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Imaginer l’Ecole pour tous à l’ère numérique


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    De septembre 2015 à octobre 2016, le projet FuturEduc a conduit une réflexion sur le futur de l’éducation placée sous le double signe du numérique et de l’imaginaire. Ce travail collectif animé par la Fing et Éducation & Territoires s’est appuyé sur trois groupes d’acteurs de l’éducation (directeurs d’établissement, professeurs, ingénieurs pédagogiques, chercheurs) en France, au Canada et en Suisse.

    La réflexion de FuturEduc s’est faite au niveau de l’établissement scolaire et non du système éducatif national lui-même. Les actions proposées n’impliquent donc pas une refonte globale de celui-ci. Lorsque nous parlons du « système école », il s’agit des éléments constitutifs de l’école (cursus, programme, temps, espace, professeurs, élèves…) et de son environnement (communautés, acteurs autour de l’établissement - collectivités territoriales, entreprises, acteurs associatifs…).

    Pourquoi le numérique ?

    Le numérique[1] n’est ni une solution à tous les problèmes auxquels l’institution éducative fait face, ni une menace existentielle. En revanche, il devient un outil essentiel dans la production de connaissances, l’accès à l’information, le travail et la communication. Cela en fait un bon point d’entrée à partir duquel penser le futur de l’éducation.

    Dans le travail de réflexion avec ces trois groupes d’acteurs de l’éducation, le numérique suscite des enthousiasmes, du plaisir, de l’envie, il ouvre et décloisonne, il incite au collectif, il fournit des outils pratiques. Il suscite également des inquiétudes chez certains d’entre eux, comme la disparition des professeurs. Il n’y a pas un seul numérique mais plusieurs. C’est ce potentiel que nous avons exploité et exploré.

    Pourquoi l’imaginaire ?

    L’avenir de l’éducation ne se décrète pas. L’école du futur ne résultera pas du brainstorming d’un groupe d’experts et pas davantage de l’imagination d’un pédagogue inspiré. En revanche, l’avenir de l’école peut s’imaginer de façon collective et le fruit de ce travail d’imagination peut s’incarner en projets et en actions concrètes.

    La réflexion collective au sein des trois groupes, nourrie par les apports d’une communauté élargie d’acteurs gravitant autour du champ de l’éducation, a ainsi permis de dégager des visions partagées et de dessiner des leviers de changement sur lesquels l’école à l’ère numérique pourrait se déployer.

    Des visions partagées

    Les trois groupes ont convergé vers trois visions partagées du futur de l’école :

    • "L’école engageante et ouverte" systématise la démarche de projet, comme entrée dans le savoir et la culture, permettant à l’élève de s’engager pour lui-même et au service d’un collectif, selon ses goûts, ses envies, ses capacités.
    • "L’école de l’autonomie" permet à la fois d’individualiser les apprentissages et d’impliquer les élèves aux projets de l’établissement. L’école fournit à chaque élève les instruments les plus sophistiqués de contrôle et de pilotage de ses apprentissages.
    • Dans "Le lycée à la mesure des élèves", les lycéens, assistés de leurs professeurs, décident ensemble de leurs parcours. Ils l’organisent avec des temps d’apprentissage présentiels, en ligne, des choix d’approfondissement et des savoirs à la demande. C’est la fin des diplômes au profit de badges.

    Des leviers de changement

    L’école dans son environnement

    Pour assurer la sérénité de l’apprentissage et pour limiter les déterminismes sociaux, l’école s’est largement coupée de son environnement - local, social, économique, écologique. Sans l’ouvrir à tous les vents, peut-on en abaisser les murs, en ouvrir les fenêtres ? Un apprentissage à base de projets par exemple, sera plus efficace (et exigeant) si ces projets ont un public et/ou un usage dans la vie réelle, ce qui suppose de collaborer avec des acteurs extérieurs à la classe. Dans l’établissement et alentour, il est également possible d’éprouver (ou d’acquérir par l’expérience, avant de les formaliser) la plupart des compétences et connaissances scolaires. Un tel décloisement relierait mieux les connaissances à leurs usages ; il permettrait plus aisément à différents types d’élèves de trouver les chemins vers la connaissance ; il aiderait les élèves à décrypter le fonctionnement de leur établissement comme de ce qui les environne, et à s’en penser comme acteurs. Nous suggérons donc de relier la classe à l’établissement, l’établissement à son environnement, les classes et les établissements entre eux...dans des configurations multiples, toutes au service de l’apprentissage.

    Les données

    Les données sont de plus en plus nombreuses, elles augmentent à un rythme sans précédent. Elles sont la matière première de la connaissance, de la décision, de l’administration et de la gestion, et éventuellement de la délibération collective (si l’on sait l’interpréter). Les données font l’objet de débats et de tensions, à propos de leur propriété et de leur accès, de la vie privée, du degré de confiance à leur accorder - ainsi qu’aux décisions dont elles forment le support, etc. L’école en tant qu’institution n’échappe ni à l’avalanche de données, ni à ces débats. Mais ceux-ci restent extérieurs à l’enseignement proprement dit. Nous pensons qu’il est nécessaire et possible de mettre fin à cette dissociation. Nous proposons de faire des données de l’institution elle-même (la gestion de l’établissement, les évaluations, le fonctionnement du système, etc.) des objets et des supports, d’une part de l’enseignement, et d’autre part de l’implication de tous (élèves compris) dans le fonctionnement de l’établissement.

    Individuel-collectif

    Le numérique est incontestablement un vecteur d’individualisation : apprendre à son rythme, ajuster ses parcours en empruntant des chemins divers, être son propre pilote, accompagné par ses professeurs. Le numérique est un vecteur de socialisation. Apprendre à travailler à plusieurs, coopérer au sein de groupes et entre groupes, en présence et à distance. Tout à la fois, le numérique sépare et relie. Nous suggérons de rendre cette tension productive. D’une part, en pensant l’individualisation, non pas comme une transformation de l’élève en consommateur d’éducation, mais comme un empowerment, une capacitation : rendre l’élève capable de formuler et de partager ses objectifs, d’évaluer les moyens de les atteindre, et d’agir au sein du collectif. D’autre part, en s’appuyant sur le numérique pour faciliter et encourager la collaboration et plus encore, l’investissement dans le collectif : la réalisation de projets, mais aussi l’implication dans la vie et la gestion de l’établissement.

    Des pistes d’action prioritaires

    Nous en avons déduit 9 pistes d’action très concrètes qui pourraient être engagées (pas toutes ensembles !) par un ou plusieurs établissements, une collectivité locale, etc. Tout en soumettant ces pistes et en invitant les acteurs de l’éducation à s’en saisir, nous ne pensons évidemment pas avoir défini à nous tout seuls l’avenir de l’éducation. Nous croyons avoir expérimenté une méthode originale et féconde pour y réfléchir, par-delà les idiosyncrasies de chaque système éducatif.

    Nous avons donc fait oeuvre utile si :

    • certaines des pistes que nous dégageons connaissaient un début de mise en oeuvre ;
    • d’autres groupes, dans nos pays et dans d’autres, mettaient en oeuvre (et amélioraient) la même méthodologie pour en tirer leurs propres conclusions.


     Sophie Fourquet-MahéoSophie Fourquet-Mahéo
     
    Serge POUTS-LAJUSSerge Pouts-Lajus
     Véronique RoutinVéronique Routin

     

    Le bilan de FuturEduc et la synthèse de celui-ci sont disponibles en ligne : reseau.fing.org/p/futureduc   / #futureduc
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    [1] Nous entendons ici le terme numérique au-delà de la technologie, nous nous intéressons globalement au phénomène technique (pour simplifier, l’informatique et les réseaux), cognitif (pour simplifier, la “data” comme support essentiel de la production d’informations, de connaissances et de décisions), social et culturel (formes de communication, de socialisation, d’expression, de travail...) et économique (au sens large, réunissant toutes les formes de coopération et d’échange).

  • Acte 1 – Pourquoi tout va changer

    Le système public français est soumis à de fortes tensions. On voit en particulier se développer les écoles alternatives (hors contrat) qui s’établissent sur des bases radicalement différentes de l’actuel système public. Dans ces écoles, ce ne sont plus les diplômes et les places aux concours qui sont visés. Il arrive d’ailleurs qu’en fin d’étude, les élèves sortant de ces écoles (exemple des Steiner) consacrent une année à préparer un diplôme ou un concours auquel ils ne peuvent pas encore se soustraire pour entrer dans la vie active.
    On sent que le système public craque de toutes parts, menacé de l’extérieur par des écoles alternatives qui prennent en charge l’insatisfaction des enfants, des jeunes et des familles.

    Acte 2 - Bascule

    La transformation radicale qu’implique la mise en place d’une école à la mesure de l’élève suppose une prise de conscience sociale globale et des responsables politiques qui conduira à des orientations nouvelles en matière d’éducation, à une réforme profonde du fonctionnement général du système éducatif.
    Cette prise de conscience est la conséquence d’une dégradation des performances de l’école et de l’insatisfaction que cela entraine chez les jeunes et leurs familles mais également au sein du monde économique. La perspective de mettre fin au système des diplômes et des parcours obligatoires provoque de fortes crispations.
    Pour que le changement puisse se faire, il faut redéfinir les finalités du système éducatif. Il ne s’agira plus de trier et de classer les jeunes selon leurs capacités et leur mérite (ou d’autres critères…) mais de permettre à chaque élève-étudiant de construire son propre parcours, de pouvoir l’interrompre et le reprendre à tout moment, tout au long de sa vie.

    Pour passer d’un système à l’autre, il faut mobiliser tous les acteurs de terrain et leur transférer des pouvoirs aujourd’hui détenus par l’infrastructure du système. Mais les oppositions à cette évolution sont si fortes que le dernier barrage ne cède que le 28 juin 2036 avec la suppression du baccalauréat…

    Communiqué de presse

    Ministère de l’Education Nationale – 1er Juin 2036

    Le 28 juin prochain aura lieu la dernière épreuve du baccalauréat. La suppression du bac a été rendue indispensable par la multiplication des lycées alternatifs que ne préparaient plus à l’épreuve et par les désaffections d’inscription que cela entraînait. Cette dernière mesure achève le processus de mise en continuité de l’éducation et de la formation tout au long de la vie. A partir de septembre 2036, le parcours scolaire de chaque élève sera numéroté à partir de l’année 1, première année de l’école, la première suivie de la deuxième, puis la troisième, etc. Sans limite.

    La pratique des badges qui s’est progressivement développée dans les écoles alternatives sera instituée pour tous. La liste des organisations susceptibles de délivrer des badges s’étend des établissements d’enseignement aux associations et aux entreprises. Les salaires ne seront plus déterminés par les diplômes qui disparaitront progressivement au profit des badges.
    D’ores et déjà, la suppression du bac est une source d’économie pour l’Etat. Le ministère de l’éducation nationale redéploie ses moyens sur la régulation du système des badges et la formation des enseignants, des accompagnants et la recherche.

    Chemin de transition

    La crise affecte le système éducatif. Le gouvernement et les collectivités territoriales réduisent les moyens, on manque d’enseignants de qualité. Les familles, les lycées manifestent leur mécontentement. A la fin du processus de dégradation, le bac est troublé par des grèves de professeurs qui refusent de corriger. Les jeunes sont tous autorisés à poursuivre leurs études dans le supérieur. Le bac devient un bac numérique (2021).

    Les écoles alternatives se multiplient. Aujourd’hui, il existe 700 écoles alternatives en France et il s’en crée 100 nouvelles chaque année. Des écoles sans notes qui fonctionnent en mode projet et tendent à ignorer les diplômes et les systèmes traditionnels de certification. Elles répondent mieux que les écoles actuelles et le système des diplômes à l’attente des jeunes et des familles.

    Parallèlement, l’éducation populaire et la recherche s’engagent de plus en plus dans l’action éducative. Pour ne pas parler d’Internet qui, depuis 15 ans, redistribue les moyens de transmission des savoirs.

    Sur le chemin de la transition, les chercheurs, les jeunes et les familles sont les acteurs clés du renouveau.

    Les écoles alternatives se développent sur le modèle du « lycée à la mesure des élèves ». Avec le bac numérique de 2021, plusieurs établissements publics mettent en place une nouvelle organisation et renouvellent leurs équipements numériques. Ils travaillent plus collectivement en mode projet, piloté par les élèves. Les établissements organisent des hackatons.

    Synthèse de la transition
    Le chemin de transition n’est pas un chemin tranquille mais grâce au sang-froid de ses responsables, il réussit à éviter le pire. Depuis 2016, le système éducatif traditionnel est cerné par un mouvement revendicatif du terrain qui se concrétise par la multiplication d’écoles alternatives. Le bac apparaît comme le point ultime de résistance. Il devient numérique en 2021 et disparait complètement en 2036. Pendant ce temps, l’ensemble des écoles alternatives convergent progressivement vers un modèle inspiré de « l’école à la mesure des élèves » inventé par un petit groupe d’activistes québecois issu du programme FuturEduc (Fing-Education & Territoires). Le passage de l’ancien au nouveau système s’opère au final de façon relativement paisible, à l’exception de quelques moments de tension forte autour de la réforme et finalement la suppression du bac.

  • Acte 1 - incarner cette vision

    Etape 1 : pourquoi tout va changer, qu’est ce qui change entre la situation d’aujourd’hui et celle du futur souhaitable ?

     

    Changement de statut, de posture, de culture

    • changement  du statut du chef d’établissement - il a une obligation de moyens. Il est le conducteur du bateau, il est le capitaine  

    • changement de posture de l’enseignant : accompagnateur plutôt que donneur de savoirs; faire avancer un groupe, le collectif et pas uniquement des individus

    • changement de posture des élèves : constructeur, producteur de savoirs (en particulier via les outils numériques)

    • changement de statut des enseignants : favoriser la mobilité des enseignants

    • change de culture : impliquer les parents et la communauté autour tout au long du parcours des élèves

    L’évaluation

    • L’évaluation par note souvent synonyme de compétition, comparaison. il faudrait voir la progression des élèves.

    • Comment s’auto-évaluer sans crainte d’être jugé ou de ne pouvoir passer ?

    • Définir en amont des objectifs à atteindre avec les élèves, les parents.

     

    Etape 2 : quel objet pour incarner cette école de l’autonomie?  

     

    Le tableau de bord individuel /collectif :

    - "individuel" : permet de suivre sa progression, ce qu’il faut revoir, comment s’y prendre pour y arriver, etc. Les datas au service de son parcours personnel d’apprentissage.

    Exemple de tableau de bord : sur le modèle par exemple du bullet journal, liste de tâches, des activités,... où je vais, comment j’y vais, où j’en suis, faire le point, m’évaluer, m’auto évaluer (sans jugement).

    Il manque les données sur la dimension de co construction, l’apport des autres.

     

    - "collectif" pour le pilotage du navire : des indicateurs tels que le climat de confiance, indicateurs plutôt révélant des actions, la collaboration entre professeurs, avec les parents;

    Le tableau de bord collectif pourrait permettre à l’échelle d’une ville/région de connaître les «spécificités» de chaque école en terme de compétences, de collaboration,…

     

    Ce tableau de bord pourrait être utilisé pour la formation tout au long de la vie. 

     

    D’autres éléments, objets qui ont été abordés pour cette école de l’autonomie :

    • Les parcours d'apprentissage

    Il n’y a plus de niveaux mais des parcours différentiés, individuels (pôle majeur-tronc commun, pôle mineur).

    • De nouveaux indicateurs de l’école autonome : le climat de confiance, la collaboration entre les professeurs, avec les parents,...

    • De nouvelles ressources

    Une personne dédiée à la relation entre l’intérieur de la vie de l’établissement (un mix de cpe, conseiller d’orientation et président de la fédération des parents d’élèves) et les parents. Cette ressource serait payée par la ville, ou la collectivité.

    • Les espaces

    - l’aménagement par type d’espaces - pour permettre le travail collaboratif et le travail individuel

    - intégrer des espaces de co-working dans les écoles pour que les parents puissent partager des temps avec les enfants

    - questions de la temporalité de l’école, les horaires

    - tension de la sécurité dès lors qu’on ouvre l’établissement

     

    Le communiqué de presse

    Paris, le 22 octobre 2035

    C’est le 10 millionième téléchargement de l’application « Polymathée », application de tableau de bord lancée en 2018 par Framasoft.

    Véritable tableau de bord qui permet à chacun de se former à tout âge, les qualités de “Polymathée” ne sont plus à prouver : plaisir à l’apprentissage, parcours personnalisé, épanouissement personnel mais aussi mise en valeur des compétences acquises tout au long des projets réalisés, en lien avec les besoins collectifs de l’écosystème autour des établissements scolaires.

    Le succès de Polymathée a déjà conquis le monde professionnel, il est utilisé depuis plus de 10 ans pour l’auto formation des médecins. La Poste a décidé d’officialiser l’adoption de cet outil à la demande des employés.

     

    ACTE 2 Le chemin pour y arriver

    Scène 1 Le moment qui permet de déstabiliser la situation actuelle

    Un mouvement citoyen initie le mouvement de changer l’école.

    Une assemblée de citoyens de tous âges se réunit une fois par semaine pour réfléchir à comment s'impliquer dans les parcours d’apprentissage des enfants.

    Il y a également une revendication importante de la part des élèves d’utiliser le numérique.

    Plusieurs rencontres sont organisées avec le Ministère pour les convaincre qu’il est urgent d’ouvrir l’école, en particulier pour participer à la construction des apprentissages.

    Une loi  est votée qui modifie les attributions des chefs d’établissement, qui ont dorénavant la tâche de conduire leur projet au sein de leur établissement.

     

    Scène 2 la crise et comment on la dépasser ?

    Les filières liées aux métiers de l’éducation se tarissent, il y a une crise des vocations, aucun débouché, aucune valorisation, aucune progression,...

    Le statut de fonctionnaire est supprimé et permet une mobilité professionnelle.

    Des passerelles - des formations courtes - permet à des professionnels de postuler comme professeur. Ils sont accompagnés par des référents professeurs pour aider les nouveaux enseignants.

     

    Scène 3 le dénouement

    La construction, l’élaboration des tableaux de bord

    avec la communauté éducative, quelles datas, quels indicateurs.

    Quelles données individuelles, collectives dans ces tableaux de bord ?

     

  • Communiqué de presse "imaginaire"

    Niort le 22 octobre 2035

    Dynamisation et fertilisation des talents à Niort : la communauté du collège Saint-Exupéry recrute son jardinier des talents

     

    Depuis 5 ans la communauté Saint-Exupéry organise et fait fructifier la diversité des compétences sur le bassin de vie du Niortais. Ainsi, elle est impliquée dans le développement économique, citoyen et artistique du territoire.

    Afin de garantir cette qualité d'écoute et de prospective, la communauté recherche son nouveau jardinier des talents de son collège.

     

    Missions du jardinier des talents :

    • Organiser, animer, développer la relation entre la communauté éducative et le territoire

    • Définir le portefeuille de compétences présents et à venir à l'échelle du bassin de vie en dialogue avec l'animateur de la communauté enseignante et le stimulateur de talent.

    • Il manage l’équipe d’incubateurs de talents (enseignants et professionnels), Il assure l’animation et l'orientation de l'établissement.

    Compétences et expérience attendues :

    #prospective et stratégie

    #comprendre et analyser les besoins du territoires

    #piloter et animer une équipe

    #dynamisation du dialogue école-territoire

     

    Les étapes pour y arriver :

     

    1. Le ministre du Travail et le ministre de l’Économie s’accordent sur une politique d’ouverture du monde professionnel à l’école. Désormais tous les acteurs professionnels de l’entreprise et du monde associatif doivent s’impliquer dans l’école ; chaque entreprise ou association doit libérer 10% du temps de son personnel, soit 2h par semaine pour cela. Cela entraîne un afflux massif de personnel supplémentaire vers l’école, que celle-ci doit accueillir, former (pédagogie notamment). De nouvelles compétences émergent, des parcours différenciés sont proposés, et de nouveaux talents apparaissent chez les apprenants.

       

    1. Crise : trop de besoins locaux ne sont pas identifiés et donc non satisfaits.

    Du côté du territoire : obsolescence des compétences, non réponse aux besoins communautaires, l’école ne joue pas le jeu du territoire.

    Du côté de l’école : désorganisation du système, absence de ligne directrice, école à plusieurs vitesse, manque de moyen.

    La situation se dégrade sur le territoire, le corps enseignant se met en grève. La réponse à cette situation de crise est la définition d’un nouveau management des établissements scolaires et d’un ancrage local.

     

    1. Différentes fonctions de management/encadrement de l’école sont définies qui garantissent l’ouverture de l’école sur le bassin de vie et le territoire et facilitent l’engagement de la communauté éducative. Plusieurs postes sont créés :

      • Un poste dans l’école ouvert sur le territoire : Le jardinier des talents (cf. descriptif du poste dans le communiqué de presse)

      • Un poste dans l’école tourné vers les élèves : stimulateur de talents

    Ce poste correspond à l’ancien conseiller d’orientation, mais il est dorénavant positionné différemment et engagé au service de la réussite des élèves dans une fonction de coach

      • Un poste dans l’école tourné vers les profs : RH

    Ce poste correspond à celui d’un responsable des ressources humaines

     

    Un autre poste (qui n’est pas de management) fait le lien entre les enseignants et le ministère : celui de l’inspecteur d’académie, qui devient un animateur au service de l’enseignant, de la valorisation et de la documentation de ses pratiques pédagogiques.

  • La Fing et Éducation et Territoires organisent un atelier d'actions prioritaires à partir de 3 visions de l'école pour tous à l'ère numérique mercredi 25 mai 2016 de 14h à 17h30 à l'EdFab (nouveau nom de Educalab), Maison des sciences de l'Homme à Saint-Denis. Quelles actions de transformation engager dès aujourd'hui ? Quels chemins de transition du système éducatif emprunter ?

    Visions de l'école à l'ère numérique point de départ de l'atelier :

    • L’école engageante et ouverte : l’école propose de généraliser la démarche projet comme une nouvelle entrée du savoir où l’élève s’engage selon ses envies et ce qu’il apporte au collectif projet.
    • L’école de l’autonomie : L’autonomie, comprise comme la capacité à mettre ses compétences aux services d’un groupe et à prendre sa part dans le projet commun, est la valeur cardinale de cette école. Le système éducatif proposé fournit à chaque élève les instruments les plus sophistiqués de contrôle et de pilotage de ses apprentissages.
    • Le lycée à la mesure des élèves : les lycéens assistés de leurs professeurs, décident ensemble de leurs parcours, c’est la fin des diplômes. Ils organisent leur parcours avec des temps d’apprentissage en ligne, des choix d’approfondissement et des savoirs à la demande.

    Participer

    L'inscription est gratuite mais nécessaire pour accéder à l'atelier
    >> Inscription en ligne <<

    Le projet FuturEduc s’intéresse à l’école pour tous à l’ère numérique en 2035 : construire de nouveaux imaginaires collectifs et proposer des actions concrètes pour transformer l’école.

    Lancé en juin 2015, il réunit trois communautés locales en Suisse, au Canada et en France composées de chefs d’établissement, professeurs, ingénieurs pédagogiques, chercheurs. 
    reseau.fing.org/futureduc #futureduc

     

  • Le mercredi 6 avril dernier, un atelier Codesign s'est tenu au Carrefour Numérique de la Cité des sciences et de l'industrie afin de rendre concrètes les pistes de transformations de l'école pour tous, élaborées dans le cadre de FuturEduc. A partir de trois "Visions Partagées" issues des échanges avec les trois groupes locaux, la communauté élargie, composée entre autres d'enseignants, de designers, de chercheurs, etc, a travaillé à la création d'espaces, d'objets 2D ou 3D, de services, etc.

    Un grand merci aux participants et au Collectif Bam qui nous a accompagné ! 

     

    Vision Partagée 1 : L'école engageante et ouverte

    Le cheminement du groupe raconté par l'animateur

    • Étape 1 : Nous avons étudié la fiche descriptive du projet : "L’école engageante et ouverte". Les participants ont directement émis plusieurs idées autour de la construction d’un projet (comme les FabLabs), à partir de la relecture de la fiche. "L’école engageante et ouverture" nous a fait pensé au fonctionnement des Beaux Arts qui offre à ses étudiants des ateliers (bois, métal, etc) pour mener leurs projets en toute autonomie, mais aussi au TechShop (gros fablab à Ivry sur seine) qui propose des formations (donc avec des formateurs) pour apprendre des savoirs-faire, etc.

    • Étape 2 : Vu les difficultés de mon groupe sur les questions d’engagement et d’ouverture, j’ai laissé 20 minute d’icebreaker pour se chauffer, et émettre plusieurs idées, du type : "Les élèves et les profs sont engagés socialement ou collectivement dans un projet ? L’école ouverte est-elle ouverte sur l’extérieure et/ou entre différents établissements scolaires ? etc."

    • Étape 3 : Après ces deux étapes, l’ensemble du groupe était ok pour construire un lieu dans lequel les élèves apprennent des savoirs (savoir-vivre, savoir-faire, etc). Mais nous étions bloqués sur l’idée du FabLab dans les écoles. Un des participants du groupe a alors proposé de sortir du côté maker (il se sentait frustré de retomber sur ce type d’idée). Il proposa donc de faire un espace dédié, non-plus au bricolage (comme la plupart des FabLabs), mais à la cuisine. Nous avons effectué un transfert… et surtout changé l’intitulé du sujet, qui n’est plus "l’école engageante et ouverte" mais "la cuisine engageante et ouverte dans les écoles". Très vite, plusieurs idées ont émergés.

    • Étape 4 : Nous avons d’abord réfléchis à un FoodTruck avec lequel les élèves pourraient apprendre toute la chaîne autour de l’alimentation. Les élèves et professeurs construisent ensemble cet objet. le groupe a remarqué ensuite que l’idée du Foodtruck est un projet inscrit dans un ensemble de projet, c’est en quelque sorte un sous-projet. Avec le FoodTruck, on peut apprendre la distribution et la vente mais ce n’est pas un objet avec lequel les élèves peuvent apprendre toute la chaîne autour de l’alimentation (comme l’agriculture). À partir de ce constat, nous sommes revenus à l’idée d’un espace, à notre cuisine.

    • Étape 5 : Nous avons cartographié toute la chaîne autour de l’alimentation. Grâce à ce schéma (cercle vertueux de l’alimentation), nous avons pu définir plusieurs territoires de projet au sein même de l’espace. Ces territoires sont : l’agriculture et l’élevage > la transformation des aliments > la préparation (cuisine + stockage) > l’expérimentation (le laboratoire + recherche de recettes) > la fabrication d’ustensiles > la dégustation (+ art de la table) > la vente ( + distribution, marketing) > le recyclage des déchets. Nous avons remarqué très vite que plusieurs projets peuvent être initiés et menés facilement par les élèves et les profs au sein de ces territoires.

    • Étape 6 : Le groupe, qui a cet étape de l’atelier était suffisamment autonome pour trouver des idées au sein de ces territoires, je suis parti découper plusieurs morceaux de cartons pour passer à l’étape de maquettage. Chaque morceau de carton représente un établissement scolaire (maternel, primaire, collège, lycée). Un morceau était dédié à l’espace que nous voulions concevoir. En revenant, nous avions décidé que cet espace devait se trouver, non pas dans un établissement scolaire mais en périphérie de tous les autres (connecté et à l’intersection de la maternel, du primaire, du collège et du lycée).

    • Étape 7 : Nous sommes donc passés à l’étape de maquettage. Nous avons installé les 8 territoires au sein de l’espace. Premier problème, qu’est ce qu’on fait dans ce lieu ? Les élèves et les profs peuvent initiés et menés plusieurs projets au sein de chaque territoire, en apprenant différentes formes de savoir (savoir-theorique, savoir-pratique, etc). Le programme scolaire est intégré au sein de chaque territoire : les élèves peuvent apprendre les cours de technologie avec le territoire "Fabrication d’ustensile" ou bien les cours de géographie avec le territoire "agriculture". Ce sont donc des cours appliqués. Un des participants a insisté sur l’importance de mettre en parallèle avec le programme, pour la solidité du projet. Toutes les matières sont présentes au sein de cet espace. Deuxième problème, comment fonctionne le lieu ? Quels sont les règles d’usage ? Nous avons réfléchi à un système de badges pour motiver les élèves et les professeurs, mais aussi pour installer une certaine autonomie au sein de l’espace. Les élèves gagnent les badges des territoires (un peu comme chez les scouts), ils peuvent alors gagner 8 badges maximum. Nous retrouvons donc le badge "agriculteur", "transformateur", "préparateur", "chercheur", "bricoleur", "testeur", "vendeur", "recycleur". Les badges sont gagnés lorsqu’on réussit un territoire. Ce sont "les badgés" qui valident si l’étape est réussite ou non (ils apportent aussi des conseils au futur badgé). Les profs peuvent aussi gagnés des badges avec le même système. Les profs sont les coachs, ils animent l’espace et gèrent le suivi de leurs élèves (en les aidant dans leurs parcours). Certains coachs professionnels (cuisinier, boulanger, etc) ou experts/amateurs (parents d’élèves, etc) peuvent intervenir au sein de l’espace. Au sein de cet espace, tout le monde est concerné par le système de badge (élèves, profs, pros, experts/amateurs). Un totem présente les règles de l’espace (règles attribution des badges, organisation de l’espace en territoires, règles de vie, etc) mais aussi une sorte de trombinoscope qui présente tous les individus connectés au lieu. Ce trombinoscope permet d’avoir un suivi, de connaître les badgés (pour les rencontrer et apprendre de nouveaux savoirs), prendre connaissance des projets en cours, etc…

    • Étape 8 : Nous arrivons à la fin de l’atelier, et beaucoup de points sont encore à traiter, dont un particulièrement : les différentes interactions entre les différents établissements scolaires. Évidement, l'élève de maternelle n’a pas la même expérience que l’étudiant du lycée, mais ils vont se rencontrer et échanger dans cet espace. Comment alors faciliter ses échanges ? Comment faire rencontrer les programmes de chaque établissement au sein de cet espace ? Comment faciliter les interactions entre les établissements dans cet espace ?… bref, comment créer engagement et ouverture ?

    Restitution L'école engageante et ouverte (ouvrir Vidéo_aatelier6042016_futureducbd.mp4, 40.36 M)

     

    Vision Partagée 2 : L'école de l'autonomie

    Le cheminement du groupe raconté par l'animateur

    • Étape 1 : Nous avons dans un premier temps regardé collectivement la fiche vision, qui a soulevé quelques désaccords avec l’orientation de la vision (notamment les salles informatiques de travail ou la temporalité fixe).

    • Étape 2 : L’autonomie étant définie comme “être actif”, “être sollicité”, le groupe a pointé la nécessité de proposer des espaces disséminés et modulables, de permettre à l’élève de construire son parcours et de définir sa temporalité et sa progression lui-même. Des besoins ont commencé à être listé. En bref, laisser une plus grande marge de liberté à l’apprenant avec possibilités d’ajustement.

    • Étape 3 : A la fin de la phase de brainstorming deux orientations se dessinaient : l’une portait sur les espaces d’apprentissage et l’autre sur l’interface accompagnant l’apprenant. Ces deux orientations gardaient en tête le “faire collectif” malgré la dissémination ou l’individualisation. L’équipe s’est scindée en deux groupes.

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    Les deux groupes ont travaillé en parallèle durant le temps restant :

    • Étape 4A : Début du maquettage pour l’équipe travaillant sur l’espace, ils ont tout de suite commencé à penser en volume sous forme de maquette papier. Ils ont défini les composants de l’espace, comme notamment un espace “agora” pour que l’apprenant choisisse son projet en début de journée.

    • Étape 5A : Les pions ont rapidement été découpés pour voir les déplacements dans les différents espaces qui commençaient à s’articuler.

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    • Étape 4B : Le groupe travaillant sur l’interface a commencé par un temps de discussion pour définir la ou les fonctionnalité-s principale-s de l’application accompagnant l’élève. L’interface devait être conçue comme un espace dans lequel on navigue, et non comme un agrégat d’informations (du type mes badges, mes cours, mes lieux d’apprentissage, etc.). Cette interface définie dans la fiche vision comme un tableau de bord n’a pas été renommée, puisque le tableau de bord évoque en même temps le lieu à partir duquel un marin dirige son navire et d’où il peut contrôler l’état du navire. C’est sur cette métaphore que le travail s’est basé. Il s’agit d’un outil de visualisation du cheminement de l’apprenant (comment les données sont agrégées et rendues visibles ?), mais aussi d’un outil pour dialoguer, partager, et débattre (cf les compétences sociales).

    • Étape 5B : En se servant des templates pour tablettes, l’équipe a déterminé les composants de l’application en projetant son utilisation dans la durée : du début d’un projet à son achèvement (comprenant évaluation et partage).

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    • Étape finale : Cette étape, si le temps nous l’avait permis, aurait été de confronter l’interface et l’organisation spatiale afin qu’ils évoluent ensemble.

      

    Vision Partagée 3 : Le lycée à la mesure des élèves

    Le cheminement du groupe raconté par l'animateur

    Par rapport à une école sur mesure et sans diplôme nous avons mis en avant la nécessité de savoir où aller, d'où on part et par quels compétences nous y arrivons. La métaphore du chemin et du voyage a été beaucoup utilisée ("rebrousser chemin", "faire un bout de route ensemble", "cartographie des transports", "prendre une correspondance", "étapes") pour permettre à chacun de cartographier ses compétences, savoir où il va passer et les prochains villes étapes.  Nous nous sommes divisés en deux groupes, l'un avec un regard micro, l'autre plus macro.

    Le micro : Nous avons défini 2 types d'élèves. L'un, le "tout droit" sait exactement ce qu'il veut faire même un peu trop. L'autre ne sait pas encore et ne trouve pas l'envie dans l'école. Le prof lui est vu comme une boussole, il va chercher les envies de chacun et l'orienter vers des compétences possibles. Nous avons ensuite élargi la notion d'école et d'apprentissage en dehors des murs du lycée avec une map qui parlait à la fois des temps insitu (dans le lycée) que hors les murs (associations par ex) on encore d'un côté des temps en groupe et de l'autre des temps individuels. Le prof et une personne supplémentaire (extérieure à l'école) font en sorte de faire communiquer envie/passions extérieures avec ressources de l'école pour faire développer des ressources cachées. 

    Restitution Le lycée à la mesure des élèves (ouvrir lycéeàlamesurebd.mp4.mp4, 42.06 M)

     

     

     

  • Les groupes Canada, France et Suisse, composés de directeurs d’établissement, professeurs, experts pédagogiques ont convergé vers trois visions partagées de l’école à l’ère numérique :

     

    L’école engageante et ouverte [groupe France] : l’école propose de généraliser la démarche projet comme une nouvelle entrée du savoir où l’élève s’engage selon ses envies et ce qu’il apporte au collectif projet.

     


    L’école de l’autonomie
     [groupe Suisse] : l’autonomie, comprise comme la capacité à mettre ses compétences aux services d’un groupe et à prendre sa part dans le projet commun, est la valeur cardinale de cette école. Le système éducatif proposé fournit à chaque élève les instruments les plus sophistiqués de contrôle et de pilotage de ses apprentissages.


     

    Le lycée à la mesure des élèves [groupe Canada] : les lycéens assistés de leurs professeurs, décident ensemble de leurs parcours, c’est la fin des diplômes. Ils organisent leur parcours avec des temps d’apprentissage en ligne, des choix d’approfondissement et des savoirs à la demande.

     


    Le 6 avril l’atelier de co design consistait à imaginer des services, des applications à partir de ces visions; des designers entourés de la communauté élargie de FuturEduc se sont retrouvés au Carrefour Numérique de la Cité des Sciences. Un compte rendu sera publié très prochainement.

     

     

    Prochaine étape : réserver votre après-midi du 25 mai pour élaborer ensemble les actions prioritaires.

  • Projet présenté par le groupe Canada

    Quoi
    Les lycéens assistés de leurs professeurs, décident ensemble de leurs parcours.

    Dans les paramètres imposés par le ministère de l’Éducation, les projets proposés doivent inclure du financement participatif. Ce financement participatif pourrait servir à soutenir un projet de nature personnelle que chaque élève devra réaliser pendant son parcours.

    Pourquoi
    Le temps revêt une importance capitale pour eux et ils ne veulent plus en perdre dans des cours où ils n’apprennent pas suffisamment, condamnés à suivre la cadence du groupe.

    Comment
    Ils proposent qu’une part de leurs apprentissages, particulièrement ceux qui concernent l’acquisition de connaissances, soient faits en ligne, par l'entremise du numérique.
    Ils souhaitent également pouvoir apprendre davantage dans les matières où ils sont plus avancés et consacrer plus de temps avec les enseignants des matières pour lesquelles ils ont de la difficulté. Ils aimeraient également pouvoir suivre des cours qui ne se donnent pas au secondaire: astronomie, physique quantique, sociologie et psychologie, entre autres.

     

     Eléments du "système école"
    Que se passe-t-il ?
    Cursus/ programme
    • socle commun à son rythme
    • savoirs en fonction de la demande : astronomie, physique quantite,....
    Espace(s) d’apprentissage
    • un espace de publication/partage de l’élève : ses productions, ses compétences acquises, ses évaluations, sa capacité à communiquer cela...
    • dissémination des espaces d’apprentissages
    Evaluation des élèves
    • les acquis sont évalués au fur et à mesure (fin des “classes-niveaux”)
    • VAE(Validation des Acquis de l’Expérience) pour tous
    • Badges qui évaluent tant les savoirs, que les savoir-faire
    Temps

     

    • “vraie” formation tout au long de la vie
    • rythme personnel sur le temps long

     

     
    Organisation /gouvernance/ pilotage

    • le ministère dédié à l’éducation s’occupe plutôt de logistique, RH, et du socle commun (lire, écrire, compter, pas de grand “comité de programme”)
    • nouvel acteur spécialisé apparaît : certifieur de certificat (besoin de standards)
    • la demande de prof est définie par la demande (pour de vrai, si plus personne ne fait de latin, il n’y a plus de prof de latin),
    • il y a une gestion des matières rares online
    • les établissements fonctionnent en réseau

    Comment ce dispositif très concurrentiel produit plus d’égalité des chances ?

    Objets pédagogiques
     numériques

    • Badges certifiants
    • Portfolio de compétences
    Autres
     
    • Le Chef d’établissement va gérer l’offre et la demande (agenceur, n’a pas le droit de délivrer n’importe que l badge, s’il ne peut lui-même le délivrer, il peut éventuellement passer un contrat avec un tiers susceptible de le délivrer à distance)
    • Les acteurs locaux (publics & privés) vont contribuer à définir une partie des badges

     

  • Projet présenté par le groupe Suisse
     
    Vision
    Le système éducatif proposé fournit à chaque élève les instruments les plus sophistiqués de contrôle et de pilotage de ses apprentissages. Mais l’ingénierie pédagogique sur laquelle il s’appuie est avant tout basée sur la coopération et les projets collectifs. L’autonomie, comprise comme la capacité à mettre ses compétences aux services d’un groupe et à prendre sa part dans le projet commun, est ainsi la valeur cardinale de cette école.

    Pourquoi
    L’éducation doit être individualisée : elle doit répondre aux besoins spécifiques de chaque enfant et lui permettre d’exprimer et de cultiver ses talents propres. Mais l’éducation est aussi une préparation à la vie sociale. Les compétences sociales sont parmi les plus importantes que chacun doit acquérir. Or, ces compétences ne peuvent s’acquérir autrement que par la pratique, dès le plus jeune âge.

    Comment
    L’école de l’autonomie s’appuie sur des moyens numériques sophistiqués de suivi et d’évaluation qui permettent tout à la fois de suivre et d’orienter les parcours individuels ainsi que les avancées des projets collectifs.
    Eléments du "système école"
     
    Que se passe-t-il ?
    Cursus/ programme
    • Le curriculum (ensemble de savoirs et de compétences) est défini par l’école et par le système éducatif dans lequel elle s’inscrit. Il est le cadre imposé dans lequel chaque élève va devoir définir ses buts et sa progression.
    Évaluation des élèves
    • L’évaluation formative continue occupe une place centrale. C’est une évaluation individuelle. Elle est basée sur un logiciel sophistiqué, un tableau de bord, qui enregistre l’ensemble des activités, les performances, les réalisations et évalue en permanence la trajectoire d’apprentissage de l’élève en la confrontant aux buts qui lui ont été fixés initialement.
    • L’évaluation est également une évaluation diagnostic, capable de formuler des recommandations à l’élève, soit sous forme d’exercices de remédiation (type adaptive learning), soit sous forme de prescriptions d’activités (participations à des projets, particuliers, etc.).
    Espace(s) d’apprentissage
    • Des salles informatiques pour le travail individuel, l’accès à son tableau de bord, la pratique des activités individuelles d’apprentissage et de remédiation ;
    • Des salles de travail en petits groupes pour la réalisation des projets
    Temps

    La plus grande partie du temps (2/3 par exemple) est consacrée aux travaux des groupes et à l’avancée des projets. L’autre partie est dédiée au travail personnel prescrit par le tableau de bord. Une partie de ce travail peut se faire en dehors de l’école. Les horaires de présence sont imposés pour les plus jeunes et s’assouplissent progressivement. Le logiciel de suivi peut être prescriptif pour la présence et la participation aux projets.

     
    Organisation /gouvernance/ pilotage
    Les écoles sont autonomes (elles aussi !) mais elles sont tenues (par un contrat contraignant) de respecter le curriculum. Elles conçoivent leurs projets et mettent en place leur organisation pour satisfaire les objectifs fixés par le curriculum avec les résultats attendus. Chaque école est gouvernée à partir d’un tableau de bord de l’organisation qui reprend les données de l’ensemble des tableaux de bord des élèves et fournit une représentation des progressions, effectue un diagnostic en continu de la situation de l’école.
    Objets pédagogiques numériques 
     
    L’école s’appuie sur un système d'information global qui gère les tableaux de bord individuels, les travaux des groupes et le pilotage de l’établissement. Au niveau des apprentissages individuels, le système dispose d’un accès à des banques d’activités pédagogiques de type « adaptive learning » qui exploite non seulement les données de l’établissement mais celles des autres écoles connectées au même réseau.
    Enseignants
    Il n’y a plus d’enseignants-experts à proprement parler. L’encadrement des élèves est assuré par des moniteurs, accompagnateurs, conseillers, facilitateurs avec de multiples valences : pédagogique, technique, psychologique, sociale, etc. Généralisation du tutorat : tutorat élève et tutorat groupe.

     

  • Quoi
    L’école n’est plus un sanctuaire mais ouverte sur la vie, le monde économique et social. Elle offre désormais un jour par semaine, consacré à la création et la réalisation de projets qui mobilisent la communauté éducative et le monde professionnel.

    Pourquoi
    La société est impliquée dans l’éducation à travers des projets qui lui servent. La communauté éducative se compose non seulement du personnel éducatif de l’établissement mais aussi de l’environnement autour, parents, acteurs professionnels du territoire.

    Comment
    L’école propose de généraliser la démarche projet comme une nouvelle entrée du savoir où l’élève s’engage selon ses envies et ce qu’il apporte au collectif projet.
    Les élèves sont coachés par deux personnes (un enseignant et un professionnel). Il y a un collectif de coach, révélateurs de talents qui s’engagent pour une période donnée à accompagner les élèves à révéler leur “talent”, savoir faire, savoir être, de les aider à “se qualifier” vis à vis du collectif.
    Les classes sont décloisonnées, les élèves choisissent leur projet, quelque soit l’âge, niveau scolaire. L’évaluation des élèves pour les projets se fait par les pairs.
    Les espaces d’apprentissage sont disséminés sur le territoire, à l’intérieur ou à l’extérieur des établissements. Chaque élève dispose d’un environnement personnel d’apprentissage (accumulation de matériaux qui va devenir connaissance); ce dernier le suit tout au long de son parcours d’élève. Il permet également aux coachs de suivre l’élève dans le cadre des projets.
    Les projets sont documentés et publiés en Creative Commons. L’école récupère la base de connaissance (ce qu’ils ont appris dans les projets, les tutoriaux,...jusqu’à partager les bénéfices d’un projet qui pourrait être développé par un acteur professionnel.

    Eléments du "système école"
     
    Que se passe-t-il ?
    Cursus/ programme
    • socle commun / savoirs techniques , compétences professionnelles pilotées par l’extérieur
    • ces savoirs techniques s’acquièrent par l’expérience terrain, dans le monde professionnel mais aussi dans la vie
    • la démarche projet est généralisée comme entrée du savoir et l’èlève, acteur, s’engage dans les projets selon ses envies et ce qu’il apporte au collectif
    Évaluation des élèves
    • évaluation par les pairs (les groupes projets sont hétérogènes)
    • qualifier le rôle de chacun dans le projet
    Espace(s) d’apprentissage
    • espace Tiers pour les projets (à l’intérieur ou à l’extérieur des établissements)
    Temps
    •  un temps dans la semaine consacré au projet, basé sur l’engagement de l’élève
     
    Organisation /gouvernance/ pilotage
    • projets proposés par la communauté éducative et monde professionnel; le chef d’établissement cherche les partenariats avec institutions et monde professionnel
    • partenariats du ministère (encore chargé des prof., du programme,...) avec des acteurs tiers
    • échelle des collectivités territoriales pour organiser les partenariats avec les lieux de co éducation
     
    Objets pédagogiques numériques
    • chaque élève dispose d’un environnement personnel d’apprentissage (accumulation de matériaux qui va devenir connaissance)
    • les pratiques qui font collectif : de type fablab, outils collaboratifs
    • outil de gestion, logistique,..
    Élèves
     
    • constitution de collectifs/groupes, plusieurs niveaux de compétences par groupe
    Enseignants
    • des enseignants par discipline
    • le coaching des élèves est réalisé par un professeur et une personne extérieure
    Autres
     
    • les parents s’engagent dans la communication de leur métier et peuvent être coach

     

     

     

  • La Fing et Éducation et Territoires organisent un atelier de création de services, interfaces et objets. Il s'agira de rendre concrètes des pistes de transformations de l’école pour tous, élaborées dans le cadre du projet FuturEduc.

    Rendez-vous le 6 avril de 14h à 17h30 au Carrefour numérique de la Cité des sciences et de l'industrie.

     

    Nous serons accueillis dans les locaux de la classe numérique du Carrefour numérique de la Cité des sciences et de l’industrie, niveau -1, 30 avenue Corentin Cariou, Paris. Les portes du Fab lab seront également ouvertes pour nous permettre de passer à la réalisation. Les designers du collectif BAM nous accompagneront dans cet atelier. 

     

    Participer

    L'inscription est gratuite mais nécessaire pour accéder à l'atelier
    Inscription en ligne

    Le projet FuturEduc s’intéresse à l’école pour tous à l’ère numérique en 2035 : construire de nouveaux imaginaires collectifs et proposer des actions concrètes pour transformer l’école. Lancé en juin 2015, il réunit trois communautés locales en Suisse, au Canada et en France composées de chefs d’établissement, professeurs, ingénieurs pédagogiques, chercheurs. 

    reseau.fing.org/futureduc #futureduc

  • Scénarios extrêmes FuturEduc

    Une école par projets Scénario Extrême pour l'école en 2035, groupe FuturEduc Suisse

    La réalité virtuelle est parfois décriée à cause du risque de déconnexion qu’elle représente chez les accrocs du jeu. Et si on utilisait cela pour faire l’inverse : introduire plus de réalité dans l’école, souvent décriée comme lointaine des besoins professionnels et des compétences nécessaires dans la « vraie vie ».
     

    Constat
    L’enseignement est marqué par des structures disciplinaires. Chaque branche a son « programme », qui traite de questions abstraites pour elles-mêmes. Dans la réalité, les choses ne se présentent jamais de cette manière. Toute question fait forcément appel à un réseau complexe de compétences et de questions qui dépassent ces barrières disciplinaires.

    Les tensions 

    On peut ainsi mettre en évidence des tensions liées à un tel projet :

    • Maîtriser les apprentissages de connaissances et de compétences nécessite une structure claire ; mais le découpage disciplinaire traditionnel réalise cet objectif en créant des espaces très artificiels : les branches scolaires. Il faudrait pouvoir dépasser cela tout en gardant une bonne maîtrise des cursus d’apprentissage et de leur cohérence ;
    • L’école peine à offrir un cadre proche du réel pour réaliser ses apprentissages. D’une part, des stages sont difficiles à organiser dans un contexte réel où la pression de la performance ne laisse pas assez de place au tâtonnement de l’apprentissage. D’autre part, la réalité scolaire rend difficile l’évaluation d’une démarche complexe et globale des apprenants.

    Le scénario 
    Le suivi scolaire peut être fortement amélioré par les outils informatiques. Ils permettent d’enregistrer des démarches et des résolutions de problèmes complexes en sériant les difficultés rencontrées par les apprenants et en proposant des ressources adaptées aux problèmes rencontrés. Le scénario imagine de tels algorithmes qui accompagnent les élèves et les enseignants dans des démarches aussi complexes qu’ouvertes. Les élèves conservent dans ce scénario un certain nombre de séquences classiques d’apprentissage. Cela vaut particulièrement pour l’apprentissage de connaissances importantes. Mais l’école mêle ce type d’activités à des cours blocs où il s’agit de gérer des problèmes complexes sous la forme de jeux de rôles et de projets – blocs durant une semaine. La réalité virtuelle vient donner corps aux activités proposées. L’environnement virtuel généré rejoint en fait une représentation de la réalité professionnelle de manière à immerger l’élève dans une problématique la plus vraisemblable possible.

    Que se passe-t-il dans les espaces physiques ? 
    La classe et la salle de classe éclatent, de même que le cours. La réalité virtuelle prend le pas sur la réalité physique, du moins durant ces séquences visant à s’immerger dans des situations complexes pour réaliser un projet.

    Que se passe-t-il dans le curriculum ? 
    [Le curriculum mêle des apprentissages traditionnels et des activités blocs. Gérer la réalité des compétences développées et des connaissances acquises dans ce type de cursus est très complexe. Il faut faire appel à des algorithmes informatiques pour piloter le processus d’apprentissage et permettre aux enseignants de soutenir les élèves.

    Que se passe-t-il chez les professeurs ? 
    [Le rôle du professeur est très différent d’une certaine représentation traditionnelle actuelle. En effet, les problèmes étant globalisés, le professeur ne peut plus rester à un rôle d’expert d’une discipline ou d’une branche. Il doit avoir un regard plus large et agit en fait plus comme un coach, accompagnant les parcours individuels des élèves et leur donnant des conseils.

  • Scénarios extrêmes FuturEduc

    École centrée sur l’élève Scénario Extrême  pour l'école en 2035

     

     

    Ce scénario a été construit à partir de la question « comment (re)construire l’école avec l’aide des nouvelles technologies pour la centrer sur l’élève ? ». Centrer l’école sur l’élève ne veut pas dire qu’il s’agit d’accéder à toutes les attentes de chaque élève, mais qu’une forme de différenciation doit permettre d’élaborer une démarche prenant en compte ces attentes… fussent-elles irréalistes. Le scénario s’est concentré sur des élèves de l’école primaire. Il nous semble en effet que les réponses doivent être fortement différenciées suivant le niveau de développement psycho-affectif de l’élève. En effet, une tension entre standardisation et individualisation existe dans ce domaine, dont le point d’équilibre dépend largement du degré d’autonomie de l’élève.

    Constat 

    Dans l’enseignement primaire suisse, chaque enseignant est responsable unique d’une classe durant l’ensemble d’une année scolaire. Cette organisation permet de développer un lien affectif fort entre les élèves et leur enseignant, ce que nous considérons comme très positif vu l’âge des élèves.

    On voit cependant apparaître aujourd’hui des intervenants complémentaires pour gérer des aspects spécifiques (dyslexie, problèmes de comportement, etc.). L’articulation entre ces divers intervenants n’est pas toujours aisée ni cohérente. De plus, les intervenants spécifiques ne s’adressent qu’à certaines catégories d’élèves pour des problématiques particulières. Or, chaque élève est différent et chaque élève gagnerait à bénéficier d’une adaptation spécifique d’une part d’enseignement à ses aptitudes, son caractère, sa personnalité…

    L’organisation scolaire a créé cette structure de « une classe – un horaire - un enseignant – un lieu » parce qu’elle permet la gestion d’un établissement lorsque cette dernière utilise des outils classiques (et manuels). Les outils informatiques modernes permettent cependant aisément de dépasser de tels schémas d’organisation.

    Les tensions

    On peut ainsi mettre en évidence des tensions liées à un projet « école centrée sur l’élève » :

    • Multiplier les intervenants risque de casser le lien affectif privilégié de l’élève avec un enseignant, lien qui nous paraît essentiel pour des enfants encore jeunes ;
    • Construire des apprentissages où la différenciation devient la règle (et la standardisation l’exception) nécessite de l’enseignant qu’il modifie profondément son rôle vis-à-vis des élèves et sa représentation du métier ;
    • Le développement d’outils spécifiques pour soutenir une pédagogie fortement différenciée nécessite des impulsions et des ressources fortes de la part des services publiques.

    Le scénario

    Un enseignant doit demeurer le référent fort de l’enfant. C’est lui qui l’accompagne durant toute une année scolaire dans la planification de ses apprentissages et dans les séquences d’enseignement communes à un groupe d’élèves. Ces activités partagées ont pour fonction de conserver à l’école le développement de la socialisation et aussi de donner des points de repères communs participant des attentes de la société.

    L’enseignant effectue un important travail d’organisation, de coordination et de suivi différencié. Il bénéficie pour cela d’outils informatiques performants afin de coordonner les activités des élèves avec l’ensemble des acteurs de l’institution et aussi pour proposer des séquences d’apprentissage qui s’adaptent au rythme et au niveau de l’élève. L’emploi du temps de l’élève est structuré par un plan de journée / de semaine individuel fixé par l’enseignant. Cet emploi du temps évolue en fonction des réalisations et des retours de l’élève.

    Divers types d’intervenants pédagogiques collaborent dans la structure scolaire, coordonnant efficacement les offres en fonction des moyens et des besoins. Ils sont des ressources à disposition des enseignants pour répondre à des problématiques spécifiques : traitement de la dyslexie ou de problématiques de ce type – soutien dans le cadre de groupes qui peinent à dégager une dynamique de travail positive – porteurs de séquences d’apprentissage spécialisées – répétiteurs et soutiens pour des élèves en difficulté sur un sujet donné - etc.

    Divers types d’outils sont à disposition de l’enseignant pour différencier les apprentissages. Des banques d’exercices, des outils d’auto-apprentissage (par exemple dans le domaine des langues étrangères), des jeux permettant de répéter certaines notions clés, des évaluations autocorrectives, etc.

    Que se passe-t-il dans les espaces physiques ?

    L’élève conserve une salle de classe, qui offre un point d’ancrage et sert de repère. Mais il est plus souvent qu’aujourd’hui amené à changer de lieu. Des espaces communs entre les salles de classe peuvent par exemple concentrer les ressources informatiques disposant de programmes spécialisés. Les intervenants pédagogiques peuvent tantôt intervenir dans la salle de classe ou bien disposer de leur propre lieu, équipé d’outils spécifiques.

    Les outils de gestion sont adaptés à renseigner l’enseignant en temps réel sur les ressources (humaines, techniques et spatiales) disponibles au sein de l’école. Il peut réserver aisément des ressources sur le moment et faire évoluer la journée de l’élève, directement de son poste de travail.

    Les informations circulent de manière fluides entre les divers acteurs de l’institution (élève, enseignant, parents, intervenants pédagogiques). Il n’est pas nécessaire de se rencontrer ou de constituer des courriers pour que chaque acteur dispose d’informations adaptées à ses besoins, grâce à des outils informatiques en réseau.

    Que se passe-t-il dans le curriculum ?

    La feuille de journée / semaine est l’outil essentiel pour construire le curriculum de l’élève. L’enseignant doit bénéficier d’une formation spécifique pour utiliser cet outil dans le respect des objectifs cibles fixés par le programme et en toute connaissance des marges de manœuvre offertes pour s’adapter au rythme et aux compétences de chaque élève.

    En effet, le curriculum demeure en grande partie fixé par des attentes externes, attentes d’un niveau scolaire à un autre, attentes de la société vis-à-vis des jeunes à la sortie de l’école. Il s’agit donc que l’enseignant trouve des points d’équilibre entre les attentes du programme et celles de l’élève. L’école doit être organisée de telle sorte qu’un curriculum individuel peut être élaboré en tenant compte à la fois de l’élève (son rythme, ses compétences, ses difficultés, etc.) et du programme (passage d’un cycle scolaire à un autre, attentes de la société à la sortie de l’école, citoyenneté, habiletés professionnelles, etc.).

    D’autres outils doivent être constitués pour rendre aisément compte de ce curriculum particulier aux acteurs externes de l’institution. En effet, l’école doit réussir la communication des compétences scolaires aux partenaires externes : aux parents pour leur permettre de soutenir le projet de formation de leur enfant, aux employeurs pour qu’ils situent rapidement le profil scolaire lors d’une postulation ultérieure de l’élève, etc.

    Que se passe-t-il dans la dimension temporelle ?

    Le rythme de l’élève est le résultat d’une tension entre le rythme imposé par le programme et le rythme de ses apprentissages. L’enseignant dispose d’une série d’indicateurs (notamment recueillis par les outils informatiques offrant des séquences d’apprentissage, mais aussi notés par les intervenants pédagogiques) qui lui permettent de discuter avec l’élève et ses parents et de fixer de nouveaux objectifs sur des périodes données.

    Des élèves plus rapides doivent pouvoir parcourir un cycle plus rapidement. Il devrait cependant aussi être possible de leur proposer comme alternative d’ajouter d’autres compétences durant leur acquisition des compétences de base du cycle en question (par exemple une langue supplémentaire, un niveau plus approfondi dans certains domaines, etc.)

     

    Que se passe-t-il dans la dimension économique ?

    Les ressources humaines nécessaires ne seront pas diminuées dans un tel projet. Elles seraient par contre formées de manière différenciée puisque des rôles spécifiques existeraient au sein de l’institution scolaire (enseignants, intervenants scolaires de divers ordres, accompagnants, etc.).

    La multiplication des acteurs nécessiterait le développement d’outils spécifiques qu’il s’agirait de financer.

  • Scénarios extrêmes FuturEduc

    École zéro “mauvais” ennui Scénario Extrême n°6 pour l'école en 2035

    Ce scénario a été construit à partir de la question « que serait une école zéro ennui ? » reformulée par « que serait une école zéro ennui pour l’enseignement secondaire qui ne soit pas une école de la sollicitation permanente ?”.

    Constat 

    Les élèves s’ennuient dans le système secondaire où les formats de cours sont quasiment similaires quelle que soit la matière. Cette monotonie a conduit à la perte du goût pour l’apprentissage chez de nombreux élèves. Certaines tendances à l’oeuvre appuient ce besoin d’une école davantage personnalisée et dans laquelle l’élève est impliqué : les tendances du “mode projet”, du “laissez-choisir” de l’élève, de la valorisation de la créativité ainsi que de l’accès à la connaissance en ligne. Toutefois, l’excès d’informations dans un monde de plus en plus connecté en permanence soumet le cerveau de l’être humain à de très fortes sollicitations. 

    Les tensions

    On peut ainsi mettre en évidence des tensions liées à un projet d’école zéro ennui :

    • Trop de sollicitations peuvent tuer les capacités d’attention.
    • L’élève qui ne s’ennuierait jamais, qui serait “nourrit” sans arrêt, risquerait d’adopter une posture passive de consommateur.
    • Donner plus d’autonomie aux élèves peut être source d’inégalités, entre ceux ayant déjà été éduqués à se débrouiller tout seul et ceux n’y parvenant pas encore.

    Le scénario

    L’école du “zéro “mauvais” ennui”  est une école modulaire qui offre un cadre à l’élève avec des temps de natures différentes.
    Le fonctionnement de l’école combine en effet “socle commun”, “méthodes” et “matières d’imagination” (écriture, art…) pour s’adapter à la personnalité de chacun.

    Chaque trimestre, les élèves ont la possibilité de construire leur agenda.
    Ils s'impliqués dans la vie de leur école qui devient “leur” et où ils expérimentent l’apprentissage du vivre-ensemble. .
    Le but de cette école est la recherche de l’équilibre entre autonomie/encadrement, effort/désir, solitude/groupe, personnel/collectif, vide/plein. L’accent est mis sur l’apprendre à apprendre et la connaissance de soi.

    Que se passe-t-il dans les espaces physiques ?

    La structure physique de l’école est un lieu de vie. Les élèves sont impliqués dans la vie de l’école et toutes ses composantes, des décisions d’aménagement, d’une vision du budget à la participation au ménage.

    La nature diversifiée de l’enseignement amène à la mobilité au sein de l’école entre lieux calmes et lieux plus mouvementés.
    Les élèves sont aussi souvent amenés à sortir de l’école dans le cadre de la découverte de métiers, de mini-stages et de projets.
    Des échanges sont nombreux avec des intervenants extérieurs à l’école.

    Que se passe-t-il dans le curriculum ?

    L’emploi du temps des élèves est composé de modules diversifiés faisant appel aux intelligences multiples : projets interdisciplinaires, travail théorique en solo, matière artistique, temps praxéologiques…

    Les élèves suivent des matières hors de la nature de leur cursus pour garder une ouverture sur d’autres domaines (et ainsi des possibilités de réorientation).
    La diversité des connaissances appliquées est, de fait, requise.

    L’apprentissage du vivre-ensemble, est favorisé grâce à la pratique de la communication non-violente et de la critique positive, renforçant l’estime de soi de l’élève.
    Les professeurs pratiquent cette philosophie et y consacreront des “temps” sous forme d’atelier, moment possible d’expression par les élèves sur leur expérience de conflits. 

    Que se passe-t-il dans la dimension temporelle ?

    Les échanges inter-générationnels sont plus présents grâce aux projets qui font intervenir une diversité d’acteurs. En outre, les projets et modules sont parfois multi-niveaux, favorisant ainsi l’apprentissage de pair-à-pair.

    Au niveau de l’élève, celui-ci a une marge de manoeuvre pour organiser son emploi du temps. A partir de bases obligatoires, c’est lui qui peut choisir les modules qu’il souhaite augmenter et les matières qu’il souhaite suivre en dehors de son cursus.
    Cette école lui apprend déjà jeune à s’organiser et commencer à expérimenter la liberté du choix de sa vie.

    Par ailleurs, grâce aux modules méthodologiques, l’élève, accompagné du professeur, peut prendre le temps nécessaire pour avoir du recul sur ses pratiques, se questionner sur son état (physique, émotionnel, cognitif..), son épanouissement, ses difficultés, ses progrès et ses aspirations afin de pouvoir faire des ajustements.

    Enfin, dans cette école, le rythme temporel des modules est diversifié et personnalisé, correspondant aux besoins physiologiques de l’être humain : des moments de calme (spleen du poète), au moment d’effervescence du travail en groupe. 

    Que se passe-t-il dans la dimension économique ?

    Intégrer les élèves à des projets productifs est un modèle win-win. Les élèves sont heureux de sentir leur prise sur le monde en étant actif/utile et ce learning by doing est très efficace et stimulant. Les parties civiles de l’autre côté peuvent voir leurs problèmes de quartier, d’association et parfois d’entreprises résolus.

    Un modèle économique local se met en place de manière logique se faisant rencontrer offre et demande. Des économies sont ainsi réalisées et les problèmes de la communauté sont résolus plus rapidement pour la satisfaction de tous. Le sens de responsabilité des citoyens se développe parallèlement à leur implication dans la communauté, il en découle des externalités positives sur le respect des lieux et des personnes. 

     

  • Scénarios extrêmes FuturEduc

    Une école engageante Scénario Extrême n°7 pour l'école en 2035

     

    La question de départ pour écrire ce scénario est " Que serait une école zéro ennui ? ".

    Les tendances

    • l’introduction des jeux, gamification des parcours, pas uniquement d’une discipline
    • l’apprentissage P2P se développe avec d’avantage d’autonomie
    • “tous auteurs, tous producteurs”
    • enseignement "maker" (et en faisant on se pose des questions)
    • apprentissage pluridisciplinaire

    Les tensions

    • dénaturer l’envie d’apprendre
    • l’injonction à innover, différent de créer un cadre à l’innovation
    • un autre rapport à l’apprentissage, avec différents rythmes
    • tension à la prescription d’activités qui donnent envie
    • renouvellement perpétuel et formation des professeurs

    Les éléments déclencheurs

    • 2020 - une grève des élèves

    Il n’y a plus de moyens dans les universités; elles se vident, il y a une défiance des universités qui vient contaminer les lycéens.

    • En 2025 l’apprentissage est délégué aux entreprises dès le plus jeune âge.
    • En 2025, les badges déterminent la rémunération, il existe une grille européenne de la rémunération en fonction des badges.
    • Une incitation fiscale est donnée aux entreprises pour proposer 2 semaines de stage par an.

    Le scénario

    L’apprentissage professionnel a disparu à l’école, c’est le point de départ d’une nouvelle mission de l’école, plus engageante, qui se réinvente, basée sur le collectif. L’école est là pour rendre service à la société, mettre les gens ensemble. Les finalités de l’école sont recentrées sur le vivre ensemble.

    Les acteurs

    Les élèves

    Les élèves choisissent les actions qu’ils veulent mener via des forums ouverts pour décider collectivement des actions. Une nouvelle matière fait son apparition : “Apprends aux autres”, chacun a en effet le droit d’amener sa vie personnelle à l’école, à condition que cela apprenne aux autres. Certains apprentissages peuvent aller plus loin, apprendre à 100 000 personnes

    Les professeurs
    Il existe une plus grande porosité entre différents mondes professionnels. Les professeurs peuvent faire des “va et vient” avec l’extérieur, il existe une plus grande mobilité professionnelle et ils tirent également parti du système de badges. Le chef d’établissement va recruter ses équipes pédagogiques via les badges (professeurs badgés).
    Les enseignants favorisent les forums ouverts pour mener des actions vers l’extérieur. L’action et l’évaluation se déplacent dans le champ de l’action sociale.

    Les autres acteurs
    La communauté familiale “étendue”, formelle et informelle, autour des élèves dont l’un des rôles est une écoute bienveillante, qui favorise l’entraide. Des badges sont également attribués à la communauté familiale “étendue” pour leur capacité d’écoute.

    Dorénavant c’est le collège d’acteurs regroupant professeurs, élèves, communauté familiale étendue et entreprises, qui valide les badges. C’est aussi ce collège d’acteurs qui définit le nouveau socle de compétences, avec un minimum de badges pour être diplômé.

    Que se passe-t-il dans le curriculum ?

    • Il faut travailler sur une nouvelle colonne vertébrale du vivre ensemble, le savoir-faire professionnel est amené par l’entreprise.
    • Il faudrait tracer des parcours d’apprentissages, de découverte, comment ils se pensent.
    • Il faut aussi penser la dimension internationale - la mobilité. La communauté “étendue” pourrait revisiter le jumelage.

    Que se passe-t-il dans les espaces physiques ?
    Il est possible de changer d’école pour suivre tel enseignement.

     

     

  • Scénarios extrêmes FuturEduc

    Ecole projets Scénario Extrême n°5 pour l'école en 2035

     

    A partir de la question “Que serait une école tout numérique ?”reformulée par “Que serait une école où tous les contenus pédagogiques seraient accessibles en ligne?”

    Tendances

    -numérisation des contenus, tutoriels
    -classe inversée
    -tous auteurs tous producteurs
    -apprendre dans un univers changeant

    Tensions

    -Comment trouver les ressources (compétence info-doc à mieux valoriser dans les compétences à acquérir)
    -Formation initiale et continue des professeurs
    -Connexion et équipement

    Description du scénario dans sa globalité
    Tous les contenus, formels et informels, sont dorénavant accessibles sur la plateforme de l’établissement et ouverts à tous, au delà des parents et élèves, toute personne souhaitant se former, apprendre.

    De plus, chaque élève a son espace pour apprendre : il y organise les contenus et les différentes ressources, il y met toutes les sources qui lui permettent d’approfondir tel savoir.

    Chaque trimestre l’équipe pédagogique évalue les élèves sur leur capacité à trier, organiser, chercher les informations.

    Toutes les ressources et contenus étant dorénavant organisés et accessibles en ligne et les élèves disposant chacun d’un espace personnel pour construire son parcours d’apprentissage à partir des projets à mener, l’établissement offre dorénavant un fonctionnement en plateau-projet. Il n’y a plus de classe par niveau, mais un mélange de 25 élèves de la première année à la cinquième année pour le collège par exemple.  

    Les élèves viennent dans l’établissement pour conduire des projets. Il n’y a plus de cours par discipline mais des temps d’intervention et des temps en atelier pour la réalisation des projets. Les équipes pédagogiques définissent les objectifs en termes de compétences et de savoirs à acquérir au début de chaque trimestre.

    Comment sont définis les projets ?
    -à la demande de l’équipe pédagogique

    -à la demande d’un acteur extérieur comme par exemple avec l’environnement proche (les acteurs du quartier, associations, monde professionnel), avec des industriels,...Dans ce cas, l’équipe pédagogique valide le projet et la manière de le réaliser.

     

    Les éléments déclencheurs
     Une pression des parents qui n’en peuvent plus de ne pas avoir accès aux ressources, en particulier lorsque leurs enfants sont absents.

    La formation initiale des professeurs pousse à la documentation et publication de leurs contenus; ils sont évalués également pour leur manière de documenter leurs cours et les rendre prenable par tout à chacun. Chaque année, un prix de la mise en scène de la connaissance est mis en place.

    Les acteurs
    Dans ce scénario, les élèves vont dans l’établissement pour réaliser en équipe le projet.

    Ils doivent compiler, documenter le projet tout au long du trimestre sur l’espace dédié de la plateforme.

    Par ailleurs, ils construisent eux-mêmes le corpus théorique et les savoirs indispensables pour réaliser le projet.  Ils font eux-mêmes leurs parcours d’apprentissage à travers les savoirs en fonction des objectifs fixés par l’équipe pédagogique.

    Les professeurs ont une formation initiale pluridisciplinaire, avec la possibilité de ne pas se spécialiser dans une discipline. Ils doivent être capable d’identifier les savoirs à mobiliser dans la conduite des projets. Ils organisent leur trimestre avec un programme d’intervenants professionnels en lien avec le projet à mener. Le professeur pilote le projet et est accompagné par la “cellule programme” qui définit et organise l’espace ressources et contenus pour les élèves, organise les interventions des experts professionnels. Ils n’ont plus à proprement parler de cours mais ils sont disponibles à tout instant pour aider les élèves via l’application “Tuteur”.

    Les élèves, comme les professeurs dans leur formation initiale, sont évalués par compétences. L’équipe pédagogie identifie pour chaque projet les savoirs à acquérir.


    Dans ce scénario l’industriel, l’association, l’agriculteur,....peuvent adresser un sujet, projet, problématique, qui doit être accepté et reformulé avec l’équipe pédagogique.

    Que se passe­-t-­il dans les espaces physiques ?
     L’école est organisée en plateau projet, grands openspaces.
    Il subsiste des salles pour se réunir à plusieurs.
    Il y a des espaces dédiés pour des conférences.
    Le centre de ressources et de documentation accessible 24h sur 24.

     Que se passe-t-il dans le curriculum ?
    Le curriculum est remanié en exploration de savoirs.


    Que se passe-t-il dans la dimension économique ?
      Les demandes de projet provenant des acteurs extérieurs à l’établissement doivent être soutenus financièrement par ces derniers. L’ensemble des réalisations sont partagés avec le demandeur mais gardent leur caractère opensource.

     

    Que se passe­-t-­il dans la dimension temporelle ?
      Il n’y a plus d’emploi du temps par discipline, mais des explorations de savoirs par trimestre.

    Il a un programme de conférences, intervenants et des plages horaires dédiées au projet.

    A la fin de chaque trimestre, des présentations publiques des projets sont organisées; une semaine réservée à la présentation de tous les projets.

     
  • Scénarios extrêmes FuturEduc

    L'Ecole immersive Scénario Extrême n°8 pour l'école en 2035

     

     Ce scénario a été construit à partir de la question « que serait l’environnement d’apprentissage de demain ? » reformulée par « comment exploiter le potentiel de la gamification (soft & hardware) en faisant appel à des professionnels du secteur des jeux tout en conservant l’indépendance de l’école et son étique malgré les intentions lucratives de ce secteur ?»

     Description du scénario dans sa globalité

    Dans ce scénario, les technologies transforment le rapport de l’élève au savoir. Les matières sont enseignées de manière immersive, l’élève apprend par l’expérience directe.


    La potentialité du virtuel est exploitée à son maximum pour des possibilités d’expériences pédagogiques multiples. L'élève en immersion grâce aux technologies peut par exemple communiquer avec le monde dans une langue étrangère, suivre un cours d'histoire dans l'époque traitée, faire des expériences scientifiques de grande ampleur… Activités qui étaient jusqu’alors impensables pour des raisons d’organisation, d’infrastructures, de coûts, d’encadrement...

    Auparavant acquise d’après le mode transmissif, la connaissance est directement vécue par l’élève. L’élève construit son apprentissage en transformant lui-même son expérience en connaissances. La possibilité de vivre des expériences immersives personnalisées permettent un apprentissage adapté au rythme de l’élève, solution contre l’ennui ou le décrochage.

    Le métier des enseignants change également puisqu’ils deviennent « accompagnateurs/catalyseurs/chercheurs ». Ce ne sont pas des chercheurs comme ceux des laboratoires universitaires mais des expérimentateurs ouverts à l’innovation et à l’évaluation de leurs activités.

    Dans cette école, les activités virtuelles sont toujours accompagnées d’une transposition au réel, le besoin d’activités avec un ancrage à la réalité physique pour contribuer à l’équilibre psychologique et physiologique de l’être humain est pris en compte. Réalité virtuelle et réalité réelle sont alors envisagées en continuum en favorisant le plus possible les passages du virtuel à la matérialisation, notamment grâce aux imprimantes 3D présentes dans les fablabs.

    Toutes les facultés et les sens de l’élève sont stimulés dans cette école immersive.

     

    Que se passe-t-il dans les espaces physiques ?
    Grâce aux technologies, les élèves se déplacent dans une diversité d’espaces physiques et ont accès à des expériences multiples sans coûts d’équipements ni de déplacements. Par exemple, grâce à la réalité augmentée, les élèves peuvent avoir le sentiment de voyager tout en restant sur place.
    Par ailleurs, un Fablab est présent dans chaque école. Les élèves peuvent y matérialiser leurs projets. Il sert aussi de lieu de laboratoire expérimental pour l’élaboration des jeux immersifs de manière collaborative entre professeurs et startups.

    Que se passe-t-il dans le curriculum ?
    Chaque discipline est enseignée de manière plus ludique et immersive/interactive pour l’élève grâce aux jeux.
    Les jeux sont réalisés par un partenariat professeurs/startups. De manière conjointe, ils établissent la visée pédagogique de chaque jeu, procèdent à sa réalisation technique et élaborent le jeu en détail (scénario, personnages, etc.). Les retours des élèves sont pris en compte pour améliorer les jeux. Les élèves participent occasionnellement à la conception de jeux immersifs de A à Z, pour en comprendre les ressorts.

    Que se passe-t-il dans la dimension temporelle ?
    Les niveaux n’existent plus. Chacun apprend à son rythme grâce à la dimension individuelle et personnalisée du jeu. On peut ainsi mettre plusieurs années à valider des compétences en français et seulement quelques semaines en mathématiques selon ses facilités.

    L’emploi du temps de l’élève comprend aussi des activités de relation à l’autre en face à face physique, comme la danse, le sport, le théâtre… Elles aident l’élève à apprivoiser ses émotions et sa communication avec autrui.

    Que se passe-t-il dans la dimension économique ?
    Le métier d’enseignant change radicalement.  L’école est à la pointe de l’innovation, grâce à un système d’organisation décentralisée. Des partenariats avec le monde de l’entreprise sont envisagés sous réserve d’égalité de traitement et d’une politique transparente de confidentialités des données. Le recours à des acteurs privés souples (telles les startups) permet d'offrir aux écoles des prestations plus économiques, plus rapides et plus adaptées (grâce à leur travail en collaboration avec les équipes pédagogiques).
    En outre, les frais d’intermédiaires disparaissent grâce à la mise en place d’une plate-forme d’échange numérique et au Fablab, lieu de rencontre physique des professeurs et acteurs des startups..



  • Scénarios extrêmes FuturEduc

    L’école hyper locale Scénario Extrême n°4 pour l'école en 2035

     

    Description du scénario dans sa globalité 
    A qui est-elle ouverte? Aux parents et aux acteurs de proximité de l’établissement. L’établissement s’ouvre en effet aux acteurs du quartier et associe les habitants, les acteurs économiques et associations.

    Comment ?
    En permettant à toute personne, entité de proposer des actions en lien avec l’établissement
    en les associant à la gouvernance de l’établissement : le conseil d’administration de l’école fait siéger les parents mais également des “représentants” du quartier, acteurs économiques et associatif

    Les éléments déclencheurs 
    L’endettement de l’Etat et des collectivités est tel que chaque établissement prend son autonomie financière; les établissements sont contraints de trouver des financements alternatifs pour sauver leur établissement. Cela peut prendre la forme de financement participatifs (crowdfunding) ou bien de partager certains espaces sous occupés,...

    Les acteurs 
    L’établissement propose aux acteurs du quartier de soumettre des actions, des projets mais aussi leurs besoins (j’ai besoin d’une cuisine avec tous les accessoires pour tester mes gâteaux).
    L’équipe pédagogique sélectionne ceux qui peuvent être conduits avec leurs classes, leurs élèves. Les élèves sont également associés au choix des projets à conduire en lien avec la communauté locale.
    La plateforme de l’établissement affiche des plages horaires disponibles pour l’utilisation des espaces (cuisine, gymnase, préau, classe,...).

    Les outils, services, applications
    Les établissements sont maintenant ouverts 7j sur 7, 24h sur 24 avec une gestion partagée du lieu suivant les horaires.

    Que se passe­-t-­il dans les espaces physiques ? 
    Les espaces physiques sont régulièrement investis par des acteurs extérieurs. L’établissement est en permanence ouvert et accueille une variété d’acteurs et de projets.

    Que se passe­-t-­il dans le curriculum ? 
    Des ateliers de formation sont proposés et ouverts sur inscription en dehors des heures du programme de l’établissement.
    Il y a des modules obligatoires et des modules exploratoires à choisir dans ce qui est proposé par les acteurs du quartier.

    Que se passe-t-il dans la dimension économique ?
    Les acteurs du quartier souscrive à un abonnement annuel pour bénéficier des différents services “Ecole ouverte” (sur le modèle des fablabs avec des temps ouvert à tous, sans payer / des temps fermés, dédiés à certains, payants).

     

     

  • Scénarios extrêmes FuturEduc

    L’école des ouvertures Scénario Extrême n°3 pour l'école en 2035

     

    Un constat
    Aujourd’hui l’environnement d’apprentissage est en huit clos. Le huit clos de la classe, du collège, de l’académie. Comment, alors imaginer l'ouverture : un élève en dehors de la classe, sur un territoire, la maison dans l’école, … ?

    Les tensions qui mènent à ce scénario 
    - Une école prison (difficulté de l’ouvrir)
    - Violence des relations entre élèves, entre professeurs et élèves, entre professeurs, entre administration et professeurs.
    - Un ennui souvent partagé par enseignants et élèves

    Les tendances de ce scénario
    - L’école inversée, la possibilité d’acquérir des connaissances en dehors du système classique du cours magistral
    - Apprendre dans un univers changeant, sur des territoires divers
    - les badges : reconnaissance de savoirs “informels”
    - Des binômes enseignant et intervenant extérieur
    - Des cours en situation et à l’extérieur ou au moins apportant une porosité avec l’extérieur. L’école peut ainsi être vue comme un tiers lieu, un espace ouvert, qui peut s’exporter le temps d’un atelier, d’un hackathon (ici, d’un cours) et qui peut également accueillir en son sein des personnes extérieures qui profitent des espaces et infrastructures non utilisés à différents moments de la journée.

    Reformulation de la question : Quel serait l’environnement d'apprentissage de demain, ouvert et en mobilité (mobilité des thèmes enseignés et de leurs lieux d'enseignement, des élèves, des enseignants, …) ?

    Les éléments déclencheurs 
    - Revendication professionnelle des professeurs : droit à la mobilité professionnelle : ils peuvent aller ailleurs. Les remplaçants peuvent être des citoyens, sur la base du volontariat.
    - Intervenant citoyen “coaching” dans les établissements : Ils sont en binôme avec un enseignant professionnel pour assurer la classe

    Le scénario
    Par un hasard parlementaire, des enseignants obtiennent la généralisation d’un droit à la mobilité professionnelle. Une réserve citoyenne vient rapidement la suppléer, par agencement de binôme (prof-intervenant) pour assurer la classe.

    L’école se désynchronise, multiplie les temps d’apprentissage en situation extérieure ou s’ouvrant vers l’extérieur (tiers lieurisation de l’école) :
    Les élèves sont mobilisés pour choisir les lieux où le cours prendra place, des solutions de transport scolaire sont mises en place grâce à la disponibilité des bus hors des horaires pendulaires.
    Les possibilités d’accueil à l’intérieur de l’établissement sont également revues et des espaces physiques sont ouverts dans une partie de l’établissement pour des associations, des parents, y associant toujours les élèves et enseignants.
    Des espaces despécialisés sont mobilisés pour accueillir les élèves entre deux cours, par exemple pour le soutien scolaire assuré par des seniors, sur un modèle de coapprentissage (les élèves stimulent les connaissances des seniors)

    Pour que cela fonctionne, il faut enrichir l’environnement de travail en mobilité (musette de l’enseignant, de la classe, de l’élève), la pedagobox est née.

    La Pedagobox regroupe l'environnement de travail du binôme enseignant- intervenant extérieur et de leurs élèves en situation de mobilité :
    Cartographie des différents lieux, avec le matériel disponible sur place
    De quoi prendre des notes, photos, vidéos
    Une application qui fait le lien avec l'école en terme de sécurité et responsabilité : contrôle de présence (bouton “check arrivée à tel lieu”)
    Des jeux éducatifs
    Un CDI (Centre de Documentation et d’Information) portatif, ressources documentaires (il ne s’agit pas de recréer le cartable électronique, mais de regrouper des ressources qui ne ressemblent pas au manuel)
    Des outils de simulation (savoir-faire, pratiques, mesure de ce qu'on est en train de faire). Par exemple des outils de simulation pour la lecture, pour les tables de multiplication.
    Des outils de mesure de la qualité de l’environnement de travail : qualité de l’air, niveau de bruit, poids du sac à dos, ...

    L’école des ouvertures, outillée par la pédagobox permet aux élèves, aux enseignants et aux différentes parties prenantes du territoire de sortir de leurs zones de confort, d'expérimenter de nouvelles méthodes d’apprentissage, dans de nouveaux lieux hybrides pour associer de nouveaux acteurs à l’éducation des enfants.

    Que se passe-t-il dans les espaces physiques?
    Des espaces physiques ouverts dans une partie de l’établissement
    Les élèves travaillent à proposer des séances à l’extérieur in situ
    Des solutions de transport scolaire grâce à la disponibilité des bus hors des Horaires pendulaires

    Que se passe -t-il dans le curriculum?
    Des enseignements plus granulaires, souvent en classe inversée et en interaction avec les seniors, les professionnels, la cité.
    Prise en compte des connaissances non scolaires.

    Que se passe-t-il dans la dimension économique ? 
    La pédago-box comme une plateforme d’innovation ouverte.

    Que se passe-t-il dans la dimension temporelle ? 
    Des temps d’étude hors les murs
    Security check et assurance adaptée

     

     

  • Scénarios extrêmes FuturEduc

    L’école des possibles Scénario Extrême n°1 pour l'école en 2035

     

    Les éléments déclencheurs 
    - Acquisition de fondamentaux au primaire, savoir lire et écrire les lettres et les mathématiques
    - Supprimer les systèmes d’évaluation
    - Supprimer la logique de silo (matheux/littéraire, professionnel/académique)
    - Donner plus de flexibilité aux paliers et niveaux de connaissances/compétences

    Les tensions 
    Le monde du travail va-t-il suivre ? Va-t-il reconnaître de nouveaux types de compétences ?
    Les élèves seront-ils encore motivés ? Comment être motivés sans cadre ? Sans la “carotte” au bout ?
    Comment fait-on avec les fondamentaux ?

    Les acteurs 
    L’élève est plus ouvert, plus collaboratif et plus actif, il devient consommateur de savoirs, et de ce fait acteur de son parcours. Il doit choisir et être sélectif. Au lieu d’une école du contrôle, il évolue dans une école de l’épanouissement.
    L’enseignant oriente, accompagne. Il appartient à un pôle et non une matière, il a liberté de s’intéresser à différents aspects d’un pôle, par exemple, si il appartient au pôle littéraire il peut s’intéresser à la grammaire, à la narratologie, ou encore aux récits mythologiques. Il continue de développer et de transmettre des savoirs. Il peut faire appel dans son cours à des inspirateurs.
    Les inspirateurs extérieurs à l’école sont des témoins, des talents, des modèles qui ont mené à bien quelque chose et qui peuvent le transmettre. Cela peut concerner des professionnels, par exemple un avocat, un boulanger, etc. mais aussi des acteurs ayant des activités plus informelles comme par exemple un youtubeur, un slameur, etc.. Ils sont inclus dans un partenariat-projet (exemple : partenariat avec une usine, l’élève viendra apprendre à utiliser un outil). Ces inspirateurs peuvent être identifiés par l’équipe pédagogique mais aussi se présenter sous forme de volontariat (tel inspirateur peut se déclarer volontaire).

    Les outils, services, applications 
    - Un espace numérique de travail (ENT) à échelle nationale lié à l’élève qui lui sert de stockage de son parcours. Ce portefeuille assure la continuité en fonction des déplacements de l’élève, il lui fera office de CV tout au long de sa vie. Cet ENT représente un portefeuille propre à chaque élève, dans lequel il inscrit lui-même ses projets et ses validations de connaissances et compétences (tel un Linkedin pour enfants).
    - Un Experimentation Lab qui offre un espace d’apprentissage, de mise en oeuvre avec des phases de test. Son fonctionnement est basé sur du test & learn. Si l’apprenant identifie un manque, il retourne compléter son portefeuille, il identifie ce dont il a besoin. Il est dans l’esprit d’ouverture du FabLab (test & learn, partage, démocratisation des connaissances et compétences).
    - Des badges de certification viennent certifier les connaissances et compétences acquises dans le portefeuille. Ils servent à badger la fin d’un cycle ainsi que des connaissances. L’élève peut s’auto-badger quand il estime avoir suivi le cours. Les badges-projet visent à valider une expérience.
    - Une plateforme numérique du réseau des inspirateurs leur permettant de se manifester et de se présenter auprès des enseignants. Un réseau d’inspirateurs va progressivement s’établir.

    Description du scénario dans sa globalité
    L’école n’enferme plus l’élève dans des parcours et des diplômes, au contraire elle laisse libre l’accès aux différents savoirs et compétences. Elle repose sur des enseignements dont le rôle est augmenté par la dimension orientation et accompagnement à l’aide d’inspirateurs. L’élève choisit des projets qui se voient augmentés par la présence et l’intervention des inspirateurs. L’élève pourra à son tour, un jour, devenir lui aussi inspirateur. Grâce à l’Experimentation Lab, il s’évalue au travers de projets en test & learn (il teste puis valide). On lui donne les moyens de construire son futur épanouissement professionnel et personnel. L’outil principal est le portefeuille numérique qui accompagne l’apprenant tout au long de sa vie, il y collecte des projets et des badges validant des connaissances et des compétences.

    Que se passe-t-il dans les espaces physiques ?
    Il n’y a plus que des enseignements auxquels nous sommes libres de nous inscrire. La promotion disparaît (5ème 2, 5ème 3, etc.) ainsi que les classes regroupant les élèves par âges. On apprend, on teste, on retourne apprendre dans des espaces d’expérimentation physiques et virtuels.

     

    Que se passe-t-il dans le curriculum ? 
    On a un portefeuille national de connaissances et de compétences qui sont capitalisables et qu’on peut enrichir tout au long de sa vie, et auquel l’expérience peut s’agréger.

    Que se passe-t-il dans la dimension temporelle ? 
    Il n’y a plus d’obligation d’âge pour acquérir une compétence selon des pré-requis pour pouvoir progresser dans la connaissance.

    Que se passe-t-il dans la dimension économique ? 
    Il s’agit d’un modèle non-concurrentiel, il est standardisé.

     

  • Scénarios extrêmes FuturEduc

    Pour une mobilité du corps et de l’esprit Scénario Extrême n°2 pour l'école en 2035

     

    Les éléments déclencheurs

    - Implication des élèves dans la constitution des programmes et le choix des projets/sujets/thématiques
    - Reconfiguration des espaces et disparition de la salle de classe classique
    - Absence d’emploi du temps figé et imposé
    - L’élève construit son parcours

    Les tensions

    - Empêcher l’ennui peut avoir des effets négatifs sur l’élève (risque de fatigabilité et lassitude), l’ennui est aussi nécessaire pour apprécier et identifier le plaisir d’apprendre.
    - Les programmes sont construits uniquement par les adultes et prennent trop peu en considération le point de vue de l’enfant, comment impliquer les élèves et les faire participer à la constitution des programmes ?

    Les acteurs
    L’élève choisit, apprend à faire des choix (en pouvant se tromper). Les élèves participent à la prise de décision et apprennent à s’exprimer et à négocier. L’élève constitue lui-même son parcours sur la durée. Il dispose d’une autonomie reconnue.
    L’enseignant n’est plus dans une posture de délivrance du savoir, il est dans une démarche de renouvellement de sa curiosité et de sa créativité puisqu’il va chercher des connaissances sur les sujets choisis avec les élèves. Il ne détient donc plus le pouvoir et accepte d’être dans le non-contrôle des sujets (et donc dans un sens plus large des programmes) puisqu’il s’adapte et évolue avec les élèves.
    Les professionnels du monde du travail ainsi que les institutions culturelles interviennent selon les choix des élèves (ou les élèves s’y rendent eux-mêmes). Des visites peuvent être organisées selon un processus aléatoire, afin de favoriser la découverte..

    Les outils, services, applications
    Des badges de certification garantissent une plus grande autonomie aux élèves. Ils permettent de réintroduire une forme d’évaluation qui atteste d’un savoir acquis. Ils sont capables de se greffer à n’importe quel projet ou exercice réalisé en cours avec l’enseignant ou dans l’Experimentation Lab. Cet Experimentation Lab permet à l’enfant d’experimenter, de tester et de se tromper. L’Experimentation Lab est complémentaire aux cours menés par l’équipe d’enseignants puisqu’il permet de manipuler et de donner corps aux différents projets.

    Description du scénario dans sa globalité
    Ce scénario offre une autonomie de mouvement et une autonomie d’activité à l’élève, qui dispose ici de la possibilité de choisir, de négocier, de construire son propre parcours. Les structures temporelles figées deviennent plus flexibles pour autoriser, voire même favoriser, la sérendipité et les pratiques d’exploration. Cela passe également par une reconfiguration physique de l’espace qui favorise une diversité de modes d’apprentissages (expérimentation, mode projet, etc.). La salle de classe fixe explose au profit d’un espace en renouvellement perpétuel grâce au mobilier mobile et évolutif. Le programme s’établit selon une co-construction entre les élèves et l’enseignant qui adapte et fait évoluer son cours. Les espaces d’apprentissage se voient ancrés dans le paysage urbain, des visites/rencontres auprès d’institutions culturelles et de professionnels du monde du travail s’organisent selon les choix des élèves et/ou selon une découverte aléatoire.

    Que se passe-t-il dans les espaces physiques ? 
    Le designer et le fabricant de mobilier scolaire repensent le mobilier scolaire en vue de proposer de nouvelles typologies de meubles qui diffèrent de la table et de l’assise et qui valorisent le corps en action. La salle de classe classique disparaît au profit d’espaces en reconfiguration permanente. L’élève de demain ne sera plus assis de ses 7 ans à ses 16 ans : le corps doit être en action ! Les designers/fabricants de mobilier scolaire travaillent conjointement avec les enseignants en vue de rendre l’espace de travail flexible et adapté à la diversité des méthodes d’apprentissage.

    Que se passe-t-il dans le curriculum ? 
    Les manuels scolaires et les programmes préétablis disparaissent pour rendre l’élève actif, il se voit impliqué dans la constitution des programmes et le choix des projets/sujets/thématiques. L’élève peut établir son curriculum selon une démarche exploratoire en suivant ses intuitions et en se basant sur différents types de ressources, provenant du numérique/d’intervenants/d’institutions... Le professeur est présent pour l’aider à faire ses choix, de manière non-directive. Entre l’élève et le professeur, c’est une relation d’échange de personne à personne, avec du partage d’informations dans les deux sens.

    Que se passe-t-il dans la dimension temporelle ?
    La disparition de l’ennui passe par l’absence d’emploi du temps figé et imposé afin de ménager des vides, des plages horaires libres, vacantes, qui permettent à l’élève d’errer et d’explorer. L’élève dispose de plus de liberté pour construire son propre parcours sur la durée, aussi bien à échelle journalière que pluriannuelle.

     

  • Questions et tensions FuturEduc

    Les grandes questions et tensions FuturEduc

     

    A partir d’un échange avec les groupes locaux Suisse, France, Canada sur les questionnements de l'école à l’ère numérique, voici les questions fédératrices de FuturEduc et les tensions qui offriront le cadre pour la suite des travaux; en particulier pour les ateliers scénarios extrêmes.

    Les questions

    1. La question des finalités : l’éducation est actuellement soumise à de fortes pressions, faut-il changer les finalités de l’éducation ? quelles pourraient être ses nouvelles finalités ? La question des contenus : qu’est-ce qu’on enseigne ? qu’est-ce qu’on apprend ? Quel sera l’impact sur les contraintes systémiques, le temps et l’espace ?
    3. La question des enseignants : zone de tension maximale, disparition du professeur ? Le futur de l’éducation est-il un futur sans professeur ?
    4. La question de l’organisation :
    - L’école comme organisation : pouvoir, autonomie, place accordée à l’élève…
    - Quelle organisation des espaces physiques de l’école ?
    5. La question de l’ouverture de l’école
    6. La question du plaisir


    Les tensions

    1. Effet de mode, renouvellement / durable, pérenne
    2. Subir / Resistance, Agir
    3. Générationnel : “nous”/eux”
    4. Surveillance/autonomie, Contrôle /confiance

  • Matériel scénario extrême en open source

    Nous vous mettons à disposition le matériel que nous avons créé pour réaliser des scénarios extrêmes : fiches, cartes, plateau et règle du jeu.

     

    Ce matériel de jeu sert d'outils pour se projeter en groupe sur l'école du futur (primaire/secondaire) à l'horizon 2035.
    Imaginer l'école pour un futur plausible et positif.

    Ce matériel a été conceptualisé par l'équipe Fing FuturEduc (Marielle Gendron et Véronique Routin) en collaboration avec la designer Laura Anastasio. Il utilise notamment les 7 leviers numériques des transitions produit par le Cahier d'enjeux Questions Numériques Transitions.

     

  • Le groupe local français est composé des équipes pédagogiques et de direction de plusieurs établissements :  le collège Louise Michel à Clichy sous Bois, le collège Guy Moquet à Villejuif, le lycée Arago à Paris. Un représentant des CFA (Centre de Formation des Apprentis) fait également parti du groupe local France.


    Présentation détaillée des différentes structures :

    Ce collège a la particularité d'être un « collège connecté » (collège test dans le cadre du dispositif français pour implémenter progressivement le numérique à l'école, en savoir plus ici). Dans ce cadre, il dispose au sein de son établissement d'équipements high-tech, d'un FabLab et est amené à utiliser ces outils pour servir des projets transdisciplinaires auprès des élèves.

    -  Lofti Bourgou : principal du collège
    - Arnaud Trappiez : principal adjoint
    - Gautier Scheifler : CPE (Conseiller Principal d'Education)
    - Renaud Godel : professeur de technologie
    - Brigitte Gogibus : documentaliste
    - Christophe Noullez : professeur de technologie, référent numérique et membre du Fablab

    Myriam Merlin : principale du collège
    - Stéphanie Mazuer : documentaliste
    - Mohamed Rharrafi : professeur d'anglais et webmaster
    - Anouk Bollon : professeur de SVT

    - Viviane Guini : proviseure du lycée
    - Madeleine Abrahimi : proviseure adjointe
    - Dominique Ledogar : Chef du service accompagnement à la Direction de l'apprentissage et de l'emploi, pour la région Île-de-France

    Au sein de son service, il développe des projets innovants en matière d'éducation auprès de jeunes en formation « apprentissage » comme « filme ton job » ou le projet « tablettes ».

    • L'équipe FuturEduc coordinatrice :

    Sophie Mahéo : chef de projet innovation et prospective
    Véronique Routin : directrice du développement pour la Fing
    Laura Anastasio : designer diplômée de l’école Boulle, agrégée d’arts appliqués, en master 2 recherche  « Design, Médias, Technologies » avec un projet de recherche sur les modes de pensée générés par les médias numériques
    Marielle Gendron : stagiaire, en master 2 « Technologies de l'Education et de la Formation »

    Serge Pouts-Lajus : consultant à éducation & territoires, organisme qui conseille et accompagne les collectivités dans la mise en place de politiques éducatives.


    Dans FuturEduc , le groupe local France est associé à 2 autres groupes locaux, Canada et Suisse. L’objectif étant de faire dialoguer différents pays, pour dépasser le cadre national et inviter à la recherche de réponses neuves autour de l’éducation à l’ère numérique.

  • Rendez-vous le 8 décembre à 14h, dans les locaux de Cap Digital, pour un atelier de prospective créative dans le cadre du projet FuturEduc.

     

    Cet atelier public, ouvert à tous, a pour but d’écrire des scénarios extrêmes sur l’école du futur. Aujourd’hui, le numérique opère des renversements et des mutations de manière transversale dans la société. L’école en est une illustration : en offrant de nouveaux outils pour la transmission de la connaissance, en questionnant la place du professeur ou encore en amenant de nouveaux enjeux d’éducation au numérique, ce dernier nous invite à repenser l’école.

    En s’inspirant de tendances déjà à l’oeuvre telles que la classe inversée, la pédagogie par projets, les Edtechs, le home-schooling, l’école ouverte, intergénérationnelle, libre…, et en les poussant à l’extrême, l’atelier aura pour but d’imaginer ce que pourrait être un modèle de l’école plausible et positif à l’horizon 2035.

    Membres de startups EdTech, professeurs, acteurs de l’éducation, associations, technopédagogues, étudiants…, votre regard nous intéresse !

    Méthodologie

    A l’aide d’un jeu de cartes, nous travaillerons les ingrédients de scénarios extrêmes en :

    • s’affranchissant des contraintes, des obstacles
    • décrivant un horizon plausible et souhaitable : l’histoire que l’on a envie de raconter
    • s’intéressant à ce qui pourrait déclencher un tel scénario
    • prenant en compte les tensions et le rôle des différents acteurs et leur évolution dans le scénario

    Quelques curseurs à faire bouger parmi d'autres :

    Structure ? Contenus ? Outils ? Pédagogie ? Place des professeurs, des parents ? Implications de l’Etat et des entreprises ? Modèle économique ? …

    Participer

    >> Inscriptions en ligne <<

    L'atelier est co-organisé avec Educalab, futur lieu d’innovation et d’accélération de projets dans le domaine de l’e-éducation, de la formation et de l’éducation au numérique. ll se déroulera chez Cap Ditigal, initiateur d’Educalab, au 14 rue Alexandre Parodi, 75010 Paris.

    Partenaires FuturEduc

     

  • Workshop école Boulle 
    Fin septembre nous avons mené un workshop avec les étudiants de l'école Boulle et de l'ENS-Cachan sur leur vision de l'école de demain sous forme de scénarios prospectifs.
     
    Après une intervention de Rémi Sussan (journaliste à Internet Actu) sur les sciences cognitives et notre manière d'apprendre, ainsi qu'une présentation de différents projets éducatifs innovants (dont les présentations sont accessibles ici), les étudiants ont choisi parmi une dizaine de sujets (école sans enseignants, école data driven, enseignement "maker", etc.) 4 sujets : 
     
     
    La restitution du Workshop en pdf :
     
  • Dans le cadre du workshop FuturEduc "Imaginer l'école à l'ère numérique" les étudiants du DSAA (Diplôme Supérieur d’Arts Appliqués) design produit et les étudiants de l’ENS Cachan préparant l’agrégation d’arts appliqués, ont partagé leur vision de l'école de demain sous forme de scénarios prospectifs.

    "Bioveille" est l'un des scénarios de restitution de ce Workshop présenté le 2 octobre à l'école Boulle.

     

    Approche

    L'école refondée sur les neurosciences

    Neurosciences : Étude scientifique du système nerveux, de sa structure et de son fonctionnement, depuis l’échelle moléculaire jusqu’aux organes, du cerveau à l’organisme tout entier.

    Les neurosciences ont prouvé que le cerveau humain n’est pas multitâche, et que sa capacité à apprendre nécessite le passage d’un mode « diffus » à un mode « concentré », comme le décrit Barbara Oakley. Ceci induit une partition du temps permettant de passer de l’expérimentation à la théorie et au lâcher-prise.

    La relation corps-esprit est centrale dans notre projet. Nous nous sommes concentrés sur une tension inhérente aux neurosciences, à savoir d’une part une expression hypertechnologique et virtuelle qui quantifie des données corporelles et d’autre part une visée sensible permettant de mener à l’écoute de soi, de son corps, de ses émotions. Cette dualité entre quantifier et qualifier a guidé notre questionnement sur la capacité de cette connaissance de soi à réinterroger les conditions d’apprentissage.

    Cette balance est en effet apparue essentielle pour ne pas tomber dans la dystopie d’un contrôle total des individualités en fonction de preuves neuroscientifiques absolues.

    La dimension expérimentale et relative des neurosciences nous a conduit à imaginer une école évolutive qui remet en question régulièrement sa pédagogie et ses contenus en fonction de l’apport de données corporelles et consultatives. 

     

    Le projet

    BIOVEILLE
    L’école qui veille sur vous, des Veilleuses à l’Hologround.

    Les données neuroscientifiques peuvent-elles apporter une meilleure connaissance de soi ? Cette connaissance de soi peut-elle requestionner les conditions d’apprentissage ?

    Partant d’une école refondée sur les neurosciences, notre analyse nous a conduit à mettre en tension deux notions essentielles : l’hypertechnologie (intelligible, virtuelle, numérique) et l’écoute de soi (sensible, émotions, corps).

    Les neurosciences étant une science inexacte, nous avons créé un lieu d’apprentissage basé sur l’expérimentation, la Bioveille. Le principe de cette école est qu’elle évolue au fur et à mesure des expériences neuroscientifiques qui y sont menées.

    L’enseignement est proposé sous forme de séquences, qui sont régulièrement remises en question suite aux résultats des expériences menés. Ainsi l’école est en constante évolution. Les veilleuses seraient un dispositif d’écoute apposé sur le corps, capable d’analyser un ensemble de données corporelles et neurologiques (rythme cardiaque, taux d’endorphine, de sucre, activité neuronale, etc.). Les données recueillies à l’échelle de l’élève permettraient de faire évoluer le Bioschedule, l’emploi du temps biologique. Les veilleuses auraient pour principales fonctions de revoir et faire évoluer régulièrement les modes d’apprentissage, les séquences.

    Nous avons proposé trois exemples de séquences.La première considère la classe comme énergie, pour développer la capacité d’interpenser. L’ensemble des données collectées par les veilleuses serait repris dans les séquences de synthèse collective. Elles permettraient de faire valoir de nouveaux apprentissages, en supprimer ou en réadapter, selon l’expérience vécue de chacun. La seconde séquence serait un temps de méditation, de conscience de soi où la veilleuse serait coupée. L’idée étant de revenir à des fondamentaux, le lien essentiel entre le corps et l’esprit. Enfin la troisième permettrait l’apprentissage par l’immersion et favoriserait ainsi le plaisir d’apprendre via l’Hologround. C’est un espace construit autour d’une surface au sol, à partir de laquelle se déploierait un univers d’hologrammes sensibles, tangibles et interactifs à visée pédagogique. Il permettrait d’appréhender différentes thématiques notamment les environnements macro ou microscopiques, au moyen d’une alternance de phases d’observation distancée, d’immersion et d’explication.

    La Bioveille pourrait s’inscrire dans un réseau d’écoles, depuis l’échelle locale jusqu’à l’international, permettant un partage des expériences et une émulation dans la recherche de dispositifs pédagogiques novateurs. 

     

    Le document de présentation :

     

    Bioveille_doc_statique.pdf (ouvrir Bioveille_doc_statique.pdf, 1.60 M)

     

  • Dans le cadre du workshop FuturEduc "Imaginer l'école à l'ère numérique" les étudiants du DSAA (Diplôme Supérieur d’Arts Appliqués) design produit et les étudiants de l’ENS Cachan préparant l’agrégation d’arts appliqués, ont partagé leur vision de l'école de demain sous forme de scénarios prospectifs.

    "Le bus magique" est l'un des scénarios de restitution de ce Workshop présenté le 2 octobre à l'école Boulle.

     

    Approche

    Apprendre dans une communauté itinérante par des expériences immersives.

    En quoi un lieu quelconque devient-il un espace d’apprentissage ?
    La philosophie du bus magique amène à penser l’école à distance par des expériences fortes, singulières, vécues en groupe, menant à une construction personnelle de l’élève.
    A la rencontre de la connaissance dans des contextes variés utilisant des ressources locales, les élèves construisent des projets communs avec des intervenants professionnels.
    Que convoque cette décentralisation des savoirs en terme de logistique ? 

    Le projet

    Le bus magique 

    Penser l’école 99% à distance pourrait revenir à imaginer une école dématérialisée, où chaque élève serait relié à son ordinateur, seul chez lui.
    Mais pourquoi l’école 99% à distance ne serait-elle pas une école hyper locale, dont le 1% serait le fil connecteur entre les acteurs, les élèves, les professeurs devenus mentors et organisateurs d’expériences ?

    Cette école c’est l’idée du Bus Magique, communauté qui évolue au rythme des parcours.
    Que doit-on apprendre à l’école ? Le contenu de l’éducation doit-il vraiment suivre un programme prédéfini ?

    Le bus magique devient alors une plate-forme, outil à la fois pour le professeur, pour les élèves et les acteurs locaux. Cette interface les mets en contact et permet la construction d’une expérience spécialisée au contenu éducatif ciblé.

    Sur la plate-forme, le professeur rentre les paramètres désirés pour l’expérience qu’il organise (territoire touché, thématique choisie, âges et nombre des élèves)
    La plate-forme propose alors de contacter les différents acteurs (lieux, intervenants spécialisés) disponibles et intéressés. Elle propose aussi une organisation logistique de l’expérience : transport, hébergement, restauration et lui met à disposition un contexte élargi qui renseigne sur les potentiels du territoire. Une estimation tarifaire est donnée et les financements potentiels sont recensés.

    Le professeur aura aussi accès à un contenu spécialisé sur l’expérience dont il peut se servir comme préparation auprès des élèves.
    Après avoir confirmé tous les paramètres, un carnet d’expérience est généré et envoyé en version papier aux élèves avant le voyage. Celui-ci permet à l’élève de découvrir le parcours, les différents intervenants et des références diverses en rapport avec l’expérience.

    L’élève peut aussi se connecter sur la plate-forme du bus magique, commenter chaque contenu, le noter, ajouter des fichiers (de manière public, à la communauté ou de manière privé), et partager le contenu de leurs échanges au professeur.

    De son côté, le professeur peut faire des retours à ses élèves par le biais de l’interface, ce qui lui permet de les suivre prolonger la réflexion apportée pendant l’expérience. Ce retour est une autre manière d’évaluer de façon qualitative plus que quantitative.

    L’interface du bus magique offre aussi la possibilité aux professeurs de créer un nouveau projet en rentrant lui-même les différentes données pour une expérience (événement, acteurs locaux, lieux, hebergement...) qui sera gardée en mémoire par la plate-forme.

    Les professionnels désireux de partager leur savoirs avec des jeunes sont aussi conviés à proposer leurs idées et peuvent être mis en relation avec les professeurs-organisateurs pour participer à un projet commun.

    Le bus magique est ainsi une nouvelle philosophie éducative. La magie, c’est la liberté laissée aux acteurs et la profondeur de l’expérience pour l’élève rendue possible par la plate-forme. Son école est ainsi en prise avec le terrain, évolutive, adaptée à ses envies. Réel voyage initiatique, ce moment hors les murs, lui offre le plus riche des épanouissements personnels possibles. 

     

    Le document de présentation : 

     

    bus-magique_doc_statique.pdf (ouvrir bus-magique_doc_statique.pdf, 1.26 M)

     

  • Dans le cadre du workshop FuturEduc "Imaginer l'école à l'ère numérique" les étudiants du DSAA (Diplôme Supérieur d’Arts Appliqués) design produit et les étudiants de l’ENS Cachan préparant l’agrégation d’arts appliqués, ont partagé leur vision de l'école de demain sous forme de scénarios prospectifs.

    "Une école saisonnière" est l'un des scénarios de restitution de ce Workshop présenté le 2 octobre à l'école Boulle.

     

    Approche

    De l'école inversée à l'école saisonnière

    Qu’est-ce qu’une école inversée ? S’agit-il d’une école à renverser dans son rapport au temps et à l’espace ? Dans sa construction hiérarchique ?dans la posture de l’apprenant ? Dans ses fonctions fondamentales et périphériques ? Après un exercice de prospective où nous avons poussé ces paradigmes jusqu’à l’extrême, une tendance globale a été relevée : le rejet de l’école comme modèle figé, et non transformable. Les espaces d’enseignement devait se déplacer, s’ouvrir, se combiner, s’inter changer, la temporalité devait sortir du carcan des emplois du temps et du système de niveau pour être plus juste, plus adaptée à chacun. Il s’agissait donc de fabriquer une école ou les repères séculaires soient dépassés au profit d’un système malléable où l’élève est appelé à trouver à son rythme ses propres repères. 

     

    Le projet

    La structure scolaire dans ses fondements est conçue sur un modèle avant tout stable. C’est le lieu de la discipline, de l’ordre, et en définitive d’une certaine fixité. Si cette statique rassure l’élève et lui offre un certain nombre de repères elle ne laisse que peu de place à l’individualité et le fige dans un format d’étude non discutable. L’école doit être une expérience mouvante organisée selon des rythmes et des espaces ouverts. Elle doit pouvoir se réinventer, être le lieu d’expériences et de déambulations aussi bien physiques qu’intellectuelles. Plutôt que de considérer l’évolution de l’élève à travers le prisme de niveaux, il s’agira d’appréhender son parcours, de l’inviter au voyage.

    L’école saisonnière est un modèle supplantant l’emploi du temps par l’édition mensuelle d’une nouvelle cartographie de l’école. Pensée comme une succession d’espaces modulables articulés autour d’une traverse et d’une agora (lieu des rassemblements et espace de rencontre) cette école propose à l’élève non pas un programme mais plutôt un plan de vol à suivre pour mener à bien une expédition dans un espace à découvrir. Ces paysages combinent des espaces d’enseignement fondamentaux et des espaces de déambulations, espaces moins conventionnels et ouverts à des découvertes en tout genre qui peuvent assurer la transition d’un département à l’autre mais aussi apporter dans l’école des compétences externes, constituer des ateliers ou encore des espaces d’inspiration, de relaxation. On peut ainsi y trouver des espaces de fabrication, de projection, de discussion. Les laboratoires et bibliothèques constituent les seuls points fixes dans ces paysages. Tous les autres pôles sont prévu pour se déplacer, être mis plus ou moins en avant selon les paysages mensuels. L’élève doit se présenter à chaque étapes de son voyage et y passer une durée définie pour y valider des acquis.

    Le parcours dans l’école passe par plusieurs phases nommées saisons remplaçant l’espace allant du collège au lycée. Elles décrivent à l’évolution de l’élève en 4 temps au sein de l’école entre approche dirigée, d’exploration, d’expédition, puis libre et assimilée. L’élève peut mettre plus ou moins de temps à passer d’une saison à l’autre selon son « agilité ».  

    Le tumblr du projet est accessible ici 

    Le document de présentation : 

    ecolesaisonniere_doc_statique.pdf (ouvrir ecolesaisonniere_doc_statique.pdf, 1.38 M)

     

  • Dans le cadre du workshop FuturEduc "Imaginer l'école à l'ère numérique" les étudiants du DSAA (Diplôme Supérieur d’Arts Appliqués) design produit et les étudiants de l’ENS Cachan préparant l’agrégation d’arts appliqués, ont partagé leur vision de l'école de demain sous forme de scénarios prospectifs.

    "Le lieu du hasard" est l'un des scénarios de restitution de ce Workshop présenté le 2 octobre à l'école Boulle.

     

    Approche

    Le Hasard : source d’opportunités et booster de curiosité

    Actuellement, on pense que l’on ne peut enseigner que ce que l’on maitrise bien. Notre système éducatif est fondé sur le principe d’un professeur, représenté comme le gardien du savoir, qui a en premier lieu la forte responsabilité de transmettre ses connaissances.
    Partons de la théorie de Jacotot : « Le maître ignorant est celui qui révèle à l’autre sa capacité de progresser par sa seule intelligence dans la connaissance.»
    On place maître et apprenants sur un même niveau d’égalité, tous deux dits « ignorants ».
    Le professeur adopte une position d’humilité, il dirige, cadre et soutient l’attention de l’élève en l’amenant à se poser les bonnes questions. Les élèves s’aventurent eux-mêmes à la recherche du savoir, poussés par la curiosité mais aussi l’expérimentation, la recherche et l’attention.

    Comme fondement de ce nouveau système : le Hasard.
    Ce dernier s’avère être une source d’opportunités pour tous, opportunité d’apprendre quelque chose d’inconnu et d’insoupçonné. Faire face au hasard devient un challenge à relever et l’origine d’une motivation nouvelle. L’école devient un lieu de prise de risque autant pour l’élève que pour le professeur. 

     

    Le projet

    Le Lieu du Hasard

    À l’origine de notre école du futur, un texte engagé : Le Manifeste de L’Ignorance de 2115. Suite à cette prise de conscience, des mesures ont été prises par le gouvernement afin de remanier le système éducatif. Le spectacle, la découverte sont parties intégrantes de la pédagogie défendue par les Ignorants.

    Le moyen d’action, celui qui permet de tenir en haleine enfants comme enseignants, sera celui de la génération du hasard.
    L’idée est d’exploiter la capacité illimitée de stockage de l’information que représente le numérique et de le retranscrire sous la forme d’une base de donnée intelligente et omnisciente dans tous les domaines : le générateur Alea. Cette interface serait le tireur de dés qui propose aléatoirement un thème de travail, faisant à lui-seul appel à plusieurs disciplines autrefois segmentées.

    Différentes activités en lien avec le thème sont alors proposées aux enfants (par exemple la pratique plastique, la découverte du corps, la prise de parole...) et leur permet de développer leurs capacités.
    Le hasard reste toutefois modéré puisque le thème appartiendrait à une data contrôlée et limitée à certains sujets, considérés comme pertinents suivant les connaissances que doit acquérir l’élève à son niveau.

    Ignorants, les enfants ont la capacité d’oser et de chercher par eux-mêmes.
    Notre dispositif fonctionne sur le principe que les enfants essayent, posent des questions, testent et que le maître ignorant est là pour les guider, les pousser à la réflexion mais non pas pour leur donner la solution. Il se doit de créer l’envie, la surprise et la curiosité.

    L’intelligence humaine est variée. Elle est aussi variée que toutes les manières que nous avons de percevoir le monde : intellectuellement, abstraitement, visuellement, émotionnellement, esthé- tiquement...
    La créativité découle de la mise en relation de ces différentes intelligences, sollicitées grâce à des approches diverses, pluridisciplinaires, comme on le met en place dans Le Lieu du Hasard. Le générateur, en diversifiant les formes d’intelligence auxquelles on fait appel lors des séances à thèmes, mobilise chez les enfants les différentes manières de percevoir la connaissance. Nous proposons une éducation olfactive, sonore, esthétique, émotionnelle, sportive, et abstraite à la fois.

    «Il n’y a pas de hasards. Il n’y a que des rendez-vous.» Paul Éluard 

    Le manifeste de l'ignorance :

    manifestedelignorance.pdf (ouvrir manifestedelignorance.pdf, 86.79 K)

    La vidéo de présentation du projet accessible ici ainsi que les documents de présentation : 

    Site_LieuduHasard.pdf (ouvrir Site_LieuduHasard.pdf, 2.03 M)

    Annexe.pdf (ouvrir Annexe.pdf, 126.00 K)

Conception & réalisation : Facyla ~ Items International

Plateforme construite avec le framework opensource Elgg 1.8