FuturEduc

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Imaginer l’Ecole pour tous à l’ère numérique


Juin 2015

  • On apprenait récemment par le biais d'un article publié dans le journal pour lequel je travaille que certains «élèves peuvent maintenant rédiger leurs examens de français du ministère de l’Éducation [du Québec] en utilisant leur iPad.» Il me semble qu'il s'agit ici d'une de ces pratiques "en rupture" qui est intéressante à analyser...

    Le fait que la possibilité n'existe que pour certains élèves, alors qu'elle n'est pas généralisée/accessible pour tous fait réfléchir. Il s'agit d'un examen unique... alors comment comparer les résultats de ceux qui semblent pourvoir bénéficier d'un certain support avec ceux des autres élèves, dans ces conditions ?

    Mais là n'est pas le principal objet d'attention.

    Dans l'article, on peut lire comment on semble justifier la décision prise par le ministère:

    « "C’est l’outil qu’ils utilisent [les élèves] dans la vie de tous les jours. Pour nous, c’était logique de leur permettre aussi pendant les examens", explique Sébastien Guy, directeur des services pédagogiques au Juvénat Notre-Dame, une école secondaire privée de Lévis où plusieurs élèves possèdent une tablette. »

    S'ils apprennent à l'aide d'une tablette, il paraît logique de croire qu'il est normal que les apprentissages des élèves soient évalués en tenant compte de ce même soutien. Dans plusieurs fonctions d'emploi, ils auront également accès à leur tablette...

    Un détail pas banal à considérer est celui de l'application disponible dans la tablette numérique [Antidote Ardoise] qui ne semble pas donner de potentielles "réponses" à l'examen de français. Mais ce n'est pas claire que certaines erreurs potentielles ne soient pas soulignées.

    Ce qui est intéressant dans les enjeux soulevés par la dérogation réside dans la question des apprentissages qu'on souhaite réellement évaluer : la capacité de mémorisation, celle de chercher rapidement la réponse concernant le code langagier, ou enfin celle du respect de la syntaxe ou du style littéraire en cause ?

    Pratique émergente qui bientôt constituera la tendance lourde ou une simple anecdote qui servira à centrer notre attention sur l'essentiel, c'est une autre question posée par cette "révélation".

    Les élèves devraient-ils avoir droit à Internet dans la rédaction de leurs examens puisque de toute manière, ils apprennent à l'aide Internet dans la vie courante? Notons aussi qu'ils auront probablement accès à Internet quand ils sortiront des bancs d'école...

    Le débat est ouvert et il sera intéressant !

  • L'école et le numérique : réflexions d'élèves et de profs

    J’étais récemment à la présentation des ateliers menés avec des lycéens et collégiens au sujet de l’école de demain et de la place et rôle du numérique. Une journée d’ateliers proposé par Educalab, futur laboratoire dédié à l’éducation. Les groupes étaient constitués d’élèves, de professeurs et d’acteurs de la communauté éducative comme Tralalere, super Julie,... Dans l'un des ateliers qui  planchait sur la notion de lieu le débat a rapidement porté sur  à quoi sert l’école. C’était assez frappant d’entendre la parole de certains collégiens qui souhaitaient que les apprentissages soient plus concrets pour offrir des débouchés : une préoccupation on ne peut plus légitime. Un enjeu qui a  amenés les élèves à penser le numérique comme le moyen d’ouvrir l’école vers l’extérieur, et notamment vers le monde de l’entreprise et sur leurs choix d’orientation.

     

     

    Le groupe travaillant sur la notion de temps, s’est amusé à décomposer une journée type du collégien-lycéen; dans une journée de 24h, qui, passé le sommeil, les besoins vitaux et le temps scolaire, ne leur laisse que 4h pour faire leurs devoirs et continuer de tisser des liens en dehors de l’école.

    Le numérique pour ce groupe apparaît donc comme le moyen d’optimiser leur temps : leur temps de travail scolaire comme leur temps relationnel. En cela, ils perçoivent le numérique comme un espace d’entraide et de collaboration entre élèves, où le réseau social de l’école pourrait permettre d’échanger et de trouver réponses aux questions posées. Cette recherche d’aide sur une plate-forme est pourtant souvent perçue comme de la triche, disait une élève. Avec le numérique, ils pensent qu’on peut apprendre plus vite mais aussi permettre une aide individualisée en classe, où le professeur pourrait passer plus de temps avec ceux qui en ont le plus besoin.

    Ils aimeraient aussi qu’on valorise leurs compétences numériques, trop souvent ignorées, qui pourraient servir aussi à former les autres, les élèves mais aussi pourquoi pas leurs professeurs.

    Le numérique apparaît à la fois comme le moyen de s’aider entre pairs, d’apprendre plus vite grâce à la puissance du réseau, d'identifier les bonnes ressources (contenus et personnes) à l’intérieur de leur établissement mais aussi au delà (un réseau d’écoles, en lien avec les bibliothèques,…). L'école qu'ils imaginent est une école plus horizontale, où les savoirs sont distribués et non plus détenus en quelque sorte par le professeur.

     

     

    Le groupe travaillant le sujet des interactions est parti du constat qu’en classe, parfois le cours peut manquer de clarté ou qu’ils ont du mal à comprendre ce que le professeur leur dit  et  qu’ils s’ennuient parfois aussi.

    Leur problématique était comment mieux apprendre grâce aux interactions?  

    Ils ont proposé une plateforme “wikowork” où les élèves peuvent demander de l’aide aux autres élèves de l’établissement mais également à l’extérieur de l’établissement voire à un réseau d’établissements. L’entraide entre pairs apparaît centrale dans ces réflexions. Le professeur ne disparaît pas dans ce dispositif, il est au contraire à disposition des élèves les plus en difficultés, une forme d’individuation de la relation professeur-élève.

     

     

    Le groupe ayant travaillé sur la question des ressources propose surtout de travailler à partir d'outils existants : apprendre à créer sa propre chaîne sur youtube, organiser des rencontres avec des professionnels ou faire intervenir des personnes tiers via linkedin ou Facebook… pour constituer une base de données de ressources pour les élèves afin de les motiver à approfondir les sujets, les thèmes du programme. Cette base de données, co-construite avec les professeurs et les élèves ne serait pas seulement utilisée par une classe mais également disponible aux autres élèves, notamment ceux qui arrivent derrière. … .

     

     

    Ces ateliers proposés par Educalab se sont révélés très riches car ils ont mis au coeur de la réflexion les professeurs et les élèves. En une journée à peine, les pistes élaborées m'ont semblée très fertiles et permettent d’ores et déjà d’affirmer quelques idées intéressantes pour imaginer l’école de demain :

    - ne pas penser les outils numériques en dehors des premiers concernés : les professeurs et les élèves; ça parait être une évidence et pourtant !

    - les élèves ne veulent pas d’une école purement numérique mais bien un mix de numérique et de physique.

    - le partage et l’échange mais également l’entraide, la bienveillance semblent être leurs maîtres mots avec une vraie complicité et collaboration entre profs et élèves. En outre, leurs propositions disaient également qu’ils pouvaient apprendre à partir de ce que les autres élèves avaient appris.

    - Ils aimeraient que leurs compétences numériques soient valorisées dans leur cursus, même si ces compétences n'ont pas  forcément été acquises au sein de l’école.

    - Les professeurs ne disparaissent pas avec le numérique, au contraire ! Le numérique permet à la fois d'individuer l'apprentissage et de tisser une relation avec le professeur.

     

     

    Ces restitutions ouvrent aussi des questions intéressantes

    Faut-il utiliser les outils de l'école ou les outils que tout le monde utilise par ailleurs (Google, Facebook…) ? Pour les élèves, la question ne se pose pas.  Comment ouvrir les établissements sur le monde extérieur - via des résidences ou des invitations d'acteurs extérieurs à l'école ? Comment organiser des communautés ouvertes d'élèves et de professeurs contribuant à des bases de ressources communes ? Comment formaliser ce temps de collaboration ?

     

     

    Véronique Routin

     

  • Nous avons accepté avec plaisir l'invitation de Daniel et de Serge à joindre le projet FuturEduc parce que le Canada est une terre d'innovation qui regorge d'initiatives de toutes sortes !

    Voici d'abord les membres de notre groupe local qui s'investiront dans l'année scolaire 2015-2016 à «penser le numérique comme une perspective d'avenir»...

    • Mireille Guay (directrice) et certains des membres de l’équipe de l’Académie St-Louis, une école de la région de Québec qui regroupe des élèves du préscolaire, du primaire et du secondaire.
    • Roberto Gauvin (directeur) du Centre d'@pprentissage du Haut-Madawaska, une école du Nouveau-Brunswick et une communauté éducative habituée à introduire de nouvelles technologies pour servir les apprentissages des élèves et des enseignants.
    • Jean-François Gauthier, PDG de l'Institut de gouvernance numérique (IGN), organisme responsable pour le Québec de la réussite du projet FuturEduc.
    • Jean-Yves Fréchette, vice-président de l'IGN, enseignant retraité et directeur de l'Institut de twittérature comparée.
    • Monique Lachance*, conseillère pédagogique de français au secondaire à la Commission scolaire de la Capitale
    • Nathalie Couzon*, chargée de projet à la DSCC au Ministère de l'Éducation
    • Patrick Plante, directeur de la recherche à la Société pour l'apprentissage à vie - SAVIE, détenant un doctorat en technologie éducative de l’Université Laval et également chargé de cours en technologie éducative à l’Université Laval et à l’UQAR
    • Hélène Dufour-Chouinard, conseillère et coordonnatrice chez iXmédia (Division Opossum) et titulaire d'une maîtrise en technologie éducative de l’Université Laval
    • Jacques Cool, technopédagogue et coordonateur du CADRE 21.

    * Monique et Nathalie sont également les co-fondatrices du Rendez-vous des écoles francophones en réseau - REFER

    D'autres personnes pourraient se joindre au groupe, en septembre.

    De manière à «explorer sans appréhension des pistes diverses et en rupture», nous allons discuter à l'occasion de notre première rencontre, entre autres, de deux projets qui ont fait l'actualité dernièrement...

    1. Pédaler en classe pour aider les élèves à mieux se concentrer (autres renseignements complémentaires sur le même sujet... 1, 2, 3)
    2. Un robot pour aider Nadine à suivre ses cours (autres renseignements complémentaires sur le même sujet... 1, 2, 3)

    Cette idée de «recréer un dialogue sur l'avenir de l'école» nous motive énormément. Nous avons très hâte de débuter nos travaux !

    Mario Asselin, responsable du groupe local du Canada.

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