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Coopération entre Inria et acteurs du réseau Fing autour de questions prospectives et de société liées au numérique.


Inria est grand partenaire de la Fing depuis 2013

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Blog de Inria&Fing

  • Depuis 2009 Lift with Fing est un rendez-vous de l’innovation, de la créativité, de la technologie avec la société, pour se rencontrer, anticiper, créer et innover. Dans un mois, rendez-vous pour une nouvelle édition dont Inria est partenaire :

    SignatureMailLift14fr-1.png Lift with Fing  21-22 octobre - Marseille,
     Les mutations du travail dans la société numérique 

     

    Comment les individus connectés se rencontrent, créent ou transforment les organisations de travail. Derrière ces évolutions, quels nouveaux horizons se profilent ? 

    Une thématique qui fait la part belle aux data :

    • individu au travail : data et algorithmes interviennent dans les RH/recrutement, formation, et dans l'évaluation de la valeur (demain à la place du temps de travail au bureau)
    • automatisation : robots physiques et logiciels entrent en jeu dans les processus de travail et les environnements de travail
    • transformation des organisations : l'entreprise ou organisation ouverte de demain est structurée par le numérique, c'est un système en réseau, et son système d'information ne ressemble en rien à celui d'aujourd'hui
    • travail et organisation : "des modèles sont à épuisement, des systèmes se déconstruisent et se reconstruisent, plus ou moins violemment »

    Il y a là des sujets de recherche liés à l'importance des transformations systémiques (notamment l'articulation et les nouvelles inter-relations entre grandes entreprises, petites, individus), des sujets d'innovation, de valorisation recherche / industrie, et des sujets sociétaux auxquels les chercheurs Inria sont engagés à se confronter. 

     

     Programme :

    Une journée de conférences pour comprendre et questionner (21 octobre)

    La 3e session traitera particulièrement des data : sociometric solutions, quantified-self et self RH, digital labor 

    Session 1

    Fini le temps où l’individu était rattaché à une organisation pour le restant de sa vie. Les marchés demandent de la flexibilité ; la robotisation automatise un nombre croissant d’emplois ; les individus recherchent à la fois un revenu, un développement professionnel, du sens et de la diversité. Qu’ils le veuillent ou non, ils sont les artisans de leur propre trajectoire : ils construisent et entretiennent leurs propres outils de travail, leurs expertises, leurs réseaux ; ils articulent des activités rémunérées et non-rémunérées, salariées et indépendants…

    Comment soutenir les individus dans la construction d’un environnement professionnel riche, sécurisant, évolutif ? Comment faire en sorte que ces opportunités profitent au plus grand nombre plutôt qu’à un petit nombre de “travailleurs du savoir” ?

    Dans cette session, Patricia Vendramin abordera la figure du nomade coopératif : figure qui ressort de son enquête auprès des travailleurs du secteur des TIC

     Session 2

    Les collectifs de travail correspondent de moins en moins aux frontières de l'entreprise. Les espaces des bureaux se restreignent, d’autres plus hybrides (tiers-lieux, coworking) émergent. Les individus travaillent en mobilité. Voici venu le temps des entreprises étendues, des structures temporaires, des formes collaboratives à distance, des réseaux. L'avenir est-il à des collectifs de travail sans organisation ? A des entreprises sans salariés ? Ou à des entreprises plus ouvertes et agiles, ayant appris à tirer parti des collectifs apprenants ?

    Les réseaux montrent de nombreux exemples de productions collaboratives s’étant développées en dehors de toute « entreprise » (en particulier la production logicielle). La force de coordination et de travail en réseau questionne les organisations traditionnelles : en particulier dans leur rapport avec les partenaires sous-traitants, travailleurs indépendants, start-up, etc. 

    Session 3

    Compter, mesurer, valoriser le travail : Dorénavant partout présentes dans l’entreprise, les données sont en train de modifier le pilotage de l’activité. Le numérique sait compter, alors il compte : la présence, les mouvements, les interactions, les contacts, les résultats… Beaucoup de ce qu’il mesure peut trouver son chemin dans la gestion des entreprises et de ses ressources humaines : la valeur, la contribution, la réputation, la santé et toutes sortes de trace. Que faire de toutes ces données ? Quel sens en tirer et au bénéfice de qui ? Peut-on aussi s’appuyer dessus pour imaginer de nouvelles formes de rémunération de l’activité ?

     

    - Une soirée dédiée à des projets innovants utilisant le numérique (21 au soir) 

    Ils présentent de nouveaux usages, comme de nouvelles organisations de travail ( bring your own device, cartographie des compétences, nouvelle gestion des temps, etc.).

     

    - une journée d'ateliers prospectifs pour se projeter et agir (22 octobre)

    Les participants explorent les transformations systémiques qui s'engagent dans le monde du travail et des organisations, et décrivent des horizons possibles ainsi que les chemins pour réussir ces transitions. Est-ce que le numérique est frein ou moteur ? 

    Nous serions heureux de vous y rencontrer et d’échanger avec vous. N’hésitez pas à nous contacter, la Fing, partenaire d’Inria, tient à votre disposition des places pour cet événement. 

     

    Toutes les informations

    Lift with Fing 2014 : "TR: availler demain" - "RE: working work"

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  • La journée Décodez le code a réussi sa démonstration : montrer et rassembler l’incroyable foisonnement d’initiatives portant sur la sensibilisation et développement de la culture du numérique : à l’image du « one minute Madness » époustouflant, donnant un coup de projecteur à une vingtaine d’acteurs du codage et de la création numérique.

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    Mais d’abord par culture du numérique, qu’entendons-nous ? Le terme, aussi large qu’ambigu nécessite explications. Englobe-t-il l’appropriation des réseaux et le développement des usages des outils techniques, la compréhension des fonctionnements technologiques, la conscience des enjeux des transformations sociétales en cours, permettant la participation effective de tous à la société, ou peut-être tout ça à la fois ?

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    Encadrée par INRIA, Cap DIGITAL et le CNAM, la journée était placée essentiellement sous l’angle du code, c’est-à-dire des langages et de leurs logiques, sous-jacents au fonctionnement de l’univers numérique. Faut-il comprendre le code pour comprendre la société dans laquelle nous vivons ? Décodez le code est-il une des conditions de l’empowerment des citoyens ? L’OCDE parle de litteratie, comme « l’aptitude à comprendre et à utiliser l’information écrite dans la vie courante, à la maison, au travail et dans la collectivité en vue d’atteindre des buts personnels et d’étendre ses connaissances et ses capacités ». Le culture numérique doit-elle désormais en faire partie ? Et dans ce cas le code en est-il une des composantes de base ?

    A ces questions, ils étaient nombreux à répondre par l’affirmative, et même à donner beaucoup de leur temps à la transmission et au partage d’une culture du code qui n’a pourtant rien d’évident.

    Mais ces formateurs, au juste, qui sont-ils ? Auraient-ils besoin eux-mêmes d’être formés ? de monter en compétences ? De se professionnaliser ? Et dans ce cas, comment soutenir cette dynamique ascendante sans tuer l’incroyable énergie dont elle fait preuve ?

    Une trentaine de personnes réunies en atelier se sont attelées à ces questions.

    QUI SONT LES FORMATEURS ?

    Les initiatives de formation au code se multiplient, dans le monde anglo-saxon, comme en France, et ce grâce l’investissement passionné de bénévoles, d’associations, de développeurs-à-la-recherche-d’autre-chose, mais aussi de professeurs, des chercheurs scientifiques, militants à l’intérieur de l’institution éducative, comme à l’extérieur, ou de simples « parents » cherchant à donner les bonnes armes à leurs enfants.

    En fonction de leur profil et du cadre d’intervention, ces formateurs ont des besoins disparates. A minima, un sentiment les réunit : celui de ne pas être pris suffisamment au sérieux par les institutions, les politiques, la société. Des actions de mobilisation nationale de type « one hour of code », seraient en cela bien accueillies par cette communauté, souffrant de vivre dans l’obscurité.

    DE QUOI ONT-ILS BESOIN ?

    Les enseignants du secondaire, les enseignants-chercheurs

    Au sein de l’enseignement secondaire, des professeurs se sont mobilisés, dans le cadre de l’ISN (Informatique et science du numérique), pour développer l’apprentissage du code et de l’informatique mais cela s’est fait sans assurer les conditions de durabilité de l’expérience (pas de décharges de cours, ou de remboursement des frais de déplacement).  Au niveau de l’enseignement supérieur, il n’existe pas de CAPES ou d’agrégation d’informatique, qui permettraient de former des étudiants, car l’informatique n’est pas reconnue comme une science ou une discipline à part entière des mathématiques par exemple.

    => Ici se situe un premier niveau de revendication : former officiellement – statutairement les formateurs, et faire reconnaître la discipline.

    Mais s’arrêter là serait louper la véritable dynamique du mouvement. Car les formations ont émergé essentiellement à l’extérieur de l’institution éducative : dans un « à-côté » qui ne s’explique pas seulement du fait d’une carence de l’institution…  

    Les professionnels, développeurs, informaticiens… :

    Une partie importante des formateurs sont des professionnels du secteur : des informaticiens, développeurs, soit « fatigués » des fonctionnements des SSII, soit simplement passionnés et à la recherche de partage et de transmission, ou encore en reconversion, donnant de leur temps pour transmettre ce qu’ils ont appris.

    => Pour ce public là de formateurs, deux besoins principaux ont été évoqués par les participants :

    - le besoin de formation « pédagogique » : acquérir des compétences d’animation ;

    - le besoin de sensibiliser et de mobiliser les entreprises pour qu’elles laissent du temps et prêtent des compétences (par le biais de mécénat de compétences, ou autre).

    Les animateurs « BAFA »

    De plus en plus de structures d’accueil des enfants émettent le souhait de développer des formations d’apprentissage du code, mais se retrouvent face à des publics d’encadrement (animateurs BAFA) peu spécialistes. Un enjeu consiste donc à former ces publics-là, comme est en train de l’initier la ville de Nanterre.

    => Besoin de formations techniques, de montée en compétences

    Les formés devenus formateurs

    Dans ce panorama un dernier public apparaît : les personnes formées devenues à leur tour formateurs. La pénurie de main d’œuvre est telle – et les demandes de formation étant croissantes - que les formateurs « initiaux » doivent former des personnes prenant le relais sur leurs actions. Pour que ces troupes “élargies” gagnent en autonomie, il devient  nécessaire de fournir des outils méthodologiques, de structurer les ressources.

    => Poursuivre la traduction des outils et méthodes anglo-saxons (code.org…) ;

    => Ouvrir et partager les plateformes d’exercices, et des forums d’entraide :

    => Continuer à documenter et partager les méthodologies d’animation, sur le modèle de « recettes de cuisine », ou de « parcours type », composés d’ingrédients indispensables, et manières-de-faire adaptables ;

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    EN CONCLUSION

    Cette réflexion sur les formations aux formateurs interroge la matière même à apprendre : l’informatique, dans ses dimensions évolutives, agiles, collaboratives… Aux dires des participants, elle nécessiterait avant tout « d’apprendre à apprendre » et « d’apprendre en faisant ». En cela elle remet en cause la pédagogie classique et propose des modèles plus proches de l’enseignement coopératif, du compagnonnage, du mentorat. La relation entre le formateur et l’apprenant en est transformée, brouillant les frontières classiques entre le sachant et l’apprenant, et les mettant, touts deux, dans une posture active d’apprentissage pair à pair, ou d’apprentissage réciproque.

    La dernière parole de cet atelier est revenue aux concepteurs des coding-goûters  (Jonathan Perret et Raphaël Pierquin), se définissant comme de « simples parents ».  Explorer, combiner et transformer : tels sont les mots clés de cette démarche inédite, où ce sont « les enfants qui apprennent aux parents comment faire ».  Cette dernière typologie de « formateur » illustre bien la pédagogie inversée à l’œuvre dans le développement de la culture informatique.

    Que cette pédagogie soit due aux spécificités de la matière informatique, ou qu’elle soit le reflet d’une époque où les rôles et les fonctions se redéfinissent (dans la famille, dans l’institution pédagogique, dans l’entreprise…), il n’en reste pas moins qu’elle pourrait conduire à des transformations pédagogiques durables. A bon entendeur…




    Article importé: http://amandineb.tumblr.com/post/82980977747
    Publié: April 17, 2014, 11:47 am

  • Intervention au congrès de la société française d’informatique – Poitiers – Février 2014

    La question des données en entreprises n’est pas un sujet neuf… Depuis l’informatisation des entreprises, le développement des intranet, des ERP, du knowledge management, etc., la question de la production / de la circulation / du partage / de la protection des informations dans les organisations se pose. Mais ce qui change aujourd’hui et revisite ces anciens sujets, c’est :

    -        d’une part l’afflux exponentiel des données et l’exploitation automatique de celles-ci par les machines ;

    -        d’autre part le périmètre d’actions des entreprises ou, pour le dire autrement, l’écosystème d’interdépendance dans lequel elles évoluent et qui s’est considérablement étendu ;

    -        Et enfin le caractère « co-produit » inhérent aux données, mais aussi au système intelligent, aux traitements algorithmiques qui agrègent des données de provenance variée.

    Les analystes s’accordent pour considérer les  données comme un nouvel actif économique (en 2013, le Boston Consulting Group en estimait le potentiel économique à 8% du PIB européen d’ici 2020). Mais il est encore peu fait cas des incidences sociales possibles, que la gestion des données dans les organisations va faire naître.

    La manière dont demain nous allons gérer, agréger, analyser, partager, ouvrir ou au contraire fermer, protéger les données, va avoir des conséquences sur tout un écosystème d’acteurs internes/externes aux organisations : les décideurs, les cadres, les employés, les partenaires, les co/sous-traitants, les prestataires, consultants, les clients, les contributeurs, les usagers : soit autant d’individus qui participent à la chaine de valeur.

    • Les données, une nouvelle « réalité » à traiter pour les entreprises

    A quoi ressemble l’entreprise du 21e siècle ?

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    > Qu’elle soit très grande ou très petite, l’entreprise du 21e siècle est une organisation connectée (98% des entreprises).

    Même les très petites structures sont connectées, et agrègent des contenus dématérialisés : des mails, des listings de clients, des stocks. Les professions manuelles, ou centrées sur la relation humaine ont des pratiques de plus en plus interfacées par des écrans : les infirmiers, les boulangers, les transporteurs routiers, les aides aux personnes âgées, … Or tout device informatique génère de la donnée, des traces d’usages, qui peuvent être récupérées, et qui alimentent – plus ou moins explicitement – des formes de reporting : analyse de la pratique, de la performance, du bien-être, etc.  

     > Avec des individus majoritairement connectés

    L’entreprise du 21e siècle est composée d’individus connectés. C’est le fruit de la montée de l’équipement personnel. Le taux d’équipement varie en fonction du poste (avec de fortes inégalités), mais les pratiques de BYOD, ou de BYON se multiplient et obligent les entreprises à composer avec une pluralité d’équipements. (60 % des sociétés autorisent déjà une stratégie BYOD selon Forrester). Les solutions de cloud personnel sont en train d’arriver sur le marché. Tout cela présage des tensions à venir sur la sécurisation des données, mais aussi sur leur confidentialité, leur propriété, le partage de la valeur qu’elle engendre…

    > Elle est aussi étendue, virtuelle

    L’entreprise qu’elle soit là encore très grande ou très petite, est insérée dans un écosystème dense de partenaires, co-traitants, experts, conseillers. L’entreprise étendue – ou virtuelle – est celle capable de puiser dans des ressources extérieures le moment venu, pour faire face aux besoins d’agilité, de réactivité, d’adaptabilité des marchés. Or au sein de cet écosystème, les données se multiplient, s’échangent.

     > Elle se compose de chaînes de production toujours plus automatisées

    Les chaînes de production sont de plus en plus automatisées, et monitorées par des capteurs, de façon à ce que les machines elles-mêmes puissent vérifier en temps réel les fonctionnements, contrôler le bon déroulement de la production,  constamment optimiser les process.

    L’informatisation s’est depuis étendue à toutes les fonctions de l’entreprise et organise l’intégralité des processus. L’effet d’outillage multiplie la production de données mais surtout il tend à considérer comme des “données” à enregistrer et analyser toutes sortes de faits, de phénomènes et d’actions qui ne semblaient jusqu’ici pas le mériter, ou que l’on ne savait tout simplement pas voir. 

    • Quels usages des données ?

     Dans un premier temps la profusion des données est abordée sous l’angle technique : on cherche surtout à établir les réseaux, à récupérer, stocker, analyser, diffuser, archiver. Et cela provoque des problématiques techniques denses : comment analyser de grosses quantités de données ? Doit-on faire circuler ces mastodontes ou développer des softwares venant puiser les données là où elles sont ? Est-il opportun de chercher à les stocker et les archiver quand leur cylce de vie est de deux ans à peine… ?

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    Mais de véritables champs d’usages thématique, tout à fait stratégiques pour l’activité de l’entreprise, se développent aussi. En voici 4 d’entre eux, qui adressent des questions tout à fait politiques à l’entreprise.  

    > Augmenter la productivité par la mise en place de systèmes intelligents se passant  de l’intervention humaine

     Toute l’activité devient mesurable au travers d’indicateurs de performance, et sujette à optimisation. Les machines, capables de gérer des systèmes de plus en plus complexes, d’apprendre de leurs erreurs, et de traiter de très grandes quantités de données, supplantent petit à petit l’humain dans la gestion des tâches cognitives (c’est l’âge de la substitution homme-machine, décrite par Brynjolfsson et MacAfee dans leur ouvrage Le Deuxième âge des machines). Parmi les multiples conséquences de cette évolution :

    -        La suppression continue d’un certain nombre d’emploi : ce qui questionne la manière dont la valeur produite par les machines sera partagée entre les individus, pas toujours « insérables » dans l’emploi, mais participant en partie à la création de valeur par les données;

    -        La multiplication des effets d’informatique « boîte noire » dont ceux observés dans le champ de la finance (High frequency trading) ne sont pas très rassurants…

     Qui aura la main sur les systèmes intelligents ? Une DSI renforcée, ou une plus large communauté ? Quelle capacité d’interrogation des machines et d’intervention sur celles-ci aurons-nous ?

    > Générer des tableaux de bord internes, des analyses prévisionnelles, piloter l’activité au quotidien

     Ce qui était avant réservé à la business intelligence se complexifie par les effets de big data mais surtout il s’étend – potentiellement - à chaque service, à chaque direction. Tout employé peut être à même de piloter son activité, par les données qu’il génère au quotidien, voire de développer des analyses prévisionnelles. Il doit pour cela avoir accès aux données, disposer des compétences nécessaires à leur traitement et disposer d’outils adéquats.

    La profusion de données et la possibilité de faire émerger des données prédictives peut conduire soit à une concentration accrue du pouvoir dans l’entreprise (les DSI, les décideurs) soit au contraire contraindre à l’élargissement de l’analyse de l’activité et des prises de décisions. Faut-il outiller les services d’outils de gestion de données de manière beaucoup plus volontaire ? Faut-il faire monter en compétences les employés sur l’exploitation des données ? Et quelles sont ces compétences ? Faut-il mettre à disposition des compétences internes pour aider les services : data officier mobile dans l’entreprise ?

    > Améliorer la connaissances des cibles clients / usagers

    Le propre des données est de faire éclater les frontières : entre les données brutes, leur contexte de production, leur trajectoire sinueux de traitement-retraitement, enrichissement-croisement, il devient vite difficile de savoir « quoi » appartient « à qui ». Une partie des données gérées par les organisations sont les données produites ou co-produites par les partenaires / cotraitants / clients / usagers / contributeurs.

    Est-ce que les données co-produites doivent l’être de manière beaucoup plus explicite et assumée ? Comme le suggèrent les analystes Crawford et Schultz , est-ce que les services qui utilisent des Big Data doivent informer les gens des sources de données qu’ils récoltent, des formes de prédictions qu’ils font ? Est-ce qu’une information doit être fournie aux usagers quand leurs données ont été traités par un algorithme qui explique les données considérées et la méthodologie employée… ?

    C’est là un champ entier de transformation de la relation aux partenaires-co-traitants d’un côté, aux clients-usagers-contributeurs de l’autre.

    > Alimenter les ressources humaines

    De plus en plus, et particulièrement dans les entreprises qui ont développé des intranets, des réseaux sociaux d’entreprises, les données deviennent aussi du matériau alimentant les ressources humaines. Les applications de « reporting social » commencent à arriver sur le marché, fournissant à la GRH des données nouvelles sur les risques psycho-sociaux encourus, ou sur les possibles fuites de talent (les RH prédictives, façon People Analytics de Google). Des données nouvelles – aujourd’hui non discutées par les parties prenantes - rentrent en ligne de compte dans l’évaluation de la performance ou du bien-être des individus au travail. Cela amènera-t-il à revoir en conséquence les formes de dialogue social dans l’entreprise ?

    • Explorer des pistes d’actions

     Si à ce stade, les questions sont plus nombreuses que les réponses, certaines expéditions ou campagnes que nous menons à la FING relatives aux données (Infolab, Mes Infos) tentent d’explorer des pistes d’actions.

    > L’Infolab, ou comment développer une culture des données et des raisonnements algorithmiques au sein des organisations

    La campagne Infolab, lancée depuis un an, questionne les formes de médiations à développer sur les territoires pour qu’un plus grand nombre d’acteurs (privés, publics, associatifs, particuliers) soient en capacité d’exploiter des données pour leur projet.

    Pour cela il s’est agi de questionner les compétences nécessaires à l’exploitation des données. Quelles sont les compétences mises en œuvre ? statistiques, juridiques, informatiques, de culture numérique… Peut-on former à la logique algorithmique ? Comment s’y prendre pour faire acquérir les briques de base manquantes aux individus ? Doit-on passer par la formation continue, l’apprentissage par le faire, le elearning ?

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    C’est un axe de réflexion que nous continuerons à explorer durant l’année 2014.

    > L’infolab ou la mise en place de cellule de médiation, et d’accompagnement des projets « data » dans les organisations

    Les médiations aux données peuvent être multiples : techniques (outils), documentaires (méthodologies, retour d’expériences, partage de pratiques), humaines (accompagnement, formation…). Les entreprises devront peut-être, demain, générer en leur sein, des services d’aide, d’accompagnement voire d’incubation de projet datas : associer les compétences d’un expert data aux compétences d’un expert métier pour tirer parti des données au quotidien.

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    > MesInfos, ou réinventer la relation clients à partir du partage des données

    L’expérimentation MesInfos, lancée en octobre 2013, consiste à redonner aux clients-usagers les données que les entreprises possèdent sur eux. A travers une plateforme test, 300 panelistes, et des entreprises partenaires (grande distribution, secteur bancaire, assurance, opérateur télécom), des usages, des services font être expérimentés, afin d’explorer la valeur, à la fois économique et sociale, du partage des données personnelles : quels impacts sur la confiance, la relation client, le développement de services, la connaissance de soi, de nouveaux pouvoirs d’agir des clients-contributeurs, etc.

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    > Les données : un nouvel objet du dialogue social dans les entreprises ?

    S’il ne fait pas de doutes que la manipulation de données va devenir une compétence différenciante pour les employés, il ne fait pas de doute non plus que l’exploitation des données va générer des besoins de renouveau du dialogue au sein des organisations. Parce que l’accumulation de données et d’informations ne livrera pas un sens plus objectif de la réalité, parce que le point de vue de chaque expert « métiers » se révèlera indispensable pour naviguer dans l’infobésité, et parce que les données et les traces d’usage ne traduiront jamais complètement la réalité des pratiques de travail (la pertinence, l’efficience, la créativité, les capacités d’innovation), de formes nouvelles de débat, de dialogue social devront voir le jour, mettant les données en débat. Ce que nous essayerons d’approfondir dans le cadre de la campagne Digiwork.

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    Les données deviendront-elles un nouvel « objet social » dans l’entreprise ? Dans tous les cas, quel que soit leur devenir, la question de la médiation scientifique et du développement d’une culture des données sera centrale pour les organisations.   

    (Le bidendum “travail”, cc Yoan Ollivier, Plausible-Possible)




    Article importé: http://amandineb.tumblr.com/post/76640474613
    Publié: February 14, 2014, 5:49 pm

  • Depuis 2008, entre laboratoire d'idées et bureau des tendances, la conférence fOSSa, organisée par Inria, replace l'open source à la croisée de l'industrie et de la recherche. Retour sur le premier jour de fOSSa 2013 consacré à l'étude d'un écosystème local d'innovation et de ses liens avec la recherche (débat et présentation de projets).

  • Lors de l'atelier prospective animé le 7 février, les discussions ont rapidement dépassé le seul cadre de la mise en place d'une cellule prospective au sein d’Inria pour traiter de questions ayant trait à l'organisation même d'Inria, de ses activités de recherche et de ses relations avec le reste du monde.


    L'idée centrale, qui permet de penser les évolutions à l'oeuvre et à venir au sein d’Inria, c'est l'ouverture. L'ouverture sur la société. L'ouverture à de nouvelles façons de faire de la recherche. L'ouverture à tout un ensemble d'acteurs avec lesquels il devient possible de penser la co-production de l'innovation.


    Dans ce contexte, la collaboration avec la Fing peut se penser à deux niveaux :


    1- Une démarche commune de prospective, qui vise à identifier des pistes de recherche et d’innovation à partir d’une interaction dense entre chercheurs (STIC et SHS) et acteurs extérieurs au monde de la recherche. Cette démarche collective présente également l'intérêt pour Inria de lui permettre d'approfondir la réflexion sur son mode de fonctionnement et d'irriguer ses travaux d'apports d'acteurs extérieurs.

     

    • La participation d’Inria au processus “Questions Numériques” animé par la Fing doit donc se construire en amont, dans la définition des thèmes et la production de contenu.


    2- La participation d’Inria au festival Futur en Seine, qui se déroule du 13 au 23 juin, doit de son côté permettre de partager avec d’autres acteurs des projets et des résultats portés par des chercheurs Inria. La Fing y organise les sessions Connecteur Recherche, qui regroupent des acteurs des mondes académiques et professionnels. Cette année, l'accent est mis sur les controverses, dont l'étude est très utile pour outiller la prospective.

     

    • Pendant le festival, Inria prendra part aux ateliers, ce qui aura le double avantage de lui permettre de s’approprier des méthodes de prospective et d'identifier les personnes-ressources avec lesquelles développer des collaborations.


    La coopération peut également s'épanouir, de manière complémentaire, dans le suivi des expéditions de la Fing.


    • L'expédition « Corps » peut constituer une porte ouverte vers d'autres acteurs travaillant sur les mêmes thématiques. En croisant les regards et les temporalités des mondes de la recherche et des start-up, par exemple, on peut imaginer des collaborations fécondes.


    • Les expéditions concernant les données, Infolab par exemple, peuvent permettre à Inria d'entrer en contact avec l'écosystème des acteurs qui gravitent dans cette thématique, qu'ils soient privés, publics ou citoyens.


    • L'expédition sur le travail, Digiwork, peut être une source d'inspiration forte pour Inria, afin de penser les évolutions dans ce domaine et les pistes qu’elles peuvent dessiner : évolution des systèmes d’information, des espaces et dispositifs de travail et de collaboration, intégration au coeur des technologies de dispositifs visant à redonner de la maîtrise aux individus...


    • L'expédition Refaire, en cours de conclusion, a mis au jour de nombreuses pistes d'action concernant les nouveaux modes de production et d’innovation. Un atelier d'appropriation animé par l'équipe Fing en charge du projet  permettrait à Inria, d’une part, de penser l'intégration des principes de l'innovation ouverte à ses pratiques et d’autre part, d’intégrer les nouvelles perspectives issues de l’expédition dans ses recherches ciblées vers l’industrie.


    • L’équipe du Carrefour des Possibles dispose également de méthodes de repérage et de valorisation de l’innovation, qui, couplée à celles d’Inria, peuvent faciliter le passage de la recherche vers l’innovation, ainsi que contribuer à mettre en valeur des projets et des entreprises issus d’Inria.



    Cette journée d’ateliers, qui nous a permis de faire connaissance, en appelle d’autres, dédiées à des thématiques particulières. Nous allons entrer dans une phase de mise en relation, d’affinement des échanges à venir. Vous serez bientôt contactés, soyez attentifs !

     
  • La signature du partenariat Fing-Inria marque le début d’une importante collaboration dans le domaine de la prospective sur les technologies numériques. La journée de signature du 7 février a accueilli divers acteurs pour partager des expériences autour de quatre sujets : l’innovation, la prospective, la donnée et le corps.

    Innovation numérique et technologique

    Quel rôle la recherche technologique joue-t-elle dans l’innovation numérique aujourd’hui ? Dans le cadre du Carrefour des Possibles, comme de ses autres interactions avec les communautés d’innovateurs, la Fing constate que le contenu technologique de la majorité des projets rencontrés est faible, privilégiant plutôt l’innovation de service, d’usage ou de modèle d’affaires. Il y a là pour partie un effet d’optique (le constat serait sans doute différent dans l’industrie), mais aussi des défis qui s’adressent à Inria : la recherche technologique devrait-elle pour partie changer de focale pour s’adresser à de nouveaux genres d’innovateurs ? Ou devrait-elle faciliter l’appréhension de ses résultats par ces acteurs, pour les inviter à incorporer des solutions techniques nouvelles et différenciantes ?

    Une première piste de collaboration consisterait, de la part d’Inria, à disposer de plates-formes et d’outils (pas seulement techniques) d’expérimentation permettant de rapprocher la recherche et la pratique, par exemple, en créant des espaces de médiation entre chercheurs et utilisateurs (ou en se rapprochant de ceux qui existent).

    Par ailleurs, il serait important de mettre en place un réseau de collaboration qui impliquerait en même temps des chercheurs du numérique et des chercheurs en sciences humaines et sociales, afin de densifier l’interaction entre avancées technologiques, mutations économiques et transformations sociales.

    Caractériser les contours d'une prospective de la société numérique

    Dans l’atelier prospective, Inria a souligné sa volonté de mettre en place une cellule de prospective au sein de son institut. Plusieurs aspects restent à définir : Quels acteurs ? Quels livrables ? Et surtout, comment implémenter les conclusions tirées de la prospective dans les stratégies d’Inria ?

    Certains participants ont fait remarquer le besoin de rendre les acteurs européens du numérique plus ambitieux, et plus capables de partager leurs ambitions avec le reste de la société : pour Inria, sa recherche vise bien à “élargir le champ du possible”. C’est un objectif pertinent du point de vue de l’innovation, mais de nombreux défis ont été soulevés : comment, par exemple, conserver une crédibilité vis-à-vis du public, surtout dans un contexte de crise et de remise en cause de l’importance du progrès scientifique ? Cela dit, le numérique gagne de l’acceptation face aux autres domaines de la recherche scientifique.

    Enfin, la Fing a souligné l’intérêt de se confronter sans timidité aux controverses que le numérique suscite ou auxquelles il participe, nouvel axe de pensée prospective pour le prochain cycle des Questions Numériques.

    Data et identité

    La donnée prend une importance croissante dans les métiers du numérique. Deux intervenants en sont l’exemple : Luc Pierre Dit Mery, DSI de l'État, et François Le Lay, directeur “data” chez Viadeo. Ces deux participants occupent de nouveaux postes issus de la nécessité de gérer les données. Les Big Data, les Open Data, le web sémantique, les usages et tensions autour des données publiques, sont quelques-uns des moteurs de cette nouvelle prééminence des données.

    Les intervenants semblent être d’accord sur la nécessité de réfléchir à la qualité des données ouvertes. Certes, l’open data s’est beaucoup répandu, mais de nouvelles questions surgissent : les données sont-elles à jour ? Quels intermédiaires entre la récolte et la publication ? Quelle régularité dans la publication ? Peut-on centraliser les données ?

    Dans le cadre de ce nouveau partenariat, les participants ont également identifié la nécessité d’aider les acteurs économiques, politiques et sociaux à se saisir des enjeux et du nouveau potentiel des données. Dans cette direction, la Fing propose deux dispositifs de médiation et d’innovation : les Infolabs, qui ont comme objectif de “développer la culture de la donnée” ; et le projet Mesinfos, qui cherche à redonner aux utilisateurs la main sur les données personnelles collectées et exploitées par les organisations. Ces deux projets peuvent constituer des supports de collaboration avec Inria.

    Le corps, nouvelle frontière de l'innovation technologique ?

    Cet atelier a notamment évoqué des sujets liés à la santé et au bien-être, deux domaines dont leur frontière devient de plus en plus floue. Inria, par exemple, s’est traditionnellement intéressé aux sujets liés à la santé d’un point de vue médical, comme l'imagerie, les neurosciences et la génétique.

    Cependant, des acteurs tels que le Groupe SEB ont manifesté leur intérêt pour explorer la quantification des effets de l’alimentation sur le corps, un sujet qui ne concerne pas la santé d’un point de vue médical, mais dont le développement des solutions demande une connaissance des technologies liés à l’analyse de l’être humain.

    Les expertises qu’Inria a développé à travers sa recherche sur le champ de la santé pourrait potentiellement servir à matérialiser une collaboration avec d’autres acteur qui sortent du domaine de la médecine.

Conception & réalisation : Facyla ~ Items International

Plateforme construite avec le framework opensource Elgg 1.8

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