donc dans un sens plus large des programmes) puisqu’il s’adapte et évolue avec les élèves.
    Les professionnels du monde du travail ainsi que les institutions culturelles interviennent selon les choix des élèves (ou les élèves s’y rendent eux-mêmes). Des visites peuvent être organisées selon un processus aléatoire, afin de favoriser la découverte..

    Les outils, services, applications
    Des badges de certification garantissent une plus grande autonomie aux élèves. Ils permettent de réintroduire une forme d’évaluation qui atteste d’un savoir acquis. Ils sont capables de se greffer à n’importe quel projet ou exercice réalisé en cours avec l’enseignant ou dans l’Experimentation Lab. Cet Experimentation Lab permet à l’enfant d’experimenter, de tester et de se tromper. L’Experimentation Lab est complémentaire aux cours menés par l’équipe d’enseignants puisqu’il permet de manipuler et de donner corps aux différents projets.

    Description du scénario dans sa globalité
    Ce scénario offre une autonomie de mouvement et une autonomie d’activité à l’élève, qui dispose ici de la possibilité de choisir, de négocier, de construire son propre parcours. Les structures temporelles figées deviennent plus flexibles pour autoriser, voire même favoriser, la sérendipité et les pratiques d’exploration. Cela passe également par une reconfiguration physique de l’espace qui favorise une diversité de modes d’apprentissages (expérimentation, mode projet, etc.). La salle de classe fixe explose au profit d’un espace en renouvellement perpétuel grâce au mobilier mobile et évolutif. Le programme s’établit selon une co-construction entre les élèves et l’enseignant qui adapte et fait évoluer son cours. Les espaces d’apprentissage se voient ancrés dans le paysage urbain, des visites/rencontres auprès d’institutions culturelles et de professionnels du monde du travail s’organisent selon les choix des élèves et/ou selon une découverte aléatoire.

    Que se passe-t-il dans les espaces physiques ? 
    Le designer et le fabricant de mobilier scolaire repensent le mobilier scolaire en vue de proposer de nouvelles typologies de meubles qui diffèrent de la table et de l’assise et qui valorisent le corps en action. La salle de classe classique disparaît au profit d’espaces en reconfiguration permanente. L’élève de demain ne sera plus assis de ses 7 ans à ses 16 ans : le corps doit être en action ! Les designers/fabricants de mobilier scolaire travaillent conjointement avec les enseignants en vue de rendre l’espace de travail flexible et adapté à la diversité des méthodes d’apprentissage.

    Que se passe-t-il dans le curriculum ? 
    Les manuels scolaires et les programmes préétablis disparaissent pour rendre l’élève actif, il se voit impliqué dans la constitution des programmes et le choix des projets/sujets/thématiques. L’élève peut établir son curriculum selon une démarche exploratoire en suivant ses intuitions et en se basant sur différents types de ressources, provenant du numérique/d’intervenants/d’institutions... Le professeur est présent pour l’aider à faire ses choix, de manière non-directive. Entre l’élève et le professeur, c’est une relation d’échange de personne à personne, avec du partage d’informations dans les deux sens.

    Que se passe-t-il dans la dimension temporelle ?
    La disparition de l’ennui passe par l’absence d’emploi du temps figé et imposé afin de ménager des vides, des plages horaires libres, vacantes, qui permettent à l’élève d’errer et d’explorer. L’élève dispose de plus de liberté pour construire son propre parcours sur la durée, aussi bien à échelle journalière que pluriannuelle.

     

Conception & réalisation : Facyla ~ Items International

Plateforme construite avec le framework opensource Elgg 1.8