FuturEduc

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Imaginer l’Ecole pour tous à l’ère numérique


Septembre 2015

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    Ce mercredi a été lancé le Workshop FuturEduc « Imaginer l’école à l’ère du numérique » avec les étudiants du DSAA (Diplôme Supérieur d’Arts Appliqués) design produit et les étudiants de l’ENS Cachan préparant l’agrégation d’arts appliqués. La matière première de travail fournie aux élèves était composée de trois éléments :

    Une cartographie des expériences, à partir de projets éducatifs

    Elle se focalise sur les changements, les mutations, engendrées dans l'expérience des enfants, des professeurs et des autres acteurs.

    Ce que ça change pour les élèves :

    De écoles "nouvelles" type Ecole 42, un ancrage dans des communautés locales (Project H, Barefoot College), des outils ou dispositifs qui attisent la créativité, la curiosité, le faire (Magic Makers).

    Ce que ça change pour les enseignants :

    De nouvelles postures : coach, guide, ou bien disparition ? (Khan Academy), de nouvelles manières d'enseigner : classe inversée (c'est l'inverse de quoi ?), de nouveaux apprentissages (les Savanturiers), de nouveaux outils pour accompagner, pour évaluer (connaissance de soi, etc…).

    Ce que ça change pour certains éléments du dispositif :

    • Le rapport au savoir : apprentissage par le faire, par l’expérimentation, apprendre avec d'autres (Quest to learn : apprentissage par le jeu), l'introduction de nouvelles disciplines : kits, tutoriels (Educaduino), de nouvelles compétences (OpenBadges), de nouvelles manières d’apprendre.
    • La reconfiguration des lieux d'apprentissage : de nouveaux espaces : physique, virtuel, flexible, modulable... (Blended learning).
    • Les nouvelles frontières de l'Ecole (mise en réseau, ouverture du territoire).

    Une intervention sur les sciences cognitives et l'apprentissage

    Rémi Sussan, journaliste à internetactu.net avec sa présentation « Ce que les sciences cognitives nous enseignent sur l’apprentissage » pose la question : comment apprenons-nous ? Sans se placer forcément dans le contexte de l’école. 

    Les sciences cognitives relèvent du domaine expérimental : les expérimentations sont réalisées sur des panels restreints de 10/15 personnes avec une limite les études sont faites sur des adultes (à partir de 18 ans) et non sur des enfants. Les sciences cognitives regroupent les neuro-sciences (imagerie cérébrale), l’intelligence artificielle, la psychologie, la linguistique...

    « Mode concentré » vs « mode diffus » 

    Reprenant les concepts de Barbara Oakley (cours Coursera « apprendre à apprendre ») développées dans son ouvrage Mind for Numbers exposant des méthodes d’apprentissage pour les sciences et les maths.

    Il existe 2 modes de fonctionnement du cerveau (le raisonnement est produit par le mode concentré mais la résolution se fait par le mode diffus, soit le réseau neuronal par défaut, qui consiste à ne rien faire).

    Le mode concentré (neurones proches) vs mode diffus (toucher des neurones plus éloignés / des clusters d'association / combinaison de concepts)

    • le mode diffus peut s’expérimenter en dormant : ex. Thomas Edison une balle dans la main s'endormait, quand il lâchait la balle cela le réveillait et il notait alors toutes les pensées qui lui venait.
    • les maîtres d’échecs voient des configurations, des clusters d’association.

    Quelques conseils :

    - Toujours jeter un coup d'oeil global sur le manuel.

    - Combiner pratique et répétition avec une approche plus diffuse (répétition espacée) et retravailler par la pratique

    - Reformuler ce qu'on a appris (mind-mapping / revenir sur les groupes de concepts du mode concentré)

    - Un ennemi l"Einstellung" : ne pas se jeter dans la résolution car souvent on ne bouge pas de la 1ere solution.

    Le corps est important 

    Etude sur les angles en géométrie (en les simulant avec le corps).

    La marche augmente les capacités cognitives (expérience Stanford : soumis à un test de créativité / trombone usages non classiques / ceux qui ont marché ont été les plus créatifs / 2e étape : un groupe assis à l'extérieur et un autre groupe sur tapis roulant à l'intérieur : résultat le groupe qui marche est plus créatif.

    Avec l’escalade (proprioception), on augmente la mémoire de travail.

    Les ennemis de l'apprentissage :

    Combattre la procrastination : excuses données chez les étudiants (« j'ai d'autres activités » - plutôt les garçons -, « je suis totalement dépassé par les événements » - plutôt les filles)

    Nous ne sommes pas multi-tâches (nous ne pouvons pas gérer facilement plus d'une activité - les mails à un moment précis - les réseaux sociaux à un moment précis - faire de vraies pauses).

    Méditation en pleine conscience => capacité de rester plus longtemps sur une tâche pour mieux la résoudre

    Résoudre le problème de l'anxiété : la méthode Pomodoro (pendant 25' vous travaillez, ensuite pause de 5', à répéter 4 fois de suite). Cela permet de se concentrer sur le processus mais pas sur le résultat.

    Travailler sa mémoire : l'art de la mémoire 

    Cicéron pratiquait l’art de la mémoire, dans une culture orale, l’art de la mémoire était essentiel : vous imaginez un lieu et vous placez un élément du discours à un endroit du lieu, etc...)

    Nous avons une excellente mémoire visio-spatiale, on s'appuie sur cette mémoire visio-spatiale pour associer des images mentales et des lieux (si possible des images fortes). 

    Les jeux vidéo, un outil d'éducation ?

    Etudes montreraient que certains jeux augmentent les capacités cognitives : capacité visio-spatiale, expérimentation comme début d'apprentissage de la méthode scientifique.

    Etude sur les seniors (jeu Rise of Nations) : les jeux augmentent notre capacité de transfert, l’intelligence fluide (passer d'une tâche à l'autre)

    Exercices mentaux comme dual2back : bien pour l’intelligence fluide mais ennuyeux.

    Quelles technologies d'avenir ?

    Réalité virtuelle,

    Imprimante 3D (créer des objets pour permettre aux enfants de manipuler et pour moins cher), Minecraft (jeu de légo virtuel), en Irlande, Minecraft devient un élément du programme scolaire,

    Le codage : ce n'est pas qu'un élément technique, c’est le moyen de mettre en place des idées floues, un moyen de penser, un apprentissage important, un nouveau mode d'expérimentation (langage Scratch).

     

    La démarche 

    11 missions sont proposées aux étudiants, à partir desquelles il leur est demandé de construire un scénario global en se centrant sur un élément plus concret du scénario :

    - On scénarise une utopie :

    Ecole 99% à distance / Ecole data-driven / Ecole inversée / Ecole sans enseignants / Le maître ignorant 

    - On mène à bien une mission, on trouve la manière de faire :

    Introduire une nouvelle discipline / Enseignement « maker » / Apprendre par le design / L’école refondée sur les neurosciences

    - On réinvente, on réorganise des morceaux de systèmes :

    Les lieux d’enseignement et d’apprentissage / Les temps-les lieux

     

    Les sujets retenus par les 4 équipes d’étudiants (en groupe de 5) sont : le maître ignorant, l’école inversée, l’école 99% à distance, et l’école refondée sur les neurosciences. 

    A la suite de cette matinée d’interventions, les étudiants (encadrés par Vincent Rossin, Antoine Fermey, enseignants à l’école Boulle, et Marine Royer, doctorante à l’EHESS) démarrent en se positionnant à la fois du côté de l’utopie et de la dystopie, sur une échelle de 2015 à 2115.

     

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    cartographiedesexpériences_FuturEduc.pdf (ouvrir cartographiedesexpériences_FuturEduc.pdf, 115.24 K) 

    WS FuturEduc (ouvrir FuturEduc_WS_Boulle_ENS.pdf, 10.40 M)

    WS FuturEduc (ouvrir FuturEduc_WS_RémiSussan_sciencescognitives.pdf, 412.85 K)

     

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    FuturEduc fait sa rentrée ! Retour sur la démarche et actualités de Septembre

    FuturEduc et vous 
    Les échanges s’organisent à partir du groupe FuturEduc sur le réseau Fing  (veille, travail et publications), plus d’infos : "comment participer".

    Pour discuter ou suivre le projet sur twitter et les réseaux sociaux nous vous proposons d’utiliser le hashtag #FuturEduc comme marqueur. 

    Projets innovants
    Depuis le début de l'été nous recensons des ressources orientées "disruptions". Grâce à nos échanges de juillet nous avons identifié des projets (dispositif, outil, acteurs) qui ont un certain pouvoir de préfiguration de l'avenir.  Nous vous les proposons sous formes de fiches accessibles en ligne dans le groupe de travail FuturEduc, cliquez-ici.  N’hésitez pas à les commenter, à nous en proposer d’autres !

    Atelier & débat
    Avec l'ENS-Cachan et l'école Boulle nous mobilisons une vingtaine d'étudiants en design pendant une semaine (du 24 septembre au 2 octobre) pour imaginer l'école de demain à l'ère numérique
    Une restitution de leurs travaux est organisée le vendredi 2 octobre de 14h à 16h30 à l’Ecole Boulle.

    Retrouvons-nous pour débattre et échanger sur les scénarios proposés. Merci de vous inscrire ici.

    Groupes locaux FuturEduc
    Plusieurs groupes contribuent au projet autour d’un ou de deux établissements et de leur environnement local et nous aide à penser le numérique comme une perspective d'avenir. Les groupes suisse et canadien sont constitués, vous trouverez la liste des participants en ligne : 

    Marielle Gendron, nouvelle stagiaire à la Fing, a profité de ses vacances au Canada pour découvrir le contexte scolaire québécois et rencontrer Mario Asselin qui coordonne le groupe local FuturEduc. Une expérience qu'elle nous partage dans un article de blog.  

  • Invitation FuturEduc : des scénarios pour imaginer l’école à l’ère numérique
    par les étudiants en design de l’ENS-Cachan et l’école Boulle
    Le 2 octobre, 14h-16h30
    Ecole Boulle
    Paris, 12

    Dans le cadre de FuturEduc, nous animons avec l’ENS-Cachan et l’école Boulle un workshop la semaine du 24 au 30 septembre. Les étudiants en design auront à choisir un sujet, un thème parmi des “utopies” (Ecole sans enseignant, Ecole 99% à distance, Ecole inversée, Ecole data driven,...), une mission (apprendre par le design, l’école refondée sur les neurosciences,...), la réorganisation d’un morceau du système (les lieux d’apprentissage, articuler les temps et les lieux,...).

    Nous vous invitons à la présentation des travaux issus de ce workshop, le vendredi 2 octobre de 14h à 16h30 à l’Ecole Boulle.
    Les inscriptions sont ouvertes à tous, dans la limite des places disponibles.
    Lien vers inscription http://relations.fing.org/civicrm/event/register?id=613&reset=1

     

    A propos du département design de l’ENS-Cachan.
    Orienté par le projet global de l'ENS-Cachan, le département propose une multiplicité de parcours en design aux élèves avec la préparation au concours de l'agrégation d'arts, options arts appliqués, et la construction d'un projet de recherche.

    A propos du département design produit - DSAA - de l’école Boulle.
    Le DSAA (diplôme supérieur d’arts appliqués) Design Produit soutient une approche ouverte et diversifiée de la discipline afin d’élaborer des démarches critiques et investies susceptibles de rendre légitimes de nouveaux moyens, outils, procédés, systèmes ou objets.

    A propos de FuturEduc
    FuturEduc, projet de la Fing et Education et Territoires, propose de construire des visions partagées et originales du futur de l’école pour tous dans le monde francophone (France, Suisse, Canada). L’ambition est de se doter d’une prospective action sur le sujet de l’éducation en s’attachant à travailler avec les communautés éducatives (enseignants, élèves, parents, chefs d’établissement, éditeurs, innovateurs,…).

  • Dans le contexte actuel d'hostilités aux frontières européennes, un objectif de l'école sera de favoriser l'ouverture d'esprit à l'autre, l'étranger, le pays voisin.
    C'est ce que propose le dispositif européen "eTwinning" qui stimule la curiosité des élèves pour leurs camarades des pays voisins. C'est en quelque sorte l'"erasmus" des écoles primaires et secondaires. 

    Le dispositif utilise les nouvelles technologies pour créer des projets entre classes de différents pays.
    L'intérêt est double : accroître les compétences technologiques des élèves + accroître leurs connaissances géographiques et linguistiques.

    NB : Une idée pour le projet FuturEduc : faire entrer en contact les écoles suisses / françaises des groupes locaux via ce programme ?

     

     

    Plus d'infos provenant du site eTwinning:

    "eTwinning est une action européenne qui offre aux enseignants des 35 pays participant la possibilité d’entrer en contact afin de mener des projets d’échanges à distance avec leurs élèves à l’aide des TICE. Plus de 300 000 enseignants sont inscrits dans la communauté eTwinning en ligne (mars 2015). eTwinning fait partie du programme européen, Erasmus+

    En plus de ce réseau étendu d’enseignants, eTwinning met à disposition des outils de communication et d’échanges pour les projets, tous gratuits et sécurisés. Chaque pays qui participe à cette action est doté d’un bureau d’assistance national qui fournit un soutien pédagogique et technique aux enseignants inscrits. 

    Pour qui ? 

    Les enseignants, enseignants documentalistes et chefs d’établissement en primaire ou secondaire, public ou privé sous contrat, de toutes disciplines, en France ou dans un des autres pays participant, peuvent s’inscrire à eTwinning. Il n’y a pas besoin de compétences techniques particulières.

    Pourquoi ?

    Pour mener un projet à distance avec vos élèves, pour travailler de manière interdisciplinaire, pour dynamiser votre enseignement et impliquer davantage vos élèves, et pour votre développement professionnel. En effet, eTwinning vous aide à mener un projet centré sur les élèves, leur offrant l’opportunité de travailler différemment et de communiquer « pour de vrai » avec des élèves d’autres pays. Ils sont alors plus impliqués et plus motivés, acteurs dans leur propre apprentissage.

    De plus, les projets à distance intègrent de façon authentique les outils numériques (échange par messagerie et visioconférence, prise de photos et vidéos, recherche d’information, etc.), vous permettant de valider nombreux items du B2i. Et bien qu’eTwinning réponde aux besoins d’enseignants de langues vivantes, de nombreux projets sont menés dans d’autres disciplines, parfois en français et souvent dans plusieurs langues. Un projet eTwinning peut même impliquer plusieurs enseignants de différentes disciplines au sein de l’établissement français et dans celui du partenaire."
    Source : http://www.etwinning.fr/decouvrir/quest-ce-quetwinning/introduction.html

     

    Un exemple en images :  

  • Je me présente, Marielle Gendron, future stagiaire de la Fing à Paris, à partir de lundi. 
    De voyage au Canada, j'en ai profité pour aller visiter ce que faisait nos voisins outre-atlantique.
    Voici un compte-rendu de ma journée du 08-09-2015, à Montréal, très gentiment organisée par Mario Asselin, membre du groupe local Canadien.
    La visite s'est déroulée autour de trois expériences : le projet CADRE21 d'éducation très comparable à la prospective du projet FuturEduc de la Fing ; la visite d'un collège privé Canadien Regina réputé pour être à la pointe de la nouvelle technologie en matière d'équipements ; enfin un meeting informel avec des passionnés de nouvelles technologies exerçant dans le champ de la pédagogie. 

    Le projet CADRE 21
    Le CADRE est le Centre d'Animation et de Recherche en Education.
    Le projet CADRE21 sur lequel il travaille principalement actuellement, est né après avoir mené une études auprès d'élèves Canadiens. Ils se sont plaints d'être "déconnectés de la vie à l'école, car dans la vraie vie, ils sont connectés à Internet". 
    Le projet Ecole de demain poursuit l'investigation et souligne un manque du côté des professeurs, à la fois de reconnaissance et d'accompagnement dans leur formation. 
    C'est ainsi que naît le projet CADRE21, dont le but premier est de construire un espace (au sein des locaux du CADRE) qui servira de laboratoire à l'école de demain.

    Ouvert à tous, professeurs du privé comme du publics, entreprises, chercheurs...
    2 objectifs de cet espace de rencontre physique :
    - fournir un lieu d'accompagnement dans la formation des professeurs 
    - être un lieu de rencontres pour débats et prospective sur les enjeux du numérique mais aussi plus largement ceux relevant de la pédagogie
    Le tout, dans une logique de plate-forme (horizontalité et interactivité).

    Les 2 espaces physiques mis à disposition (encore en construction) se veulent très design (dans l'esprit des espaces de travail de google), ils comprennent :
    - une salle vitrée ultra connectée avec un espace détente/chill
    - une deuxième salle pour réunion/visio-conférences (insonorisée, écriture et affichage sur mur..) (cf photo)

     Futur salle de

    Plus de détails sur les ambitions du projet CADRE21 : 
    - Un lieu pour se faire rencontrer différents acteurs concernés par les enjeux de l’éducation : Entreprises, professeurs, écoles privées/publiques
    - Créer un réseau pour réfléchir sur l'école de demain : actuellement les professeurs porteurs d'innovation sont isolés (1500 professeurs maximum sont réseautés)
    - Laboratoire adressé à tout le Canada, objectif de désisoler Québec (cf problématique des mouvements indépendantistes) mais ambition plus vaste, tourné vers le réseau francophone mondial
    - uno outil central et novateur : le badge numérique, pratique susceptible d'intéresser les autres pays

    Le concept du badge numérique : 
    -C'est un genre de portfolio du professeur sur lequel apparaîtront ses compétences et son évolution dans sa formation
    -L'intérêt du badge est d'aider les professeurs à continuer de se former et reconnaître leur évolution. Idée que l'acquisition de compétences se fait tout au long de leur carrière (à la différence du statut fixe de professeur agrégé). 
    - En outre, les compétences reconnues sont plurielles : numériques ; stratégie de pédagogie ; gestion de classe
    -Le badge numérique, sous le format d'un URL unique délivré par le CADRE permet de faire valider des compétences acquises par les professeurs (en auto-apprentissage ou à la suite de formation)

    - Possibilité de se former pour combler les manques de compétences (ressources pour le faire proposées par le Cadre21)
    - La seule autorité apte à délivrer et mettre à jour le badge numérique sera le CADRE21 (autorité se voulant démocratique et plurielle)
    - Dispositif payant
    - Plus d’infos sur le concept de badge numérique, théorisé par Geoffroie Garon www.geoffroigaron.com ; concept qui n’existe encore nulle part ailleurs


    Idee pour une collaboration Fing – Cadre 21
    - Les deux organismes peuvent s’enrichir mutuellement de leurs travaux de recherches sur la pédagogie
    - Partager les veilles respectives
    - la Fing peut être intéressée par l’expérience du badge numérique

     Explication du projet FuturEduc par Mario Asselin, à l’équipe de Cadre21
    - la FING, genre de "laboratoire de recherche" français indépendant
    - Philosophie pour le projet FuturEduc : ouvert à tous types d’alternatives pour l’éducation avec l’idée que l’école n’a pas le monopole de l’apprentissage
    - Objectif final du projet FuturEduc : réaliser une synthèse gardant les fiches projets les plus intéressantes, celles qui ont le mieux fonctionné et qui sont potentiellement réalisables pour les établissement dans les prochaines années
    - 3 groupes locaux en formation : réunion en juin du groupe Canada, début septembre pour la Suisse, plus de temps pour la France
    - Financement du projet par des entreprises/Etat qui souhaiteraient disposer des ressources sur la prospective éducative par la suite
    - Un outil de travail très performant dont une veille avec écriture rapide et dynamique

     

    Visite d'un établissement canadien College Regina Assumpta
    -Un des plus grand établissement du Canada : 2000 élèves, avec environ 400 par niveau
    -La notion de « collège » au canada vaut pour les élèves de 12 à 17 ans
    - Collège privé d’excellence (avec une sélection à l’entrée) ; public : classe aisée
    - Comprend une piscine ; une salle de musculation ; un auditorium pour l’orchestre symphonique
    - classe de 36 élèves

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    Réputé pour être un collège à la pointe en matière de numérique :
    -Les tableaux numériques ont été remplacés par un système de télévision centrale (cf photo), le professeur y transmet le contenu via un écran situé sur son bureau (écriture avec stylet/fonctionnalités également de l’ordinateur). Avantage pour le professeur de ne pas tourner le dos à ses élèves.
    - Chaque élève dispose d’un ordinateur portable (location à l’école puis possibilité d’achat) et l’utilise pour tous ses cours.
    Désormais obligatoire, avant choix de rejoindre une classe avec ordinateurs /classe sans, selon le souhait des parents et des professeurs.
    Les professeurs désormais contraints à travailler dans ses conditions, sont aidés par les professeurs déjà expérimentés (temps supplémentaire prévu pour la formation).
    Surveillance :
    Le panneau de contrôle des ordinateurs des élèves par le professeur a été abandonné car trop contraignant, surveillance avec adresses de sites bloquées (ex facebook).


    Culture d’un établissement privé canadien :
    - Organisation des cours : de 8h à 15h. Choix de cours pas forcément selon orientation future, différentes options selon goût (robotique, musique…) et spécialisation vers la fin pour entrer dans certaines universités
    - Moto de l’établissement : « Rêvez grand. Allez loin ». Renforcement de la confiance en soi.
    - Beaucoup d'activités extra-scolaires l’après-midi se déroulant à l’école
    - Renforcement du sentiment d’appartenance à l’école (ex : photos des élèves dans les couloirs).
    - Relation des élèves avec les professeurs et la hiérarchie plus proche qu'en France
    - Moins de réflexion au Canada qu’en France concernant les dangers sur la santé des ondes WIFI ou du temps passé par les élèves devant les écrans.
    - Ecole ouverte au public : la population du quartier peu adhérer et avoir accès à la cafétéria et la piscine, permettant ainsi de les financer en partie.
    - Sponsors privés, télévisions avec publicité.


    Au Canada, la place des établissement privés est importante dans le système scolaire. 12 % des écoles sont privées mais ne sont plus religieuses.
    Elles ont pour obligation de respecter le programme mais peuvent le condenser pour libérer du temps pour d’autres activités.
    On constate une émulation des écoles publiques à s’améliorer grâce aux établissements privés.
    Remarque : au Canada, il n'y a pas de ministère d’éducation nationale, mais seulement au niveau de chaque province.

     

     

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    Puis la journée à Montréal s'est terminée par un verre au SAT(Société des Arts Technologiques), où j'ai pu discuter avec des personnes toutes travaillant dans les technologies et la pédagogie.
    Et pour l'anecdote, un jeune conseiller en technologie a confié utiliser cette citation pour clore ses interventions : "on est tous le pré-numérique de quelqu'un" de... Jacques-François Marchandise, de la FING !  

     Encore merci à Mario Asselin pour cette journée canadienne

     

  • Comment apprenons-nous ? Les neurosciences, les sciences cognitives, mais aussi le quantified self et bon vieil empirisme nous ont-ils fait progresser dans notre compréhension des mécanismes de l’apprentissage ? Et s’agit-il de pures découvertes théoriques ou sont-elles applicables à la salle de classe ou à chacun d’entre nous ?

    Même le plus fameux des MOOCs, Coursera, s’est intéressé à la question et propose maintenant un cursus “Apprendre à apprendre“.

    A sa tête, on trouve un neuroscientifique connu, Terrence Sejnowski et surtout Barbara Oakley, auteur d’un excellent livre sur l’apprentissage des sciences, A Mind for Numbers.

    Son éducation scientifique, Barbara Oakley l’a effectuée sur le tas. Comme pour beaucoup d’autres, sa scolarité s’accompagna d’une profonde répugnance pour les mathématiques. Son truc c’était les langues, et elle devint à l’âge adulte une spécialiste du Russe au sein de l’armée américaine. Elle réalisa bientôt qu’en dehors de l’armée, il n’existait pas beaucoup d’opportunités pour les spécialistes de cette langue. Elle suivit alors un cours d’ingénierie, et dut absorber les disciplines qu’elle avait négligées plus tôt. Cela lui permit d’expérimenter un certain nombre de stratégies et d’élaborer la méthode qui inspire notamment le cours de Coursera.

    Mode “concentré” et mode “diffus”

    Un esprit pour les nombresLa créativité occupe une place importante dans le livre d’Oakley. Certains pourraient s’en étonner d’autant qu’elle traite de domaines comme les maths et les sciences, et plus que les humanités. Mais apprendre c’est créer, insiste-t-elle. La solution à la question mathématique implique bien souvent d’appréhender celle-ci sous un nouvel angle.

    Un des premiers principes sur lesquels elle s’étend dans son livre c’est ce qu’on pourrait appeler le paradoxe de la créativité. Autrement dit, lorsqu’on cherche à résoudre un problème, la partie du cerveau qui y travaille n’est pas celle qui trouve la solution. Pour Oakley, en effet notre cerveau fonctionne selon deux modes : le “diffus” et le “concentré”. Le mode concentré est celui que nous utilisons le plus volontiers lorsque nous effectuons un travail intellectuel. Celui-ci permet à nos pensées de suivre un cheminement logique, en enchaînant les associations d’idées les plus claires et les plus évidentes. Barbara Oakley compare cette approche à un jeu de flipper (on trouvera ici un extrait de son livre développant cette métaphore). La boule représente le train de notre pensée. Dans le mode concentré, elle se déplace sur un terrain où les obstacles sur lesquels elle rebondit se situent très près les uns des autres.

    Le mode diffus, au contraire, est celui de l’inconscient. Sur ce plateau de flipper les obstacles sont beaucoup plus rares, ce qui permet à la bille de parcourir de plus grandes distances. Ce qui signifie que notre train de pensées est capable d’associer des idées plus éloignées les unes des autres. C’est précisément ce que nous faisons lorsque nous nous trouvons face à un problème inédit ou difficile. Nous avons besoin d’effectuer de nouvelles connexions entre nos neurones.

    Cela signifie-t-il que pour résoudre des problèmes il nous suffit de rêvasser et de ne rien faire ? Surtout pas, explique Barbara Oakley. En fait, l’inconscient, le mode diffus, n’est capable que de résoudre les questions sur lesquelles le mode concentré a intensément travaillé auparavant. Toute l’astuce consiste donc à savoir quand il faut se concentrer et quand, à l’inverse, il faut lâcher prise.
    L’une des grosses erreurs lorsqu’on aborde un problème uniquement en mode concentré consiste à partir sur une (mauvaise) idée de solution et à rester indéfiniment fixé sur elle. C’est parce qu’on est coincé dans le petit réseau d’associations d’idées adopté au démarrage : ce que Barbara Oakley nomme l’Einstellung (qu’on peut traduire par “installation” ou “mise en place”). Une étude a été faite à ce sujet sur des joueurs d’échecs novices (.pdf). On a suivi le regard de ces joueurs lorsqu’ils cherchaient la meilleure stratégie possible. Leurs yeux localisaient très vite un point précis de l’échiquier, et alors qu’ils étaient convaincus d’évaluer toutes les alternatives possibles, leur regard les trahissait : il restait fixé sur la même région de l’échiquier, celle qu’ils avaient sélectionnée au début.

    Barbara Oakley donne comme exemple de bonne pratique celle adoptée par Thomas Edison, qui avait coutume de s’assoupir dans son fauteuil en tenant une balle entre ses mains. Lorsqu’il perdait conscience, la balle tombait, le réveillant instantanément. Il notait alors toutes les idées qui lui étaient venues lors de sa somnolence. Salvador Dali utilisait la même technique, dans un domaine bien sûr totalement différent. Une autre solution consiste à travailler sur le problème juste avant de s’endormir, le mode le plus “diffus” qu’on puisse imaginer. Barbara Oakley ne le cite pas précisément, mais n’oublions pas que certains inventeurs pratiquent des techniques de “rêve lucide” ou de rêve contrôlé pour trouver la solution à leur recherche. C’est le cas par exemple de Ray Kurzweil, qui avoue dans une interview s’endormir régulièrement en réfléchissant à un problème à résoudre, pour recueillir en rêve des éléments de solution, surtout dans l’état semi-conscient qui suit immédiatement le réveil le matin.

    On n’est bien sûr pas loin de de la notion de sérendipité, à condition de bien comprendre que ce genre de “trouvailles” obtenues “par hasard” intervient après un travail très ardu de concentration. “Marconi aurait-il découvert les ondes radio s’il n’avait pas, par hasard, travaillé sur le sujet pendant des années ?“, s’interrogeait déjà John Cleese dans un sketch des Monty Python.

    Mais il existe une autre méthode, beaucoup plus rapide et simple, pour réévaluer une situation : fermer un instant les yeux ! Selon une recherche publiée en 2013, ce simple geste aurait pour conséquence de “déconnecter” immédiatement le mode concentré pour activer le mode diffus ou, comme le nomment officiellement les neuroscientifiques, le “réseau du mode par défaut“.

    Le "flipper neural" selon Barbara Oakley

    Le “flipper neural” selon Barbara Oakley

    Les deux approches de l’apprentissage

    Pour Barbara Oakley, un processus d’apprentissage se déroule suivant deux démarches complémentaires : le “top-down” et le “bottom up”. Le top-down, c’est comprendre le contexte d’un apprentissage. Quand par exemple, une équation doit être utilisée plutôt qu’une autre. Ainsi, lorsqu’on aborde le manuel d’une discipline quelconque, il vaut mieux commencer par feuilleter le livre, regarder les titres de chapitres, jeter un coup d’œil sur les exercices (alors même qu’on a pas lu le texte permettant leur résolution). Cela permet d’avoir une idée générale du contexte et de la direction choisie par l’auteur.

    Mais il ne faut pas oublier non plus l’approche bottom-up, qui se rapproche en fait d’un enseignement très traditionnel. Dans le cadre du bottom-up il est important de constituer des “chunks”, des ensembles neuronaux très serrés que notre cerveau sera capable de manipuler comme des blocs. Pour ce faire, rien de mieux que la pratique et la constitution d’une habitude. Les bonnes vieilles techniques de répétition, d’apprentissage par cœur ont leur place ici.

    Les meilleurs programmes d’apprentissage des langues tels ceux du “Defense Language Institute (un Institut de recherche et d’éducation pour les langues étrangères du Département de la Défense des États-Unis, NDT), où j’ai appris le Russe, incorporent une pratique structurée comprenant beaucoup de répétition et de par coeur, un mode concentré d’apprentissage de la langue, et la combinent avec une méthode plus diffuse de discussion libre avec des locuteurs natifs de la langue. Le but est d’intégrer les mots et les structures de base afin que vous puissiez parler aussi librement et avec autant de créativité dans votre nouvelle langue que vous le faites en anglais“.

    Comment former ces “clusters” de la manière la plus efficace possible ? Inutile de lire et de relire un texte indéfiniment pour être sûr d’avoir compris et maîtrisé un sujet. En fait, il est beaucoup plus malin de se répéter ce qu’on a appris, de reformuler le contenu de la leçon. Barbara Oakley cite à ce sujet une expérience intéressante (l’article original est malheureusement derrière un paywall). On a demandé à des étudiants de lire un texte scientifique, puis de se rappeler son contenu. Ils l’ont ensuite lu une seconde fois, puis ont réitéré le même exercice. Il s’est avéré que cette technique était bien plus efficace que d’autres méthodes, pourtant plus élaborées, par exemple la création de schémas conceptuels, pour construire une représentation mentale de ce qu’on apprend. Ce qui a surpris les étudiants eux-mêmes, car ils pensaient que cette dernière méthode était la meilleure. Mais le problème, souligne Oakley, c’est qu’on essaie trop souvent de bâtir des relations entre des concepts sans avoir auparavant maîtrisé les clusters correspondant à ces concepts. Ce qui équivaut, selon elle, “à apprendre des stratégies avancées du jeu d’Échecs sans connaître les règles de base“.

    Adieu au multitâche !

    C’est donc l’équilibre entre ces deux modes cérébraux diffus et concentré, qui garantit la créativité de nos esprits. Barbara Oakley n’est pas la seule à se pencher sur le sujet, qui attire l’attention des neuroscientifiques. Ainsi Daniel Levitin (auteur d’un excellent livre sur les neurosciences de la musique, traduit en français sous le titre De la note au cerveau) en tire-t-il des conclusions intéressantes dans un article du New York Times. Ses recherches sur ces deux modes d’attention l’ont conduit, avec son collègue Vinod Menon, a identifier la partie du cerveau, située dans l’insula, qui détermine la “balance attentionnelle” autrement dit, le moment où il faut passer du mode diffus au mode concentré, et vice versa. Or le hic est que cet “interrupteur” est aujourd’hui détraqué : en effet notre vie actuelle, nos activités en ligne notamment, entrent constamment en compétition pour attirer notre attention, du coup, nous n’arrêtons pas de passer involontairement du mode diffus au mode concentré et inversement. “Chaque changement de statut que vous lisez sur Facebook, chaque tweet ou texte que vous recevez d’un ami entre en compétition pour les ressources de votre cerveau avec des choses importantes, comme décider s’il faut mettre vos économies dans des actions ou des obligations, vous rappeler où vous avez laissé votre passeport ou encore trouver la meilleure façon de vous réconcilier avec un ami proche avec lequel vous venez de vous disputer.

    La conclusion qu’en tire Levitin est donc qu’il faut protéger notre mode diffus en évitant de lui imposer cette surcharge attentionnelle : “Si vous désirez être plus productif et créatif, et avoir plus d’énergie, la science préconise de partitionner votre journée en périodes de projets. Vous devriez ne vous consacrer aux réseaux sociaux que pendant un temps déterminé, et refuser les interruptions constantes pendant votre journée.” “On devrait aussi ne consulter ses mails qu’à des moments donnés.

    Une chose est sûre : le cerveau n’est pas multitâche.

    Rémi Sussan

    A noter d’ailleurs à ce sujet une expérience intéressante effectuée sur des adeptes de la méditation “vigilante” : il s’est avéré que ceux­-ci étaient capables de mieux gérer un ensemble multiple de sollicitations simultanées, comme la consultation de mails, de textos, le travail sur un traitement de texte, etc. Bref, ils étaient plus “multitâches”. Mais en réalité ils passaient plus de temps à chaque fois sur chaque travail particulier, bref, leur meilleures capacités de “multitasking” étaient en fait dû à la faculté… de rester monotâches !

    économie de l'attention, éducation, cognition, ecole2.0, FuturEduc, quantifiedself

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    Par: Rémi Sussan
    Publié: September 8, 2015, 7:00 am

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