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Le corps, nouvelle frontière de l’innovation numérique !


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    Deux visions du corps numérique : algorithmique et bionique

    Par BODYWARE le 5 mai 2014

    Cet article de Rémi Sussan a été publié initialement sur Internet Actu

    Le sport est-il en train de devenir une activité quasi scientifique ? C’est la question que l’on peut se poser en observant combien le numérique et les capteurs sont en train de transformer les pratiques sportives. On pense bien sûr aux performances de courses et d’endurances que tout à chacun mesure désormais avec son smartphone, mais pas seulement… La transformation ne touche pas que les sports individuels et les pratiques amateures, mais également les sports collectifs et les pratiques professionnelles. C’est le cas par exemple du football. C’est ce qu’on a découvert lorsque Carlo Ancelotti, l’entraîneur du PSG, a instauré le port du brassard GPS lors de l’entraînement de ses joueurs, et s’est accompagné d’un “super-nutritioniste” chargé d’optimiser les potentialités des membres de l’équipe. Ce mouvement de fond n’est d’ailleurs pas propre au football. Les cyclistes de la Team Sky, dont Bradley Wiggins et Christopher Froome sont les plus connus, optimisent tellement leur technique, à coup de mesures et de graphiques, qu’on a pu à plusieurs reprises les soupçonner de pratiquer le dopage…

    Philippe Gargov (@philippegargov), conseil en prospective urbaine, animateur du blog Pop-up urbain, s’intéresse également aux stratégies footballistiques sur football totalitaire (@footalitaire). A l’occasion d’un atelier du groupe de travail Bodyware de la Fing, il est revenu sur les tenants et les aboutissements d’une telle révolution (voir également son article de fond sur l’usage de la statistique dans le football réalisé pour Les Cahiers du football).

    Football et Data

    Les données sont bien sûr au centre de cette nouvelle approche du sport. Mais pour en recueillir, encore faut-il disposer de capteurs adéquats. Si l’usage des brassards connectés se répand de plus en plus, il existe aussi des systèmes de capteurs plus exotiques, comme certains ballons “augmentés” (à l’image du ballon de basket 94fifty et du Smart Ball d’Adidas). Mais un ballon de foot est déjà très optimisé pour un environnement précis et ajouter des capteurs n’est pas forcément la meilleure idée… En fait, une bonne part des data qu’on peut récupérer sur un match de foot le sont par des moyens tout a fait classiques : à l’aide des caméras qui enregistrent les actions sur le stade.

    Evidemment seuls les pros peuvent profiter de ces brassards ou de la présence constante de multiples caméras. Dans le domaine amateur ou semi-pro, il existe des moyens plus artisanaux de récupérer des données. Les centres de formation aux Etats-Unis sont souvent équipés de l’application Performa Sport, qui fonctionne sur iPad (vidéo). Celle-ci permet d’enregistrer les actions rapides des joueurs, soit en temps réel soit en s’aidant d’une captation vidéo. Avec un tel outil, on peut montrer à un joueur comment il peut s’améliorer, objectiver sa pratique.

     

    Entre le semi-pro et l’amateur, il y a le domaine du “proamataeur”, qui pourrait aussi bénéficier de tels enrichissements numériques : il existe par exemple des vélos d’appartement connectés pour refaire le tour de France, d’Italie, les paramètres de l’appareil reproduisent les pentes de la vraie course : on essaie ainsi de calquer ses performances sur le niveau professionnel.
    Autre exemple Nike Plus, une chaussure équipée de capteurs permettant de mesurer des données comme la vitesse, l’accélération…

    Philippe Gargov nous a expliqué qu’il existe quatre générations de statistiques appliquées au foot : la première ne se préoccupe que des scores, de qui a gagné le match ; elle ne nécessite pas d’outils de mesure, ni d’êtres humains se consacrant à la tâche de récupérer des données. La seconde entre un peu plus dans les détails : elle enregistre le nombre de passes et d’actions basiques effectuées par chaque joueur. Un agent humain chargé du comptage devient nécessaire. La troisième génération prend en compte les mouvements sur le terrain : il faut donc utiliser des capteurs, pour la géolocalisation, et obtenir des données sur le mouvement, la vitesse. La quatrième génération, déjà réalisable mais pas encore effective, devrait intégrer des capteurs physiologiques. La cinquième génération est encore à imaginer…

    Le métier d’une société comme Opta Sport est de travailler sur ces statistiques, qu’ils accumulent et qu’ils vendent à des partenaires externes. Trois personnes travaillent sur chaque match. Deux d’entre elles se chargent d’enregistrer les actions, la troisième vérifie les stats. En matière de capteurs, pas de brassards, encore moins de ballons connectés ; ils se contentent d’analyser en temps réel les images retransmises par les caméras.

    Mais avec ces techniques on arrive assez vite aux limites du chiffre pour le chiffre. Or, ce qui intéresse Opta, c’est de déterminer les indicateurs qui permettent d’objectiver la performance, de créer des profils… C’est une chose de savoir si un joueur est bon ou mauvais, mais son rôle est-il impactant dans l’équipe, et de quelle manière ? Même si, aujourd’hui, les lecteurs sont de plus en plus capables de suivre ces tableaux et ces graphes, les statistiques nécessitent un minimum d’éditorialisation et d’explication. Une société comme Squawka.com produit de l’éditorial en grande quantité à partir des stats d’Opta.

    Cet usage général de la statistique ne pose-t-il pas des questions éthiques ? Que se passe-t-il par exemple si un joueur se sent fatigué et souhaite arrêter alors que les statistiques affirment qu’il doit continuer ? Pour Philippe Gargov, les risques ne sont pas tant à craindre du milieu du sport professionnel que des milieux amateurs ou pro-amateurs, par exemple dans le cas d’une relation entre un jeune de 16 ans et un éducateur qui découvre la statistique et qui peut mettre l’adolescent en danger…

    L’arrivée de ces outils mathématiques a déjà des incidences. Elle a fait naître une nouvelle génération de jeunes “blogueurs de foot” qui raisonnent à partir de ces chiffres et publient leurs pronostics et leurs avis en se basant sur eux. Ce qui ne va pas sans faire grincer les dents des analystes à l’ancienne mode, pas forcément heureux de voir de jeunes gens contredire leurs analyses basées sur plusieurs années d’expérience, à l’aide de ces colonnes de chiffres. Un Michael Cox, qui utilise de telles techniques dans son blog Zonal Marking, a aujourd’hui rejoint les grands médias et travaille au Guardian.

    A quoi ressemblera un média sportif demain ? Avec Fabien Girardin et Scott Smith, Philippe Gargov a participé à un projet de Design-fiction Today Sports, un journal sportif publié en 2018. En plus de l’injection massive de stats, ce futur magazine utiliserait de nouveaux outils très inspirés par les technologies du numérique, comme “Molecula Football”, un outil d’analyse du réseau de joueurs, et inspiré par un procédé expérimental déjà existant, Footoscope, également mis au point par Fabien Girardin.


    WinningFormula

    Image : le projet Today Sports du Near Future Laboratory.

    Aux Etats-Unis, Moneyballle livre (et le film) du journaliste Michael Lewis revenant sur les exploits de l’entraîneur de baseball Billy Beane, nous avait déjà montré combien les statistiques (lasabermétrie) ont modifié le recrutement des joueurs et l’analyse de leurs performances. Ce que nous montre Philippe Gargov, c’est que les nouvelles métriques du sport ne vont pas seulement transformer le discours sur le sport, mais d’abord et avant tout les pratiques…

    Bionique open source

    Mais notre rapport au corps n’est pas seulement qu’une question de performance et d’optimisation… Ou alors ces deux termes peuvent avoir un autre sens… Nicolas Huchet a eu, il y a 12 ans, un accident du travail qui a entraîné l’amputation de son avant-bras droit. Suivant l’actualité du marché, il a appris l’existence de nouvelles prothèses qui permettent d’effectuer un mouvement pour utiliser des objets. Des capteurs enregistrent la contraction des muscles qui entraînent une action de la part de la main robotique. Malheureusement, ce genre d’appareil n’est pas à la portée de toutes les bourses, et Nicolas Huchet a appris de son prothésiste que s’il désirait un tel engin, son acquisition serait à sa charge : entre 30 000 et 60 000 euros. En effet la sécurité sociale ne rembourse qu’un seul type de prothèse…

    C’est alors qu’il apprit l’existence d’un Fab Lab à Rennes, le Labfab. Il a alors contacté ses membres pour leur demander s’il était possible de concevoir une main robotique. C’est ainsi qu’en février 2013, fut lancé Bionico (@bionicohand), un projet open source destiné à concevoir et fabriquer une prothèse de main accessible pour tous, même et surtout les pays du tiers monde. Il faut savoir que 10 % des amputés sont des amputés de la main et 80 % se trouvent dans les pays en voie de développement.

    Nicolas Huchet et ses associés sont donc allé chercher sur thingiverse, le site de partage de créations prêtes à imprimer en 3D, les plans d’une main robot et en ont trouvé une, celle d’Inmoov,le robot humanoïde à taille humaine conçu par Gael Langevin. Ils ont acheté les pièces, téléchargé les plans, utilisé un Arduino puis ont transformé cette main robot en une prothèse à 200 euros.


    Bionico-Tu imagines Construit par bionicohand
    Image : Nicolas Huchet (à gauche) avec sa main Bionico, le robot humanoïde Inmoov et Gaël Langevin.

    Au mois de juin, à la fête du numérique, Hugues Aubin (@hugobiwan), chargé de mission nouvelle techno de la métropole de Rennes et l’un des ardents animateurs du LabFab, surnommé le “bras droit” du projet, est arrivé avec la main robot arrimée sur son bras et dotée de capteurs. La démonstration a eu un certain succès. Une équipe de la Makerfaire, le grand salon itinérant de la bidouille lancé à l’origine par Make Magazine, était présente, et les porteurs du projet Bionico se sont ainsi retrouvé à Rome pour l’événement Makerfaire 2013, où le projet a été primé. Ensuite, ce sont des Russes qui les ont invités à leur propre évènement, le Geek Picnic Festival.


    Bionico-Tu imagines Construit par bionicohand

    Au-delà du succès d’estime du projet, reste que son but n’était pas de construire une main robot mais de créer une prothèse accessible, au Cambodge comme au Ghana. Et pour y parvenir, il y a encore du travail à réaliser. D’ailleurs, la question même de la nature d’une telle prothèse se pose encore : quelles en sont les fonctions minimum ? Faut-il vraiment 5 doigts ? Doit-elle être esthétique ?…

    Où en est aujourd’hui le projet Bionico ? La main robot est prête, ainsi que les capteurs musculaires. Mais il reste des obstacles à franchir, et en premier lieu, le problème de la solidité. Celle-ci doit impérativement être améliorée, et sur ce point il est possible que la technique d’impression 3D ait atteint une limite : les matériaux utilisés sont trop fragiles. Certaines fonctions, comme l’effet de pince, sont difficiles: la main robot ne peut pas saisir d’objets.

    En parallèle à la main bionique, le Labfab travaille en partenariat avec l’Institut national des sciences appliquées de Rennes sur une prothèse mécanique, la Mecanicohand, plus orientée vers des travaux de force. Nicolas Huchet nomme ces deux projets en les comparant : “la prothèse des villes et la prothèse des champs”.

    En tout cas, l’intérêt pour cette main bionique ne s’est pas tari. Nicolas Huchet et son groupe vont ainsi se retrouver bientôt à l’université John Hopkins pour tester une main développée là-bas pour la modique somme de… 15 millions de dollars ! Si toutes les capacités de cette prothèse ne sont pas réplicables, peut-être y’a-t-il des idées qui pourraient permettre d’améliorer les mains robotiques et mécaniques de Bionico, quitte à les interpréter très différemment. D’ailleurs, la prothèse Bionico n’est pas la seule application au corps développée par le Labfab de Rennes. Par exemple, Hugues Aubin y a créé un gant sonar pour les aveugles, là aussi une version à bas prix d’un système bien plus onéreux. Ce gant a été créé à l’aide de deux moteurs de manette de Playstation 2 et des capteurs ultrasons. Et comme toujours, un Arduino.

    En conclusion, Nicolas Huchet a spéculé sur l’avenir d’une prothèse comme Bionico. Peut-être ne se limitera-t-elle pas à remplacer des mains amputées, mais sera-t-elle utilisée par les gens désirant une troisième main pour accomplir des tâches spécifiques… Quand la réparation de soi aboutit à la modification de soi. Le Body Hacking demeure visiblement porteur de bien des espoirs

    Rémi Sussan





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    Publié: May 5, 2014, 12:27 pm

  • La matinée du 14 mars était consacrée à une série de trois interventions d’Aleksandra Nivina, biologiste passée par le CRI et actuellement en PhD à l’Institut Pasteur, James King, bio-designer britannique et Rémi Sussan, journaliste à Internet Actu.

    Présentation d’Aleksandra Nivina


    Il n’y a pas une seule définition de la biologie synthétique. Aleksandra Nivina en a donc choisi plusieurs qu’elle a collées dans un générateur de nuage de mots.  

    Au premier plan apparait “biological”, c’est normal ! “Parts” est le 2e terme, normal aussi compte tenu de la dimension “ingéniériale” de la biologie synthétique. Les “parts” sont ces fameuses bio-bricks partagées dans la communauté pour faire avancer tous les projets.  Le MIT en tient un registre à jour
    Design et re-design, sont aussi des mots importants. Beaucoup de définitions insistent sur cette dimension particulière de la biologie synthétique qui consiste à comprendre les mécanismes du vivant, pour le réparer, ou créer de nouvelles formes et combinaisons à partir des connaissances ainsi acquises.

    La biologie synthétique est une discipline qui conçoit, répare et fabrique des systèmes biologiques à partir de “composants” naturels, ou modifiés par elle.

    On peut aussi définir la biologie synthétique par ses applications. Certaines sont réelles, d’autres en développement, et d’autres encore imaginaires. On sait produire du fuel à partir de bactéries - pour l’instant ce n’est pas rentable économiquement -, fabriquer des médicaments à partir de bactéries ou de levures, des outils pour détecter, soigner ou détruire les cellules cancéreuses. On élabore de nouveaux matériaux, par exemple du fil d’araignée synthétique (le naturel est d’une solidité remarquable). On expérimente des thérapies géniques. On teste la bio-remédiation, pour nettoyer différents types de pollution ou pour designer des bio-capteurs, de polluants dans l’environnement ou de pathologies dans le corps. On explore la reprogrammation de la microflore bactérienne pour prévenir ou traiter certaines maladies, dans le futur. On sait également avec l‘“engineering crops”, rendre les plantes plus résistantes. 

    Quand on utilise le mot design, c’est que nous voulons  répondre à des enjeux , à des objectifs de façon rationnelle en poussant loin la réflexion. Par exemple designer un circuit génétique, qui est l’opération de base de la biologie synthétique. On sait aujourd’hui produire des circuits génétiques complexes, on peut aussi construire des organismes synthétiques, en leur injectant un ADN totalement synthétique. On veut designer des systèmes qui soient simples, robustes, efficaces et surs, comme ça se fait dans les autres domaines du design. A un certain point on pourrait considérer la biologie synthétique comme une nouvelle aire du design.

    Présentation de James King

    James King est un jeune bio-designer britannique impliqué depuis plusieurs années dans l’exploration des bio-technologies. Il nous a présenté trois projets illustrant sa démarche, qui consiste à faire du Design un élément permanent de la pratique scientifique.

    Dressing the meat of tomorrow est un projet de design spéculatif qui explore les conséquences de la maitrise de la culture in vitro de la viande. En effet, si la culture des tissus vivants est un procédé de routine dans les laboratoires, que se passera-t-il lorsque ces techniques de génie tissulaire deviendront la base de la production de l’industrie alimentaire, en dépit du dégout que cette perspective peut nous inspirer ? Si la viande “in vitro” devient plus rentable, et plus humaine que l’élevage industriel, quelle sorte de viande voudrions-nous manger ? De quelle forme, dès lors que nous ne sommes plus limité par la taille et l’anatomie de l’animal ? Serions nous heureux de manger une  telle viande ? James King imagine un chef de cuisine curieux, innovant, qui se démarque en créent de nouvelles formes esthétiques pour la viande. En créant de vrais objets, James King souhaite engager autrement, plus concrètement, le débat sur le sujet de la viande “in vitro”, pour finalement répondre à cette simple question : ai-je vraiment envie d’en manger ?

    E-Chromi est un autre projet de bio-design de James King et  Alexandra Daisy Ginsberg développé à l’université de Cambridge en 2009 avec la collaboration de jeunes designers et scientifiques. Les biologistes ont d’abord sélectionné différentes bactéries produisant des pigments colorés visibles à l’oeil nu, pour ensuite les associer à d’autres bio-bricks, comme des bio-senseurs, et finalement imaginer avec les designers différents usages de ces briques biologiques. Tester la qualité d’une eau, colorer autrement la nourriture et même imaginer une application “médicale” sous la forme d’un yaourt embarquant les bio-marqueurs, et permettant d’établir une série de diagnostics médicaux à partir de la couleurs de nos selles. Ce projet a remporté la compétition IGEM en 2009.

    Cellularity est une réflexion sur la notion de vie et de mort en biologie synthétique, à partir d’un projet consistant à produire une nouvelle molécule qui intègre des molécules non organiques  contenant des composants médicamenteux dans une cellule. Dans des conditions spécifiques, la membrane de la cellule devient poreuse, libérant de petites quantités de ce médicament dans l’organisme. 

    Par la suite, l’organisme va pourvoir récupérer ce médicament, puis l’activer en fonction de ses besoins. Il va acquérir des capacités à se répliquer dans des cellules par mitose. Il va ensuite se recombiner avec d’autres cellules “médicaments” situées dans l’organisme afin de créer de nouveaux médicaments. Certains seront fonctionnels, d’autres non. Ceux qui ne servent à rien seront reconnus par l’organisme comme des cellules pathogènes et seront détruites par le système immunitaire. La finalité est de produire des molécules médicamenteuses juste en fonction des besoins de l’organisme.

     Au-delà des applications technologiques potentielles, ces recherches pourraient conduire à une nouvelle compréhension de la façon dont la vie et les choses non vivantes diffèrent les unes des autres. Pour explorer ces impacts, James King a imaginé l’échelle de Cellularity - une définition spéculative de la vie qui pourrait s’appliquer dans un avenir où, au lieu de nous demander si quelque chose est mort ou vivant, on s’inquiéterait seulement de savoir quel est son niveau, son intensité de vie.

    Présentation de Rémi Sussan

    Rémi Sussan est journaliste à Internet Actu, où il couvre notamment les sujets de la biologie synthétique. Il se présente trop modestement comme un complet amateur, même s’il est par ailleurs un membre actif de La Paillasse, le premier biohackerspace français.

    Quelle est la relation entre la biologie synthétique et les ordinateurs ? On observe d’abord  le même type de développement : rapide, open source, hackable, on peut être bio-hacker ou digital hacker. Ces deux technologies sont « autocatalytiques », c’est à dire qu’elles font progresser toutes les autres. Pour Stewart Brant, auteur de cette définition il y a 3 technologies de ce type : les infotech, les biotech et les nanotech, qui utilisent les mêmes processus algorithmiques. 

    Dans les années 50 les ordinateurs étaient très chers, un cadre d’IBM pensait à l’époque qu’un petit nombre conviendrait pour l’ensemble des USA … La baisse des prix a produit les mêmes effets sur les biotech : n’importe qui peut en faire. L’Open PCR, une machine pour amplifier l’ADN afin de le séquencer, disponible pour moins de 600 $, a été construite sur une base arduino, et développée en ligne par une communauté de bio-punk qui font de la biotechnologie de garage et du bio-kacking. Cette communauté, diybio.org, fait de la biotech par ses propres moyens et avec peu d’argent, et c’est possible parce que les prix ont chuté, comme le montre la courbe de Carlson, l’équivalent de la loi de Moore pour les biotechs. Le séquençage, lire l’ADN, a beaucoup baissé en coût, synthétiser, écrire l’ADN, ça baisse mais moins vite, donc on peut vraiment imaginer aujourd’hui de faire de la biotech dans son garage.

    C’est d’ailleurs ce que font les membres de La Paillasse. La liste de leurs réalisations ne cesse de grandir. Un bioréacteur pour cultiver les micros-organismes (un projet financé en partie par la Nasa) de l’encre bactérienne, un dispositif de barcoding “very” lowcoast pour repérer les OGM dans le contenu de votre assiette, et tous les composants organiques ou chimiques qui vont avec. 

    La Paillasse applique la charte des biohackerspaces, réalisée collectivement : transparence, sécurité, etc … Les plus cyniques diront qu’on ne parle pas d’éthique. Les bio-terroristes n’ont pas besoin des hackerspaces pour fonctionner. Le danger ne viendra pas d’eux.

    Il existe depuis longtemps une discipline qui s’appelle ‘Artificial Life ». Elle est l’exact contraire de la biologie synthétique. L’Artificiel Life crée la vie « in silico » comme dans ce vieux jeu en ligne des années 90, « Creatures ».  Ces créatures avaient un ADN, un réseau neural, et se reproduisaient en fonction d’un algorithme génétique, du coup les enfants étaient différents des parents, et heureusement un peu plus intelligents à chaque nouvelle génération. Une légende dit que c’est en voyant ces créatures qu’une japonaise a eu l’idée des Tamagotchi … L’Artificial Life essayait de créer de la complexité, et de nouvelles propriétés, alors que la biologie synthétique veut plus prosaïquement comprendre les mécanismes et propriétés de base, et non pas faire émerger de nouvelles propriétés. Comme le résume très bien Drew Endy : I hate emergent properties !

    Le parallèle avec l’informatique fonctionne très bien : vous n’avez pas besoin de savoir comment marche votre ordinateur, ou même de le fabriquer, pour publier un billet sur un blog. Un jour vous pourrez créer tout aussi facilement de nouvelles formes de vie sur votre ordinateur, en utilisant par exemple le Genome Compiler. En attendant, 50% des logiciels de ce type sont « morts »,  et ceux qui restent ne marchent pas toujours …

    Peut-on faire une synthèse des ces deux technologies ? Georges Church et ses collaborateurs ont créé une machine qui écrit des milliers de lignes d’ADN en parallèle, en essayant d’atteindre un niveau de complexité supérieur.

    Et le rêve de la biologie synthétique c’est quoi ? Des maisons qui poussent toute seule ? Un Jurassic Park 2.0 comme le propose Georges Church avec son projet de ‘de-extinction” ? Ou la vision de Freeman Dyson d’une nouvelle ère post-darwinienne mise en mouvement par un Open source de tous les gènes ?




    Article importé: http://fing.tumblr.com/post/82191783812
    Publié: April 9, 2014, 3:46 pm

  • Les ateliers d’exploration de Bodyware ont pour objectif de nous familiariser avec des terrains de recherche ou d’innovation un peu éloignés de nos bases. 

    Nous avons eu la chance pour ce premier atelier consacré à la biologie synthétique de collaborer avec le CRI, le Centre de Recherches Interdisciplinaires, fondé et dirigé par François Taddéi et Ariel Lindner, et qui promeut une approche décloisonnée des sciences du vivant. 

    Grâce à la complicité active de deux jeunes designers fraîchement diplômées de l’Ecole Boulle, Justine Coubard-Millot et Marguerite Benony, et d’une jeune biologiste de l’Institut Pasteur passée par le CRI, Hélèna Shomar, nous avons pu mobiliser pendant 5 jours, du 14 au 18 mars, autour de nos partenaires de l’expédition Bodyware un groupe de 21 étudiants mixant apprentis biologistes du CRI et apprentis designers de l’école Boulle, de l’Ensci, de l’école Estienne à Paris, et du Master IDEA commun à l’EM et l’Ecole Centrale de Lyon.

    Pour commencer cette restitution, nous vous proposons de jeter un oeil au clip réalisé par les élèves du CRI, qui résume parfaitement l’esprit et les objectifs de ce workshop. Dernière précision, le CRI accueillant de nombreux étudiants étrangers, la langue de travail est l’anglais.




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    Publié: April 9, 2014, 3:41 pm

  • Un premier retour de notre workshop du vendredi 14 mars dans le laboratoire du CRI à Cochin. Article original réalisé par les community managers du CRI consultable iciPrésentation finale des projets des jeunes biologistes et designers le mardi 18 mars à 18h dans les locaux du CRI, 10 rue Charles 5 à Paris. Une synthèse plus complète suivra.

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    Kickoff  given by Thierry Marcou
    Join #bodyware if you want to participate in social media discussions or find a timeline of the event.
    Here a graph of the event using #rhizi :

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    Prospective work in key notions = Identity / health / beauty / performance / sences
    Synthetic biology presentation
    Aleksandra Nivina (Institut Pasteur)
    No unified definition of synthetic biology
    biological/systems/devices/parts/design/engineering
    what syn bio could do ?
    ex : fuel from sugar with bacteria (not possible until now), producing drugs, cancert therapies, new materials (bacteria can made monomere), gene therapies, bioremediation (make better bacteria to degrade toxical products), biosensors, reprogram microflora, improved crops, cosmectics
    Connection between synthetic biology and design: 
    -from synthetic biologists point of view : design systems as genetic circuit, creating new proteins by rational design
    similarity between genetic circuits and electronic circuits
    designing organism = DNA synthetised and inserted in a micro-organism.
    -from design: design objects easy to use, sustainable, practical, eco-friendly + imposed constraints (—> very similar between syn bio and design regarding objectives and constraints) + creativity !
    Syn bio as a new area of design : “synthetic aesthetics” group
    Making design a part of scientific practice 
    James King (designer)
    ex: designing meat !

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    project E. Chromi : bacteria as biosensors (changing colour according to the environment)
    = could help to make some diagnosis
    project Cellularity : “cellular drugs” (ex: metabolism = drugs deliver only when and where they have to)
    "What I cannot create, I do not understand" Richard Feynman
    A culture of questionning - CRI
    Ariel lindner 
    Question in the public:
    What is the part of the dream?
    How you design something when you don’t know what it is/what’s possible? = researcher approach (vs engineering point of view)
    Legitimity of designer to build some objects or fiction ?
    james king : knowing what is possible or not, give “licence” to speculate. 
    Principles Health&Education
    1. Personalized (adapted to everyone)
    1. Predictive
    1. preventive
    1. participating
    1. peer sharing
    1. progressive
    CRI = teaching through research for an overgrowing community
    -Open lab
    -master program AIRE (cf. the learning pyramid)
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    Importance of research and education in innovation
    ex : 
    iGEM
    MOOC synthetic biology du CRI
    SynBio4all (DIY lab)
    Why digital is interested in biotechnologies?
    Remi Sussan (Fing) 
    Same kind of dvpt : quick, open-source, can be hacked
    Same impact : Stewart brant said they are “autocatalytic technologies”, technologies that make all others technologies improve : infotech, biotech, nanotech
    Same algorithmic processes
    Biotech for everyone ? ex : openPCR
    biopunk, biohacking, DIY = international community
    ex: La Paillasse = a biohacklab in Paris (bioreactor, transilluminator to see DNA, bacterial ink, barcoding workshop ...

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    Biodegradable electronics (Sony)
    DIYBio Code of ethics in 2011 made by the biohackerspaces (open access)
    Artificial life and reverse:
     ”Genome Compiler” project : simili-CAD synthetic biology software
     
     George Church (Harvard) : created a machine which is creating thousands DNA sequences “in parallel”, try to create complexity
     George Church and Ed Regis : Project of the extinction = recreating creatures from the past (Dodo, Mammouth…)
     
    Freeman Dyson (physicist) say that we are moving to the post-Darwinian era (because we control our own evolution)
     open source extended from the exchange of software to exchange of genes
     
     
    Working group 
    (5 fields and 5 teams are at work now : #identity /#beauty / #sences / #health / #performance )

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    • Presentations of the results:
    Beauty team
    -equipment = sweat, watch to measure your feelings
    ex: watch with several electrods measuring the level of stress, excitation etc
    -cream to replace a part of your microbiome
    -white sweat shirt on which some colours appear and change according to combination bacteria/fibers.
    Sense team
    -biosensor which detects smells linked to fear
    you can feel what other people feel (you can turn it off)
    Identity team
    -the bio-meetic project = 
    you are sexually attract to people which are the opposite of you in terms of immune system. This is linked to the odours of people.
    So, collect DNA and odors sample = crowdsourcing (theft ou legaly way to do that!)
    Establish the correlation.
    Sell the perfect perfume to a client allowing him to seduce the girl/man he wants. 
    Health team
    -a symbiotic pet
    ex: a living organism (plants, animals) protects you to bugs (mosquitos etc)  you’re sensitive to. He can destroy them for example
    maybe later product in bioreactors
    Performance team
    -Changing the bacteria of your skin for health impact or improve our performance.
    a new biotextile company : radioresistant for example
    test on animal models
    iteration
    2030 it’s ok!

     




    Article importé: http://fing.tumblr.com/post/79873488730
    Publié: March 17, 2014, 4:36 pm

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    Je possède depuis le 3 septembre 2013 un Nexus 4, ou peut-être est-ce l’inverse, je ne sais pas encore.

    Il s’agit d’un smartphone 100% Google, toujours à la pointe d’Android, je ne suis pas peu fier d’être en 4.4 depuis une semaine, et doté des dernières applications maison, comme Google Now. Au premier lancement j’ai répondu oui à toutes les questions concernant la réutilisation par Google des données produites par mes usages du Nexus 4, ma position, mes recherches, ma navigation, etc. Avec bien sur l’idée d’expérimenter concrètement ce que pouvait produire cet abandon de souveraineté sur mes données personnelles, dans une relation totalement asymétrique entre le monstre Google et ma très modeste petite personne.

    J’ai découvert il y a peu de temps la fonction historique de mes positions dans google maps, accessible à cette adresse : https://maps.google.com/locationhistory, historique bien sur alimenté entre autre par le GPS de mon Nexus 4. Ca se présente comme ça :

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    L’onglet carte affiché ci-dessus me donne accès à un calendrier, une carte et une timeline. Pointant par défaut sur la date du jour, le 30 novembre, vous pouvez voir sur la carte les traces d’une des mes routines du samedi matin, consistant à aller acheter Libération au kiosque à journaux de Croix de Chavaux, pour ensuite le lire tranquillement à la terrasse du Bar du marché de Montreuil. En pointant le curseur sur la timeline je peux voir précisément à quelle heure j’ai quitté mon domicile, 8h30. Une fonction replay me permet également de “rejouer” mon parcours. Premier enseignement, mais on s’en doutait déjà, tous mes déplacements sont tracés. Peut-être pourrais je bientôt comparer avec Orange, qui dans le cadre de l’expérimentation “Mes Infos" proposent de nous restituer nos données de traçage ? 
    Le calendrier me donne la possibilité d’afficher sur la carte et la timeline des agrégats compris entre 1, 2, 3, 5, 7, 14 et 30 jours. Pourquoi pas tout depuis le 3 septembre en ce qui me concerne ? Je l’ignore pour l’instant. Et voila une première chose à faire consistant à fusionner les fichiers d’export des données au format KML limités à 30 jours. La première fois que j’ai sélectionné 30 jours, en fait du 26 août au 24 septembre, ça a donné ça :

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    Il s’agit donc de mon premier graphe spatial ! On le voit mes déplacements sont essentiellement rythmés par mes activités professionnelles, avec à l’extrémité ouest Bordeaux, et la journée nationale Infolab du 20 septembre, et à l’extrémité est Nice où j’intervenais dans une conférence de l’Ademe à Sofia-Antipolis le 16 septembre. Un de mes collègues de la Fing, doté du même Nexus 4, et qui promène en ce moment dans toute l’Europe sa jeune fiancée brésilienne, a un graphe spatial nettement plus sexy je dois dire, avec des traces en Toscane, à Amsterdam, à Londres… Je peux bien sur zoomer, par exemple sur Paris où je vis et travaille, et là ça donne quelque chose d’un peu plus complexe à lire, mais qui témoigne aussi du poids et de la densité de mon enracinement parisien, avec évidemment un couple fort entre mon domicile, j’habite Vincennes, et le Passage Brulon dans le 12e arrondissement de Paris où je travaille :
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    Je m’étonne de ne pas y retrouver mes rendez-vous, pourtant scrupuleusement notés dans mon agenda google avec l’adresse exacte à chaque fois (c’est une nouvelle habitude que j’ai prise). Google Now s’en sert, mais pas cet historique. Après la fusion des fichiers, une 2e chose à faire donc. Pour par exemple contribuer à remplir les fiches de temps passé que je ne remplis pas pour alimenter le système comptable de la Fing…
    Peut-être l’onglet “Tableau de bord” pourrait m’y aider, mais ce n’est pas gagné. Ce 2e onglet se présente comme ça :

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    Google prévient que c’est en version bêta, et que les informations vont s’améliorer au fil du temps. Effectivement la pertinence des informations présentés dans cet onglet est extrêmement variable. 
    La répartition de mon temps entre domicile, travail, extérieur est assez simplette, et s’enrichirait de précisions venues d’ailleurs, par exemple de mon agenda. Coup de bol, j’ai passé pile 39h au travail cette semaine ! Je peux aussi lister une série de lieux visités. Première interrogation sur la définition de lieu visité. J’en ai 68 au compteur, ça ne me parait pas beaucoup, j’aimerais trouver quelque part comment Google décide que j’ai visité un lieu. J’y reste plus de 5 mn par exemple ? La visite du centre d’aide Google ne m’a pas aidé sur ce point. Je dispose de trois critères, seulement, pour trier les lieux : dernièrement, le plus fréquemment et le plus éloigné. 
    Voici les coordonnées du lieu le plus fréquemment fréquenté par moi : 48.84759,2.434625. Google le place au 19-21 rue de Montreuil à Vincennes, et il se trompe, car à cet endroit il y a un espace de parapharmacie dans lequel je ne mets jamais les pieds. En revanche, une dizaine de mètres plus haut, de l’autre coté du trottoir, il y a le bar tabac où je prends un café presque tous les matins avant d’enfourcher mon vélib pour aller au turbin. Suis-je déçu par cette imprécision ? Pas vraiment, j’y trouve même du plaisir à contredire et corriger Google, qui se trompe sur moi, et du coup trompe ses clients annonceurs ? Le 2e lieu le plus visité est aussi un bistrot … (où je ne bois que du café) celui qui se trouve près du cabinet de mon dentiste, que j’ai vu 10 fois depuis le 1er octobre (je viens de vérifier dans mon agenda), ceci expliquant donc cela. 
    Les rubriques pays visités, voyages en avion et voyages tout court restent anecdotiques en ce qui me concerne.
    Bref c’est un dashboard très bêta, qui en l’état ne m’apprend pas grand chose. Mon graphe spatial va bien sur s’épaissir avec le temps, mais je doute que ça suffise pour le rendre plus intéressant. On peut vouloir pousser le bouchon un peu loin, et fantasmer sur la coproduction par Google et moi d’un rapport annuel de Thierry Marcou, comme ceux de Nicolas Felton, qui pourrait nous servir d’horizon pour réfléchir aux améliorations à apporter à la version actuelle. Enrouler autour de mon graphe spatial tous les autres graphes, notamment ceux stockés aussi chez Google, rendez-vous, contacts, tâches, cinéma, théâtres, concerts, photos, actualités, recherches, achats, lectures, écritures, diners, fêtes, rencontres, disparitions … 

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    Ce qui m’intéresserait dans un rapport de ce type, ce ne sont pas mes patterns, mes routines, mes habitudes, c’est à dire tout ce qui intéresse les clients de Google, mais à l’inverse les écarts, les exceptions, les surprises, les maximum et minimum, par exemple Felton note l’altitude la plus haute atteinte dans l’année, bref tout ce qui ferait un peu le sel de ma vie.
    Je pourrais aussi céder à une sur-personnalisation de ce dashboard. Par exemple en récupérant quelque part les niveaux d’UV auxquels j’ai été exposé durant mes trajets. Pourquoi ? Parce que je souffre depuis quelques années d’une maladie orpheline, une forme bégnine de vitiligo, qui m’oblige à rester à l’ombre pendant le printemps et l’été quand je marche ou fais du vélo. Mesurer, quantifier, surveiller mon taux d’exposition au UV, éventuellement partager cette information avec ma dermatologue, et me faire engueuler par elle, est ce que ça aurait du sens ? Pour aller au bout de cette idée, je rêve d’un GPS de l’ombre qui me guiderait pour emprunter les voies les les plus ombragées dans mes parcours piétons ou cyclistes… On pourrait aussi imaginer que je porte un Hexoskin, un teeshirt bourré de capteurs, et que mon graphe cardiaque s’enroule lui aussi autour de mon graphe spatial…
    Mais le simple usage personnel de ces données qui le sont aussi ne constitue pas la seule perspective à notre disposition. J’imagine par exemple d’être capable de discriminer dans cet historique de mes positions mes séquences de marche, de vélo, de voiture ou de transports en commun, je combine les quatre de manière très différente chaque jour, et de pouvoir fournir ces données à l’autorité organisatrice des transports et les services territoriaux concernés pour qu’ils en fassent un meilleur usage que moi. Le problème étant que mon offre ne croise pas forcement à ce jour une demande, à l’exception comme toujours de Rennes (cf. projet PUMDP avec Chronos).
    Pour aller plus loin dans cette exploration, je vais maintenant partager cet historique de mes positions avec mes camarades de l’équipe Infolab, et voir ce qu’on peut en tirer d’autre.
    Dernière précision. Peu de temps après avoir rédigé ce texte, Google Now me proposait sur mon nexus ce qu’il appelle un résumé de mes activités, m’affichant pour le mois de novembre 80 km à pied et 110 km à vélo. Ceci étant, ça reste du Google, c’est à dire que c’est lui qui décide de l’afficher, une fois par mois, impossible de le faire moi-même, et surtout, comme le montrent les commentaires de ce billet, avec son lot d’erreurs. Google a ainsi affiché à ce type 30km de vélo au compteur alors qu’il n’en a pas touché un depuis 10 ans…
    Thierry Marcou




    Article importé: http://fing.tumblr.com/post/69063607896
    Publié: December 5, 2013, 10:33 am

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