Campagne Infolab.

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Développer une "culture de la donnée" au service des entreprises et des acteurs du territoire.


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    Dans le cadre de la Campagne Infolab, la FING propose une série de portraits de ses partenaires, oeuvrant pour le développement d’une culture et d’une médiation à la donnée. Ils sauront inspirer, par leurs visions stratégiques, de futurs champs d’action de l’Infolab. Nous avons choisi d'ouvrir ces entretiens avec Sébastien Keiff, chargé de mission Agenda 21 au Conseil Général de la Gironde (33).

     

    FING : Pour toi, qu'est-ce qu’une donnée et que représente t-elle ?


    S.K : Au départ, je n’étais pas investi au sein du projet d’Open Data au département. Pourtant, j’ai une formation d’économiste qui aurait pu m’attirer vers ce sujet bien plus rapidement. J’ai toujours, tout au long de ma carrière professionnelle, été amené à manier de la statistique à différentes échelles. De près ou de loin, lorsque nous conduisons une démarche de développement durable, parce que c’est vraiment mon coeur de métier, nous avons une phase assez importante d’observation du territoire.

    Cette observation, elle se fait en général avec deux clés d’entrée. La première clé est dite « quantitative ». Il nous faut de la donnée et de la statistique pour pouvoir exposer les phénomènes en présence sur le territoire au regard du développement durable. Il y a une autre dimension, beaucoup plus « qualitative », qui est de l’ordre du rapprochement et du dialogue avec les citoyens. Par exemple, s’il y a 4% de chômage sur un territoire, je peux conclure qu’il n’y a aucun problème d’emploi sauf qu’en réalité, il n’y a plus non plus  d’actif ! On peut donc discuter avec les citoyens, leur présenter une situation et leur demander “mais est-ce que vous le ressentez de la même manière sur le territoire ?” De fait, on découvre des perceptions, ni plus justes ni plus fausses que la statistique en elle-même, et ça rend toute la donnée plus objective. La donnée pour nous, c’est donc une ressource qui nous permet d’alimenter une certaine vision en présence sur un territoire.

     

    FING : Pourquoi est-ce important pour toi de travailler avec des données?


    S.K : Je suis au département depuis maintenant 5 ans, et lorsque j’ai rencontré mon collègue Pascal Romain (chef de projet sur l’Open Data), nous nous sommes croisés assez rapidement autour de l’idée d'une transition sociétale vers un monde plus durable. Nous nous sommes rendu compte que nous avions besoin de données et besoin d’un dialogue avec les citoyens pour travailler ensemble. L’Open Data a alors pris tout son sens pour moi, non pas comme finalité, mais comme outil et ressource au service d’un projet territorial de développement durable.


    FING : Quelles sont les données que vous utilisez dans le cadre de l’Agenda 21 ? Quelle place occupent-elles dans votre organisation ? Êtes-vous producteur, réutilisateur, médiateur de données ?


    S.K : J’identifie les indicateurs nécessaires à l'observation stratégique et pertinente des dynamiques territoriales. Qu'elle est la dynamique associative? Comment se noue le lien social ? Comment se fait l’épanouissement des êtres humains ? Quelles sont les vulnérabilités du territoire face aux aléas climatiques? Pour tout cela, j’ai des presentiments à l’échelle du territoire, mais quelles sont les données qui vont me permettre de les justifier ? Je m’appuie principalement sur des données extérieures que peuvent récupérer des acteurs constitués, qu’ils soient des collectivités, des observatoires, des corps de l’état, ou des associations. Je construis une sorte de légitimité dans l’observation et me demande ensuite ce que ces données disent de mon territoire. Je suis alors apte à mesurer ma stratégie ou mes dynamiques locales.


    Il y a une autre dimension dans notre production de données, sur des dynamiques particulières en Gironde. Par exemple, nous géo-référencons toutes les initiatives liées au développement durable. Pour tout cela, nous avons eu besoin de produire des données, des tableurs et c'est là que nous avons commencé à nous frotter à la production de données. Avant dans mes tableurs, je renseignais le nom de la commune et je n'avais jamais réfléchit au fait que sans l’indication du code postal, il me serait impossible d’arriver à trier mes données. Donc nous apprenons petit à petit...


    FING : Qui est sensible à cette démarche d'Open Data dans l’Agenda 21 ?


    S.K : Pascal Romain a déjà largement constitué toute une communauté derrière l’open data. Mais je constate qu’aujourd’hui, il faut encore prendre son bâton de pèlerin pour aller parler à des collègues, un par un. Au delà de l’obligation légale qu’il pourrait y avoir, pour l’instant personne n’est réellement enthousiaste.

    L’Open Data n’est pas une finalité, c'est ce qui nous permettra d’atteindre des objectifs partagés et c’est sur ce point qu’il faut argumenter. Soit nous y allons un par un pour demander les mêmes données, soit nous mutualisons, nous mettons en commun, nous les rendons plus fortes en étant plus à les utiliser, à les mettre à jours, etc., et c’est là que le portail Open Data peut jouer son rôle, plein et entier.


    FING : Quels sont pour toi les freins juridiques, économiques, etc., au développement de l’Open Data ? Te sens-tu acteur du changement ?


    S.K : J’ai identifié plusieurs freins, il y a d'abord la notion de vocabulaire sur à peu près tous les champs thématiques. Quand j’ai construit mon Agenda 21, j’ai appris la définition des mots utilisés au quotidien. J'ai également appris à les redéfinir, et sans cet effort, je risquais dans le dialogue de me heurter à un mur.


    Il persiste un autre frein majeur avec les collectivités qui produisent de la donnée. Aujourd’hui, je construis mon tableur Excel pour moi. J’ai donc fait ma “tambouille”, je l'ai complété au fur et à mesure, j’y ai rajouté des onglets et je m’y retrouve. Mais si je suis amené à le rendre public, c’est autre chose. Ce processus d'ouverture demande une refonte d’un tableur construit depuis parfois cinq ans, je n'en ai pas forcément l'envie et en cela, c’est un frein. L’information, il faut réussir à la transformer en connaissance, mais partager c’est aussi donner du pouvoir aux autres... Au sein de nos cultures administratives, nous n’avons jamais partager la donnée, au contraire, nous la centralisons. A t-on envie d’anticiper, de construire un discours, ou au contraire de co-produire des argumentations, des avis ?


    FING : Quels outils, méthodologies, etc., vous seraient profitables pour démocratiser et développer une culture de la donnée en interne ?


    S.K : Prenons un exemple : je suis chargé de mission et je souhaite aller parler de l’Infolab avec un élu, j’ai 5 mn sans même avoir le droit de rentrer dans son bureau, comment l’interpeller ? J'imagine de là un petit kit de l’Infolab, au sein duquel je pourrais saisir à la carte des éléments facilitant cette démarche. Il pourrait y avoir des éléments de vocabulaire accrocheurs et, quitte même à être encore plus à la carte, une entrée par acteur. A quel acteur je m'adresse : une entreprise très nationale, des techniciens ou des élus, etc. ?

    Je pense que nous n’aurons pas d’autres choix que d’avoir un certain nombre d’outils. Le portail data local sera un outil qui a lui seul ne suffira pas. Comment peut-on sortir de la communauté des utilisateurs geeks, et construire ensemble une culture de la donnée autour d’un lieu ressource, qu’il soit numérique ou physique, de médiation de la donnée ?


    FING : Pourrais-tu nous en dire un peu plus sur ton projet de “Bourse aux compétences” ?


    S.K : C’est un projet européen monté en 2009 autour de notre réseau d'acteurs. Nous sommes 63 collectivités, donc 63 collègues à travailler de manière assez proche pour favoriser le développement durable de notre territoire, mais tout cet écosystème est basé sur un réseau humain. De fait, à chaque départ, nous recommençons à zéro.

    Nous avons donc, en premier temps essayé, de définir une compétence de développement durable. Ensuite, l'idée a été : comment pourrait-on avoir une sorte de base de données intelligente que nous pourrions interroger ? Nous perdions ce côté très humain qui en faisait la richesse mais aussi toute la fragilité pour un format plus pérenne.

    Olivier Chator, qui effectue une thèse en cognitique au sein du Conseil général,  a alors formalisé un système multi-agents permettant la mise en relation d'une offre et d'une demande de compétence que je souhaite partager. Nous sommes pour l'instant sur le développement durable et je n’ai aucune barrière au fait d’agréger d’autres champs thématiques, d’autres compétences.


    FING : Quels rêves nourissent votre ambition pour une culture de la donnée ?


    S.K : Nous portons deux projets, qui apparaissent lointains, mais qui à mon sens restent forts. Le premier se base sur l'idée que nous nous concentrons beaucoup autour du crowdsourcing et des données descendantes mais que nous ne pensons pas assez l’aspect intermédiation. Je ne crois pas aux données purement citoyennes ou institutionnelles mais il y a, pour moi, un ensemble à construire, ce que moi j’appelle de la mutualisation autour des données. C’est à dire, j’aimerais ne plus trouver d’un côté l’application permettant d’identifier les crevasses sur les routes et de l’autre, la publication de cartes routières du département, mais un dispositif m’indiquant comment bien circuler dans le département. Il va falloir que nous organisions un écosystème qui fasse un peu plus société et de fait, que nous construisions de la concertation autour de la donnée.


    Le deuxième projet, c’est un champ traitant la notion de co-responsabilité sociétale. Concrètement, sur les dynamiques de territoire, nous ne sommes pas les seules en présence. Le changement climatique personne n’y peut rien tout seul et en même temps tout le monde y peut quelque chose mais une fois dit, cela n’engage pas beaucoup plus. Et si nous allions jusqu’à dire de combien nous sommes responsable. Ma responsabilité est peut-être infinitésimale mais elle y est. En Gironde, il y a tant de multinationales, tant de citoyens, tant de TPE, etc., nous avons tous une implication sur le changement climatique et maintenant, comment ensemble nous faisons notre part ? Cela va demander une mise en commun de la donné. J’aimerais bien y arriver par la question de la médiation de la donnée pour construire une culture de la réponse, à des enjeux territoriaux.

     

     

     

     

     

     

    Entretien réalisé par Faustine Bougro et Loup Cellard.

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    Les 13 et 14 juin prochain, à l’occasion du festival Futur en Seine, la Fing organise avec Inria le “Connecteur Recherche”, format d’échanges entre chercheurs et praticiens, autour de 6 sessions thématiques dont l'infolab le vendredi 14 juin de 10h à 12h.

    Pendant deux heures, vous serez à la fois auditeur et contributeur. Et après les ateliers, vous pourrez retrouver des synthèses de tous les échanges en libre accès sur le réseau social de la Fing.

    Objectif : Du frottement entre chercheurs et acteurs, pour provoquer des mises en relation fertiles !

    • porter à la connaissance des acteurs les travaux de recherche les plus éclairants
    • apporter aux chercheurs des “questions de recherche” issues de la prospective et des acteurs professionnel

    Amandine Brugière animera la session Infolab de 10h à 12h sur le thème: Peut-on démocratiser une culture de la donnée ? Le “déluge” de données que les outils et services numériques occasionnent questionne les capacités des individus à “exploiter”/”tirer profit” de ces données par eux-mêmes. Aujourd’hui cette exploitation est essentiellement le fait d’experts qui disposent des connaissances et des outils requis. Existe-t-il une “culture de la donnée” ? Et celle-ci pourrait-elle être démocratisée ? Quelles seraient les composantes d’une “data-literacy” (alphabétisation / éducation) ?

    Ils viendront, avec d'autres, échanger sur leurs expériences :

    • Frédérique Pain, Bell Labs
    • Pierre Valarcher, Université Paris-Est
    • Henri Verdier, Directeur d'Etalab
    • Vincent Blanchard, Responsable du programme AdB-SolidaTech aux Ateliers du Bocage
    • Gustavo Gomez Mejia, sciences de l'information et de la communication, Gripic - Celsa


    Où:

    Au CENTQUATRE

    Écurie E
    5 rue Curial
    Paris (19e arr.)

    Vous inscrire en ligne >>


    Le Connecteur Recherche

     

  • L'assemblée générale annuelle se tenait ce 21 mai à l'Échangeur PME. Cette matinée était l'occasion pour les adhérents de découvrir les projets actés et prospectifs, et en particulier la campagne menée par l'équipe Infolab !

    Pour engager cette demi-journée, Fabienne Guibé et moi-même présentions la Campagne Infolab dans ses tenants et ses aboutissants. Deux temps successifs de plénière, « Adhérents, à vous la parole ! », s'en sont suivis. Les thèmes de réflexion explorés et les problématiques soulevées ont su esquisser de futurs champs d'action pour l'Infolab.

    Retours sur ces contributions...


    Lucié Dupré (Région Pays de la Loire) activa la discussion par la question du format des Infolabs sur le territoire : « On se tourne de plus en plus vers les lieux fixes, il peut parfois y avoir une sorte de piège ». L'idée d'une boîte à outils, en tant qu'agent régional de médiations à la donnée, entre les zones rurales et urbaines, a alors été introduite. Celle-ci se positionnerait en facilitatrice plutôt qu'en exploitante. Il s'agirait de repérer les besoins et les réseaux d'acteurs pour que la collectivité devienne une réelle ambassadrice de la méthodologie.

    Effectivement, nous n'intervenons pas sur un terrain vierge, la ville vit déjà par elle-même et il est donc indispensable de s'ajuster à chaque contexte. L'entrée thématique s'est révélée de fait et tout au long du dialogue, plus impactante, notamment pour y introduire des associations, et aller donc là où les citoyens sont déjà mobilisés. Ces dernières se verraient alors porteuses d'une culture de la donnée.


    C'est sur cette entrée par la collectivité, que Xavier Crouan (Région Île de France) a exposé l'exemple de la cartographie des subventions, qui démontra par la réalité des données l'inverse du discours politique. Par ses dérives, l'utilisation des données a soulevé la nécessaire question des libertés individuelles. Qui pourrait alors être le garant de nos données personnelles et collectives, une collectivité territoriale ?

    L'éducation à la donnée, soulignée pas Sébastien Semeril (Élu Rennes Métropole) s'est, de fait, révélée une fois de plus primordiale. A ce titre, Rennes Métropole élabore un programme d'éducation numérique lors des activités périscolaires en CM1 et CM2.

    Néanmoins, si l'on évoque beaucoup la pédagogie envers les citadins, les participants ont mis en lumière le fait que pour créer un terrain fertile à l'innovation urbaine ouverte, les acteurs publiques doivent eux-même être détenteurs d'un culture de la donnée. Il s'agirait  d'équiper les élus afin de leur redonner une certaine autonomie.


    Aussi, à une période de pragmatisme comptable, il est primordiale de réfléchir à la conception de services publiques sous l'angle de la co-conception. Nous nous devons d'être sensibilisés aux données que nous produisons et au fait que celles-ci peuvent contribuer à l'appréhension du territoire. L'exemple d'Handistar se révèle pertinent quant à sa possible application sur d'autres territoires.

    Cette interrogation engagée sur le territoire a ouvert un champ d'action à l'Infolab inattendu et judicieux : « Comment peut s'appliquer l'infolab au sein d'une entreprise ? » questionne Aymeric Raoult (La Poste), tout en exposant la possible insertion d'experts de la donnée au sein de l'entreprise, pour une plus grande transversalité. Frédérique Pain (Alcatel) soumet alors l'idée « d'un pôle de compétitivité autour de la donnée ».


    Ces nouvelles réalités ainsi mises en lumière promettent de réveiller le débat public et de décloisonner, stimuler les relations entre les entreprises, les acteurs du territoires et les citoyens. Merci à tous les participants pour leurs contributions riches d'enseignements qui sauront nourrir nos prochaines investigations !



  • Par ordre chronologique : 

     

    • 28 et 29 mai à Bordeaux

    2 jours de préparation des ateliers territoriaux Infolab en territoire bordelais/girondin (pour toute information contacter Fabienne Guibé fguibe@fing.org)

     

    • 14 Juin 9H30 - 12H00, “au 104” à Paris

    Pendant le festival Futur en Seine, un “Connecteur recherche” sur le thème “Peut-on démocratiser une cuture de la donnée ?” : dialogue entre chercheurs et praticiens.

     

    - Le 27 juin matin 2e atelier du groupe de travail national Infolab “Les données comme outils d’aide à la décision”.

    - Le 27 juin après-midi “Culture de la donnée et compétences requises”.

     

     

    • Le 3 juillet à Marseille :

    1er atelier territorial Infolab en PACA (pour toute information contacter cnepote@fing.org).

     

  • La Campagne Infolab a été lancée le jeudi 11 avril à l’occasion de la première rencontre du groupe de travail national, portant sur le thème “ Culture de la donnée et médiations”. Acteurs associatifs (Libertic, Open Street Map, collectifs citoyens Open Data Tours, Poitiers, Les Petits-Débrouillards, Décider Ensemble, La Fonderie...), membres de collectivités territoriales (Région PACA, Communauté urbaine de Bordeaux, CG Gironde, CG Hauts-de-Seine, CG Manche, Mairies de Paris et de Rennes...) et grands comptes (Alcatel Lucent, La Poste, La Caisse des dépôts, Gemalto...) étaient rassemblés pour entamer une réflexion sur la culture de la donnée et ses différentes formes de “médiation”. Retour sur cette journée...

     Groupe Infolab

    Dans ce 2e atelier "main dans le cambouis", Vincent Mandinaud de l'ANACT et Hervé Paris d'AlterCarto/Cité Publique ont présenté une méthode originale - et éprouvée ! - de mise en discussion des données articulant des approches quantitatives et qualitatives des données. 

     

    Pour bien comprendre la démarche, revenons sur les caractéristiques des acteurs en présence. 

    L'ANACT (L’Agence Nationale pour l’amélioration des conditions de travail) est un EPA sous tutelle du ministère du travail, et les organisations patronales et syndicales dites représentatives siègent à son conseil d’administration. L’ANACT forme un réseau, avec 26 Associations Régionales pour l’Amélioration des Conditions de Travail (ARACT) implantées dans chaque région de France. La vocation de ce réseau est d’aider les organisations à développer des projets innovants touchant au travail, dans le cadre d’un dialogue social constructif, pour améliorer à la fois la situation des salariés et l’efficacité des entreprises. Aussi, ces dernières années, le réseau ANACT a déployé des outils de cartographie statisitique et expérimenté une méthodologie d’enquête sur les contextes de travail dans les territoires. Mobilisés et éprouvés par des acteurs territoriaux (ARACT, Comités de Bassin d’Emploi; Maison de l’Emploi et de la Formation Professionelle, etc.), ces outils de rapprochement cartographique de données et ces methodes d’investigation leur ont permis d’alimenter la reflexion, d’affiner la problématisation des contextes d’action face aux mutations du travail dans les enterprises et les territoires. Le travail de mediation que réalise ces groupes d’acteurs  table sur la mise en scène et l’analyse de données de statistiques publiques, couplées, articulées à des savoirs d’expériences, des connaissances de terrain. Le positionnement - presque éthique - de l'agence est de ne pas livrer de corrélations statistiques toutes faites aux acteurs, mais de proposer des cadres de travail soutenant la capacité des acteurs (non experts des données) à formuler de « corrélations délibératives », soutenues par des formes d’enquêtes collaboratives, de partage d’expériences et d’expertise collective.

     

    Sur son chemin lyonnais, l'ANACT a croisé le bureau d’étude Cité Publique (concepteur et développeur de l’application web de cartographie statistique) et l'association AlterCarto : une association engagée dans les problématiques de débat citoyen, préoccupée par le développement de technologies démocratiques et plus spécialement de "cartes réflexives". Cette rencontre a ouvert sur une collaboration fructueuse entre les organismes et sur la co-élaboration d'un projet nommé ATTLAS, reprenant la suite technologique Suite Cairo. ATTLAS se base sur la réutilisation des données publiques géolocalisées et propose une lecture nouvelle des contextes de travail dans les territoires, complémentaire aux approches sectorielles traditionnelles. La démarche d’investigation proposée aux partenaires, soutenue par l’utilisation de modules cartographiques dit « PageCarto », consiste en une plongée dans les problématiques des territoires, étayée de données, médiée par des cartes, des graphiques et des commentaires. 

     

    Un exemple d’investigation, sur le thème de la prévention de l’usure professionnelle. Ouvrez l’onglet carte et naviguez dans le menu déroulant.

     

    LES COMPETENCES REUNIES

     

    Cette démarche articule trois types de compétences : 

    • l’expertise métier et terrain des "clients" ou "partenaires";
    • l'expertise métier du réseau ANACT sur la champ problématique du travail et des changements technologiques et organisationnels
    • l'expertise socio-technique et cartographique d'AlterCarto. 

    Les intervenants définissent leur rôle comme celui d’un "appui à la problématisation", d’une "expertise de facilitation" coucourant à l’encapacitation des acteurs concernés sur les phénomènes explorés. L'objectif est non pas de résoudre les problèmes des acteurs à leur place, mais de mettre en place un "cadre d'usages" facilitant le partage des expériences, la mutualisation des ressources pour renouveler les capacités d’agir sur les phénomènes.

    Une question que soulève cet attelage de compétences concerne la spécialisation thématique des experts de la donnée : les médiations à la donnée doivent-elles être spécialisées par métier ? Peut-on jouer un rôle de "datascientist" pour des tiers, sans comprendre les problématiques du domaine, les implicites du langage, les conflits d'acteurs, etc. ? 

     

    LES ETAPES DE LA DEMARCHE

     

    La démarche se construit en deux temps principaux : 

     

    L'étape 1 : le back office

    Elle comprend :

    - la problématisation du sujet : de quoi parle-t-on ? Objectif : affiner les questions, définir des problématiques communes ;

    - le choix des périmètres : Discussion autour des échelles, des cartes, des représentations (quelle géographie des données pour parler d’un "pays" – sous-entité régionale) : les frontières administratives des données cachent parfois le véritable étalement géographique des problématiques économiques et sociales.

    - la définition d'une stratégie de collecte de données (trouver les données disponibles répondant à la problématique soulevée, qu'elle soit publique gratuite et ouverte, ou publique et payante). 

    - la constitution d'un cahier de données ;

    - le "bidouillage" des données pour passer des tableaux aux cartes.

    Cette étape est longue, chronophage et, aux dires des instigateurs eux-mêmes, la plus laborieuse. Les « clients » ou « partenaires » n'ont pas toujours le temps de réellement s'y plonger. La tentation est forte de vouloir recevoir "le prêt-à-consommer", et de s'absoudre de la cuisine préalable. Pourtant cette étape 1 a une plus-value didactique forte : elle fonctionne comme une formation, qui permet l’acculturation des acteurs à des formes inductives de raisonnement, à la complexité de la représentation des phénomènes économiques et sociaux, au caractère « construit » des données qu’on cherche à représenter et mobiliser.

     

    L'étape 2 : la mise en discussion des cartes

    On est à ce moment-là face au produit « prêt à l’usage ». Mais les choses ne se font pas toutes seules pour autant. La mise en discussion des cartes et des données s'opère d'une part grâce au rôle de tiers que jouent l'ANACT et AlterCarto. D'autre part un principe prévaut "pas de carte sans commentaire". Toutes les données représentées font ainsi l'objet de discussions, de corrélations commentées, ce qu'on pourrait appeler "l'hypertextualité des données et des cartes". Les modules « PageCarto » offrent une fonction de prise de notes dynamique, intégrant les commentaires aux cartes et générant ensuite, si besoin, de nouvelles représentations plus adéquates. 

     

    Capture d'écran site projet Femme beaujolais

     

    RMQ : Les données utilisées sont issues de différentes sources. Le recensement de la population et le fichier connaissance locale de l’appareil productif de l’INSEE sont jusqu’alors les sources principales pour constituer les jeux de données réutilisées. Des données provenant de la DARES, de Pôle Emploi, ou encore de la CNAM-TS ont pu être mobilisées. Les données sont à la fois remises à disposition sous format tabloïde facilitant le traitement « machine » et représentées sous formes de métadonnées cartographiques. Les cartes, les supports et les textes de commentaires sont sous licence GNU GPL. 

     

    CULTURE DE LA DONNEE OU MEDIATION ? 

    La démarche mise en oeuvre participe à développer une culture de la donnée auprès des acteurs impliqués. C’est un des constats qui ressortait de cet atelier. "Développer une culture de la donnée au service des entreprises et des territoires consiste bien à relancer un processus de médiation, à reconfigurer la relation entre producteurs et réutilisateurs et renouveler les usages » reconnaissait Vincent Mandinaud. Médiation et culture de la donnée pourraient bien être indissociables…

    « Jusqu'à présent les spécialistes de la donnée (statisticiens, acteurs publics, etc.) ont privatisé les médiations : la production, la collecte et l'analyse des données ne passaient que par eux. L'enjeu de l’Open Data aujourd'hui est donc autant un enjeu d'acculturation à la donnée par un plus grand nombre, qu’un enjeu de "désappropriation" par ceux qui, jusqu'à présent, avait la main mise dessus" » concluaient les intervenants.

     

    UNE METHODE POSSIBLE POUR DES INFOLABS CITOYENS… ?

    Cette approche de co-élaboration et de discussion des diagnostics territoriaux avec les acteurs concernés faisait, pour notre petite équipe Infolab, largement écho aux scénarios – fictifs – développés avec l’association Décider Ensemble, dans le cadre du rapport « Ouvertures des données publiques et participation » en 2012. Dans chacun des 3 scénarios (CNDP / Plan Climat Energie / Aménagement urbain) en effet, un dispositif de type Infolab s’avérait nécessaire : pour réunir, partager et mettre en discussion les données. Le dispositif fonctionnait autour d’une réunion de compétences techniques et de « traducteur/formateur/médiateur ».

    Est-ce que la méthodologie développée par l’ANACT, Cité Publique et AlterCarto pourrait fonctionner dans le cadre d’une concertation publique ? L’acculturation des acteurs (qu’ils soit professionnels ou citoyens) à la manipulation de données est-elle possible sur un temps court ? Sur tout type de population ? Ou faudrait-il imaginer qu’un panel d’acteurs, choisi au hasard, participe à un processus long à l’instar des jurés d’assises ? En la matière, tout reste à expérimenter… ! A noter qu’à Lyon, toujours,  la municipalité forme déjà les chargés de missions de développement local à des modes de concertation appuyés par la même technologie, et selon une approche méthodologique similaire, pour « entredéfinir », avec les comités de quartier, les zones prioritaires dans le cadre des Contrats Urbains de Cohésion Sociale ; et pour mettre en place un observatoire de la santé préfigurant le futur contrat local de santé entre la Ville et l’ARS. Pour en savoir plus sur ces initiatives : sven.grillet {@ mairie-lyon.fr .

     

     

     

     

     

  • La Campagne Infolab a été lancée le jeudi 11 avril à l’occasion de la première rencontre du groupe de travail national, portant sur le thème “ Culture de la donnée et médiations”. Acteurs associatifs (Libertic, Open Street Map, collectifs citoyens Open Data Tours, Poitiers, Les Petits-Débrouillards, Décider Ensemble, La Fonderie...), membres de collectivités territoriales (Région PACA, Communauté urbaine de Bordeaux, CG Gironde, CG Hauts-de-Seine, CG Manche, Mairies de Paris et de Rennes...) et grands comptes (Alcatel Lucent, La Poste, La Caisse des dépôts, Gemalto...) étaient rassemblés pour entamer une réflexion sur la culture de la donnée et ses différentes formes de “médiation”. Retour sur cette journée...

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    La dernière présentation de la journée, menée par Amandine Brugière (FING), portait sur l’analyse de la veille qu’a initiée, depuis 2 mois, l’équipe INFOLAB (voir sur Diigo le fil de veille, ainsi qu’ici le tableau partagé où sont référencés plus d’une centaine de « dispositifs de médiation », qu’ils soient formats d’animation, outils, méthodes…L’objectif n’étant pas de capter l’exhaustivité mais la diversité des exemples).

     

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    Il s’agissait de livrer une première photographie de ce qui est directement accessible sur le web : Si on cherche aujourd’hui à exploiter des données, quelles soient ouvertes, fermées, personnelles ou publiques, quels sont les outils, les méthodes, les formats d’animation documentés et accessibles sur le web ? Qu’est-ce qui se trouve « à portée de main » ?

     

     

                

    Cette analyse de la veille s’est structurée autour :

    • du type de médiation développée : Est-ce que l’on est face à des outils, des méthodologies, des formats d’animation, des services, des ressources documentaires, des serious game, des plateformes…?        

    • du type d’actions possibles : Qu’est-ce que cela permet de faire ? Sensibiliser, explorer, imaginer, partager, analyser…?

     Les catégories qui ont été retenues ici ne sont pas des catégories « stabilisées ». Le but de la présentation de ce work-in-progress était de faire réagir les participants. Ainsi n’hésitez pas à compléter le tableau, à le commenter, à partager les ressources identifiées, à nous contacter pour en discuter (infolab@fing.org). Ce travail s’enrichira au fil des rencontres, grâce à vos contributions.

     

     

     

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    Sensibiliser aux données

    La sensibilisation aux enjeux de la donnée reste, visiblement, un domaine à investir : peu d’exemples émergent, relativement aux autres catégories d’actions.

    Ceux trouvés montraient cependant une grande diversité de formes. Cela allait des ateliers rennais de sensibilisation des enfants à la manipulation et la représentation de données, au serious game sur les données ouvertes du budget de l’Etat, ou encore l’enquête Orange-lab-OWNI-FING « Où habitez-vous vraiment ? », sorte de quizz – à base de données ouvertes - testant les connaissances territoriales des habitants. Les plateformes Openstreetmap ou OpenfoodFacts (dé)montrant facilement la force du crowdsourcing ( la production collaborative de données).

    Un exemple particulièrement pédagogique – mais s’adressant tout de même à un public d’initiés – est la School of Data de l’association OKFN : Une des seules initiatives proposant des ressources documentaires et méthodologiques.

     

    On le voit, ces formes de médiation développent chacune des pédagogies très différentes, face à la complexité des données. Elles n’hésitent pas à investir le « ludique » et s’adressent à tout type de public.

     

     

     

     

     

     


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    Imaginer et produire des usages de la donnée

    Avoir des données à disposition est nécessaire mais pas suffisant. Encore faut-il avoir des idées de (ré)utilisation des données, et souvent faut-il même stimuler les réutilisateurs potentiels.

    Dans ce champ-là, les exemples trouvés relèvent essentiellement de l’animation : Concours ou appel à projet, hackathon, dataconnexion, Data-apéro ou Data-Tuesday. On est dans le champ de l’incitation, de la stimulation, de la recherche de sérendipité, ou de l’innovation ouverte.

     

    3 caractéristiques communes apparaissent :

     

    • Ces formats d’animation s’adressent à des publics relativement avertis : Innovateurs, start-upeurs, designers, développeurs…             

    • Ce sont majoritairement des exercices collectifs : la créativité découle-t-elle du croisement de regard ?

    • Ils sont d’une durée relative.

    • Ils s’adaptent à des données ouvertes comme « propriétaires ».         

     

    A noter toutefois un outil de « sérendipité » : Creadata, développé par Bastien Kerspern proposant des idées de mash-up aléatoires entre les jeux de données mis à disposition par la ville de Nantes.

     

     

     

     

     

     

     


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    Cuisiner la donnée

    Une fois que les données et les idées sont là, s’ouvre alors un champ d’actions relativement techniques : Récupérer les données (EasyOpenData) les stocker, les nettoyer (Open Refine, DataWrangler), les anonymiser (norme ISO de pseudonymisation), les croiser (DataLift), etc. Ce champ-là foisonne d’outils destinés à des publics très spécialistes.

    Beaucoup d’entre eux émergent du champ des données personnelles : du côté du VRM Vendor Relationship Manager (My Personal Vault), du quantified self – la mesure de soi (BodyMedia), ou des pratiques de développement durable (Green Button Data), pour ne citer que ces exemples-là. La relation aux données peut même être médiée par des objets (Withings).

     

     

     

     

     


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    Partager des données

    Quant on cherche à partager des données brutes, ou à communiquer sur leur analyse, plusieurs solutions s’offrent à nous : La plus connue d’entre elle est la datavisualisation. Énormément de solutions techniques existent en la matière : Voir la très riche boîte à outils d’ExpoViz (made in La Fonderie). Ces dataviz vont du graphique / diagramme classiques (Google Image Chart) à des représentations plus sophistiquées (Treemap, graphe du web, cartographie). Tous ces outils nécessitent un haut niveau de compétences techniques.

     

    D’autres outils permettent de partager des données avec des tiers, en maîtrisant, autant que possible, les termes de l’échange. Là encore le champ des données personnelles est riche (Mine!Project, Personal.com). Dans le champ des données de santé, on trouve des plateformes de partage collectif de données (Curetogether, Asthmapolis).

     

     

     

     

     


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    Analyser

    Dans le champ de l’analyse des données, ce qu’on identifie comme outils (Precog, Continuuity, StatMix, Coheris Liberty, Google Prediction API), plateformes de services (DataPublica, Qunb, Captain Dash) offrent la possibilité de construire des modèles décisionnels, voire des modèles prédictifs, via des interfaces finales, des tableaux de bord. La complexité des opérations sous-jacentes liées au traitement des données n’est pas explicitée : Comment s’opèrent les corrélations entre jeux de données, quels sont les considérations, les choix qui prévalent aux datavisualisations, aux tableaux de bord? Comment se font les modélisations, les simulations ? Où se trouve la part de décision humaine dans les process ? Les pondérations dépendent-elles essentiellement des profils techniques ?

     

     

    A l’opposé, dans le champ des sciences humaines, émergent des méthodologies – et outils – permettant de mettre les données en débat : la méthode développée par l’ANACT / AlterCarto autour de la plateforme ATTLAS montrait comment les acteurs pouvaient monter en compétences et opérer leur propre corrélation de données. La méthode de cartographie des controverses, développée par Bruno Latour, va aussi dans ce sens. Face à des phénomènes sociaux (scientifiques, techniques) non stabilisés, les cartographies des controverses mettent en visibilité différents points de vue qui s’opposent, afin de favoriser l’objectivité dans les prises de décision qui peuvent découler.




    Et maintenant, que faisons-nous ?


    Ce travail de recensement et d’analyse des formes de médiation existantes (qu’elles soient humaines, sous forme d’outils et de méthodologies, de ressources documentaires ou de services…) ne fait que commencer. Il se poursuivra jusqu’à la rentrée 2013.


    Livrer ce premier niveau de lecture était instructif rien qu’au regard :

    • de la nature des ressources disponibles : plus « outils » que ressources documentaires ou méthodologiques ou ludiques ;

    • du niveau requis de compétences pour leur utilisation : du geek au développeur professionnel, majoritairement.    

    Les données sont encore largement affaire de « spécialistes »… On le savait. Quasiment tout reste à faire en matière de « démocratisation des données » et à tout niveau : sensibilisation, information, formation, accompagnement, services.


    Heureusement, la campagne Infolab ne fait que commencer !


     

  •  

    La Campagne Infolab a été lancée le jeudi 11 avril à l’occasion de la première rencontre du groupe de travail national, portant sur le thème “ Culture de la donnée et médiations”. Acteurs associatifs (Libertic, Open Street Map, collectifs citoyens Open Data Tours, Poitiers, Les Petits-Débrouillards, Décider Ensemble, La Fonderie...), membres de collectivités territoriales (Région PACA, Communauté urbaine de Bordeaux, CG Gironde, CG Hauts-de-Seine, CG Manche, Mairies de Paris et de Rennes...) et grands comptes (Alcatel Lucent, La Poste, La Caisse des dépôts, Gemalto...) étaient rassemblés pour entamer une réflexion sur la culture de la donnée et ses différentes formes de “médiation”. Retour sur cette journée...

     

    Après ces temps d’exploration, Sarah Labelle (maître de conférence en SIC, Paris 13) a mis en lumière une nouvelle entrée dans l'écosystème de la donnée, celle de la médiation, notion floue victime de son succès. Cette ouverture s'est révélée être l'objet d'enjeux, qui détermineront l'évolution d'une culture de la donnée face aux transformations qui rythment notre société.

     

    La donnée dite “brute” transforme sa valeur dès lors qu'elle est rendue intelligible et visualisée. Aussi, toute mise en forme de données, visant à favoriser la compréhension, construit une médiation, et c’est justement parce que le pouvoir de l'image semble plus immédiat que celui d'un corpus de texte, que cette médiation doit être réfléchie. Effectivement, la réutilisation de données “brutes” en vue d’un traitement intelligent, engage nécessairement des objectifs différents de ceux qui ont présidé à la collecte.

    En cela, toute forme ou processus de médiation reflète la place que l’on souhaite donner à l’objet médié dans son environnement. De fait, la notion de médiation nous incite à réfléchir, à travers nos conceptions du statut des données dans la société, aux formes et processus que nous souhaitons mettre en place. Ce dernier champ a ainsi su éveiller notre attention quant aux problématiques soulevées qui esquissent de futurs champs d’action pour l’Infolab.

     

    Le premier repère constitutif de cet écosystème est la position humaine relative à l’utilisation des différents dispositifs et aux répercussions de ces derniers sur l’appropriation et la production de sens. Le deuxième repère significatif est le scénario d’usage engageant la participation, à savoir le contexte au sein duquel la médiation est pratiquée.

    Aussi, réfléchir sur les modalités de participation comme un processus socio-technique, nous a amené à observer de quelle manière les dispositifs de médiation façonnaient notre sensibilité, notre participation et quels modèles de pensée ils suggéraient. Les dispositifs de médiation, présentés par Amandine Brugière (Fing), peuvent être abordés comme différentes techniques et outils pour créer la rencontre. L’usage était selon les dispositifs plus ou moins encadré et donc plus ou moins spontané. Jusqu’à quel point peut-il fournir des cadres pour limiter les abus ? Quelles marges de liberté la médiation confèrent-elles aux citoyens (script/anti script) ? N’ouvrent-elles pas la voie à de nouvelles configurations entre les acteurs ?

     

     

     

    Á ce niveau, plutôt que de réfléchir la médiation comme un procédé linéaire allant du savoir à l'objet, on la conçoit comme une économie d’interactions au sein de laquelle les participants s’enrichissent mutuellement. Les dispositifs de médiation se doivent alors de conceptualiser une structure dynamique, malléable et participative composant un modèle réceptif aux usages et aux imaginaires de différents individus et engageant ainsi une nouvelle forme de dialogue, qui s'enrichira au travers d'interactions négociées. Il s'agit bien de produire de l'intérêt général tout en préservant les spécificités individuelles. Penser la médiation, c'est également prôner une utilisation plus située, une gestion plus contextuelle des problématiques, avec ce qu'elle implique dans la circulation d'information du médiateur vers son public et inversement.

     

    Si l'on évoque beaucoup la pédagogie envers les citoyens dans les procédures de participation, il apparaît que pour réussir cette combinaison, les acteur publics et privés doivent eux-même être détenteurs d'une éducation à la représentation, à l'analyse visuelle, à la synthèse graphique pour que ces dispositifs hybrides soient pleinement préhensibles. De surcroit, la participation doit être déclenchée et motivée, pour découvrir toute sa puissance. C’est pourquoi accorder la représentation de la donnée et la participation nécessite un cahier des charges éclairé et un travail attentif de l’expérience utilisateur.

     

    L'idée d'une plateforme muséale de la donnée, comme un territoire à explorer, au travers duquel chacun pourra bâtir sa place, développant son champs des possibles, a été introduite par Sarah Labelle (maître de conférence en SIC, Paris13)  : « Comment pourrait-on mettre en avant des données stabilisées?. » Elle nous l'explique : « cette plate-forme permettrait d'offrir des expositions temporaires sur des sujets thématiques ; une collection fixe, ce que l'on pourrait considérer comme un cadrage général pour entrée dans la culture de la donnée ; des ateliers de manipulation réclamant « les mains dans le cambouis » ; des visites guidés d'entrepôt de la donnée ; et surtout un espace collaboratif de co-construction autour de projets mobilisant la donnée. »

     

     

    Faustine Bougro

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  • La campagne Infolab se lance officiellement en avril 2013, vous pouvez suivre nos travaux en rejoignant notre groupe de travail sur le réseau social de la Fing ou en vous inscrivant à notre mailing liste pour être averti de nos événements publics.

     

    L'objectif de l'Infolab en vidéo:

     

    1er Infolab Citoyen lors de "Paris Citoyen", à la Mairie de Paris, Nov 2012. from videosfing on Vimeo.

     

    La campagne Infolab

     

     

    Un réseau de partenaires

    La Campagne Infolab entend développer une culture de la donnée au service des entreprises et des acteurs du territoire. En lien avec un grand nombre de partenaires dont trois collectivités territoriales pilotes, il s'agira d'inventer et d'expérimenter, auprès de publics ciblés, des dispositifs de médiation entre les besoins et les projets des entreprises et des acteurs des territoires et l'univers de données. Si vous voulez devenir partenaire contactez-nous infolab(@)fing.org. La Fing est éligible au Crédit Impôt Recherche pour l'année 2013.

  • "Et si demain, chaque quartier, chaque village disposait d’un InfoLab ? Un espace d’apprentissage de la lecture et de l’écriture de données. Alors que l’on parle d’une société de Big Data où même l’eau est considérée comme une donnée, l’InfoLab serait le passeur, le lieu de rencontre entre toutes les compétences et les envies d’appropriation et de fabrication de la donnée."

    Il y a quelques semaines l’association Arsenic s’exprimait ainsi sur la mission des ERIC/EPN qu’elle représente : "Nous estimons que nous relevons, pour une large part de nos missions, d’un service public de l’Internet accompagné que personne n’incarne aujourd’hui au niveau gouvernemental." La récente "feuille de route sur le numérique" du gouvernement apporte maintenant son soutien à ces lieux de médiation numérique et souhaite les faire évoluer vers des fonctions de Fablabs. Pourquoi ne pas envisager aussi cette évolution vers la création d’InfoLabs ? Non pas des lieux de prototypages rapides d’objets, mais des lieux de prototypage (rapide ?) des usages de l’information.

    En Janvier 2013, lors de l’événement "Open Data et Citoyens" organisé par Arsenic, nous proposions d’aller plus loin sur l’élaboration de cet espace de médiation de la donnée (cette matière première de l’environnement numérique). Avec quel public, quelles compétences, quels partenariats, quels moyens, quels territoires allons nous créer ces lieux ? Et qu’est ce que va être concrètement un infolab : un lieu, un service numérique, une méthodologie ?

    Les vidéos qui suivent présentent les trois infolabs imaginés par les participants aux ateliers :

    L’infolab au service du bien être social.

     

    L’Emmaüs Numérique ou l’infolab du gratuit aurait pour mission de rendre accessible à tous et particulièrement aux plus nécessiteux, des informations sur des événements ou des offres de services gratuits. C’est un terminal d’informations qui par agrégation de données, permettrait à chacun d’avoir une vue d’ensemble de l’offre de services gratuits sur son territoire.

    On imagine rapidement les freins ou problèmes à la mise en place de ce type d’infolab : Un service de co-voiturage payant, ou une salle de concert autorisera-t-elle le transfert de ses données sur un autre site internet ? Son API est elle ouverte ? Ses données sont elles exploitables sans un travail long et coûteux de data science ? Et quelles méthodologies/outils utiliser pour exploiter ces données ? Pour garder de la fréquentation, un site d’informations locales ne voudra-t-il pas sauvegarder une partie de son contenu ? Comme l’a fait Twitter, tout le contenu du site ne sera pas forcement exploitable dans son API… Dans ce scénario, il semblerait bien que l’infolab prenne la forme d’un site web et non pas d’un lieu physique.

    Le lieu (utopique ?) de la mesure de soi.

    Dans un PréaLAB, toutes nos actions sont captées en continu, le lieu est ouvert et modulable, les informations sont instantanément diffusées dans le lieu mais également dans l’ensemble des InfoLabs du territoire. Du crowdsourcing auprès du public permet de mieux connaître l’alimentation des cantines scolaires, maisons de retraites et hôpitaux (un Open Food Facts permanent ?! Un C’est fabriqué près de chez vous du futur ?!).

    Les datavisualisations créées ne se contentent pas de produire de l’information, ce sont des oeuvres d’art. Le PréaLAB est le rêve de tout self-trackeur : cette quantification personnelle documente ma marche dans le monde, et grâce aux croisements des données, le PréaLAB me recommande des personnes pour l’événement "Meetic-Lab” (voir vidéo) !

    Ce scénario d’un infolab orienté “données personnelles” a le mérite de nous faire entrevoir les dérives d’un fantasme de Data-übergeek (libre circulation des données, transparence à outrance, baisse du droit à l’oubli…) tout en négligeant la part de médiation numérique/dynamisation du territoire que peut avoir un EPN/Infolab.

    L’infolab Réaliste

    Le scénario de l’infolab réaliste semble être le plus proche des postulats de départ de la campagne infolab. On y vient avec un besoin spécifique que l’on va tenter de résoudre grâce à l’accès aux données ou à la formation sur un aspect du travail de la donnée (collecte, mise au norme, visualisation). Un tiers-lieu ouvert à tous, et où chacun peut déposer ses propres données.

    En terme d’objectif, une des tensions de l’infolab peut se résumer à cette phrase “lorsque je me rends dans un infolab, est ce que je viens pour m’informer sur la donnée ou est ce que je viens pour me former sur le travail de la donnée”. Une dynamique d’apprentissage par le faire serait très pertinente pour se confronter réellement aux problématiques de l’infolab. Autre piste à poursuivre : la question de l'interconnexion des données. Pour réellement créer du service ou de l’information, il ne s’agit plus maintenant de seulement ouvrir les données, mais de relier données publiques et privées, relier un service à un autre, un territoire à un autre…

Conception & réalisation : Facyla ~ Items International

Plateforme construite avec le framework opensource Elgg 1.8

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